‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 111 sur 219 · NT-AVOLD · texte numérisé non relu

NT-AVOLD

montre les restes d'une muraille romaine.

Dans les environs de Metz on peut visiter : le Sablon ( hors la porte Thiébault), anc. ville dont la Fontaine- Brûlée } qu'on voit sur le chemin, occupait un des carrefours; — Moulins, la côte Saint- Quentin (belle vue), le vallon de Mance, la Roche-Rudotte , le vallon de la Bonne Fontaine, sont des buts de promenades très-fréquentés (V., pour plus de détails , l'Itinéraire de Paris à Strasbourg par Moléri).

De Metz à Trêves et à Luxembourg, R. 33.

On traverse la Seille en deçà de

395 kil. Peltre, v. de 600 hab., dont l'église, bâtie de 1830 à 1834, possède un bel orgue, et dont le château est occupé par un pensionnat des sœurs de la Providence.

405 kil. Gourcelles-sur-Nied, v.

de 250 hab.

411 kil. Remilly, v. d'env. 1000 hab. situé sur la Nied française. On y remarque un élégant clocher gothique récemment construit.

41 8 kil. Herny, v. d'env. 900 hab. , situé à dr. de la Nied, près de la forêt de Remilly (filature de laine).

428 kil. Faulquemont , bourg d'env. 1100 hab. situé sur la Nied allemande. On y voit encore des débris de ses anciennes fortifications.

439 kil. Saint- Avold, bourg de 3288 hab., situé, à 3 kil. du chemin de fer, sur la Roselle, au point de jonction des routes de Metz à Saarbrûcken et de Dieuze à Sarrelouis. La colline appelée Bleyberg en dérobe la vue aux voyageurs.

Au delà de la station on entre dans une profonde tranchée , puis on

traverse un joli vallon boisé, et l'on passe .plusieurs fois la Roseile avant d'arriver à

446 kil. Hombourg, bourg de 2075 hab., pittoresqueraent situé sur une colline de grès rouge et possédant un château construit au xV s., puis agrandi vers le XVEI*, et des forges établies en 1758.

Le chemin de fer pénètre dans une gorge étroite et boisée, laisse à g. le v. de Freyming (650 hab.) , qui possède une mine de houille, une tuilerie et une forge, franchit un col et laisse à dr. plusieurs étangs.

453 kil. Corheren, v. de 600 hab.

458 kil. Forbach (hôt. du Chariot-d Or), bourg industriel de 4860 hab., bâti au pied et sur les pentes d'une montagne boisée appelée le Schlossberg et couronnée par les ruines d'une ancienne forteresse.

Les ruines romaines de l'Hiéraple, situées à 4 kil. env. sur l'ancienne route de Strasbourg, et la chapelle Ste-Croix, construite au milieu des arbres, sur le versant d'une montagne, méritent une visite. — Les voyageurs qui entrent en Allemagne ou qui en sortent, doivent changer de voiture, subir la visite de la douane et exhiber leur passe -port.

N. B. L'avis suivant est affiché dans les bureaux du débarcadère :

Les heures indiquées sur les affiches allemandes doivent être comptées en avance de trente minutes sur V horloge de la station,

DE FORBACH A LUDWIGSHAFEN.

18 9/10 mil. — 3 convois tous les jours, en 5 h. '25 min. environ et en 6 h. 30 min., pour 6 fl. 37 kr., 4 fl. 9 kr. et '2 fl. 51 kr.

Au delà de Forbach et de la Verrerie Sophie, le chenvn de fer tra-

verse une tranchée ouverte dans des couches de grès rouge, puis, après avoir dépassé les forges de Stiring , dans la forêt de Forbach, il sort de France pour entrer en Prusse, descend par une pente assez roide, en laissant à dr. un petit étang, dans la vallée de la Saar, traverse cette rivière sur un beau pont de pierre, et décrit une forte courbe pour venir s arrêter à la vaste station de

1 3 /10 mil. Saarbrûcken (hôt.:

du Chemin de fery (iuepratte), V. industrielle et commerçante de 12 000 hab., située sur la rive g. de la Saar, au pied d'une colline embellie par de nombreux jardins et réunie, par un pont de pierre de 166 mèt., au faubourg Sanct-Johann. (Omnibus à la station.) Ancien chef-lieu d'une principauté qui avait ses comtes particuliers, elle échut, en 1330, à la maison de Nassau. La paix de Luné ville l'avait concédée à la France.

