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DE LUXEMBOURG A TRÊVES

55 kil. — Chemin de fer ouvert au mois d'août 1861. Trajet en 1 h. 25 min., 1 h. 45 min. et 2 h. 20 min., pour 1 th. 27 sgr., 1 th. 4 sgr. et 24 sgr.

N. B. Les heures du chemin de fer de Luxembourg à Trêves sont celles du méridien de Cologne et sont en avance de 21 min. sur les heures de Paris.

Ce chemin de fer a nécessité , dans le rayon de la forteresse, des ouvrages d'art très-remarquables. Il traverse d'abord les fortifications et franchit la vallée de l'Alzette sur le viaduc de Pulvermûhle , qui a treize arches en plein cintre, de 15 mèt.

d'ouverture ; sa longueur est de 90 mèt., et sa hauteur, au-dessus de l'étiage, de 45 mèt. Ce viaduc forme une ligne droite, du fort Verlorenkost jusqu'à sa dernière pile, où le chemin de fer du Nord, qui n'est pas encore livré à la circulation, se détache de celui de Trêves. Un autre viaduc, que Ton aperçoit à g. , et dont les dimensions sont à peu

près les mêmes, n'est destiné qu'à faciliter aux voitures venant de la ville la communication avec le chemin de fer. La légèreté de sa construction est admirable. — La voie ferrée, après avoir décrit une courbe, pénètre dans une tranchée longue de 400 met. et haute d'environ 27 mèt., taillée à pic dans le roc, puis, au delà d'un remblai gigantesque, se dirige à travers plusieurs autres tranchées vers

15 kil. Oetrange , station près de laquelle on entre dans la vallée de la Syre, que l'on voit couler, à dr. , parallèlement au chemin de fer. A g. , on découvre Schrassig, b.

situé au pied d'une colline boisée et dominée par les ruines d'une ancienne construction appelée Heidenbau (édifice païen). On y remarque un beau château appartenant au comte de Villiers. A dr., au delà de la Syre, on laisse Schuttrange et Obersyren, avant d'atteindre

25kiL Roodt , village d'environ 250 habitants, près duquel on traverse la Syre et la route de terre de Luxembourg à Grevenmachern (V, ci-dessous). Sur cette route, entre Luxembourg et Roodt, se trouve le v.

de Hostert (360 hab.), que l'on croit être l'antique Andethama, déjà cité dans l'Itinéraire d'Antonin.

Au delà de Roodt , le chemin de fer, décrivant une courbe, s'éloigne de la Syre , pour s'en rapprocher de nouveau à Olingen, v. situé sur la rive g. de cette rivière, et dont l'église est un chef-d'œuvre de mauvais goût. — On franchit deux fois la Syre avant d'atteindre Betzdorf, dont le château appartient au baron de Reinach , et où Ton repasse sur la rive g., que la voie longe de près jusqu'à

30 kil. Wecker. — A 3/4 de mille

environ de cette station , on peut visiter, à 5 min. au-dessus du v. de Zittig , un camp romain sur le mont Altrier (Ala Trevirorum).Ce camp, mentionné par Tacite, occupait le plateau qui couronne la montagne et qui domine au loin la contrée.

Un grand nombre d'antiquités et de monnaies romaines y ont été découvertes.

Le chemin de fer, après avoir longé quelque temps la rive g. de la Syre, traverse cette rivière, pénètre dans plusieurs tranchées et s'enfonce dans un petit tunnel au delà de Manternach, dont on a aperçu la belle fabrique de papier. Il franchit deux fois la Syre et croise la route de Trêves à Grevenmachern, pour s'arrêter à

35 kil. Mertert, v. de 600 hab., situé au confluent de la Syre et de la Moselle. Les jardins, les vergers, les vignes et les prairies qui l'entourent lui donnent un aspect ravissant.

[La route de terre, de Mertert à Luxembourg, remonte la rive g. de la Moselle jusqu'à (3/4 mil.) Grevenmachern (hôt. : de la Poste, de la Moselle, des Messageries; — Café du Chemin de fer) , V. d'env.

