‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 118 sur 219 · FRANCFORT ET SES ENVIRONS · texte numérisé non relu

FRANCFORT ET SES ENVIRONS

Renseignements généraux.

Omnibus. — Des chemins de fer dans la ville, 12 kr. par personne; pour chaque malle, 6 kr. De la ville aux chemins de fer, par personne, sans bagage, 6 kr.

Fiacres. — Des chemins de fer dans la ville, une ou deux personnes, 24 kr. ; trois personnes, 30 kr. ; pour chaque malle, 6 kr. La taxe des fiacres est affichée dans les voitures. On paye pour un quart d'heure (une ou deux personnes), voiture à un cheval, 12 kr.; (trois ou quatre personnes), id., 18 kr. Les voitures à deux chevaux coûtent 18 et 24 kr.

Hôtels. — Hôtel de Russie (Zeil); hôtel de l'Empereur romain, ail. Rœmischer Kaiser (Zeil) ; hôtel d'Angleterre (Rossmarkt); hôtel du Cçgne, ail.

Schwan (Steinweg); hôtel de l'Union (ancien Weidenbusch , Steinweg) ; hôtel de Hollande (place Goethe); hôtel du Rhin (près de Saint-Léonard); hôtel Westendhatl (près de la gare du Taunus). — Les hôtels de seconde classe, fréquentés surtout par des Allemands, sont le Landsberg (rue Liebfrauenberg) ; les fuitels Dr exe l et Schrœder, la Ville cTUlm, le Augsburger Hof,Vhô-

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tel de la Ville de Lyon (à côté du Rœmer), etc.

Cafés. — Café Milani (Rossmarkt, près du théâtre) ; café Parrot (Zeil) ; café Mûller r id.) ; café de Hollande (place de Goethe), Glaces chez Rœder, dans le voisinage; Belle- Vue, café-restaurant. On trouve un certain nombre de journaux dans ces cafés, qui laissent beaucoup à désirer.

Restaurants. — Jacobi (près de la Zeil); Westendhall; de Hollande (V.

ci-dessus); Bœm et Welb (gr. Kornmark); Jouy (Gallengasse) ; Schûnemann (gr. Hirschgraben).

Brasseries. — Gutenberg (Gallengasse ; jardin) ; Bauer (Zum Tauuus.

Bockenheimergasse, bière de Bavière).

Domestiques de place. — i fl. 45 kr.

à 2 11. par jour.

Télégraphe. — Place Saint-Paul: 3 et 12.

Poste. — Zeil, n° 52.

Théâtre. — Tous les jours, excepté le vendredi.

Bateaux a vapeur. — Près du pont du Mein; bateaux à rames, 24 kr.

l'heure; traversée du Mein en bateau, 3 kr.

Embarcadères des chemins de fer, en ail. Bahnhœfe : Main-Neckarbahn, porte du Taunus; — Taunusbahn, id.; — Main Weserbahn, id. ; — Hanauerbahn, porte de Tous-les-Saints (Allerheiligenthor) ; — Offenbacherbahn, porte d'Ave- AfTenthor), à Sachsenhausen.

Casino. — Le Casino de Francfort, au coin du Rossmarkt, est un des plus beaux établissements de ce genre que possède l'Allemagne. On y reçoit plus de cent journaux. Les étrangers y sont admis sur la présentation d'un membre.

Le Biirgerverein , à la porte d'Eschenheim , est aussi très-riche en livres et journaux. Il faut également se faire présenter par un membre.

Situation et aspect générai.

Francfort-sur-le-Mein (en ail.

l<°ranck[urt-am-Main) , le chef-lieu de la république de ce nom, le siège de la diète germanique et de l'administration fédérale, est située

BOBDS DU R111N.

à 90 mèt. sur la rive dr. du Mein, et reliée par un pont de pierre de quatorze arches à son faubourg de Sachsenhausen, bâti sur la rive g.

Sa population s'élève à 83 400 hab.

dont 11000 cath. et 4000 juifs.

C'est une des plus belles villes de l'Allemagne; elle se recommande tout à la fois à ceux qui aiment les villes neuves et à ceux qui se passionnent surtout pour les vieilles villes. Elle a d'anciens quartiers aux rues étroites, tortueuses, sombres, aux façades peintes ou cuirassées d'écaillés, aux pignons sculptés, aux tourelles à angles, etc., et des rues neuves, larges, tirées au cordeau, bien aérées, bordées de maisons presque semblables, irréprochablement badigeonnées ou plutôt peintes de diverses couleurs, et dont aucun ornement extérieur ne vient gâter la plate et monotone beauté. Si ses anciennes fortifications ont été transformées en de charmants jardins, il lui reste de distance en distance des portes pittoresques et des beffrois-vigies qui lui conservent son caractère moyen âge.

