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R. 31] SANCT-GOAR. — LE CHAT. — LA SOURIS

tion, s'appelait Hœnsel. Cet ordre étrange jouissait d'une telle célébrité, que le landgrave Georges de Hesse confirma tous sôs privilèges en 1627, et, de plus, défendit à tous les marchands étrangers qui n'en auraient pas été reçus membres, de faire des opérations de commerce avec les habitants de Sanct-Goar. — On a construit , depuis 1 858 , un port en amont de la ville.

En face de Sanct-Goar, Sanct- Goarshausen (hôt. Adler) s'étend sur la rive dr. du fleuve (on y construit en 1863 une église protestante dans le style roman), à l'entrée de la vallée suisse, entre le Chat, à dr. en débarquant, et la Souris, à g. Le Chat (die Katze) est un ancien château des comtes de Katzenelnbogen (coude du chat), bâti par le comte Jean en 1392. Il passa, lors de l'extinction de cette famille (1470) , à divers princes hessois. Les Français l'ont détruit en 1806. Il appartient aujourd'hui à M. de Lûtzow. On jouit d'une belle vue du haut de ses ruines. — N. B.

La clef est à Sanct -Goarshausen (18 kr. de pourboire). La Souris (die Maus)y appelée aussi Thurmberg, ou Kunoberg, a été construite, en 1363, par Kuno de Falkenstein, pour tenir le Chat en respect. * Désormais, dit-il, ce sera la souris qui fera peur au chat.» a II avait raison, ajoute l'auteur du Rhin. La Souris, en effet, quoique tombée aujourd'hui , est encore une sinistre et redoutable commère , sortie jadis, armée et vivante, avec ses hanches de lave et de basalte, des entrailles mêmes de ce volcan éteint, qui la porte , ce semble, avec orgueil. » La Souris est une ruine bien conservée ; ses murs

sont entiers, car elle a été longtemps habitée. Le chemin qui y monte (de Weîmich, V. ci -dessous) est escarpé, mais on y jouit d'une belle vue.

La vallée suisse qui s'ouvre à Sanct-Goarshausen, au-dessous du Chat, n'a rien d'alpestre ; le ruisseau qui l'arrose y fait tourner les roues de plusieurs moulins, entre deux versants plus ou moins rocheux et boisés. Toutefois, on peut y faire une promenade agréable, en la remontant (1 h. env.) jusqu'au château de Reichenberg , bâti en 1280 parle comte Guillaume I,r de Katzenelnbogen, détruit en 1302, reconstruit par Baudouin de Trêves dans le style asiatique, détruit par Tilly dans la guerre de Trente ans, habité jusqu'en 1806, vendu pour être démoli en 1818, et possédé actuellement par l'archiviste M. Habel de Schierstein. On peut, si l'on va visiter le Reichenberg, revenir à Sanct-Goarshausen par le v. de Patersberg , qui récolte de bons vins, et d'où Ton découvre une belle vue sur le Rheinfels.

Au-dessous de Sanct-Goar (rive g.), se dresse le Rheinfels, la ruine la plus vaste qu'il y ait sur les bords du Rhin. Ce château fort a été bâti par un comte Diether de Katzenelnbogen (1245), dans le seul but de contraindre les marchands qui montaient ou descendaient le fleuve à lui payer un tribut. Comme les prétentions de ce bandit devenaient de plus en plus exorbitantes , les bourgeois des villes voisines se réunirent pour se venger. Mais ils Assiégèrent en vain pendant quinze mois. Alors se forma sur des bases plus larges cette confédération du Rhin qui détruisit un si grand nombre de châteaux et affranchit

la navigation des péages iniques qui l'entravaient. Plus tard, Rheinfels tomba en la possession du landgrave de Hesse. Ce souverain en fit une forteresse moderne tellement formidable qu'en 1692 une armée française, commandée par le maréchal Tallard, et composée de 25 000 hommes, ne put pas s'en emparer. Le château était alors défendu par le général hessois Gortz.

En 1794, il se rendit presque sans coup férir à l'armée de Sambre-et- Meuse, qui le fit sauter trois années plus tard. Les princes de Prusse ont acheté, en 1843, ses vastes ruines d'où l'on découvre une belle vue.