2400 hab., dont le nom primitif était Mâcher ou Machern , c'est-àdire marche ou frontière. Une charte de Dagobert II constate qu'en 675 elle fut cédée par l'église de Verdun à celle de Trêves, qui la conserva jusqu'en 1157, époque vers laquelle l'évêque Hillin la céda à Henri l'Aveugle, comte de Luxembourg et de Namur. Depuis lors elle s'appela Grevenmachern (limite du comté). Entourée de murs et fortifiée au commencement du

[R. 33] GREVRNMACHERN. — IGEL. 307

xiv* s., elle fut prise et saccagée, en 1552 par le margrave Albert de Brandebourg, en 1688 par les Français, et en 1705 par les Hollandais et les Bavarois. En 1822, un incendie la détruisit presque totalement.

On jouit d'une belle vue du haut de la chapelle de Sainte- Croix, fondée, dit-on, en commémoration de la réunion de Grevenmachern au comté de Luxembourg.]

Au delà de Mertert,la voie ferrée, courant entre la route de terre et la Moselle, se dirige sur

40 kil. Wasserbillig (hôt.: Fischer et Schwars), le Bilacus des Romains, bourg de 500 hab., situé au confluent de la Moselle et de la Sauer, rivière qui forme les limites du duché de Luxembourg et de la Prusse. En 1842, un incendie consuma la plus grande partie de Wasserbillig; l'église, le presbytère et quelques maisons furent seuls préservés. On remarque dans l'église le tableau du mattre-autel (les Miracles de saint François), une peinture sur bois (saint Martin), par Eick,et une statue de saint Népomucène. — Des antiquités romaines ont été trouvées dans les environs.

— La douane prussienne est bâtie sur la rive g. de la Sauer, que traverse un pont de cinq arches.

[Une bonne route conduit, en 2 h . , de Wasserbillig & Echternach (K. R. 35), par (6/10 mil.) Mombach et (5/10 mil.) Osweiler.)

En sortant de Wasserbillig, on franchit immédiatement, non loin de son embouchure dans la Moselle, la Sauer ou Sûre (Sura), qui prend sa source dans les Ardennes, prés du village de Soure, entre Bastogne et

Neufchâteau. En face, sur la rive dr. de la Moselle , on aperçoit Oberbillig et, plus loin, Wasserliesch (belle vue d'une chapelle qui couronne une hauteur), avant d'atteindre Igel, v. de 400 hab., situé presque en face du confluent de la Saar et de la Moselle , et rendu célèbre par le monument qui porte son nom. Ce monument, appelé Igelsaeule ou la colonne d'Igel, est un obélisque à quatre pans, de grès rouge, haut de 26 met., large de 5 mèt. à la base et de 4 met. vers le sommet, et orné de sculptures, d'inscriptions et de bas-reliefs , tellement effacés ou mutilés, que jusqu'à présent on n'a pu découvrir ni à quelle époque ni pour quel usage il avait été élevé. C'est, à ce qu'il paraît, un monument romain, construit sur la route qui conduisait oVAugusta Trevirorum (Trêves) à Durocortorum Jiemorum (Reims). D'après l'explication la plus généralement admise, deux frères de la riche et puissante famille des Secundini l'auraient érigé, soit pour célébrer le mariage dune de leurs sœurs, soit en mémoire de quelques-uns de leurs parents décédés en ce lieu. Le 13 juillet 1384, la foudre en a endommagé la partie supérieure. Mais il a résisté depuis bien des siècles aux dévastations des Franks, des Vandales, d£s Huns, des Saxons, des Normands, des Français, des Anglais, et aux études plus ou moins intéressées des antiquaires et des archéologues. Comme on le pense bien, il a été le sujet de nombreuses dissertations. Le docteur Neurohr en a publié un dessin lithographié, accompagné d'un texte explicatif (F. aussi les dissertations de Wyttenbach).

Au delà d'Igel, on croise la route

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de terre et l'on traverse la Moselle pour rétrograder jusqu'à

47 kil. Conz, v.de 600 hab. situé au confluent de la Saar et de la Moselle, et la dernière station du chemin de fer de Saarbruck à Trêves.

8 kil. De Conz à Trêves (V. Yltinéraire des bords du Rhin, par Ad. Joanne. Paris, Hachette etCie.)

55 kil. Trêves (V. R. 34).

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