Grâce aux nombreux chemins de fer qui y aboutissent, elle présente à toute heure du jour un aspect animé. On peut y passer avec intérêt et profit plus d'une journée ; mais sept à huit heures bien employées suffiront aux touristes pressés pour visiter ses monuments publics et les objets d'art les plus intéressants.

Voici l'itinéraire que nous recommandons :

La statue et la maison de Goethe ; — la Zeil; — le Rœmer ; — la Bourse; — le Dom ; — le Pfarrthurm ; — le Saalliof j — - le Pont ; — la Bibliothèque ; — la rue des Juifs ; — l'Ariane de Daunecker;

— la porte d'Eschenheim ; — le Musée ou Institut Stœdel.

Du reste, à l'aide du plan et des indications qui suivent, chaque voyageur se tracera aisément luimême son itinéraire.

Histoire.

L'origine de Francfort est inconnue. La première mention qu'en ait faite l'histoire, date de 794.

« C'était alors une ville sur le Mein » où Charlemagne devait avoir bâti un palais; cette année-là il y tint un concile qui abolit le culte des idoles. Son nom (Franconofurt) signifiait le Gué des Francks. On passait probablement le Mein près de la porte Saint-Léonard actuelle.

En 822 Louis le Débonnaire y bâtit un palais, dont il ne reste plus que la chapelle Sainte-Élisabeth. En 838, le bourg royal, entouré de murs et de fossés, fut élevé au rang de cité. Mais, après la déchéance de Charles le Gros, Arnolphe de Bavière établit sa résidence à Ratisbonne, et depuis lors les empereurs d'Allemagne n habitèrent plus Francfort. Il s'y tint toutefois des diètes et des conciles. En 1254, elle fut élevée au rang de ville, et la bulle d'or la proclama en 1356 ville de couronnement. En outre, ses foires, fondées, l'une par Chariemagne en septembre, et l'autre par Louis de Bavière à Pâques, la rendirent célèbre dans toute l'Europe en l'enrichissant ; car plus d'une fois quarante mille étrangers s'y trouvèrent réunis, et il s'y vendit pour plus de dix millions de florins de marchandises.

Des guerres avec les seigueurs du voisinage, les persécutions des juifs, les progrès de la Réformalion, les révoltes des bourgeois

contre les familles patriciennes , tels furent du commencement du iv* siècle à la guerre de Trente ans les principaux événements de l'histoire de Francfort. Pendant la guerre de Trente ans, elle se vit tour à tour mise à contribution par les Suédois, les Impériaux et les Français. La guerre de la Succession lui fit aussi éprouver des pertes considérables; enfin trois incendies, 1711, 1718, 1721, y détruisirent plus de mille maisons.

Deux ordonnances impériales , datées du 14 mars 1732, avaient rétabli la bonne harmonie entre les patriciens et les bourgeois, en réglant la constitution de la ville et en créant la commission bourgeoise perpétuelle. Francfort, tranquille au dedans, n'ayant rien à redouter du dehors — si ce n'est une courte occupation française, de 1759 à 1762 — parvint, pendant le xvm° siècle, à l'apogée de sa richesse et de sa renommée. Mais la Révolution française vint troubler son repos et entamer ses finances. Le 22 octobre 1792, elle dut ouvrir ses portes au général Neuwinger, et, le lendemain, Cusline lui imposait une contribution de deux millions de florins. En 1796, Kléber la bombarda pendant deux jours, y brûla cent cinquante maisons, et, après l'avoir forcée à se rendre, lui demanda trois millions de florins.

D'autres contributions de guerre furent exigées d'elle de 1799 à 1800, et bien qu'un traité conclu à Ratisbonne, le 25 février 1803, l'eût déclarée ville libre, indépendante et neutre dans toutes les guerres de l'empire, le 18 janvier 1806 Augereau l'occupa et la força à payer une forte somme.

De 1806 à 1815, Francfort tut la

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capitale du grand-duché de Francfort, donné par Napoléon au prince de Dalberg , prince primat d'Allemagne, et comprenant, entre autres villes, celles d'Aschaffenburg , Fulda et Hanau. En 1815, le congrès de Vienne détruisit ce grandduché, qui était déjà détruit de fait depuis 1813, rendit à Franctort son indépendance, la déclara ville libre ou république, membre de la Confédération germanique, et la nomma capitale de cette confédération. L'ancienne constitution, après avoir subi quelques modifications, fut votée les 17 et 18 juillet 1814 par la bourgeoisie, et proclamée le 18 octobre suivant.

