‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 110 sur 219 · METZ · texte numérisé non relu

METZ

d'env. 1000 hab. , où Ton a trouvé en 1842 des cercueils en pierre avec des squelettes bien conservés. Les ruines qui couronnent la côte sont celles du château de Prény, dont le nom a servi de cri de guerre aux ducs de Lorraine (Priny ! Priny !) .

378 kil. Noréant, v. d'env. 1100 hab., où Ton remarque un pont en fildefersur la Moselle et un château.

383 kil. Ars-sur- Moselle, v. de 5016 hab. , près duquel on voit les débris d'un vaste aqueduc romain de 118 arches qui conduisait à Metz les eaux du ruisseau de Gorze, et dont il reste 17 arches dans le village de Jouy-aux-Arehes, sur la rive dr. de la Moselle, et 5 sur la rive g. Le chemin de fer passe entre deux piliers de l'aqueduc.

On laisse à g. Montigny (614 hab.), dont le beau château est entouré de jardins, et à dr. le Sablon (900 hab.), où l'on a trouvé récemment des antiquités romaines, avant d'atteindre

393 kil. Metz (Hôtels : Grand hôtel de Metz, Porte-Enseigne, de l'Europe, du Nord, de la Croix-d'Or; — Cafés : Parisien , place de la Comédie; du Haume, rue du Haume; Français , place Napoléon : du Grand-Dalcon, etc.; — Libraires :

Rousseau-Pallez , Alcan, Roussel, Warion) , — V. forte d'envi ron 56 888 hab., située, à 177 mèt. d'altitude, au confluent de la Moselle et de la Seille. Au temps de César elle s'appelait Divodurum et appartenait aux Mediomatrici. Saccagée en 69 par les Vitelliens de. Valens et en 451 par Attila, elle devint , quelques années après, la capitale de Thierry , roi d'Austrasie. Louis le Débonnaire y mourut en 840. Au x* s. elle fut prise successivement par Henri l'Oiseleur (923) et par Othon I" (955).

Après avoir reconnu pour rois de

Lorraine Charles le Chauve (869) et Lothaire IV (968), elle s'affranchit de ses souverains et se constitua ville libre. Mais harcelée sans cesse par les empereurs d'Allemagne, par les ducs de Lorraine, par les rois de France , elle se mit en 1552 sous le protectorat de ces derniers. Cette môme année le duc de Guise la dépendit avec succès pendant 65 jours contre les 100 000 hommes de Charles-Quint , qui se vit forcé à une retraite humiliante. Toutefois, les Français traitèrent Metz en conquérants plutôt i u'en protecteurs. Privée de ses franchises, elle perdit les deux tiers de sa population et tomba dans une décadence complète d'où la relevèrent Turgot et le maréchal de Belle-Isle. Depuis lors la ville s'est peu à peu transformée; de belles rues, des places remarquables, des quais propres et bien bâtis ont remplacé les ruelles puantes et mal percées qu'on y voyait encore au xvme s. Ses fortifications, transformées il y a une centaine d'années par le célèbre Cormontaigne, sans cesse agrandies et consolidées, en font la forteresse la plus importante de la France. On y entre par neuf portes.

Metz est la patrie du maréchal Fabert (f 1662) , de Bouchotte , ministre de la guerre de la Convention , des généraux Custine et Richepance, de Barbé de Marbois, d'Antoine Louis, l'illustre chirurgien, des naturalistes et voyageurs Buchoz, Levaillant, Tschudy, de Bourdon, de Chazelles, de l'aéronaute Pilâtre de Rozier, du peintre Leprince, etc., etc.

La cathédrale, commencée au xii* s. , ne fut terminée qu'à la fin d u xv* par le chanoine Jacques Damange qui avait entrepris la construction

du chœur. L'inauguration n'eut lieu qu'en 1 546. Elle a 1 22 mèt. 25 cent, de longueur dans œuvre,et hors d'oeuvre 128 mèt. 62 cent. Sa hauteur est, sous voûte, de 128 mèt. 62 cent. La nef (de 1332) est large de 14 mèt.

56 cent. La flèche (de 1427) , légère , hardie, taillée à jour, entourée de petites flèches en forme d'obélisques, s'élève à une hauteur de 85 mèt.

