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R. 27] WIESBADE. — ÉDIFICES PUBLICS

On peut encore visiter à Wiesbade :

Le palais du Grand-Duc , bâti par Moller, de 1835 à 1838, près de la place du Marché. Très-simple à l'extérieur, ce palais n'est remarquable que par la richesse de ses décorations intérieures.

Le palais ducal, ou Schlœsschen (1812), que Ton remarque à l'angle de la rue Guillaume et de la rue Frédéric. Ce palais contient, entre autres curiosités : — 1° une bibliothèque (ouverte le lundi, le mercredi et le vendredi, de 9 h. à midi et de 2 h. à 5 h.) d'environ 60 000 volumes et de curieux manuscrits, parmi lesquels on remarque les visions de sainte Hildegarde, ornées de miniatures du xii* siècle, celle de sainte Elisabeth de Schœnau, un manuscrit de Salluste, etc. (les étrangers euxmêmes sont admis à emprunter des livres à la bibliothèque, sur la présentation d'une reconnaissance signée par un habitant honorable de la ville) ; — 2° un musée d'antiquités romaines et du moyen âge (ouvert le lundi , le mercredi et le vendredi, de 3 h. à 6 h.). Parmi les antiquités romaines , on doitsignaler surtout à l'attention des amateurs:

l'épée dite de Tibère, découverte # à Mayence il y a quelques années; un bas-relief trouvé en 1842 à Heddernheim, près de Francfort, et représentant le dieu Mithra, qui, coiffé d'un bonnet phrygien, sacrifie un bœuf abattu, entouré de figures symboliques et surmonté des douze signes du zodiaque ; et la partie supérieure en bronze de l'étendard d'une cohorte de la 22* légion. Les antiquités du moyen âge les plus curieuses sont :

l° vu çmul en boû, sculpté et

doré , de plus de 8 mèt. de long sur 3 mèt. de haut, provenant de l'abbaye sécularisée de Marienstadt, près de Hachenburg, et datant du xme siècle; — 2° les monuments de Diether et Eberhard de Katxenelnbogen (du couvent de Sainte-Claire) , des vitraux de couleur, etc. ;— 3° un cabinet d'histoire naturelle (la collection géognostique du duché de Nassau offre de l'intérêt) ; — 4° une collection d'insectes (dimanche et mercredi, de 11 h. à 4 h. ; lundi et vendredi, de 3 h. à 6 h.) ; — 5° une galerie de tableaux (dimanche, lundi, mercredi et vendredi, de 11 h. à 4 h.) assez médiocres, bien qu'attribués pour la plupart à des peintres célèbres. On y trouvera quelques toiles de la vieille école allemande , et , entre autres, une sainte Famille, par Albert Durer, une sainte Famille, par Schoreel, les saintes Femmes, par Rogier Van der Velde, etc.

Les écoles allemande et flamande modernes y sont représentées par :

un beau Paysage de Swanewelt, un Déjeuner de Heem , une Marine de Van der Velde, Dédate et Icare de G. Flink, deux Paysages de Kobell. Les tableaux de l'école italienne sont moins nombreux et moins remarquables encore. On cite surtout le saint Chrysostome et la sainte Cécile du Dominiquin , une sainte Famille de l'école du Corrége, une esquisse (expédition d'Attila contre Rome) de Jules Romain.

La Société des arts de Nassau entretient dans le musée de peinture de Wiesbade une exposition permanente des œuvres des artistes contemporains. Ces toiles sont renouvelées tous les mois;

La collection d'antiquités grecques du prince Emile de Wittgen*

stein , Friedrichsstrasse , 3, ouverte au public tous les jours, de 3 h.

Le Ministerium (1839-1842) ou palais du Gouvernement, situé à l'angle de la rue Louise et de la rue du Marché ;

V église catholique, bâtie par Hoffmann, sur la place Louise, et possédant une Madone de Steinle et un saint Boniface de Rethel;

La nouvelle église réformée , commencée en 1853 par Boos, et récemment achevée; elle estconstruite en briques et surmontée de 5 tours percées de fenêtres à ogives élégantes. La tour du milieu (100 mèt.

env.) semble d'une hauteur exagérée relativement à sa largeur. Le portail principal est décoré des statues de saint Pierre et de saint Paul. A l'intérieur, l'édifice se compose de trois nefs, dans un style mixte.

L'orgue est sorti des ateliers de Walker, à Ludwigsburg en Wurtemberg. Dans le chœur on remarque les statues du Christ et des quatre évangélistes, en marbre de Carrare, par Hopfgarten.

Nous signalerons enfin : la tour de l'Horloge, dernier débris des fortifications du moyen âge; le palais de la princesse Pauline (1841), bâti pour Pauline de Wurtemberg, duchesse douairière de Nassau; d'anciennes sculptures en bois (1609) conservées à Yhôtel de ville; le théâtre, qu'il est question de reconstruire, et la fontaine du Marché (1753). Le cimetière, établi sur le versant de la montagne pui fait face au Neroberg , renferme la tombe de la duchesse Pauline et celle du lieutenant général hanovrien George de Bœring, le défenseur de la Haie -Sainte, à Waterloo.

La Wiesbade romaine fut dé-

truite au m* s. par le& Barbares.

Chaque fois que l'on y creuse la terre pour y construire une maison, on y trouve encore, surtout sur le Rœmerberg, des ossements, des cendres, des tuiles, des pièces de monnaie, etc., etc.; mais il ne reste aucun vestige apparent audessus du sol ni de la ville romaine ni du palais (Sala) que Charlemagne se fit plus tard bâtir sur ses ruines. Mais dans la rue Heidenberg, derrière l'hôtel de V Aigle, on peut voir encore un fragment de muraille de pierre, appelé la Heidenmauer ou la muraille des Païens. C'était la probablement que s'élevait la forteresse romaine, car la rue Heidenberg est plus haute de 20 à 26 mèt.

que les beaux quartiers de Wiesbade voisins du Kursaal. Enfin, à peu de distance de la ville, les antiquaires vont visiter le Pfahlgraben; on donne ce nom à des débris encore existants de la muraille fortifiée que fit construire l'empereur Probus, pour mettre l'empire romain à l'abri d'une invasion des Barbares.

« Vers le règne d'Adrien, dit Gibbon (ch.xn), lorsqu'on imagina un pareil moyen de défense, les forts ou postes, construits du Rhin au Danube, communiquaient l'un à l'autre par un retranchement , d'arbres et de palissades. A ces remparts informes , Probus substitua une muraille de pierre d'une grande hauteur, fortifiée par des tours placées à des distances convenables. Elle commençait dans le voisinage de Neustadt et de Ratisbonne, sur le Danube; elle s'étendait à travers des collines , des vallées, des rivières et des marais, jusqu'à Wimpfen, sur le Neckar; enfin elle se terminait aux bordsdu

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