Le 3 avril 1833, des étudiants ayant tenté de s'emparer de Francfort pour changer la constitution de la Confédération, un arrêté de la diète décida qu'elle serait désormais occupée par un corps de troupes autrichiennes et prussiennes.

En 1850, Francfort vit rétablir l'ancienne Confédération germanique, qui avait été détruite en 1848. Mais sa constitution particulière résista aux efforts tentés pour la modifier.

La République de Francfort — dont le territoire borné au N. et au N. E. par la Hesse électorale, au S. E , au S. et S. 0. par le grandduché de Hesse-Darrastadt , et à TE. par le duché de Nassau, est de 13 kil. sur 9 — a encore sa vieille organisation d'autrefois, son sénat, son corps législatif (composé de vingt sénateurs, de vingt députés permanents de la bourgeoisie et de quarante-cinq membres élus parmi les autres bourgeois), ses bourgmestres, ses échevins et ses syndics, et sa population d'environ

80 000 hab. , divisés en quatre classes (la noblesse, les docteurs ou lettrés, les bourgeois ou fabricants et marchands, et enfin les paysans).

La garnison de la ville se compose d'environ 3600 hommes de troupes autrichiennes et prussiennes, auxquelles il faut ajouter le contingent francfortois qui est d'env. 1100 h.

sur le pied de guerre.

Les débarcadères des chemins de fer — Heidelberg-Mannheim , Mayence-Wiesbade-Cassel-Berlin — se trouvent situés près de la rive dr. du Mein , entre la porte Saint- Gallus et la porte du Taunus. C'est donc en général par la porte du Taunus que les étrangers entrent dans Francfort. Au delà de cette porte, on croise la Neu-Mainzer- Strasse, dans laquelle on laisse à g. le musée Staedel (F. ci-dessous), et, suivant la Gross-Gallen-Gasse, appelée la rue des Millionnaires (hôtel de Bruxelles à g.), on atteint en quelques minutes le Rossmarkt, près de la Zeil, c'est-à-dire les principaux hôtels de la ville.

Sur le Rossmarkt, la plus vaste place de Francfort (hôtel d'Angleterre, café Milani), s'élève un Monument en grès à la mémoire de Gutenberg. Le groupe qui surmonte la fontaine représente les trois inventeurs de l'imprimerie, Gutenberg, Fust et Schœfler.

Les médaillons de la frise reproduisent les têtes des treize typographes allemands les plus célèbres; les écussons au-dessous de la frise, contiennent les armoiries des villes de Mayence, de Francfort, de Strasbourg et de Venise, qui ont contribué le plus activement à la propa-

gation de l'imprimerie; enfin les quatre figures qui entourent le piédestal sont la Théologie , la Science, l'Industrie, la Poésie. Les animaux par les têtes desquels s'échappe l'eau de la fontaine, rappellent les quatre parties du monde.

Le plan du monument est de Lau-

nitz (1855).

A dr. du Rossmarkt, près du café Milani , s'ouvre le Grosse Hirschgraben, dont la deuxième maison à dr. porte, depuis 1845, cette inscription sur une table de marbre blanc:

Hier ward Johann Wolfgang Gœthe, am '28 August 1749, geboren.

ici naquit Jean-Wolfgang Gœthe , le 28 août 1749 ».

Au-dessus de la porte on remarque les armoiries prophétiques que le père de Gœthe choisit lors de son mariage avec la fille du sénateur Textor, trois lyres en fer à cheval surmontées d'une étoile.

(Son grand-père avait été maréchal ferrant). Gœthe habita dans cette maison une mansarde du troisième étage qui donne sur la cour, mais il est né au second étage. C'est-là qu'il écrivit Gœlz de Bcrlichingen , une partie de Werther et ses premières poésies. La chambre qu'il occupa est encore telle qu'il l'a cjuittée. On y remarque une vue de Francfort, qu'il avait dessinée et au-dessous de laquelle il a écrit

des vers.

A. g. du Rossmarkt s'étend, jusqu'à la place du Théâtre, une allée d'arbres appelée Allée (à g. V église française réformée, hôtel et café

1 Francfort a vu naître aussi Pierre et George Schlosser, Œhlenschl*ger, cnesbach, Bettina d'Arnim, Savigny, Huttmann, Bœrne, Feuerbach, Clemens lirentano. Vogt, etc.

de Hollande, bonnes glaces chez Rœder) , au milieu de laquelle un petit nombre de Francfortois, admirateurs de Gœthe, ont érigé à ce poète un monument en bronze (par Schwanthaler, fondu par Stiglmaier). La statue (4 mèt.

