TRÊVES ET SES ENVIRONS
Hôtels. — Trierscher ffof (Recking), Rothes-Haus, Stadi Venedig, Lux en burger Hof.
Restaurants.— Fischer, sur le Hauptmarkt ; Junk, sur le Viehmarkt ; Steinhaut (Fleischstrasse), Knxbel, près du théâtre.
Brasseries. — Caspary (Fahrstr.); Gœtschel (en face de l'hôtel de Trêves) ; Raskopp i Fleischstr.) , Ueberlé (Nagelstr.), etc.
Fiacres. — À 2 chevaux, 4 th. par jour:— à Igel, 2 th.; — à 1 cheval, 1 th. 10 sgr.
Gare. — Sur la rive g., en avant du pont.
Trêves (en allemand Trter) est située dans une large et fertile vallée dont les vins sont estimés, sur la rive dr. de la Moselle, à 125 met. au-dessus de la mer. Neuf portes donnent entrée dans son enceinte qu'entourent de belles allées de peupliers et de noyers. Un pont de pierre la réunit à la rive g. de la Moselle dominée par une colline rocheuse (grès rouge). C'est de cette colline, et surtout du Caffeehaus de Wettendorf (V. R. 58), que l'on peut se faire le plus facilement une idée générale de la position de Trêves et de sa configuration.
La population de la ville proprement dite est de 17 500 hab. Les
| huit faubourgs qui l'entourent comptent en outre 8900 âmes.
Trêves se vante d'être une des plus anciennes villes de l'Europe.
On lit en effet l'inscription suivante sur le mur de l'ancien hôtel de ville, devenu l'hôtel de la Maison-Rouge:
Ante Romam Treviri stetit atmis mille trecentis. D'après la tradition, elle aurait été fondée par Trebeta, fils de Ninus et de Sémiramis.
Son origine est, en réalité, inconnue, mais elle doit évidemment remonter à une haute antiquité , comme le prouvent les deux vers latins écrits sur la tour de l'horloge de Soleure :
In Celtis nihil est Soloduro antiquius, unis
Exceptis Treviris, quorum ego dicta soror.
L'histoire authentique de Trêves ne commence qu'à Jules César.
A l'époque où les soldats romains y arrivèrent pour la première fois , l'an 58 avant Jésus-Christ , sous le commandement de l'auteur des Commentaires, elle était la capitale d'une nation puissante , les Treviri , qui d'abord alliée des Romains, fut plus tard leur ennemie. Auguste y fonda une colonie appelée Âugusta Trevirorum. Résidence d'un prxfectus, elle devint le chef-lieu de la Belgica prima, habitée successivement par Maximien, Constantin Chlore, Constantin I", Constantin 11, Valentinien l#r, Valens, Gratien, Valentinienll, Maxime et Théodose; elle s'éleva par la suite à un tel degré de prospérité et de splendeur, que le poète Ausone, qui y vécut, l'appelait la seconde métropole de l'empire. Mais la Trêves païenne périt avec le vieux monde romain ; elle fut détruite tour à tour par les Ale-
TRÊVES
manni, les Franks, les Vandales et les Huns. Elle fit ensuite partie de Tempi re des Franks, etCharlemagne en enleva les plus beaux débris pour décorer son palais d'Aix-la-Chapelle. Enfin , au ix^s. , les Normands vinrent encore piller et saccager ses ruines. Cependant , malgré toutes ces vicissitudes, Trêves était destinée à un brillant avenir. En 923, elle fut réunie à l'empire germanique.
Dès lors elle se rebâtit en s'agrandissant , sous le gouvernement de ses évêques qui, élevés au rang d'archevêques, de princes, d'électeurs, d'archichanceliers de l'empire dans les Gaules, devinrent, après les archevêques de Mayence, les princes temporels les plus puissants de l'Allemagne. 11 se tint à Trêves des diètes impériales et des conciles: il s'y donna de brillants tournois. Les luttes qui éclatèrent à diverses reprises entre les bourgeois et les évêques n'exèrcèrent aucune influence fâcheuse sur sa prospérité croissante , mais la Réforme eut pour cette ville de tristes résultats. Si en 1522 Franz de Sickingen l'assiégea vainement, en 1552 Albert de Brandebourg s'en empara et la livra aux flammes. Les xvn* et xviii* s. lui furent également funestes. Les Espagnols la prirent en 1545; les Français en 1673 et en 1688; les Impériaux en 1675; les Anglais, commandés par Mariborough, en 1704 ; les Français en 1734 et en 1794. De 1794 à 1814, elle appartint à la France, qui en fit le chef-lieu du département de la Saar. Depuis 1815, elle a été réunie à la Prusse.
L'archevêché de Trêves a été sécularisé en 1801. Le dernier archevêque fut Clément Wenceslas de Saxe , qui avait transporté sa rési-
dence à Coblenz (F. R. 36) et qui avait conçu avec l'empereur Joseph le plan d'une église catholique allemande, indépendante du pape (F.
