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LA PFALZ

dans une vallée appelée Blûcherthah parce que, le 1er juin 1814, Blûcher y poursuivit un détachement de l'armée française.

Au-dessous de Bacharach, le Rhin s'engouffrait autrefois dans un entonnoir de rochers, en imitant l'écume et le bruit de l'Océan.

Ce mauvais passage, appelé Wilde Gefœhrt, a été élargi et creusé, en 1850, par le gouvernement prussien. A un détour du fleuve, on aperçoit, au milieu, un château pittoresque, construit sur un îlot rocheux. C'est la Pfalz ou le Pfalzgrabenstein. Ce château, bâti au xiv* siècle par l'empereur Louis le Bavarois, servait autrefois à commander le passage et à exiger un péage de tous les bateaux qui voulaient le franchir. D'après une tradition généralement répandue, les princesses palatines y venaient faire leurs couches, dans les temps de troubles. Voici ce que rapporte à ce sujet la légende : Le comte palatin Conrad y avait enfermé sa fille, pour la conserver intacte à l'époux que voulait lui imposer l'empereur Henri VI. Mais l'amant de la jeune fille, Henri de Brunswick, parvint à surmonter tous les obstacles et à s'introduire chez elle. Le père, pour sauver l'honneur de sa fille enceinte, consentit alors au mariage, mais il voulut qu'à l'avenir toutes les princesses palatines donnassent le jour à leurs héritiers dans l'étroit réduit du château. — La Pfalz appartient aujourd'hui au duc de Nassau. On y montre un puits creusé dans le roc et dont l'eau n'est pas celle du Rhin.

En face de la Pfalz , sur la rive dr. du Rhin, est Caub (hôt. : Grilnewald, Nassaiier Hof), V. de 1550 hab. , la seule localité des bords

du Rhin où les navires qui remontent ou qui descendent ce fleuve soient encore obligés de payer un droit de passage perçu par le duc de Nassau. Au moyen âge, on ne comptait pas moins de trente-deux péages différents. C'est à Caub que, dans la nuit du 1" janvier 1814, l'armée prussienne , commandée par Blûcher, passa le Rhin. D'importantes carrières d'ardoises sont exploitées dans les environs.

Caub est dominée au N. par le château de Gutenfels. Ce château est fort ancien. En 1178, les seigneurs de Falkenstein le vendirent au palatinat avec la ville de Caub.

Il doit son nom (rocher de Guta) à la belle Béatrix Guta ou Guda, sœur de Philippe de Falkenstein, dont Richard de Cornouailles, élu roi des Romains, devint éperdument amoureux lorsqu'elle lui accorda l'hospitalité à son passage, et qu'il se décida plus tard à épouser. En 1504, le landgrave Guillaume de Hesse assiégea vainement ce château. Dans la guerre de Trente ans Gustave -Adolphe tenta inutilement aussi, pendant six jours, de déloger les Espagnols, qui, sous les ordres de Spinola, occupaient et défendaient la rive g. En 1804, il fut donné au duc de Nassau, qui y entretint pendant cinq ans une petite garnison d'invalides, mais qui, en 1807, en fit une ruine par mesure d'économie. Il appartient aujourd'hui à l'archiviste M. Habel de Schierstein. On peut s'en procurer la clef chez le maître d'école de Caub.

Gutenfels dépassé, Schœnberg apparaît bientôt sur la rive g. C'est le berceau de la célèbre famille de ce nom, dont descendait ce maréchal Schomberg qui, après avoir

été au service de la France et de la Prusse, périt à la bataille de la Boyne, qu'il avait gagnée contre les Stuarts , pour Guillaume III.

D'après la légende, un comte de Schœnberg laissa sept filles aussi belles que coquettes et insensibles; elles firent tant de victimes que la fée du fleuve, Lurlei, résolut de les punir. Un jour qu'elles se rendaient à leur château de Rheinberg, un orage violent s'éleva, la barque qui les portait chavira, et, précipitées dans le fleuve, elles furent changées en rochers. Quand les eaux sont basses, les bateliers montrent aux voyageurs les sept demoiselles.

— Depuis 1845, le château appartient au prince Albert de Prusse.

Au-dessous de Schœnberg, se trouve Oberwesel (hôt. : Rheinischer Hof, Trierscher Hof, Goldener Pfropfenzieher ; l'enseigne de ce dernier, peinte par un artiste de l'école de Dûsseldorf, nommé Schrœdter, est exposée actuellement dans la salle à manger) , — la Vesalia des Romains, est une V. de 2600 hab. , « une belle ville féodale, à mi-côte, jusqu'aux bords du Rhin, avec d'anciennes rues, comme on n'en voit à Paris que dans les décors de l'Opéra; quatorze tours crénelées , plus ou moins drapées de lierre, et deux grandes églises de la plus pure école gothique. » Notre-Dame (située hors de la ville) a été consacrée en 1331 ; on y remarque, outre ses portails sculptés, son chœur, haut de 26 mèt. 66 cent., un maître-autel de bois sculpté et doré, des monuments funéraires des Schomberg, et deux vieux tableaux de 1504, d'un chanoine nommé Petrus Lutern (l'Arrivée des 1 1 000 Vierges , et le Jugement dernier).

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