— N. B. Un hôtel a été construit près du Rheinfels; mais si l'on veut visiter ses ruines, il faut en demander la clef à un surveillant qui , l'hiver, habite Sanct-Goar, mais qui, l'été, est presque toujours à Rheinfels (10 ou 5 sgr. de pourboire).

Après avoir dépassé Sanct-Goar , on aperçoit à g. un pont du chemin de fer, reposant sur deux arches, et sur la rive dr. la petite église gothique delà V. de Welmich, que domine la Souris (F. ci-dessus). Plus loin se montrent sur la même rive Ehrenthal, v. où l'on exploite des mines d'argent, de plomb et de cuivre, puis Nieder et Ober Kestert, en face desquels on aperçoit (rive g.) Hirsenaeh, avec son église bâtie en 1170. Bientôt après, on laisse sur la rive g., au milieu d'une forêt de cerisiers, le v. de Salzig, qui doit son nom à une source d'eau salée, et en face duquel se dressent, au-dessus de l'ancien couvent Bornhofen, les châteaux de Liebenstein et de Sternberg ou Sterrenberg , appelés généralement les Frères ou les Jumeaux.

D'après une légende mise en vers par Henri Heine et par d'autres poètes, ces deux châteaux auraient appartenu à deux frères qui, épris de la même femme, se seraient tués en duel dans un accès de jalousie. Une tradition plus répandue raconte ainsi leur histoire : La femme qu'ils aimaient était une orpheline recueillie par leur père, et nommée Élise. Elle préféra Conrad à son frère cadet Albert, qui, désolé, mais résigné, s'engagea au service de l'empereur. Cependant, avant de se marier avec Éiise, Conrad partit pour la terre sainte.

Deux années après, il en revenait avec une jeune Grecque qu'il y avait épousée. Albert, furieux de son infidélité, le provoqua en duel.

Déjà les deux frères croisaient l'épée, lorsque Élise, se précipitant entre eux, les calma et les réconcilia; puis elle alla se réfugier dans un couvent, où elle prononça des vœux éternels. Cependant l'épouse de Conrad, entourée d'adorateurs, trahit tous ses devoirs. Son mari, indigné, voulaitla poignarder; mais, sur le conseil d'Albert, il la renvoya, et les deux châteaux devinrent dès lors mornes et mélancoliques comme leurs possesseurs, qui ne laissèrent pas de descendants.

L'église de Bornhofen fut bâtie en 1435 par Johann Brœmser, le fils de ce Brœmser de Rûdesheim dontl'histoire-légende a été racontée ci-dessus. En 1676, Joh. Hugo d'Orsbeck , électeur de Trêves , agrandit cette église et fonda à côté un couvent de Capucins. Supprimé en 1813, ce couvent a été transformé en auberge ; mais l'église , lieu de pèlerinage très-fréquenté, est rendue au culte depuis 1821. Elle a été entourée de plantations en 1858.

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MARI ENB ERG.

Un sentier qui abrège de plus d'une heure , à cause du grand détour du Rhin, conduit de là à Braubach. — Un chemin ombragé par des arbres fruitiers mène le long du fleuve à Camp (hôt. Bheinischer Hof) , v. qui doit, dit-on, son nom à un camp qu'établirent en ce lieu les Romains.

Plus loin, sur la rive gauche du fleuve , on aperçoit Boppard (hôtels : Spiegel, sur le Rhin; Post, dans la ville; Rheinischer Hof, près du Rhin), la Baudobriga des Romains, V. dé 4200 hab., aux rues étroites, mais pittoresques.

Elle doit son origine à un château bâti par Drusus, et dont on voit encore au centre de la ville un dernier débris. On y a trouvé des pierres portant une inscription relative à la 13* légion. Les murailles d'enceinte datent du moyen âge.

Les rois franks eurent à Boppard un palais dont il ne reste aucune trace. On croit qu'il était situé (audessous de la ville) sur le rocher appelé aujourd'hui Altburgj et arrosé parle Kœnigsbach. Au xiv* s., Boppard était une ville libre impériale. En 1312, l'empereur Henri VII la céda à son frère Baudouin , archevêque de Trêves, qui la réunit à l'électorat. En vain une partie de ses habitants se soulevèrent pour reconquérir leur liberté ; il leur fallut céder à la force. Aujourd'hui Boppard appartient à la Prusse. Elle possède encore un bois que lui donna Charles le Gros.