62 cent.), élevée sur un piédestal de 4 mèt. (Gœthe est représenté debout, une couronne de laurier à la main gauche, s'appuyant du coude sur un tronc de chêne), a été souvent critiquée. On lui reproche surtout de la lourdeur. Les bas-reliefs du piédestal, au contraire, sont généralement loués et admirés. Ils représentent, celui de devant, les trois muses : la Poésie dramatique, la Poésie lyrique, et l'Épopée; celui de g., Iphigénie, 0 reste et Thoas (personnages d7phigénie en Tauride) , Faust et Méphistophélès ; celui qui est par derrière, Gœtz de Berlichingen, Egmont, le Tasse, la fiancée de Corinthe soulevant le couvercle du cercueil, Prométhée, enfin le roi îles Aunes, tenant l'enfant dans ses bras; celui de dr., Mignon avec Wilhelm Meister et le joueur de harpe, Hermann et Dorothée.

Le Rossoiarkt ou le Steinwey (hôtel du Cygne et de YUhion) , qui s'ouvre à dr. , à l'extrémité de l'Allée, conduisent à la place delà Parade (hôtel de Paris, café Neuf, librairie Jûgel), sur laquelle on remarque le corps de garde (Hauptwache), à g., et à dr., l'église Sainte- Catherine (réf.), bâtie en 1680. — On y fait de la musique militaire trois fois par semaine, à midi.

A la place de la Parade commence la Zeil, la plus belle rue de Francfort par sa largeur, ses hôtels, ses magasins, son animation. Au côté N. de cette large rue, se trouvent

la poste, Vhôtel de Russie, le DarmstœdterHof, résidence du grand-duc «le Hesse , Vhôtel de l'Empereur romain et les maisons de MM. Mumm et de Rothschild. A son extrémité inférieure sont le corps de garde des constables, et Y arsenal, où l'on fond des cloches et des canons. A dr. ou au S. s'ouvrent plusieurs rues qui descendent par la vieille ville à la cathédrale et au Rœmer.

Le Rœmer — on appelle ainsi Vhôtel de ville — est, au point de vue historique , le monument le plus curieux de Francfort. Son origine est inconnue. On ne sait pas non plus pourquoi il porte ce nom.

Le doit-il à un palais de Charlemagne, qu'il a remplacé, et qu'on désignait par l'épithète de Romain, ou bien à des marchands lombards et romains qui y seraient venus vendre leurs marchandises pendant les foires? — (le rez-de-chaussée sert encore à cet usage) — les étymologistes n'ont pas su se mettre d'accord. .Quoi qu'il en soit, la ville l'acheta en 1405 pour en faire l'hôtel de ville. Il a été bâti et rebâti à diverses époques.

D'une grande salle basse ogivale, on monte par un large escalier à rampe Louis XIII. tapissé de mauvais tableaux sans cadres, au Kaisersaal (salle des Empereurs) , ouvert au public les lundis, mercredis et vendredis, de 11 h. à 1 h., et tous les jours aux étrangers, moyennant un pourboire (de 12 à 30 kr.

selon le nombre des personnes).

Quand les électeurs assemblés dans la salle de l'élection avaient enfin désigné l'empereur, le sénat de Francfort se réunissait ûans cette salle; les bourgeois, divisés en quatorze sections, selon les quatorze quartiers de la ville, se ras-

semblaient au dehors sur la place appelée le Rœmerberg , « une de ces places trapèzes autour desquelles tous les styles et tous les caprices de l'architecture bourgeoise au moyen âge et à la Renaissance se trouvent représentés par des maisons modèles, où, selon l'époque et le goût, l'ornementation a tout employé avec un à-propos religieux, l'ardoise comme la pierre, le plomb comme le bois. » «Alors, dit M. V.

Hugo, les cinq fenêtres du Kaisersaal s'ouvraient , faisant face au peuple. La grande fenêtre, celle du milieu, était surmontée d un dais, et restait vide A la moyenne fenêtre de droite, ornée d'un balcon de fer noir, l'empereur apparaissait , seul , en grand costume , la couronne en tête. A sa droite il avait , réunis dans la petite fenêtre, les trois électeurs archevêques de Mayence, de Trêves et de Cologne.

Aux deux autres fenêtres, à gauche de la gra*nde fenêtre vide, se tenaient : dans la moyenne, Bohême, Bavière et le palatin du Rhin; dans la petite: Saxe, Brunswick et Brandebourg.... »

Dans son ouvrage intitulé : Dichlung und Wahrheit, Goethe a fait une curieuse description des fêtes d'un couronnement impérial; fêtes représentées d'ailleurs sur de vieilles gravures qui sont exposées dans l'escalier de la bibliothèque.