Kms, R. 37). Il mourut à Augsbourg en 1812. — Trêves est aujourd'hui le siège d'un évêché. Kn 1844, l'évêque Arnoldi y a exposé la robe sans couture de Jésus-Christ.
Cette exposition , qui attira à Trêves près de 1 500 000 pèlerins, a donné naissance à l'église catholique allemande et motivé les protestations de Ronge.
Bien que déchue de ses anciennes splendeurs, Trêves mérite une assez longue visite, car elle possède des restes curieux de ses monuments romains et de ses édifices du moyen âge ou des temps modernes.
Aucune ville de l'Europe septentrionale n'a conservé un plus grand nombre de ruines romaines. Plus remarquables, il est vrai, par leur étendue que par leur beauté , ces ruines peuvent se classer ainsi d'après leur importance (F. le plan ci-joint) :
1° La porte Romaine, appelée aussi porte de Siméon , porta Martis7 porta Nigra. Cette porte, dont la construction a été attribuée aux Étrusques et aux Belges , parât t avoir été bâtie par les Romains, sous le règne de Constantin le Grand, de 314 à 322. Cependant, dans l'opinion de Kugler, elle ne daterait que de la domination des Franks. La partie principale de ce bâtiment formait une porte dont les deux faces étaient séparées, par un espace considérable, et dont les deux voies, surmontées de deux étages de galeries, couraient de part et d'autre entre deux tours saillantes , arrondies au dehors de la ville, carrées au dedans, et composées de trois étages.
L'évêque Poppo (1016-1047) ayant entrepris, en 1028, le pèlerinage de la Terre sainte, en ramena un anachorète , nommé Siméon , qui , à son arrivée à Trêves , s'établit au sommet de la porte Noire, et s'y fit une telle réputation de sainteté, qu'après sa mort on le canonisa. De plus, Poppo convertit en une église le bâtiment dans lequel son ami avait mené une vie si méritoire, et qui désormais lui fut consacré. En conséquence une abside semi-circulaire dut être ajoutée à l'une de ses extrémités. Cette église qui en formait trois, l'une au-dessus de l'autre, servit jusqu'à la fin du siècle dernier. Transformée en arsenal et en magasin pendant la domination française, elle est aujourd'hui un musée d'antiquités romaines dans lequel on remarque un bas-relief de gladiateurs trouvé à l'amphithéâtre, des milliaires de Bitburg, etc.
Le gouvernement prussien l'a rétablie autant que possible telle qu'elle était avant d'être transformée en église. La porte Noire a 38 mèt. de longueur, 22 mèt. de largeur et 23 mèt. de hauteur. Les blocs énormes qui la composent, placés sansciment l'un sur l'autre, étaient liés autrefois par des crampons de fer dont on ne voit plus que les morsu res. Elle a deux portails, deux tours et trois étages.
2° Les bains (thermœ; entrée par la promenade; 5 sgr. de pourboire). Il y a peu d'années ces ruines, comprises dans l'angle S. E.
des fortifications, étaient tellement enfouies , que les fenêtres du premier étage servaient de porte (la porta Âlba). Le gouvernement prussien les a fait déblayer. Il a de plus acquis, en 1862, un terrain avoisinant sous lequel on suppose que s'étendent les ruines. Les savants
ne se sont pas encore mis d'accord sur leur destination première. Bains, selon Wyttenbach , théâtre de pantomimes d'après le professeur Steininger , elles auraient été , selon d'autres antiquaires, soit un palais impérial, soit une basilique, transformée dès l'époque romaine en église chrétienne , soit enfin une partie du Capitole de l'ancienne ville de Trêves.
3* La basilique ou le palais de Constantin. Même division parmi les savants au sujet de ce bâtiment, qui a été tour à tour qualifié de palais, de bain , de théâtre et d'hippodrome. Depuis la domination romaine, sa destination a été bien souvent changée. Palais royal sous les Franks, palais archiépiscopal jusqu'au siècle dernier, il a ensuite servi de caserne, et, depuis 1856, il a été transformé en église évangélique (église du Sauveur). On a conservé, en le restaurant, le style des anciennes basiliques, et l'intérieur a été richement décoré. L'autel est placé dans une rotonde, sur l'emplacement qu'occupait autrefois la tour d'Hélène. De l'ancienne construction romaine, il .ne reste que l'aile occidentale. Ces débris, admirablement conservés, ont 75 mèt.
de longueur, 30 mèt. de largeur ei 32 mèt. de hauteur.
4° L'amphithéâtre. Situé à cinq cents pas des bains, à l'entrée de YOlewigthal, cet intéressant débris de la Trêves romaine est taillé dans le Marsberg, colline plantée de vignes. Déforme elliptique, il mesure 75 mèt. de long et 52 mèt. de large.
Il pouvait contenir 57 000 personnes.
— L'Arène de Vérone en contenait 70000; le Golisée de Rome 87 000.
