ADO
Eltvillâ
La profondeur du Rhin est de :
lies.
— Strasbourg-Germersheim. .
— Germersheim-Mannheim . .
INTRODUCTION
Près de Bonn 3 33 5 »
A Cologne 3 50 4 60
Entre Cologne et DQsseldorf 2 66 7 66
Jusqu'à Dûsseldorf 6 66 17 »
— Kaiserswerth 3 66 5 »
— Wesel 3 66 4 66
— Emmerich 3 » 5 »
La profondeur du Rhin est, du reste, très- variable, même à de petites distances, même d'une rive à l'autre. Des bancs de sable s'accumulent souvent en quelques jours dans les endroits les plus profonds, tandis que des passages a peine recouverts d'eau deviennent au contraire navigables. Certaines îles augmentent ou diminuent chaque année. En général, cependant, la rive droite est toujours plus profonde que la rive gauche. C'est en mai et en octobre que les eaux sont le plus basses, en juillet qu'elles sont le plus hautes.
La rapidité du Rhin varie aussi, on le conçoit, selon la pente et la largeur de son lit : en moyenne, elle est évaluée, dans la partie navigable, à 5 kilomètres à l'heure.
Ses sinuosités allongent de près de 150 kilomètres le cours du Rhin. Pour éviter les plus longs détours, des canaux ont été ouverts sur divers points. D'autres canaux le mettent en communication avec les principaux fleuves des bassins voisins; le plus important de ces canaux est le canal Louis, qui unit le Rhin au Danube par la Bavière.
Le Rhin n'est navigable, à proprement parler, qu'au-dessous de Schaffhouse, et même qu'au-dessous de Bâle. Il porte, entre Bâle et Strasbourg, des navires de 600 à 800 quintaux; de 2000 à 2500 quintaux entre Strasbourg et Mayence ; de 2500 à 4000 quintaux entre Mayence et Cologne; de 6000 a 9000 quintaux entre Cologne et son embouchure. La navigation, surtout la navigation à vapeur, y est très-active. A la descente, le principal article de transport sont les bois des forêts riveraines du Rhin, de la Murg, du Neckar, de la
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Moselle, etc. Au-dessous de Mayence, les petits trains descendus, soit du cours supérieur du fleuve, soit de ses affluents, sont réunis avec un art curieux en d'immenses radeaux, longs quelquefois de 300 mètres, larges de 25 mètres, portant douze à quinze cabanes avec une population d'émigrants, des provisions — du bétail souvent, — des marchandises de toute espèce, et dirigés, non sans peine, surtout dans certains passages difficiles, par 400 ou 500 hommes. Un de ces radeaux, — ils étaient jadis plus grands qu'ils ne le sont aujourd'hui — consomme, dans un voyage, depuis le jour où il a été commencé jusqu'à celui où il est vendu, à Dordrecht, 23 000 kilos de pain, 15 000 kilos de viande, 5000 kilos de fromage, 50 sacs de légumes secs, 500 tonneaux de bière, etc. Le bois dont il se compose rapporte de 300000 à 350 000 florins. Le trajet de Bingen à Dordrecht peut être parcoifru en huit jours dans des circonstances favorables, mais quelquefois aussi il demande six semaines. Chaque année, le Rhin transporte ainsi en Hollande pour 4 250 000 francs de bois.
Les bords du Rhin sont surtout intéressants de Mayence à Cologne.
« Le Rhin réunit tout, a dit M. Victor Hugo. Le Rhin est rapide comme le Rhône, large comme la Loire, encaissé comme la Meuse, tortueux comme la Seine, limpide et vert comme la Somme, historique comme le Tibre, royal comme le Danube, mystérieux comme le Nil, pailleté d'or comme un fleuve d'Amérique, couvert de fables et de fantômes comme un fleuve d'Asie. »
Les poètes allemands appellent souvent le Rhin le père ou le roi Rhin. « Doit-on s'étonner, se demande un écrivain allemand , que Ton désigne sous de pareils noms un fleuve qui rappelle tant de victoires et de défaites des Romains et des Barbares, tant d'exploits chevaleresques dans les temps féodaux, tant de conciles ecclésiastiques, tant de guerres et de né-
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gociations de paix dans les temps modernes, tant de couronnements de ces empereurs, dont la dépouille mortelle repose à son côté, tant de rois fameux et tant d'illustres capitaines, — César, Drusus, Attila, Glovis, Charlemagne, Frédéric Barberousse, Rodolphe de Habsburg, Frédéric Ier le Victorieux, Gustave- Adolphe, Louis XIV, Enghien, Turenne, Marceau, Hoche, Napoléon, — qui voit s'élever sur ses bords deux des plus admirables monuments de l'architecture au moyen âge (les cathédrales de Strasbourg et de Cologne), — dont les rives ofirent une inépuisable variété d'aspects, ici d'épaisses forêts ou des plaines fertiles, là des rochers sauvages, des vignobles conquis par l'art et le travail sur la nature, des villes populeuses, célèbres par leur commerce, par leur science, par leurs fortifications, de riches villages, des bourgs florissants, de vieux châteaux féodaux, ceux-ci reconstruits tels qu'ils étaient, ceux-là en ruine, ayant chacun leur légende, des routes superbes ombragées d'arbres à fruit, des sources minérales où l'on renaît à la vie, — dont les eaux nourrissent une si grande Quantité des meilleurs poissons que Ton connaisse, — qui, dans son cours de 300 lieues, navigable sur une étendue de près de 280 lieues, fournit sans cesse aux nations qu'il enrichit les moyens d'échanger entre elles les produits variés de leur territoire, — enfin, qui a vu s'accomplir deux des plus grands faits de l'histoire moderne, la découverte de l'imprimerie et la Réforme. »
L'histoire, même succincte, du Rhin remplirait plus d'un volume. Ce n'est pas ici le lieu de l'écrire. On trouvera dans les Routes qui sont consacrées à son cours, ou qui longent ses bords, ou enfin qui viennent y aboutir, le résumé des principaux événements qu'il a vus s'accomplir sur ses eaux et sur ses rives, depuis l'époque où il coulait entre des volcans jusqu'à ces dernières années.
Itinéraire de la Franrc par A..JOANXK.