Le Kaisersaal a été remis à neuf depuis peu d'années. Le plafond est restauré tel qu'il était autrefois d'après un ancien dessin. Les murs sont ornés de portraits (de fantaisie pour la plupart) de cinquante-deux empereurs, de Charlemagne (768) à François II (1792-1806). Ces portraits qui n'ont pas une égale valeur artistique — il y en a même d'as-

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sez ridicules de tournure, de costume et de couleur — sont des présents faits à la république de Francfort par des souverains, des sociétés , de simples particuliers ou même des artistes. Henri II est de Passavant, Lothaire, de Bendemann, Frédéric Barberousse, de Lessing.

L'archiduc Jean y figure .comme vicaire général de l'empire.

À côté du Kaisersaal se trouve la Chambre d'élection (Wahlzimmer) , dans laquelle se réunissaient les électeurs ou leurs ambassadeurs pour s'entendre sur l'élection de l'empereur, qui était ensuite proclamé dans la chapelle de la cathédrale Le sénat tient actuellement ses séances dans cette salle, qui est restée telle qu'elle était autrefois.

Les fresques qui l'ornent sont de Colomba (1740).

Le Rœmer contient aussi les Archives de la ville, où l'on conserve, dans une salle, dont les murs ont 2 met. d'épaisseur , la Biflle d'or (Bulla aurea) octroyée à l'empire par Charles IV, en 1356, et qui resta en vigueur jusqu'à la dissolution de l'empire d'Allemagne (1806). Cette charte fameuse réglait les privilèges des empereurs et des électeurs, et déterminait la mânière dont devait se faire à perpétuité , dans la ville de Francfort, l'élection de l'empereur. Elle se compose de quarantetrois feuilles de parchemin in-4, attachées ensemble par des fils de soie. Elle est écrite en latih. Son nom lui a été donné à cause de son sceau couvert d'une feuille d'or (pourboire) .

C'est sur la place appelée le Ra>merberg , devant l'hôtel du Rœmer, dans les rues, sur le quai, que se tiennent les fameuses Foires de Francfort (Pâques et septembre).

Ces foires ne sont plus certainement ce qu'elles étaient au moyen âge, mais elles ont repris une certaine importance depuis la suppression des foires d'Offenbach et l'adjonction de Francfort au Zollverein (1836).

Sur le Rœmerberg, du côté S., s'élève Véglise Saint-Nicolas (réf.) , bâtie au xiti- s. et restaurée en

Le retable (moderne) est de Rethel.

Tout près du Rœmerberg, au N. , est Véglise Saint-Paul, commencée en 1786, achevée en 1833 (réf.).

Cette église a vu siéger dans ses murs, en 1848 et 1849, le Parlement de Francfort. En face a été construit en 1844, dans le style byzantin, la nouvelle Bourse (par Stûler ). L'intérieur semi - mauresque (ouvert de midi à 2 h.) offre un aspect bizarre. L'extérieur est orné de statues : côté E. : Y Espérance y par Wendelstaedt ; la Prudence , par Zwerger; côté 0. : le Commerce maritime et le Commerce continental, par Launitz ; Y Australie, Y Amérique, YEurope, V Asie et YAfrique, par Launitz et Zwerger. — La banque et l'agiotage occupent et enrichissent à Francfort un grand nombre d'individus. — L'ancienne bourse se tenait dans le Braunfels, vaste édifice situé, à peu de distance, sur la place Notre-Dame, dans lequel Maximilien I* ouvrit, le 31 octobre 1495, la haute cour de justice, transférée depuis à Spire, et où logèrent plus tard Gustave- Adolphe et plusieurs empereurs d'Allemagne. Le Palais de justice se (trouve aussi sur la place Saint-Paul côté 0.).

Après la proclamation de l'empereur au Rœmer, venait le couron-

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nement à la cathédrale, qui en était peu éloignée (à 1*0.).