Les événementsde 1815rontdonnée à la Prusse. La Saar, qui prend sa source dans les Vosges, près de Salm, commence à y devenir navigable. Le château a été, jusqu'en 1793, habité par les princes de Nassau-Saarbrûcken ; l'église du château renferme quelques tombeaux des membres de cette famille , mais on en voit un plus grand nombre et de curieux fonts baptismaux dans la belle église gothique (1315) d'Ârnualy v. éloigné de 30 min. env.

au S. de Saarbrûcken et en face duquel s'élève le Halberg, dont le sommet offre un panorama étendu. On peut visiter dans les environs de belles mines de charbon, exploitées par le gouvernement.

N. B. C'est à Saarbrûcken que se fait la visite de la douane.

Le chemin de fer remonte la rive

[R. 17] SAARBRÛCKEN. — KAISERSLAUTERN. 201

dr. du Sulzbach, souvent taillé dans le roc jusqu'à

2 mil. DuttweiieryV.de 5000 hab.

d'où l'on peut aller visiter (16 min.) le Brennende Berg (Mont qui brûle), enfoncement en forme de cratère, dans lequel il est facile de descendre. Il y a plus d'un siècle on exploitait en ce «lieu une carrière d'alun. Tout à coup des flammes jaillirent de terre. On les éteignit en y jetant des décombres; mais depuis lors il s'échappe du môme endroit une vapeur chaude qui s'épaissit quand le temps est pluvieux ou humide. On peut y faire cuire des œufs. On suppose qu'un banc de houille, situé au-dessous de cet enfoncement, qui s'agrandit chaque année, a pris feu par accident.

2 5/10 mil. Sulzbach. On laisse à droite plusieurs verreries et de nombreuses usines entre Sulzbach et

2 9/10 mil. Friedrichsthal, dont les forges et les verreries, situées dans un joli vallon, méritent d'être visitées. La houille est si abondante, qu'on en voit, en passant, d'épaisses couches presque à fleur de terre, de chaque côté des tranchées ouvertes par le chemin de fer. En 1861 la production de ce bassin s'est élevée à 42 1/2 millions de quintaux et le nombre des ouvriers a dépassé 12000. Plusieurs chemins de fer industriels s'embranchent à dr. et à g.»

de la voie principale. Au delà de Friedrichsthal, on s'enfonce dans le tunnel de Bildstock, long de 500 mèt., puis on descend dans la verte et riante vallée de la Blies vers la nouvelle gare de

4 3/10 mil. Neunkirchen (hôt :

Post, Jochum), bourg de 2000 hab., à l'entrée duquel on remarque les belles forges et les jolis jardins (avec une pièce d'eau) des frères Stumm. I

Au delà de Neunkirchen, le pays change complètement d'aspect; de vastes champs, dépourvus d'arbres, remplacent les coteaux boisés. On sort de la Prusse pour entrer dans le Palatinat bavarois.

4 9/10 mil. Bexbachy v. important par ses mines de houille.

5 9/ 10 mil. Homburg (hôt.: CarUberg, Post) y V. de 3600 hab., située sur l'Erbach, et dont la belle église cath. a été bâtie en 1840. Son château, qui a joué un grand rôle dans la guerre de Trente ans, a été rasé en 1714.

Le chemin de fer suit, dans une plaine monotone, bordée à dr. par une chaîne de collines, la route ouverte par Napoléon pour établir une communication directe entre Paris et Mayence. On s'arrête à Bruchmithlbach et à Havptstuhly entre Homburg et

8 5/10 mil. Landstuhl (hôt. :

Engel), V. de 2000 hab. , dominée par les ruinesdu château de Sickingen, dont les murs avaient 6 mèt.

d'épàisseur et dont la plupart des chambres étaient taillées dans le roc. Franz de Sickingen, le Cid et le Bayard de l'Allemagne, l'ami dévoué de Luther et de Gœtz de Berlichingen, y perdit la vie en le défendant contre ses ennemis mortels, l'évêque de Trêves et l'électeur de Hesse. Il fut tué le 7 mai 1523 par une poutre qu'un boulet détacha d'un plafond et qui l'écrasa. Sa dépouille mortelle avait été ensevelie sous l'autel de l'église catholique.

Les Français ont indignement mutilé le monument élevé à sa mémoire. — L'orphelinat catholique a été construit en 1853.

10 6/lOmil.Kaiserslautern (hôt. :

Schwatiy Donnersberg) , V. de 7500 hab., située au milieu d'une plaine

entourée de collines, à 7 ou 8 min.

de la station ; c'est une des villes les plus riches du Palatinat. Elle doit sa prospérité à son commerce et à son industrie (fabriques de draps). Frédéric Barberousse y avait construit, en 1153, un magnifique palais qui fut souvent habité par ses successeurs, et que le général français de Horn fit sauter après y avoir mis le feu, dans la guerre de la succession d'Orléans. Les débris en ont été démolis depuis peu, et une prison a été élevée sur l'emplacement qu'il occupait Uéglise (protestante) fondée par Frédéric Barberousse date du xnr s. La halle aux fruits, de style byzantin (1846), fait honneur à son architecte, Voit, de Munich.

