Epilogue
Seigneurs, les Philisthins courent plus que le pas : ho Ils ont peur d'Israël, ils ne reviendront pas.
N'attendez pas aussi ceux qui courent après :
Car le lieu où ils vont suivans, n'est pas si près, .
Que de trois jours encor' revenir on les voye.
Ils s'en vont de Sarim tenir toute la voye.
il s Jusquesen Âccaron vont ceux qui sont en fuite:
Jusqu'à là les suivans vont faire la poursuite.
Ils ont bel à courir, il y a longue traite.
Vous, à vostre loisir, attendans leur retraite.
L'un à l'autre, entre vous, sera vostre devoir ^20 Ce qu'avez appris d'eux, le vous ramentevoir.
Racontez hardiment du Seigneur les merveilles.
Recognoissez ici ses bontez nompareilles.
Desquelles vers les siens il use largement,
Et sur les reprouvez son juste jugement.
25 Voyez ici la foy, et la ferme espérance.
Et que c'est de fonder en Dieu son asseurance.
Considérez la forte et superbe hautesse
Succombante au pouvoir de l'humble petitesse.
Voyez cil qui en soy se fie, et que lui vaut 30 Sa force, qui s'oppose au pouvoir de là haut.
Conférez le berger au guerrier brave et fort,
1807 i^'P'^ gaigne M, — 1811 a^es : après. P S AM. — 181$ fuite : M ; fuite. P S A,
94 TRAGEDIES SAIKCTES
Du plus petit au grand le différent effort, La cuirasse au rochet, à l'escu la malette, A la lance, aucousteau, la fonde, et la houlette,
183s Goliath à David. Ceci monstre évident
Q)ie le cœur asseuré, constant, et confident, Q.ui l'espoir de sa force en Dieu vivant a mis, Ne peut estre veincu de cent mil ennemis :
Et que rien qui se fonde au monde misérable,
1840 Tant soit fort et constant, n'est ferme ne durable. Ni la force du bras, ni la puissance d'armes. Ni le corps bien couvert, ni le cœur aux alarmes. Ni le rampar muré, large, et de fossez clos, Ni le glaive affilé, ni de la mer les flots,
1845 Ni les fins de la terre, où Ion puisse courir. Ne peuvent le meschant contre Dieu secourir.
Dieu, qui rend en vigueur sa bande confermee. Chef d'un petit trouppeau, mais trop vaillante armée. Puis donc que vous avez à soustenir le poinct
18 $0 De l'honneur d'un tel chef, qui aux siens ne faut point, Ains les garde inveincus, pourront bien les orages. Et les forts vents du monde, estonner vos courages ? Non, retenez David, mais Dieu seul en vos cœurs. Dieu seul, au nom duquel vous resterez veinqueurs,
1855 Et verrez (asseurez) les mondaines tempestes
Tomber sur leurs autheurs, et foudroyer leurs testes.
Or allez, et de Dieu vous ayez la conduite.
Cependant que s'en vont les Philisthins en fuite.
FIN
1833 dij^erent différend M. — 1833 cuirasse cuiràce M. — maktU mallette S. — 1843 ^<^^P^ rampart M. — 1853 ^*"'» ''*^«««( Non retenez M.