Le Dom ou la cathédrale de Francfort , appelée aussi église Saint - Barthélémy — l'église la plus curieuse de Francfort — est une église gothique en forme de croix, construite à diverses époques (876, 1238, le chœur de 1315 à 1338, les latéraux au xiv# s.), et consacrée au culte catholique. Elle a été restaurée nouvellement en 1855. Sa longueur est de 82 raèt., sa largeur de 72 mèt. On%y remarque : (à dr., près de la porte) une énorme horloge avec un astrolabe, et un calendrier perpétuel du xv* s.; d'anciens tombeaux coloriés delà famille de Holzhausen ; de belles lampes en cuivre ; un Christ au tombeau, peint au xiv* s.; une Vierge au lit de mort , sculpture du xv« s. restaurée en 1836 (dans la chapelle à g. du chœur); (dans le chœur) de curieuses fresques, également restaurées, « horribles avec saint Barthélémy , charmantes avec la Madeleine; une rude et sauvage boiserie menuisée vers 1400; » un Christ sur les genoux de la Vierge , attribué à Albert Dûrer ; une ^ssompfion(mattre-autel), par Veit, d'après Rubens; une sainte Famille, d'après Rubens; un riche mobilier d'autels sculptés ; a sur les murailles une collection complète de ces morions fantasques et de ces cimiers effrayants, propres à la chevalerie germanique; » une précieuse peinture sur cuir, représentant l'intérieur du sépulcre de sainte Cécile, et enfin, entre autres tombeaux, celui de Gûnther de Schwafzburg , élu empereur, en 1349, à Francfort, et empoisonné peu de temps après.

Ce monument, qui date de 1352, est près de la porte conduisant à

l'ancienne Chapelle dyélection(WMkapelle) où les électeurs proclamaient l'empereur qu'ils avaient choisi au Rœmer. C'est au centre de l'église, à l'entrée du chœur, au point d'intersection du transsept et de la nef que, depuis Maximilien II, on a couronné les empereurs d'Allemagne. — N. B. Pour voirie Dom, s'adresser au sacristain, qui demeure en face du portail, dans le Kœpeller Hœfchen, n° 12 (pourboire, 12 à 24 kr.).

L'heure la plus favorable pour le visiter est celle de 1 h. à 3 h.

A côté du Dom , entièrement séparée de lui et appartenant aux protestants, s'élève le Pfarrthurm, la Tour paroissiale, tour de 87 mèt. de haut, commencée le 14 mai 1415, et achevée quatre-vingtquatorze ans plus tard. Elle devait être surmontée d'une flèche de 20 mèt. , à la place de laquelle on a construit, en 1848, un signal-fanal.

Trois cent douze degrés conduisent à la plate-forme, d'où l'on découvre une belle vue sur la ville, ses rues, ses églises, ses portes, ses toursvigies, ses jardins, ses promenades :

au S., sur le Mein, Sachsenhausen, et à l'horizon, sur POdenwald , où l'on aperçoit la tour du Melibocus ; à l'E. , sur Offenbach , Hanau, les hauteurs du Spessart et du Rhœngebirge ; au N. , sur Bornheim, Bockenheim et le Taunus; à 1*0., sur le Mein, jusqu'auprès de Mayence (pourboire, de 6 à 12 kr.).

Le Dom est entouré de Marchés assez mal tenus, qui pn salissent et en encombrent les abords. La maison de la place du Dom (à l'E., n° 4), reconnaissable au buste de Luther, a été habitée par le réformateur, qui y a harangué le peuple.

Parmi les vieilles maisons de ce quartier, on remarque, outre la Mehlwage (1438), prison pour dettes de la ville, la Fùrsteneck (1424) , dans la Fahr-Gasse, le Kaufhaus, le Leinwandhaus , la maison Zum Storch (ces trois dernières sur le Weckmarkt), la Maison de pierre (Steinerne Haus). près du Rœmer, à l'entrée du Markt, n° 44, et enfin, le Saalhof (sur le quai, derrière l'église Saint-Nicolas), sombre bâtiment construit, en 1717, sur l'emplacement qu'occupait autrefois la Saala , château que s'était fait bâtir , en 822 , Louis le Débonnaire, où naquit Charles le Chauve, et qu'habita Louis le Germanique. Il n'existe de cet ancien palais que la chapelle de Sainte-Élisabeth, qui, du reste, a été restaurée. — N. B.

Pour voir cette chapelle, s'adresser au concierge.

Si, du Saalhof, on descend le quai du Mein, on y laisse à g. l'embarcadère des bateaux à vapeur (traversée pour 3 kr.) , et à dr. , au delà du Fahrthor et du Leonhardsthor, Y église de Leonhard (cath.), bâtie, dit-on, sur l'emplacement d'un palais de Charlemagne , aujourd'hui complètement détruit. L'intérieur, peu curieux , renferme un tableau de maître-autel de Stieler, peintre bavarois. Plus loin, on trouve la Douane y sur le port libre, où il est défendu de fumer, et Vile inférieure, le long de laquelle sont établis des bains chauds et froids.

