‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 129 sur 219 · FRANKENTHAL · texte numérisé non relu

FRANKENTHAL

Rive droite. Gernsheim (hôt.

Iximm), V. de 3000 hab., d'où un omnibus conduit à (3 mil.) Darmstadt (F. R. 19) pour 30 kr. On y a érigé, en 1836, une statue en grès (par Scholl) à Pierre Schreffer, qui y est né. Ce fut Pierre Schœffer, gendre de Fust qui, en 1454, inventa les caractères fondus. — Au delà de Gernsheim, on a creusé un canal pour éviter un des plus longs détours du Rhin. Au milieu du coude que fait le fleuve, sur la rive dr. , près d'Erfelden , Gustave -Adolphe a élevé un monument en souvenir de son passage du Rhin dans l'hiver de 1631 (7 déc.) (V. ci-dessous B; Oppenheim).

Le Rhin se rapproche du chemin de fer. On laisse à g. Oppenheim et Nierstein (F. ci - dessous B), puis à dr. Trebur ou Tribur, où les rois carlovingiens avaient un château dont il ne reste aucun vestige, et, après avoir dépassé (rive g.) Nakenheim , Bodenheim, Laubenheim et Weissenau, et (rive dr.) Ginsheimy\. près duquel le Schwarzbach se jette dans le Rhin, on laisse à dr. l'embouchure du Mein et on passe sous le beau pont du chemin de fer en arrivaiità Mayence(r'. cidessous, B).

B. Par le chemin de fer.

9 mil. — Chemin de fer. 7 convois par jour. Trajet en 1 h. 50 min. à 2 h., pour s fl., i fl. 48 kr. et I fl. 12 kr.

Kn quittant Ludwigshafen , le chemin de fer, presque toujours parallèle à la route de poste, se dirige en ligne droite à PO. sur

3/4 mil. Oggersheim (hôt. Zur Pfalz), V. de 1500 hab., détruite dans la guerre du Palatinat. Schiller y écrivit son drame de Fiesque dans l'auberge Zum Viehhofe. La cha-

pelle, ou plutôt l'église de Lorette, y attire un grand nombre de pèlerins, le jour de l'Ascension. Un couvent de Minorités, doté par le roi de Bavière, s'y est établi en 18'45. Le grand édifice que l'on aperçoit près de la station est une fabrique de peluche. — Un peu au delà d'Oggersheim, le chemin de fer prend la direction du N. qu'il ne quitte plus jusqu'à Mayence.

A Neustadt, i 3/4 mil., R. 17 A ; — à Spire, 2 3/4 mil., R. 18.

On traverse i'Isenach avant d'arriver à

1 1/2 mil. Frankenthal (hôt. :

Otto, Zum rothen Lœwen), ville industrielle de 4800 hab., à 1 h.

du Rhin avec lequel elle communique par un canal. Elle doit son origine et sa prospérité à soixante familles de protestants flamands qui, chassés par les Espagnols de leur patrie, vinrent s'y établir, en 1562, dans un couvent d'Augustins, fondé en 1119. A l'époque où la guerre de Trente ans éclata, elle comptait huit cents familles, qui avaient apporté, dans celte partie de l'Allemagne, des industries jusqu'alors inconnues, la fabrication des étoffes de soie et de coton. Elle était alors entourée de murailles, mais ses fortifications ne l'empêchèrent pas d'être prise , pillée et saccagée tour à tour par les Espagnols, les Autrichiens, les Suédois, les Français, etc. La paix rétablie, les Électeurs la reconstruisirent, et elle devint la première ville industrielle du Palatinat; mais elle est bien déchue de son ancienne réputation. Son église protestante a été bâtie, de 1820 à 1823, à la place de l'ancien couvent, d'après le modèle de l'église de Carlsruhe.

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La tour, incendiée en 1844, a été reconstruite depuis. On voit encore, derrière l'église catholique, le portail de l'église de l'ancien couvent (xn- s.). — L'asile des aliénés intéressera les médecins.

Au delà de Bobenheim, on traverse la Leininger, puis on sort du 1 alatinat bavarois pour entrer dans le grand-duché de Hesse ; on franchit l'Ait et l'Eis, et l'on passe près du cimetière de Worms où Ton remarque un monument érigé en 1848 à la mémoire d'anciens soldats de l'armée de Napoléon.

3 mil. Worms (hôt. : Alter Kaiser, Liebfrauenberg , Weisses Ross, près de la poste , Rheinischer Hof, près du débarcadère des bateaux à vapeur) — V. de 10 700 hab., située à 15 min. du Rhin qui baignait autrefois ses murs. Sa population s'est élevée jadis à 40000 âmes. La guerre de Trente ans l'a ruinée. En 1632, les Suédois détruisirent ses faubourgs; en 1689, Mélac et Créqui la mirent à feu et à sang, sur l'ordre de Louis XIV. Elle n'a jamais pu se relever de cette sauvage exécution. C'est une ville morte. « Ayez donc été ville impériale, s'écrie M. V. Hugo, qui résume poétiquement son histoire, ayez eu des gaugraves, des archevêques-souverains , des évêquesprinces , une pfalz, quatre forteresses, trois ponts sur le Rhin, trois couvents à clocher, quatorze églises, trente mille habitants! Ayez été l'une des quatre cités maîtresses dans la formidable hanse des cent villes! Soyez la ville qui a vu vaincre César, passer Attila, rêver Brunehaut, marier Charlemagne! Soyez la ville qui a vu, dans le Jardin des Roses, le combat de Sigefroi le Cornu et du dragon , et devant la

façade de sa cathédrale cette contestation de Chrimhilde, d'où est sortie une épopée , et sur les bancs de la diète cette contestation de Luther, d'où est sortie une religion ! Soyez la Vormatia des Vangions , et le Bormitomagus de Drusus, le Wonnegau des poètes, le chef-lieu des héros dans les Nibelungen, la capitale des rois franks, la cour judiciaire des empereurs, soyez Worms, en un mot, pour décroître et périr ainsi.... Partout la solitude, l'ennui, la poussière, la ruine, l'oubli. Malgré tout cela, peut-être, Worms, encadrée par le double horizon des Vosges et du Taunus , baignée par son beau fleuve, entourée de son enceinte décrépite de murailles et de sa fraîche ceinture de verdure, Worms est une belle, curieuse et intéressante cité. » Deux des diètes de l'empire tenues à Worms ont occupé une grande place dans l'histoire de l'Europe. Celle de 1495, en abolissant le droit de guerre privée (Faustrecht), établit pour la première fois l'ordre en Allemagne ; celle de 1521, en mettant Luther au ban de l'empire , hâta les progrès de la Réformation. Quand Luther fut sommé de comparaître devant la diète que Charies-Quint tenait à Worms, ses amis le dissuadaient d'obéir. Ils lui rappelaient le sort de JeanHuss, brûlé vif à Constance, malgré le sauf-conduit de l'empereur, o Je suis légalement sommé de comparaître à la diète de Worms, leur répondit-il, et je m'y rendrai au nom du Seigneur, dussé-je voir conjurés contre moi autant de démons qu'il y a de tuiles sur les toits des maisons. » Introduit devant la diète, il reconnut ses ouvrages et refusa de se rétracter. Au contraire,

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