‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 154 sur 219 · BINGEN · texte numérisé non relu

BINGEN

tuel, M. Cron, de Cologne, sont entourées de l'ancien jardin Faoer, ouvert à tous les étrangers (l'entrée est derrière l'hôtel du Cheval-Blanc, Weisses Ross, pourboire 12 kr.). Au moyen âge, Bingen appartint aux archevêques de Mayence et de Trêves. Une colonie de marchands lombards d'Asti , en Piémont, vint s'y établir pour s'y livrer à d'importantes et lucratives opérations de commerce. En 1302 cette ville résista à l'empereur Albert; mais dans la guerre de Trente ans et dans la guerre de la Succession elle fut prise par toutes les parties belligérantes. Enfin la France s'en empara en 1797, et la garda jusqu'en 1813. Depuis 181 6 elle appartient à la Hesse-Darmstadt.

Bingen n'a par elle-même rien de curieux à montrer aux étrangers.

Son église, qui date du xv# s. et qui a été restaurée de 1833 à 1837; possède cependant une crypte byzantine et des fonts baptismaux que les antiquaires croient dater de l'époque carlovingienne. On remarque aussi dans la ville l'importante manufacture de tabacs de M. Graef.

Mais la position de Bingen est charmante, et ses environs offrent les plus agréables promenades que Ton puisse faire sur les bords du Rhin.

D'abord on monte au Klopp (V.

ci-dessus), qui mérite un souvenir historique. Ce fut dans ce château que les fils de Henri IV enfermèrent leur malheureux père, contre lequel ils s'étaient révoltés (1105).

D'après une tradition contestable il y aurait été déposé. Ce qui est positif, c'est qu'il y écrivit à Philippe roi de France, une lettre touchante pour le prier de venir à son secours.

La vue de la Chapelle de Saint- Roch (Rochus Capelle) est plus belle et plus étendue que celle du Klopp. Il faut 30 min. pour y monter, par un chemin ombragé seulement dans sa partie supérieure (prendre à g. à l'entrée du bois).

On peut y aller en voiture (2 th., y compris la course au Scharlachkopf). Cette chapelle, fondée en 1666, pendant une peste, détruite à la fin du siècle dernier et rebâtie en 1814, s'élève à 120 mèt. au-dessus du Rhin, au sommet d'une colline escarpée. Le dimanche qui suit le 16 août, il s'y célèbre, chaque année, une grande fête dont Gœthe a fait une description animée. Elle est consacrée au culte catholique.

Ses décorations intérieures se font remarquer par leur mauvais goût.

On y montre un tableau donné par Gœthe et représentant saint Roch au moment où il quitte son château du Languedoc, renonçant à l'opulent héritage de sa famille et aux prandeurs de son rang pour prendre le bâton de pèlerin.

De la chapelle et de la montagne deSaint-Roch on découvre de beaux points de vue sur le Rhin en amont et en aval. En se tournant du côté de Mayence, on remarque surtout, outre le Rhin, qui ressemble à un lac parsemé d'îles, et les montagnes du Taunus, qui dominent le Rheingau : sur la rive dr. , Rûdesheim, Eibingen, Geisenheim, "Winkel, Oestrich, le Johannisberg et Eberbach (V. ci-dessus) ; et sur la rive g., Ober et Nieder logelheim, Gaualgesheim, Ockenheim, Gaulsheim, et enfin Kempten, au pied de la montagne. Si l'on se tourne, au contraire, du côté de Coblenz, on voit la ville de Bingen, l'embouchure de la Nahe, le Ruppertsberp,

la tour des Rats et l'Ehrenfels (V.

ci -dessous).

De la chapelle de Saint-Roch on peut aller (30 min.) au Scharlach kopf (il faut prendre le sentier qui s'ouvre à g. sur le chemin de Bingen , au delà d'une petite chapelle) ; on donne ce nom au point culminant du Scharlachberg , montagne dont les vignobles produisent des vins estimés. Le sentier serpente à travers de petits bouquets d'arbres.

De la terrasse circulaire garnie de tables et de bancs, on découvre une belle vue sur la vallée de la Nahe et le Mont-Tonnerre. Pour apercevoir le Rhin, il est nécessaire de monter jusqu'au haut d'un pavillon construit tout auprès.

JV. B. Du Scharlachkopf on peut redescenoVe directement à Bingen, en 30 min., par les sentiers un peu escarpés qui traversent les vignes. Le chemin de voitures , qui est plus facile, est aussi plus long. Il passe devant le cimetière (à 8 min.

du Rhin), dans lequel on remarque un monument en l'honneur des soldats français de l'empire. La deuxième pierre à l'entrée, à dr., porte une inscription funéraire à double sens. C'est un acrostiche d'un mari en souvenir de sa femme (f 1826). A la première lecture, les vers sont tout élogieux; mais, en y regardant de plus près , et en ne lisant que le premier mot de chaque vers, on trouve le sens suivant :

« Elle est en paix et moi aussi. »

(Wohl Ist Ihr Und Auch Mir.) On dit que c'est un tour joué par le spirituel notaire du lieu au mari désolé qui lui avait demandé un sonnet. On ne s'aperçut de la malignité de la rédaction qu'après bien des années.

Sur la rive g. de la Nahe, en

face du Scharlachberg, s'élève le .

Ruppertsberg, où se trouvait autrefois le couvent fondé, en 1148, par sainte Hildegarde de Sponheim, l'amie du pape Eugène III et de saint Bernard. Ce fut là que cette femme extraordinaire eut ses visions (V. Wiesbade, R. 27, à l'article Bibliothèque), et qu'elle écrivit sur des sujets de mysticité, de morale et de théologie , ces lettres ou ces traités qui eurent une si grande vogue, que chaque année plusieurs milliers de pèlerins vinrent la visiter dans sa cellule, jusqu'à sa mort, arrivée le 17 sept.