Boppard a deux églises dignes d'une visite : la Hauptkirche, bâtie vers l'an 1200, et remarquable par ses deux clochers que réunit une galerie semblable à un pont (les architectes vantent ses arceaux de formes variées, ses galeries inté-

rieures , sa porte, à g. de l'abside, etc.); et la Carmeliterkirche , qui renferme, outre un curieux monument de la famille d'Elz, de riches sculptures, malheureusement mutilées, du xvi* s. V église protestante a été construite, en 1858, d'après des plans attribués au roi Frédéric-Guillaume IV. Parmi les vieilles maisons de Boppard , le Bayerhaus attire surtout l'attention. Cette maison fut habitée par la famille de ce Bayer de Boppard qui aida puissamment Rodolphe de Habsburg à détruire les châteaux forts des voleurs du Rhin. — Le Tempelhof rappelle le souvenir des Templiers de Boppard qui montèrent les premiers à l'assaut de Ptolémaïs , dans la troisième croisade. — L'ancien couvent de Saint- Martin (au S.), qui appartenait au célèbre voyageur et naturaliste Ph. F. de Siebold, a été acheté par le gouvernement prussien, ainsi que le couvent des Franciscains, qui en est voisin. Ils servent aujourd'hui de maison de correction pour de jeunes détenus protestants, et de séminaire catholique. Quant au couvent de femmes de Marienberg," vaste bâtiment qui s'élève derrière la ville, il a été reconstruit en 1738, à la suite d'un incendie, et a servi tour à tour de manufacture de coton et d'école. Depuis 1839, c'est un établissement hydrothérapique très - fréquenté , même par des Français, à cause de la pureté de l'air et de la bonne qualité de l'eau. Aussi, un établissement rival, le Mùhlbad, a-t-il été fondé au-dessous de Boppard. La dépense totale d'un malade, dans l'établissement de Marienberg, varie par semaine, de 8 à 15 th., et auMûhlbad,de7 à 13 th.

Au delà de Boppard, à F il zen (rive dr.), le Rhin, qui coulait au N., prend pour un court trajet la direction de FE. La rive g., exposée au S., est plantée de vignes. On appelle ce versant de la montagne qui domine le fleuve, Bopparder Hamm. On remarque sur la hauteur le Jacobsbergerhof, et, dans un ravin qui avait jadis une fort mauvaise réputation — on l'appelait Conventus Latronum — Peternach, couvent de femmes fondé du temps des Hohenstaufen.

— N. B. Un agréable sentier, plus court d'une heure environ que la route de voitures, conduit les piétons à Rhense (V. ci-dessous). Sur .a rive dr. , la Liebeneck domine le bourg d'Osterspay.

Cependant, un moment détourné de sa route par le Bopparder Hamm, le Rhin reprend sa direction vers le N. , vis-à-vis de la source minérale de Dinkhold (rive dr.). On laisse sur la rive g. les deux v. d'Oberspay, avec sa chapelle à demi ruinée, et de Niedrrspay, dont la plupart des habitants exercent la profession de pêcheurs, car le saumon est assez abondant dans cette, partie du fleuve. — N. B. Les piétons qui voudront visiter la Marxburg pourront traverser le Rhin de Niederspay à Braubach.

La Marxburg couronne, sur la nve dr. , le rocher qui domine Braubach (hôt. : Zur Philippsburq , Ârrbacher, Déniches Haus),V. de 1500 hab., a nommée, dans une charte de 933, fief des comtes d'Arnstein du Lahngau, ville impériale sous Rodolphe en 1279, domaine des comtes de Katzenelnbogen en 1283, échu à la Hesse en 1473, à Darmstadt en 1632, et en 1802 à Nassau. » Son ancien château,

bâti en 1568, au bord du Rhin, par le landgrave Philippe le Jeune, a été transformé en auberge.

