MOYENS DE TRANSPORT, HÔTELS, GUIDES
l« chemins de fer {Eisenbahueii).
Il y a beaucoup à louer dans les chemins de fer allemands. Les voitures de seconde classe sont aussi confortables que les voitures de première classe en France et en Angleterre. Aussi les touristes les plus difficiles voyagent-ils généralement en seconde classe. En outre, les prix des places sont très-inférieurs à ceux des chemins de fer français; enfin tous les trains contiennent des voitures de deuxième classe et (à peu d'exceptions près) des voitures de troisième classe. On compte 4 voyageurs sur 100 pour la première classe, 26 pour la seconde, et 70 pour la troisième. Les voyageurs sont rarement parqués dans les gares, ouvertes à tout le monde. Mais les conducteurs ne nomment presque jamais à haute voix les stations où s'arrêtent les trains. Les étrangers doivent donc avoir le soin de s'informer de l'heure à laquelle le train arrive à la station où ils se proposent de descendre.
Nous avons indiqué en tête de chaque route si elle est une voie de fer, une route de voitures ou un chemin de piétons, et, dans les deux premiers cas, combien il y a par jour de convois ou de départs, quel est le prix des places, quelle est la durée du trajet, etc. Mais ces renseignements sont trop variables pour que l'on puisse y ajouter une foi absolue. Du reste, les heures de départ ont été omises à dessein pour ne pas exposer les voyageurs à des erreurs fâcheuses. A son entrée en Allemagne , tout étranger devra acheter : soit le Hendschell's Telegraph (F. ci-dessus, la Bibliographie), soit VEisenbahn-Post und Damfpschifj' Cours- Buch.
1° Bateaux à vapeur.
Des services de bateaux a vapeur sont établis sur le Rhin, le Neckar et la Moselle. On trouvera en tête de chaque route les renseignements nécessaires à ce sujet. Nous nous contemerons de rappeler ici que les compagnies du Rhin distribuent des billets valables pour un trajet plus ou moins long, avec lesquels on peut s'arrêter à toutes les stations établies entre celle du départ et celle de l'arrivée. 11 y a des restaurants à la carte et des tables d'hôte sur la plupart des bateaux à vapeur. A la différence des administrations de chemins de fer, les agences des bateaux à vapeur ne répondent pas des bagages des passagers. Ces bagages sont déposés pêle-mêle sur le pont. Pour éviter des erreurs ou des soustractions, on les confie à un employé spécial qui, moyennant une rétribution d'un gros ou de 2 à 3 kreuzers par article, se charge de les placer dans l'entre-pont et de les garder. Cet employé appose sur
RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX. XVII
chaque bagage un numéro dont un double est remis au voyageur, qui est tenu de le représenter pour obtenir la restitution des objets qu'il a déposés.
8° DiUçenceB.
Nous avons appelé du nom commun de diligences, comme le HendschelVs Teîegraph , les diverses voitures — diligences , m allés -postes, filwagen, schkellposten , etc., — qui senent, dans les pays décrits ci-dessous, au transport des voyageurs. Ces voitures, établies par les gouvernements et pour leur compte, partent du bureau de la poste, où s'assurent les places; elles sont généralement lourdes, peu confortables, et traînées par des chevaux qui ne se dépêchent pas plus que leurs conducteurs, mais elles partent et elles arrivent presque toujours à l'heure fixée. En outre, à moins d'une affluence miraculeuse de voyageurs, elles se multiplient fort utilement selon les besoins du service. Il est donc rare que l'on n'y trouve pas une place. Cette place- sauf certaines diligences où le coupé, se payant plus cher, peut être retenu spécialement — est désignée par un numéro. Vous présentez- vous le premier au bureau, vous avez droit au n° 1. Tant pis pour vous si vous préférez le n° T par exemple qui, au lieu d'être dans l'intérieur, se trouve dans le cabriolet ou coupé de devant. En ce cas il faut vous adresser au conducteur qui, moyennant une gratification, vous appellera, à l'heure du départ, pour la place que vous aurez choisie.