1179. Pendant la guerre de Trente ans, ce couvent, qui n'avait jamais cessé de prospérer, fut détruit par les Suédois (1632), et la dépouille mortelle de sainte Hildegarde transférée à Eibingen. Une fontaine, qui donne une eau excellente, porte encore le nom de sainte Hildegarde. La petite chapelle moderne située pri s de la Nahe est habitée aujourd'hui par un tisserand.

Pour jouir d'une vue plus belle encore que celle du Rochusberg et du Scharlachberg, il faut monter, soit par la nouvelle route de Trêves jusqu'à (30 min.) la Terrasse, plantée d'arbres et garnie de bancs, qui se trouve près du v. de Weiler, soit à (30 min. également) I Elisenhœhe , hauteur peu éloignée (à dr.), élevée de 133 mèt.

au-dessus du Rhin, et au sommet de laquelle on a construit, en 1825, un petit temple pour la reine de Prusse.

Mais, de toutes les excursions des environs de Bingen, la plus intéressante est celle du Niederwald (V. ci-dessous).

De Bingen à Mayence, par terre, R.

32; — àCreuznach, R. 25.

Le Niederwald.

Excursion de 3 à 4 h., si l'on ne veut pas la prolonger davantage. — L'itinéraire qui doit être suivi de préférence est celui-ci : se faire descendre en bateau jusqu'à Rheinstein ou Asmannshausen ; monter au Rossel et au Temple ; redescendre à Rûdesheim , puis revenir en bateau à Ringen.

Un bateau, de Bingen à Asmannshausen, coûte, de 1 à 6 personnes, 1 fl. 10 kr.; de Bingen à Rheinstein, 1 fl.

30 kr ; à Rheinstein et à Asmannshausen, l fl. 48 kr.; pour chaque personne en sus, 6 kr.; le retour se paye moitié prix.

De Rûdesheim à Bingen, 1 à 3 personnes, 12 kr.; chaque personne en sus, 4 kr.

De Rûdesheim à Rheinstein et Asmannshausen (avec 2 h. d'arrêt) , le bateau 1 fl. 54 kr.; à Asmannhausen seulement, 1 fl. 6 kr. Le nombre des passagers est illimité.

De Asmannshausen à Rheinstein, 1 ou 2 personnes, 15 kr. ; chaque personne en sus, 5 kr.; avec 2 h. d'arrêt à Rheinstein, 1 ou plusieurs personnes, 3fi kr.

Un âne et un guide de Rûdesheim au Temple (ou d'Asmannshausen au château de Chasse ) coûte 48 kr. ; à tous les points de vue et au château, 1 fl. 12 kr.; à Asmannshausen par tous les points de vue et rire versa, 1 fl. 24 kr. — Le guide seul se paye la moitié des prix ci-dessus indiqués. — Un chrval avec un guide coûte de 12 à 24 kr. de plus.

Une voiture à 2 chevaux, pour 4 personnes, de Rûdesheim au château, coûte 3 fl. 1/2; au château et à Asmannshausen, 4 fl. 1/2; pour la même course et celle du Johannisberg réunies, 6 fl. 1/2.

On donne toujours davantage. Du reste, les bateliers sont fort avides ; ils demandent toujours plus qu'il ne leur est dû. Avec les guides il faut faire les prix d'avance. Si l'on n'est pas pressé, on peut d'ailleurs s'en passer.

Pour la plus grande commodité des voyageurs qui prennent le chemin de fer, un bateau à vapeur, en correspondance avec les trains des deux lignes du

Rhin, fait le passage de Rûdesheim à Ringerbrûck ; 1" cl. 2 sgr.. 2» cl. 1 sgr. D'Asmannhausen à Bingerbrûck, il n y a point de tarif officiel . •

De Bingen à Rheinstein et à Asmannshausen (20 min. en bateau, V. ci-dessous). A Asmannshausen on quitte la barque, qui remonte seule, pour continuer sa route à âne ou à pied. Un peu au delà de l'église, les piétons pourront prendre à dr. un sentier qui serpente à travers les vignes, puis dans un petit bois de chênes, et enfin dans la belle forêt appelée Niederwald ou Forêt Inférieure. Dans ce trajet on laisse à g. le <YAvlhausen9 habité par des potiers et situé en face d'un ancien couvent de femmes, nommé Marienhausen et aujourd'hui converti en métairie.

1 h. suffit pour s'élever par ce chemin jusqu'au Jagdschloss, châleau de chasse qui, depuis 1853, appartient, ainsi que tout le Niederwald , au duc de Nassau. On peut s'y procurer des rafraîchissements.

10 min. plus loin se trouve la Bezauberte Hœhle ou la Grotte magique. Uu souterrain conduit dans un pavillon à trois fenêtres.

Des ouvertures habilement pratiquées dans la forêt laissent apercevoir : la première . le château de Falkmburg et Y église de Saint - Clément(V. ci-dessous); la deuxième, Rheinstein (V. ci-dessous); la troisième, le Schweixerhaus ( V. ci-dessous; pourboire à la personne qui ouvre les portes et les fenêtres) . De cette espèce de diorama naturel on monte en 5 min., toujours sous de magnifiques arbres, au Rossel, ruine artificielle bâtie au-dessus de l'Ehrenfelset du Bingerloch (F. cidessous) , et d'où l'on découvre une des plus belles vues des bords du

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