WIESBADE
mais beaucoup aussi à ses eaux, bien autrement actives et puissantes que celles de Bade. Le nombre annuel des baigneurs et des visiteurs atteint, dit-on, 30000. Wiesbade est après Bade le pays d'eaux ou le bain le plus fréquenté de l'Ai le magne. Mais si le jeu y est aussi animé, si les eaux y sont plus efficaces , la nature y est moins belle. A ce point de vue, il n'y a aucune comparaison à établir.
Le duché de Nassau, dont Wiesbade est la capitale, l'un des États de la Confédération germanique , est enclavé dans la province rhénane de Prusse et le grand-duché de Hesse-Darmstadt. Il a une superficie de 154 615 hect., une population de 456 567 hab. , dont la majorité est réformée; il occupe la treizième place dans la diète germanique, avec le duché de Brunswick. Son armée est d'environ 5500 h. La forme de gouvernement estune monarchie constitutionnelle.
La maison de Nassau prétend descendre d'un frère de Conrad I".
Walrame I" (1020) en commence la famille souveraine, qui s'est souvent divisée en plusieurs lignes dont Tune, l'othonienne, régne aujourd'hui sur la Hollande. Depuis 1816, la ligne walramienne, qui a fourni un empereur à l'empire (Adolphe de Nassau), a réuni sous un seul chef ( N^ssau-Weilburg) les possessions des deux derniers rameaux (Nassau- Usingen et Nassau- Weilburg).
Le débarcadère du chemin de fer se trouve situé presque à l'angle que forment les deux rues-bouievards appelées Rhein Strasse et Wilhelms Strasse. En face s'élève Yhôtel du Taunus. Si, laissant à g.
la Rhein Strasse, qui monte à la rue du Marché, à la place Louise, à
l'église catholique et à la caserne d'artillerie, on suit la Wilhelms Strasse t bordée, comme toutes les rues extérieures, de beaux arbres et de belles plantations (jardin public orné de pièces d'eau, de l'autre côté ce l'avenue), on arrive en quelques minutes au Wilhelms Platz, formé à l'O. par l'hôtel des Quatre-Saisons , Yhôtel Zais, le Xassauer Hof et le théâtre, au N.
et au S. par des colonnades couvertes, transformées en bazar pendant la saison des eaux, et à l'E.
par le Kursaal. Au milieu de cette place, ornée de deux jolies fontaines, doit s'élever bientôt la statue équestre de l'empereur Adolphe de Nassau. Au-dessus de l'entrée principale du Kursaal, dont le portique est soutenu par six colonnes de l'ordre ionique, on lit cette inscription : Fontibus Mattiacis , MDCCCX, car les eaux de Wiesba*le ont été connues des Romains qui les avaient appelées Fontes Mattiaci, du nom de la tribu germanique des Mattiaci, établie en ce pays. * Sunt et Mattiaci in Germaniâ Tontes calidi , etc. » dit Pline le Naturaliste, liv. XXXI, chap. n.
Tout le milieu du bâtiment est occupé par le grand salon ou salle de bal, orné de colonnes de marbre de Limburg , de bustes et de statues, et assez richement meublé. On y joue à la roulette. (Le mercredi, le prix d'entrée aux bals publics, pour les cavaliers, est de 1 fl. 21 kr. : les réunions dansantes du lundi et du samedi sont plus agréables et mieux composées que le bals publics.) A dr., en entrant, sont le cabinet de lecture, des salles de bal plus richement meublées, et des salons de jeu (le trente et quarante); à g., on trouve des
salles à manger et la restauration
(table d'hôte et à la carte). Quand
le temps est beau, on peut se faire
servir à dîner ou prendre des rafraîchissements devant la façade qui
donne sur le jardin et près du
kiosque-orchestre où l'on fait de la
musique (de 4 h. à 6 h. et quelquefois de 8 h. à 10 h. du soir). Ce
jardin, conquis par l'art sur la nature, qui s'y montre assez chétive,
est bien dessiné et entretenu. À
dr., en regardant la pièce d'eau,
peuplée de canards et de carpes,
on a élevé un joli kiosque d'où l'on
découvre une vue étendue; sur la
g., on est dominé par le palais et
les jardins de la duchesse douairière de Nassau. Si l'on remonte le
ruisseau qui alimente la pièce
d'eau , on ne tarde pas à trouver la
Dietenmûhle (15 min.), et 15 min.
plus loin le château ruiné de Son-
nenberg (V. ci-dessous).
Après le Kursaal et son jardin, c'est le Kochbrunnen, que visitent d'ordinaire les étrangers. Pour s'y
rendre, il faut suivre la Trinkhalle, longue galerie en fer construite
en 1854, qui met le Kurgarten en communication avec cette source.
Le Kochbrunnen jaillit près du Kranzplatz, petite place plantée d'arbres (hôtels de la Rose et d'Angleterre), entre le Rœmerbad et Yhàtelde l'Europe, et sur laquelle on remarque le groupe d'Hygie, exécuté à Rome en 1853 par M. Hoffmann de Wiesbade. Cette source est celle des dix-huit sources de Wiesbade, qui est la plus abondante, la plus riche en principes salins, la seule qui soit publique. Elle s'échappe d'une double coquille de fonte dans une sorte de petit bassin qu'entoure un pavillon découvert, et bouillonne
comme de l'eau en ébullition. Toutefois, bien qu'on l'appelle bouillante, elle n'a qu'une température de 69 degrés cent. De ce bassin, des tuyaux la conduisent aux hôtels qui ont des établissements de bains. L'eau est claire, limpide , ne répand qu'une légère odeur, mais elle a un goût peu agréable et ressemble à du mauvais bouillon de poulet. C'est celle que l'on boit cependant, aussi chaude que possible, le matin de 6 à 8 h., en ayant soin de se promener un quart d'heure entre chaque verre.
Du reste, elle est facile à digérer.
Mais ce sont les bains qui, à Wiesbade, constituent la partie essentielle du traitement. En général on les prend à 33 ou 35° cent., et, quoique l'eau ait perdu de sa force en se refroidissant, ils font monter le sang à la tète. Il faut en user avec prudence et modération.
Les autres sources de Wiesbade jaillissent dans les hôtels particuliers, auxquels elles appartiennent.
Composées des mêmes éléments que le Kochbrunnen, elles sont seulement moins chaudes et moins minéralisées. Ce sont des eaux salines muriatiques. Celle du jardin de l'hôtel de l'Aigle, où l'on peut aller boire également, est la plus importante. Elle a 65« cent. Celle du Schutzenhof était déjà exploitée du temps des Romains, comme le prouvent des débris de thermes. — Quoique les habitants de Wiesbade attribuent à leurs eaux une efficacité à peu près universelle, on les recommande surtout pour la guérisoh ou le soulagement des rhumatismes et de la goutte.
La saison commence au mois de mai et ne finit que dans le courant du mois de septembre,