L'école rurale et industrielle contient un assez beau cabinet d'histoire naturelle, acheté en 1841. On peut visiter dans le cimetière un monument élevé à la mémoire des soldats de Napoléon, nés à Kaiserslautern. — Les ruines du château de Hoheneck, qui dominent le v. du môme nom, sont à 1 h. au sudouest. De ce château on peut aller par le Gelterswoog et la jolie vallée de Garl, qu'arrose la Moosalb, à Trippstadt (2 h. de Kaiserslautern), v. de 1600 hab. qui possède un château bâti en 1766.

Peu de temps après avoir quitté Kaiserslautern, le chemin de fer, laissant la route à g. , traverse un tunnel qui s'ouvre entre deux longues tranchées taillées dans le roc et perreyées. A la station de Uochspeyer, il entre dans la vallée arrosée par la rivière du même nom , qu'il doit descendre jusqu'à Neustadt par Frankenstein — d'où part une route qui conduit en 4 h. à Dùrkheim, 7 h. de Kaiserslautern — Weidenhall , Seidenfels , Greven-

hausen, Sanct-Lambrecht (fabrique de draps), Diemerstein (avec un jardin anglais et une villa moderne), Neidenfels et la Wolfsburg (près du dernier tunnel). Rien de plus pittoresque que cette partie du trajet. Le chemin de fer coupe en souterrain les contre-forts qu'il ne peut pas contourner. Onze tunnels d'inégale longueur (celui qui passe sous le Heiligenberg a 1400 mèt.), dont deux ou trois sont dominés par des châteaux en ruine, des tranchées taillées dans le roc, des ponts, des viaducs se succèdent presque sans interruption. De magnifiques travaux d'art, de charmants paysages, de beaux établissements industriels attirent tour à tour les regards .

charmés.

15 mil. Neustadt (hôt. : Zur Krone (Post), Zum Goldenen Lœweny Schifl), V. industrielle, commerçante et agricole de 6600 hab. , située dans la plaine et sur le Rehbach, au pied de la chaîne de Haardt couverte de vignobles et de forêts, et à l'entrée d'une vallée que semble fermer le Kœnigsberg au sommet conique. On distingue de loin les tours trop massives de son église gothique , fondée au xiv*s., et servant aux deux communions.

On a construit récemment une église du style ogival près de la rivière.

Au N. ou à dr., en regardant les montagnes, on aperçoit la longue ligne du v. de Haardt (belle vue) que dominent les ruines du château Winsingen (Haardter Schloss), entourées d'un beau jardin. Ancienne résidence d'été des électeurs palatins, ce château, réuni à une belle villa moderne (beaux vitraux de couleur), a été détruit dans les guerres des Paysans, de Trente ans et de la succession d'Orléans. On y

[R. 17] NEUSTADT. — LUDWIGSHAFEN. 203

jouit d'une belle vue. Au S. , ou à g. la Maxburg s'élève au-dessus des trois villages qui portent le nom de Hambach.

Comme toutes les villes du Palatinat, Neustadt a eu cruellement à souffrir pendant la guerre de Trente ans, la guerre de la succession d'Orléans et la Révolution française ; mais , bien qu'elle ait subi quatre ou cinq pillages , elle eut le bonheur d'échapper à l'incendie.

L'église (duxiv#s.) renferme quelques tombeaux des électeurs palatins (Rodolphe II, Robert 1er); Vhôtel de ville est le collège des jésuites, bâti en 1743. La curieuse maison du libraire Gottschick a été trop remaniée. — Près du chemin de fer, sur une petite promenade, un bloc de grés porte l'inscription suivante en allemand : Schiller, 10 nov. 1859, en souvenir du jubilé.

On peut faire de nombreuses promenades et excursions dans les environs : 1° au Schiesshaus (Maison de tir), établissement public, situé à l'extrémité S. de la ville, à quelques minutes seulement au-dessus de l'embarcadère, et d'où l'on découvre une jolie vue sur la plaine; — 2° à la maison de campagne de Waldmannsburg, sur la montagne, au S. du Schiesshaus (beaux jardins, belle vue); — 3° à la Maxburg.