N. B. On paye le prix de sa place entière en l'assurant, et l'employé donne un reçu. Les bagages doivent être remis au bureau une heure avant le départ. Chaque voyageur n'a droit qu'à un certain nombre de livres (en général 40). Dans certains pays, on n'obtient de place que sur la présentation d'un passe-port en règle.
Les observations qui terminent le paragraphe consacré ci -dessus aux chemins de fer s'appliquent aussi aux diligences.
4° Volturins ( Lohnkutsclier).
On trouve encore dans presque toutes les villes d'Allemagne des Voiturins (Lohnkutscher) qui, pour 6 à 7 thalers ou 8 ou 10 florins par jour, pourboire non compris, font lentement, avec une calèche à deux chevaux, un certain nombre de milles entre le lever et le coucher du soleil. Les prix varient selon les conventions particulières, qui doivent être en général rédigées par écrit et signées.
5° Bagage».
En ce qui touche le bagage, nous n'avons qu'une seule recommandation à faire aux voyageurs : En emporter le moins possible. Le bagage est une cause incessante d'ennuis, de fatigues et de dépenses. Sur la plupart des chemins de fer allemands, les voyageurs n'ont pas même une franchise de dix livres, mais on leur laisse la faculté de conserver près d'eux leur bagage, lorsqu'il est d'un faible volume et qu'il peut
XVIII RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
se placer facilement sous les banquettes, sans incommoder les autres voyageurs.
6° Hôtels.
MM. les aubergistes de l'Allemagne, surtout ceux des bords du Rhin , * méritent maintenant les mômes reproches que ceux de la Suisse : plus le nombre des voyageurs augmente, plus ils élèvent leurs prix, plus ils diminuent leurs frais; leurs prétentions deviennent exorbitantes. La bougie y cette invention toute moderne — elle a presque la même date que la vapeur — la bougie a été successivement portée , dans certains hôtels, de 50 c, prix de début, à 1 fr. 25 c; le lit, de 1 fr. 50 à 3 et 4 fr. Le service, de volontaire, est devenu forcé. Au vin autrefois potable du dîner, augmenté de 1 fr. environ, s'est substitué peu à peu, soit un carafon d'eau saumâtre, soit une boisson si abominablement mauvaise, qu'à moins de s'exposer à mourir de soif, il faut nécessairement acheter, 3 fr. ou plus, une petite bouteille bien effilée qui passe à tort pour contenir du médoc. (Tous les vins de France que l'on boit en Allemagne sont du médoc.) Si les serviettes des lits sont restées à peu près ce qu'elles étaient autrefois — serait- il possible d'en rogner le plus petit morceau? — celles de la toilette se sont réduites d'abord de deux à une; en quelques hôtels, de une entière à une moitié.
JV. B. — Un Allemand paye toujours un tiers de moins qu'un Français dans un hôtel allemand.
Les hôtels allemands — je ne parle ni de ceux des bords du Rhin ni de ceux des grandes villes, où l'on est généralement bien traité si l'on paye des prix trop élevés — les hôtels allemands ont deux grands inconvénients : la table et le lit. La table y est presque partout mauvaise, insuffisante. Quant au lit, il n'existe pas en Allemagne , car on ne peut pas donner ce nom à une espèce de petite boîte de bois, trop étroite pour un homme un peu gros, trop courte pour un homme un peu grand, dont les oreillers, beaucoup trop nombreux, forment un angle droit avec le matelas, et dont les prétendus draps ne sont que des serviettes de moyenne grandeur. Au premier mouvement que vous vous permettez de faire dans cette horrible boîte, les deux serviettes entre lesquelles vous vous étiez introduit faute de mieux disparaissent comme par enchantement, et vous avez, en outre de toutes vos petites jouissances précédentes, la satisfaction de passer le reste de la nuit sur un matelas, fort peu propre, et dont les crins aigus vous écorchent tout le corps.
Dans presque tous les hôtels de l'Allemagne, on déjeune généralement avec du thé ou du café (ce dernier est fort mauvais). On dîne à 1 h., et le soir on soupe à la carte. Cependant, dans les bains et dans les grandes villes, il y a aussi des dîners de table d'hôte à 4 heures ou à 5 heures.
INTRODUCTION