R. 1] ÉPERNAY. — GHALONS-SUR -MARNE
rations de machines du chemin de fer de l'Est, qui a attiré une nombreuse population d'ouvriers, w Véglise, reconstruite de 1828 à 1831 , a conservé à l'extérieur une entrée latérale de la Renaissance, d'une riche et élégante architecture; à l'intérieur, des vitraux anciens (Noé foulant le vin ). Les étrangers qui s'arrêteront à Épernay, pour étudier la fabrication des vins de Champagne, pourront visiter, dans la rue Flodoart, les restes d'un édifice dont la construction remonte aux premières années du xvie s.
(1520 à 1530 , par Louise de Savoie) ; et un petit château de la Renaissance, bâti sur le coteau , par M. Perrier, maire d'Êpernay. Le Jard est une vaste promenade. La principale curiosité d'Êpernay sont des caves, creusées dans le tuf et contenant des millions de bouteilles de vin de Champagne mousseux et non mousseux.
La statistique générale de la Marne porte à 17 412 hectares la surface plantée en vignes dans ce département. Trois arrondissements seuls (Reims, Epernay et Châlons) se livrent avec succès à la culture des vins dits de Champagne.
Les autres ne produisent que des vins communs.
Deux grandes artères topographiques partagent la contrée vraiment viticole du département : la rivière de Marne et la montagne de Heims.
La première, qui se ramifie en trois chaînes principales, la rivière de Marne proprement dite, la côte d'Êpernay et la côte d'Avize, comprend tous les vignobles situes près de la Marne.
A Épernay, le chemin de fer se bifurque; l'embranchement de g.
se dirige sur Reims et Laon et se
relie au réseau du N. par le chemin de fer des Ardennes. On laisse à dr. Chouilly, v. de 972 hab. , situé sur la Somme -Soude, et dominé parla montagne de Saran, dont les vins sont assez estimés.
148 kil. Oiry, v. de 316 hab.
159 kil. Jalons ou Jalons - les - Vignes, v. de 578 hab., près du confluent de la Soude et de la Marne.
On traverse la Soude et on longe la rive g. de la Marne jusqu'à
173 kil. Châlons - sur - Marne (buffet; hôt. : de la Cloche-d'Or, de la Haute - Mère-Dieu; libr. : Laurent, Cury) , V. de 16 675 hab., ch.-l. du départ, de la Marne, siège . de la 4* division militaire. Elle est située sur les rivières de Mau, de Nau et de la Marne. En 1776, on a éloigné la Marne de la ville, en lui creusant un nouveau lit à 200 mèt. de l'enceinte , et son ancien lit forme maintenant un canal. 22 ponts facilitent les communications; le pont voisin du chemin de fer est d'une construction remarquable ; l'une de ses trois arches, celle du milieu, a 26 mèt. d'ouverture.
Châlons date d'une époque fort reculée; c'était déjà une ville importante quand saint Memmie y prêcha le christianisme au m- s.; au v*, elle fut le théâtre de la défaite d'Attila (451) ; saint Bernard y prêcha la croisade en 1 147 ; les Anglais essayèrent vainement de s'en emparer en 1429 et en 1431.
Le parlement de Paris y siégea en 1589 ; enfin Napoléon en fit son quartier général en 1814, et le second Empire lui a donné une certaine vie par la création d'un camp (à Mourmelon, 24 kil.).
La cathédrale, dédiée à saint Êtienne, bâtie sur les emplacements successifs d'un temple d'Apollon et
d'une chapelle du ?• s., a été brûlée trois fois, en 1138, 1230 et 1668; elle fut en partie réédifiée aux frais de Louis XIV, en 1672; l'intérieur seul est gothique; le portail et les contreforts sont du style gréco-romain du xyi^ s. ; le portail S. a été terminé en 1850. L'intérieur a une longueur de 90 mèt. 40 c. sur une largeur de 40 mèt. et une hauteur de 60 mèt.
On y remarque : un riche maître autel , surmonté d'un baldaquin que supportent six colonnes de marbre , plusieurs chapelles curieuses (à l'abside) , de beaux restes de vitraux (derrière l'autel et dans le bas côté S.), deux tableaux de Louis de Boullongne, un tableau (retouché) du xv" s. (la Consécration de la cathédrale par le pape Eugène III) , un grand buffet d'orgues tout moderne (1852). Le pavé est presque entièrement formé de pierres tombales du xni" au xvi* s.
Notre-Dame, bâtie en bois par saint Alpin au v* s. , a été reconstruite de 1158 à 1322. Ces dates indiquent que le style roman et le style ogival s'y trouvent réunis. Le porche du midi date de 1469. Mutilée pendant la Révolution, cette belle église, classée parmi les monuments historiques, est en voie de restauration. Trois de ses flèches avaient été détruites; l'une a été déjà reconstruite , grâce à l'activité du curé, M. Champenois. L'intérieur, trop badigeonné jadis, a été nettoyé et réparé avec autant de soin que de goût ; le sol est abaissé à son ancien niveau. Nous signalerons, à l'extérieur, la décoration générale; à l'intérieur, les grandes tribunes du chœur et de la nef, la petite galerie qui les domine, la richesse et la variété des chapiteaux de la nef, de belles pierres tomba-
les, et les fenêtres latérales du côté N. qui sont garnies de magnifiques vitraux du xvi" s. L'église Notre- Dame conserve de beaux canons dessinés et donnés en 1753 par le chevalier de la Touche, mort sur la paroisse Notre-Dame, en 1781.
L'église Saint-Alpin (xn% xve et xvi* s.) possède, outre de beaux vitraux, un Christ, d'Albert Durer (?), et plusieurs tableaux des frères Bassan. A Saint-Loup (xv# s., portail du xvii") , on peut voir un beau triptyque de V Adoration des mages, dont la peinture intérieure est attribuée au Primatice, et une statue en bois du xvie s., représentant un Saint Christophe qui , les pieds dans un torrent, porte sur ses épaules l'enfant Jésus. A Saint-Jean (xne , xiv* et xve s.), on remarque à g. dans la nef du milieu une toile de Saint Sébastien, martyr, par Philippe de Champaigne.
L'hôtel de ville, dont tous les motifs se rapportent aux styles dorique, ionique et toscan, a été construit en 1771; — la bibliothèque, qui se compose de près de 25 000 vol. , occupe le petit hôtel de ville ; — la préfecture, ancien hôtel de l'Intendance, a été bâtie de 1759 à 1764, entre cour et jardin , et agrandie en 1846 et 1847; elle renferme les archives départementales, l'une des collections lesplus importantes de la France. Mentionnons encore : YMpital, construit de 1572 à 1847; — l'ancienne abbaye de Toussaint*, récemment restaurée pour l'École normale ; — la caserne de cavalerie , qui occupe l'emplacement d'une ancienne abbaye de Saint-Pierre; — l'École des Arts-et-Métiers (300 élèves) , établie dans l'ancien séminaire et possédant, outre de belles collections industrielles ou scientifiques,