50 cent. Le lourd portail dorique, construit en 1745 par Blondel, d'après les ordres de Louis XV, fait un contraste choquant avec le style du reste de l'édifice. On remarque à l'intérieur la belle rosace de 1380; le beau vitrail du chœur (xvies.); une baignoire romaine en porphyre rouge, qui a été convertie en fonts baptismaux; la chaire de saint Clément, taillée dans le fût d'une colonne romaine; la chape deCharlemagne : deux belles crosses en ivoire du xi* et du xv* s. — Parmi les autres églises de Metz, les seules qui méritent une visite sont celles de Saint-Maximin, dont le chœur latino-byzantin a été restauré en 1852 avec un luxe peut-être excessif de couleurs vives et de dorures ; Saint-Eucaire (xme s.) et Saint- Clément, commencée en 1668, dont le portail (1715) est un des plus beaux monuments d'architecture moderne que possède la ville de Metz.

Les autres principaux édifices de Metz sont YHôtel de ville, terminé enl771 par Gardeur-Lebrun, d'après les dessins de Blondel. On remarque en face de la rampe principale du grand escalier un bas-relief en marbre blanc, sous lequel on a gravé des vers d'Ausone; l'escalier luimême est éclairé par des vitraux peints placés en 1852 et représentant le duc de Guise , Pévêque Ber-

tram et l'échevin Pierre Baudoche (i 1489); — le Palais de justice^sur la promenade dite l'Esplanade (F.

ci-dessous), construit en 1776 par Clairisseaux. On y admire les belles rampes de fer du grand escalier, chefs-d'œuvre d'un artiste de Metz nommé Guise; les deux bas-reliefs de la cour intérieure rappellent, l'un, l'humanité du duc de Guise secourant les Espagnols après la levée du siège, l'autre, la conclusion de la paix entre l'Angleterre, la France, l'Espagne et les États- Unis d'Amérique, en 1783; — le Marché couvert, cité comme un des plus beaux qui soient en France; — Vévêché, le séminaire, la synagogue (1850) ; — le temple protestant; — le théâtre; — le lycée; — l'hôpital Saint-Nicolas; — Y arsenal (80000 armes de guerre) ; — le petit arsenal (dans la citadelle), curieux monument du xiii* siècle, avec une salle contenant 60000 armes; — Y école d'application d'artillerie et du génie, bâtie sur l'emplacement de l'ancienne abbaye de Saint-Arnould, non loin du palais de justice ; — Vécole d'artillerie, bel édifice moderne construit de 1827 à 1832; — la caserne du génie, les casernes de Chambrière et Coislin, l'hôpital militaire, etc., etc.

Sur la place Napoléon — la plus belle des places de Metz — s'élève , entre deux trophées, la statue en bronze de Fabert, par Etex. Les plus remarquables des autres places sont la place Saint-Louis; — la place de Chambre, où l'on voit, adossée au pâté de la cathédrale, une urne ornée de guirlandes de fleurs et du piédestal de laquelle jaillit une fontaine, — la place de la Comédie, sur laquelle s'élève le pavillon Saint-Marcel, où demeu-

[R. 17] METZ. — Si

rèrent le maréchal de Brogliè , Bouillé et la Fayette ; — la place Royale, plantée d'arbres et servant de champ de parade aux troupes de la garnison. Enfin, à l'extrémité de la rue du Pont-des- Morts, on peut visiter la fontaine des Pucelles , adossée au mur d'un pavillon bourgeois et représentant un portail dorique. Son nom lui vient d'un couvent de Bénédictines qu'on appelait les Pucelles. La statue de la Vierge qui la décore est regardée par les habitants de Met/, comme la pucelle symbolique de leur ville.

Metz possède une académie, une bibliothèque de près de 30000 vol., un cabinet d'histoire naturelle (plus de 2000 oiseaux), un musée d'environ 150 tableaux, ouvert au public les dimanches, jeudis et jours fériés de 1 à 4 h.; plusieurs sociétés scientifiques et de nombreuses institutions de charité.

Les principales branches de son industrie et de son commerce sont les fers, les fontes, les aciers, la faïencerie . les tanneries, la passementerie, les flanelles, les broderies, etc., etc.

La seule promenade à l'intérieur de la ville est l'Esplanade, jardin long de 400 mèt., large de 320, et dessiné avec goût. On y jouit d'une belle vue sur le cours de la Moselle, le fort de la Double Couronne, la côte Saint-Quentin et sur les riants coteaux qui bornent l'horizon. Près de l'Esplanade, on trouve, vis-àvis d'une plantation d'arbres, un ancien oratoire de Templiers, dont la date remonte au xm* siècle, et reconnaissante à la croix épatée qui surmonte sa porte d'entrée. En face de l'oratoire on voit la fontaine des Forçats; enfin, tout près de là, au fond d'une cour, on

Page 1