En remontant, au contraire, le quai du Mein, on arrive en quelques minutes au pont de pierre, où aboutit la rue Fahr-Gasse, qui conduit directement à la Zeil. Ce pont, bâti en 1340, a 317 mèt. de long; il est orné, depuis 1844, d'une statue de Charlemagne, en

grès rouge, par Wendelstœdt et Zwerger. Il mène à Sachsenhausen, le faubourg de Francfort, v. habité principalement par des jardiniers et des vignerons, et fondé, comme son nom l'indique, par une colonie de Saxons (du temps de Charlemagne); à g., en y entrant, on remarque le Deutsche Haus, maison de Tordre Teutonique transformée actuellement en caserne.

Le quai qui, du pont, conduit, sur la rive dr. du Mein, àl'Obermainthor s'appelle la Belle Vue ( Schœne Aussicht). Il est bordé de grandes maisons sans style. A son extrémité supérieure se trouve la Bibliothèque construite en 1825 et portant l'inscription suivante :

Studiis libertate reddita civitas.

(Architecte, Profes. Hessemer ).

Cette bibliothèque, ouverte les lundis, mercredis et vendredis, de 2 h. à 4 h. , les jeudis et samedis, de 10 h. à 2 h., possède plus de 60000 vol., des manuscrits, des collections de cartes et de vieux dessins sur bois et sur cuivre (surtout d'Albert Durer). Au rez-de-chaussée est la galerie Prehn, ouverte le mardi et le jeudi, de 11 h. à midi, et comptant parmi ses 900 petits tableaux quelques toiles estimées des écoles flamande et allemande. Dans le vestibule , on remarque , outre des antiquités de Francfort, des antiquités égyptiennes, grecques et romaines; la statue en marbre de Gcethe (par Marchesi) , achetée 12 000 flor. , et donnée à la ville par MM. Mylius,RûppeletSeufîerheld; et les bustes de deux Francfortois célébrés, Thomas et Kirchner, l'historiographe de la ville, par Zwerger et Launitz. Parmi les curiosités bibliographiques de la bibliothèque, on cite surtout la Bible mazarine,

de Gutenberg , imprimée à Mayence de 1450 à 1455; la Bible de Mayence de 1462, sur parchemin, avec des majuscules magnifiquement peintes; une Bible manuscrite, achetée à Rome vers l'an 1350 et possédée, jusqu'à la découverte de l'imprimerie, parla famille Gutenberg, etc.

Derrière la bibliothèque, dans la Lange Strasse , se trouve l'hôpital des Étrangers ou du Saint-Esprit , dont 'deux statues colossales, la Maladie et la Guérison (par Launitz), ornent le portail. Près de l'hôpital, on a une jolie vue sur le Rechneigraben (V. ci-dessous).

La première rue à g., au delà de l'hôpital, conduit à l'ancien cimetière des Juifs, près duquel s'élève Vhôpital des Juifs, fondé par la famille Rothschild, à l'entrée de la rue des Juifs (Judengasse) : a Deux longues rangées de maisons noires, sombres, hautes, sinistres, parallèles, presque pareilles; entre ces maisons toutes contiguës et compactes, et comme serrées avec terreur les unes contre les autres, une chaussée étroite, obscure.... Rien que des portes bâtardes, surmontées d'un treillis de fer bizarrement brouillé;... à côté des portes, un judas grillé, à demi entr'ouvert sur une allée ténébreuse.... Partout la poussière, la cendre, les toiles d'araignée, l'écroulement vermoulu, la misère plutôt affectée que réelle. . . . Un air d'angoisse et de crainte répandu sur les façades des édifices....

Dans les allées des rez-de-chaussée, des entassements de ballots et de marchandises; des forteresses plutôt que des maisons; des cavernes plutôt que des forteresses.... «Jusqu'en 1806, cette rue était fermée tous les soirs, au coucher du soleil, au moyen de portes et de verrous,

et aucun de ses habitants np pouvait sortir sans encourir les plus rigoureuses punitions. Malheureusement pour les amateurs" du pittoresque, heureusement pour la salubrité publique, la description de l'auteur du Rhin n'est plus entièrement vraie aujourd'hui. Une partie de la rue des Juifs est tombée sous le marteau des démolisseurs; l'air et la lumière y pénètrent déjà de tous côtés.

C'est dans cette rue, au milieu, à dr. , n° 118, qu'est né l'écrivain Louis Bœrne. Plus loin, du même côté (n° 153) , est la maison où sont nés tous les Rothschild. Leur mère n'a jamais voulu l'échanger contre un palais; elle l'a habitée jusqu'à sa mort (1849).

A l'extrémité de la vieille rue des Juifs, se trouvait la vieille Synagogue. On en a construit une nouvelle à l'extrémité N., dans la Schûtzenstrasse, dans le style oriental.