45 min. de Waldmannsburg, 1 h.

de Neustadt (F. R. 16, 2f); — 4° à Haardt, 10 min., et au château de Winzingen (F. ci-dessus) 5° à la Wolfsbitfg, 30 min. à l'O. , château détruit dans la guerre des Paysans (belle vue un peu bornée sur la plaine et sur les vallées du Haardt); — 6° dans la vallée de Neustadt (F. ci-dessus). — 15 min. au-dessus de Sanct - Lambrecht - Grevenbausen , c'est-à-dire àM h. 30 min. au delà

de Neustadt, la vallée de ce nom se divise en deux bras : l'un, à dr. , celui que le chemin de fer remonte, arrosé par la Hochspeyer, l'autre, à g. , arrosé par la Speyer. Le v. de Frankeneck (belle papeterie) est situé à la jonction des deux ruisseaux.

Si l'on remonte la Speyer, on entre dans la calme vallée d'Elmstein où l'on remarque à dr. le château d'Erphenstein , en face de celui de Spangenberg, et plus loin les ruines du Breitenstein. On y trouve ensuite au delà d'Appe nthal , le v. d'Elmstein— 2 h. 30 min. de Frankeneck — dont le château ruiné et l'église (de style byzantin, bâtie d'après le dessin de Voit) forment un tableau pittoresque (bonnes truites); — 7° on peut faire aussi une jolie excursion d'une demi-journée, en voiture (voit, à 1 chev. 3 1/2 fl.) en se faisant conduire à Mittelhambach; de là on monte à pied à la Maxburg ; on revient par la Ludwigsviila et les bains de Gleisweiler (R. 16, B) à Neustadt.

De Neustadt à Landau et à Strasbourg R. 16 ; — à Spire, R. 18.

En quittant Neustadt, le chemin de fer traverse le Rehbach et se dirige au N. E. dans la plaine qui sépare le Haardt du Rhin. Des stations sont établies à Hassloch, 5000 hab.

(culture du tabac), à Bœhl et à Schifftrstadt , d'où part l'embranchement qui conduit à Spire (F. R.

18), et enfin à Mutterstadt, V. industrielle de 3000 hab.

18 9/10 mil. Ludwigshaf en (hôt.:

Deutsches Haus, Wolf), V. naissante, à laquelle sa position sur le Rhin et les chemins de fer (de Forbach, de Mayence et de Strasbourg) qui viennent y aboutir semblent promettre un brillant avenir. Avant

la Révolution française, c'était une forteresse appelée Rheinschanze , la tète de pont de Mannheim. En 1794, 1795, 1798 elle fut le théâtre de sanglants combats. Démolie en 1798.

elle fut reconstruite, en ' 1813, par les Français, qui, le Ie* janvier 1814, durent l'abandonner à un corps d'armée russe. De 1816 à 1843 elle resta une forteresse. A partir de cette époque, des établissements commerciaux s'y fondèrent, des rues s'y percèrent, des maisons s'y bâtirent. Le gouvernement bavarois favorisa autant que possible le développement de cette ville nouvelle ;

11 ouvrit un port libre, il construisit un port d'hiver, d'où le nom de Ludwigshafen ou port de Louis; en outre, il démolit les fortifications.

Le 15 juin 1849 et les jours suivants, Ludwigshafen fut canonnée par les insurgés badois, qui s'étaient emparés de Mannheim, et plusieurs de ses maisons devinrent la proie des flammes.

Un pont de bateaux sur le Rhin réunit Ludwigshafen à Mannheim (R. 16) . H sera remplacé par un pont fixe qui doit être achevé en 1865.

Une place dans l'omnibus coûte, pour Mannheim , 16 kr. ; pour l'embarcadère du chemin de fer badois, '22 kr. Chaque malle est tarifée à 6 kr. — Le prix des fiacres est ainsi réglé par le tarif : 1 à 2 pers.

12 kr.; 3à4 pers. 18 kr.; malle 6 kr.

De Ludwigshafen à Spire, R. 18; — à Worms et à Mayence,R. 24; — à Strasbourg, par Landau, R. 16, B.

H. Par Wissembourg et Landau.

558 kil. et 10 1/10 mil. — Chemin de fer de l'Est. 4 convois par jour. Trajet en 15 et 21 h. environ.

493 kil. de Paris à Vendenheim, V. R. 1.

55 kil. de Vendenheim à (548kil.) Wissembourg, R. 16, B.

6 1/4 mil. de Wissembourg à Neustadt. R. 16, B.

Neustadt, V. ci-dessus.

3 9/10 mil. de Neustadt à (10 1/10 mil. ) Ludwigshafen, V. cidessus.

Page 1