On passe devant la vieille chapelle de Saint-Martin, en montant de Braubach à la Marxburg. Ce château est le seul qui soit resté habitable et habité sur les bords du Rhin. On ignore l'époque de sa fondation. Appelé d'abord château de Braubach, il prit son nom actuel quand le comte de Katzenelnbogen y eut fondé, en 1437, une chapelle dédiée'à saint Marc. Après avoir appartenu pendant plusieurs siècles à la Hesse- Darmstadt, il échut en 1803 au Nassau, qui en a fait une prison d'État, et qui y entretient une garnison d'une vingtaine d'invalides. L'intérieur mérite d'être visité (il suffit d'en demander la permission à la porte pour l'obtenir). C'est un échantillon assez complet d'un château féodal au moyen âge. Passages étroits, escaliers dérobés, voûtes obscures, profonds cachots creusés dans le roc, souterrains mystérieux, etc., rien n'y manque. Du reste on jouit d'une très-belle vue au haut du donjon appelé Wimpei. — .V. B. Outre le chemin de piétons qui part de Braubach, une route de chars monte à la Marxburg.

De Braubach , on peut aller à pied, en 2 h. 1/2, à Ems (F. R.37), paruu chemin ombragé (on trouve des rafraîchissements à la maison forestière de Lahnstein, à moitié chemin et non loin de.Frûcht; de cet endroit on jouit aussi d'une trèsbelle vue).

En face de la Marxburg, sur la rive g., se trouve le petit village de Brey, et à peu de distance la V. de Rhense (hôt.: Zum Kœnigsstuhl, Siebenborn), en aval de la-

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quelle a été découverte, dans le Rhin , en 1857 , une source d'eau minérale. C'est la ville la plus ancienne des bords du Rhin. La plupart de ses maisons de bois datent des xiv, xv* et xvi* s.

« Voici, dit M. V. Hugo, que quatre hommes, venus de quatre côtés différents, se réunissent de temps en temps près d'une pierre qui est au bord du Rhin , sur la rive g. , à quelques pas d'une allée d'arbres, entre Rhense et Cape lien. Ces quatre hommes s'asseyent sur cette pierre, et là ils font et défont les empereurs d'Allemagne. Ces hommes sont les grands électeurs du Rhin; cette pierre, c'est le siège royal, Kœnigsstuhl. — Le lieu qu'ils ont choisi , à peu près au milieu de la vallée du Rhin, Rhense, qui est à l'électeur de Cologne, regarde à la fois, à l'O. . sur la rive g. , Capellen , qui est à l'électeur de Trêves, et au N., sur la rive dr., d'un côté , Oberlah nstei n , qui est a l'électeur de Mayence, et de l'autre, Braubach, qui est à l'électeur palatin. En une heure , chaque électeur peut se rendre à Rhense de chez lui.

« Le Kœnigsstuhl , pris dans son ensemble, avait dix-sept pieds allemands d'élévation et vingt-quatre de diamètre. Voici quelle en était la figure : sept piliers de pierre portaient une large plate-forme octogone de pierre, soutenue à son centre par un huitième pilier, plus gros que les autres, figurant l'empereur au milieu des sept électeurs.

Sept chaises de pierre, correspondant aux sept piliers au-dessus desquels chacune d'elles était placée, occupaient, disposées en cercle et se regardant, sept des pans de la plate-forme. Le huitième pan, qui

regardait le midi, était rempli par l'escalier, massif degré de pierre, composé de quatorze marches, deux marches par électeur. Tout avait un sens dans ce grave et vénérable édifice. Derrière chaque chaise , sur la face de chaque pan de la plateforme octogone, étaient sculptées et peintes les armoiries des sept électeurs. Ces blasons, dont les nuances , les couleurs et les dorures se rouillaient au soleil et à la pluie, étaient le seul ornement de ce trône de granit.... C'était là qu'en plein air les antiques électeurs d'Allemagne choisissaient entre eux l'empereur. Plus tard , ces grandes mœurs s'effacèrent, une civilisation moins épique convia autour de la table de cuir de Francfort les sept princes, portés, vers la fin du xvii* s., au nombre de neuf, par l'accession de Bavière et de Brunswick à Pélectorat.