Elle a été inaugurée en 1853.

Non loin de là sont les Comptoirs des frères de Rothschild, où se délivrent très-libéralement aux étrangers qui en font la demande les cartes nécessaires pour voir les beaux jardins de Bockenheim (V.

ci-dessous). — On peut se demander pourquoi les juifs ont habité Francfort, car, jusqu'au commencement de ce siècle (1819), ils y ont toujours été victimes des plus indignes persécutions.

La l'riedberger Gasse, qui s'ouvre à l'extrémité de la Zeil, en face de l'arsenal, conduit à Y église Saint-Pierre (prot. et cath. allem.), vis-à-vis de laquelle s'ouvre la VUbêler Gasse qui aboutit au Friedberger Thor. Si, avant de sortir par cette porte, on tourne à g., dans la Seiler Strasse, on ne tarde pas à

FRANCFORT

remarquer sur ladr. le Waisenhaus (maison des Orphelins), et, à g., la porte d'un jardin ouvert à tout le monde, et dans lequel s'élève le Musée Bethmann. Ce musée, que les étrangers peuvent visiter, surtout de 10 h. à 1 h., moyennant un pourboire de 12 à 18 kr. , contient une collection assez restreinte de plâtres des [plus célèbres statues de l'Europe. Ce qui y attire un assez grand nombre de touristes, c'est la statue d'Ariane, par Dannecker de Stuttgart (11841) , exposée sur un socle tournant, derrière un rideau de soie rose qui donne au marbre la couleur de la chai r. L'Ariane est étendue à demi sur la croupe d'une panthère, ou d'une chimère plutôt, car l'animal qui la porte n'est pas un être vivant et connu. Cette statue a été trop vantée; les éloges exagérés qu'on lui a prodigués lui ont valu de sévères critiques. Elle est certainement au-dessous de sa célébrité. Une des salles contient le plâtre moulé sur la figure du prince Félix Lichnowski, qui fut tué dans l'émeute du 18 septembre 1848 , et un tableau représentant ses derniers moments. Tout ce musée de sculpture doit être transféré dans un petit temple bâti tout exprès dans la résidence de ville de la famille Bethmann.

En dehors de la porte Friedberger, on remarque devant la villa de M. Moritz de Bethmann, un des plus riches banquiers de Francfort, le Monument élevé par Frédéric- Guillaume II aux Hessois, morts en 1792, sous les murs de Francfort, qu'occupait alors l'armée de Custine. En suivant le chemin à gauche de ce monument, on atteint en 20 minutes le nouveau cimetière V. ci-dessous).

Instituts Staedel et Senkenberç.

Un bourgeois de Francfort , nommé Jean-Frédéric Staedel, mort en 1819, légua à sa ville natale ses maisons, sa collection de tableaux et de gravures, plus un capital de

I 200 000 fl. pour la fondation d'un Institut des beaux-arts. Le but du fondateur, en établissant cet institut, n'était pas seulement de créer un musée proprement dit; il se proposait aussi de fournir aux jeunes gens de Francfort peu favorisés par la fortune, sans distinction de religion ni de sexe, les moyens d'apprendre gratuitement le dessin, la peinture, la gravure, la sculpture et l'architecture. L'Institut Staedel est administré par cinq directeurs. Les intérêts des fonds servent chaque année à l'acquisition de nouvelles œuvres d'art. Le Musée, situé dans la Neu-Mainzer- Strasse, près de la porte du Taunus, est ouvert tous les jours, le samedi excepté, de 10 h. (dimanche, 10 h.

1/2) à 1 h. Les étrangers peuvent toutefois le visiter le samedi, de

II h. à 1 h. La bibliothèque est ouverte deux fois par semaine, le mardi et le jeudi, de 10 h. à 1 h.

L'inspecteur actuel de l'Institut est M. P. Passavant, le successeur de M. P. Veit. Il a publié un excellent catalogue , en 162 pages (prix 30 kr.), des collections artistiques confiées à son habile administration. Les principaux tableaux ou objets d'art que l'on remarque, à des titres divers, dans ce musée, sont :

Sous le vestibule : les bustes en marbre de Raphaël, par Lotsch, et d'Albert Dûrer, par Zwerger.

Dans les antichambres : des gravures coloriées d'après les tableaux des loges du Vatican; le Bouclier d'Hercule (selon

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la description d'Hésiode), en bronze, d'après un modèle en cire de Schwanthaler; des gravures, des plâtres antiques, des dessins à la main (ébauche en couleurs du Jugement dernier , fresque de Cornélius).

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