‹ Tragédies saintes. David combattant--David triomphant--David fugitifChapitre 11 sur 11 · Epilogue · texte numérisé non relu

Epilogue

S C'est luimesme, Seigneurs, cestui-ci luimesme est-ce Qui premier au théâtre entrant, vous fit promesse De s'y représenter. Je m'y suis donc remis.

Afin de satisfaire à ce que j'ay promis.

Vous avez (aussi ay-je) entendu et veu, comme 50 L'innocence est sub jette à l'oppresse de l'homme :

Et que Dieu, seur confort, soudain renverse et brise

Des meschans assemblez le conseil et l'emprise.

Or puis que vous avez, avec langue arrestee,

D'une oreille ententive audience prestee ^SS A David et aux siens, plus n'est temps qu'on se taise.

Vous pouvez maintenant deviser à vostre aise.

Nous avons eu un temps vos oreilles à nous :

Elles sont à ceste heure entièrement à vous.

La langue est vostre aussi, qu'avez peu tenir coye. 1360 Qu'on devise à plaisir, qu'on entende, et qu'on oye.

Mais si (comme devez) vous croyez mon advis,

De ce grand Dieu vivant sera vostre devis,

En la force duquel vous obtiendrez victoire

Sur tous vos ennemis. Dont la présente histoire

2542 Prince prince M. — 2344 Allons, Allons PSAM. — 2345 luimesme.., luimesme luymesme... luimesme S; luymesme... A; Iny mesme M. — cestui-ci cestuy-ci A M (Introd. 33). — 2346 /î/ feit M. — 2357 nous: nous. PSAM.

2 )6$ Vous donne ample argument, et tesmoignage seur. On ne peut ici bas assez cognoistre l'heur Q}ii est aux sainctes gens, dont la certaine attente Au Dieu qui est là haut, seurement les contente. Ainsi reçoit de Dieu le cœur fidèle, et passe

3)70 Ce qui se vient offrir en ceste terre basse, Qjioy qu'endure le corps, et avec patience La constante, invincible, et seure conscience, Qui en Dieu se confie, et le tient de sa part. Encontre tous efforts est un ferme rampart.

2)75 Un tel homme ici bas mesprise en son courage Les mondaines faveurs, et soustient tout orage : Du bien qui n'est durable en vain ne s'esjouit. Desplaisir ne reçoit que l'indigne en jouit : D'estre affligé à tort il conçoit allégeance,

2380 Et à Dieu, juste Juge, en remet la vengeance : La vengeance en remet à Dieu puissant et fort, Q.ui ne laisse impuni (quoy qu'il tarde) aucun tort : Qpi escoute des siens les prières et vœus, Qjii ne lairra périr un seul de leurs cheveux,

3385 Q.ui cognoist des meschans la fin pernicieuse. Envers qui, de ses Saincts est la mort précieuse : Q.ui dit que l'homme ayant le courage inhumain, Lequel ose toucher aux bons, et de sa main Leur donne affliction, s'esjouissant en elle,

2390 Cestui-la touche aussi de son œil la prunelle.

Qii'ici donc le Seigneur fort, bon, juste, on contemple,

2368 là la s. — 2376 orage: orage. PSAM. ^— lyn s'esjoni, s'esjoait. P S A ; s'esjouit : M. — 2378 jouit : jouit. PSAM. —2379 allégeance allegence M. — 2380 vengeance : vengeance. P S A ; vengence : M. — 2381 vengeance vengence M. — 2382 twi : tort. P S A ; tort, M. — 2383 vœus, vœus. P S A ; vœux, M. — 2384 cheveux, M ; cheveux. PSA. — 2385 pernicieuse, M ; pernicieuse. P S A. — 2386 précieuse : précieuse. PSAM.

En suivant de David le mémorable exemple.

Vous soyentjgrans et petis, à tous, femmes et hommes,

Les plaisirs modérez, et légères les sommes

15 De tous maux occurrens, dont se passe le terme : Et la joye est au Ciel en éternité ferme.

C'est là, quand de David l'exemple nous suivrons, C'est là où à jamais en repos nous vivrons, Maug^é toute fureur, tout effort, toute guerre

00 Des mortels. Princes, Rois, tyrans, dieux de la terre. Ennemis du grand Dieu, qui à l'instant soudain, Tout empire et hauteur, tout orgueil et desdain, De son bras foudroyant vient abbatre et enfraindre. Et au pouvoir duquel nous n'avons à les craindre.

FIN

2392 exemple, exemple, P S A M. — 2595 petis petits M. — 2396 Ciel M ; ciel P S A. — 2397 là A M ; la P S. — 2398 là M ; là, P S A. — 2401 soudain^ soudain P S A M. — 2402 Tout empire Faute d'impression : Toute M. — desdain, desdain P S A M. — 2404 Fin. Ce mot n*est pas dans M, bien qu*on Ty trouve à la fin de D. c. et de D.t.

P = Genève, 1566 (François Perrin). V. Introd., 6-8.

Anvers, 1582 (Nicolas Soolmans). V. Introd., 9-n.

A = Genève, 1583 (Gabriel Cartier, pour Claude d'Augy). V. Introd., 12-14.

M= Paris, 1587 et 1595 (Mamert Pâtisson). V. Introd., 15-18 (sur l'édition de 1587) et 19-20 (sur l'identité des textes de 1587 et de 1595).

La première leçon, imprimée en italique^ est celle de P, et des éditions qui reproduisent ce texte, à moins qu'une leçon de P ne soit mentionnée ensuite. En ce dernier cas, la leçon en italique^ si elle n'est suivie d'aucune indication de texte, est une correction que nous proposons.

6 ttS

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