« Les électeurs montaient processionnellement sur la plate- forme par les quatorze degrés, qui avaient chacun un pied de haut, et prenaient place dans leurs fauteuils de pierre. Le peuple de Rhense, contenu par les arquebusiers, entourait le siège royal. L'archevêque de Mayence, debout, disait : Très-généreux princes , le Saint- Empire eut vacant j puis il entonnait l'antiphone Veni, sancte Spiritus, et les archevêques de Cologne et de Trêves chantaient les autres collectes qui en dépendent. Le chant terminé, tous les sept prêiaient serment, les séculiers, la main sur l'Évangile; les ecclésiastiques, la main sur le cœur : distinction belle et touchante, qui veut dire que le cœur de tout prêtre doit être un exemplaire de l'Évangile. Après le serment, on les voyait, assis en

cercle, se parler à voix basse; tout à coup, l'archevêque de Mayence, se levant, étendait les mains vers le ciel, et jetait au peuple, dispersé au loin dans les haies, les broussailles et les prairies, le nom du nouveau chef temporel de la chrétienté : alors le maréchal de l'Empire plantait la bannière impériale au bord du Rhin , et le peuple criait : Vivat Rex! »

Sous le gouvernement français, le Kœnigsstuhl était tombé en ruine.

En 1807, on le détruisit pour construire la nouvelle route; mais, en 1843, on l'a rebâti tel qu'il était autrefois et en partie avec les mêmes matériaux.

Presque en face du Kœnigsstuhl, sur la rive dr. , les arbres d'un verger laissent voir une petite chapelle du XIVe s., recrépie et plâtrée, surmontée d'un chétif clocheton. C'est dans cette chapelle que, l'an du Christ 1400, les quatre électeurs du Rhin prononcèrent la déchéance de Wenceslas, empereur d'Allemagne, et nommèrent à sa place le comte palatin Rupert III.

Au delà de cette chapelle historique, l'attention est attirée également sur les deux rives.

A dr. , se montre Oberlahnstein (hôt.: Kaiser y Wenxel, Lahneck) , V de 1 700 hab. , entourée de murailles , et possédant un château ( xiv* s. ) des électeurs de Mayence , agrandi au xvm* s. Cette ville est dominée par les ruines de la Lahneckburg, très-ancien château détruit en 1688, parles Français, et chanté par Goethe. Sur la rive dr. de la Lahn , qui se jette dans le Rhin au débouché d une vallée que remonte la route d'Ems et de Nassau (F. R. 28), se trouve Niederlahnstein (hôt. : chez Douque, Schmidt), v. de 2000 hab.,

l'entrepôt de la Lahn. Devant ce village s'élève \aiSanct-Johanniskirchet église bâtie vers l'an 1100, détruite en partie par les Suédois et tombée en ruine pendant un procès qui dura quarante ans, sur la question de savoir si le propriétaire de la dîme était tenu de la réparer. Elle a été restaurée en 1857.

Enfin, sur la rive g., le château de Stolzenfels domine le petit village de Capellen (hôt. : BellevtLe, Zum Stolzenfels).

Stolzenfels, ou le Rocher Superbe, château bien nommé, puisqu'il s'élève de 100 mèt. au-dessus du Rhin sur un rocher à pic et boisé, date du xiii' siècle. Bâti ou fortifié par l'archevêque de Trêves, Arnold d'Isenburg , pendant les troubles de l'interrègne, il servit souvent de résidence aux successeurs de ce prélat. L'un d'eux , nommé Werner, y logea et y entretint, de 1380 à 1418, des alchimistes, qui ne firent pas d'or, mais qui trouvèrent, en cherchant la pierre philosophale, plusieurs des grandes lois de la chimie. En 1235, la princesse Isabelle, sœur de Henri III d'Angleterre, et fiancée de l'empereur Frédéric II, y avait été reçue avec une suite nombreuse.

Détruit par les Français, en 1688, le Stolzenfels resta une ruine jusqu'en 1823, époque à laquelle la ville de Coblenz, après en être devenue propriétaire , l'offrit au prince royal, depuis Frédéric-Guillaume IV, qui, de 1836 à 1845, a dépensé plus de 350000 th. pour le reconstruire et le meubler, d'après les plans de M. Schinkel. Le roi Frédéric-Guillaume IV l'habita, pour la première fois, le 14 septembre 1842, et, au mois d'août 1845, il y reçut la reine Victoria et le prince Albert,

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