— Les caveaux qui l'entourent servaient probablement de loges pour
TRÊVES
les bêtes féroces. Des portes flanquées de tours, et dont il reste quelques vestiges , y donnaient accès au N. et au N. E. En outre, on y entrait, du côté de Trêves, par deux passages voûtés {vomitoria) et creusés dans le roc. L'un de ces passages est fermé, l'autre sert actuellement de cave : on l'appelle Kaskeller (cave au fromage, ou, selon d'autres, cave de l'empereur) par corruption de Kaiserkeller. Bâti par Auguste, cet amphithéâtre vit instituer par Constantin les ludi francici, les jeux franks, que les chroniqueurs du temps qualifient de magnificum spectaculum, et de famosa supplicia. En 306 et 313, des milliers de prisonniers franks y furent livrés aux bêtes féroces, qui ne purent tous les dévorer. Alors les survivants reçurent l'ordre de s'y battre à mort pour amuser les specteurs; ils préférèrent s'égorger mutuellement sans lutter ensemble, au grand mécontentement de leurs bourreaux. En 406 les habitants de la ville s'y défendirent contre Crocus, le chef des Vandales qui dévastèrent Trêves. On ne sait à quelle époque l'amphithéâtre fut détruit, mais dès le xiii' s. il servait de carrière. Les Français s'y retranchèrent en 1674, pour bombarder Trêves. Le gouvernement prussien entretient soigneusement ces ruines qu'il a fait déblayer. On a découvert récemment, dans la villa Recking (belle vue sur la ville), à côté de l'amphithéâtre, un passage donnant entrée sur le premier rang des gradins.
5° Le pont de la Moselle. Ce pont, long de 230 mèt. et large de 8, se compose de huit arches. Six des piles seulement sont romaines.
Elles ont 20 mèt. de longueur et 7 à 8 mèt. de largeur. Les deux au-
tres, détruites en 1689, ont été reconstruites par l'électeur François-Louis, de 1717 à 1720. Les voûtes datent de 1720 et de 1803.
Le pont romain avait été construit sous l'empereur Auguste par Agrippa, vingt-huit ans avant J. C; Tacite en fait mention. Les Barbares l'avaient respecté ou n'avaient pu le détruire, mais les Français le firent sauter sous Louis XIV.
6° Les Propugnacula. On en voit encore un bien conservé dans la Dietrichs Strasse, et un autre dans la cour de l'hôtel du Gouvernement.
Ces deux tours n'ont plus aujourd'hui leur hauteur primitive. La première a 17 mèt. de longueur, 3 mèt. de largeur et 15 mèt. de hauteur environ. Quelques antiquaires pensent qu'elles servaient de magasins de blé. — Un édifice analogue, construit, dit-on, vers le ixc ou le x- s., est situé près de la porte romaine.
7° Les Aqueducs. Divers aqueducs apportaient de l'eau soit aux bains, soit à l'amphithéâtre. Les parties souterraines sont seules conservées. Il ne reste aucun vestige de celles qui étaient au-dessus du sol. Le principal de ces aqueducs commençait à 15 minutes environ au-dessus du village de Waldrach, sur la rivière de Ruwer. Il passait près de l'amphithéâtre, aboutissait à un grand bassin appelé Castellumt découvert en 1830, au S. O. de la villa Recking, et de là descendait dans la ville. On en voyait encore des ruines en 1660. — Enfin on trouve , dans presque toutes les rues de la ville, des débris de constructions romaines encastrées dans des bâtiments modernes.
Le Dom de Trêves est la Cathédrale la plus ancienne de l'Allema-
gne. Ancien palais de l'impératrice Hélène, mère de Constantin, dédiée à saint Pierre par Pévêque Agritius, enrichie par Charlemagne, détruite par les Normands, abandonnée au xe s., restaurée et agrandie en 1019 par l'évoque Poppo, qui lui donna une forme nouvelle ; remaniée au xii* s., incendiée en 1717, réparée en 1723, cette église a été restaurée en 1810, puis en 1844 par le chanoine Wilmoski. La partie moyenne de l'édifice actuel remonte seule à l époque romaine. Le style romano - byzantin y domine, mais on y voit aussi des parties appartenant à tous les autres genres d'architecture. Elle a la forme d'une croix et se compose d'une triple nef, d'un double chœur et de seize autels. Sa coupole principale a 30 mèt. de hauteur. Ses absides et son chœur intéresseront surtout les connaisseurs. Des fouilles entreprises il y a une dizaine d'années ont fait découvrir à l'entrée du chœur oriental un tribunal auquel on accédait de trois côtés par des degrés en basalte ; au fond de l'édifice , du côté du S. , on voit encore des traces de mosaïques qui décoraient l'église primitive. La cathédrale renferme, entre autres curiosités, un maltre-autel en marbre, orné de belles sculptures et flanqué des statues d'Hélène et de Constantin; trois autres autels; des tombeaux des archevêques électeurs de Trêves; le mausolée de Baudouin de Luxembourg en marbre noir et entouré de douze colonnes (au-dessous de l'orgue); une chaire ornée de bas-reliefs (1572); une cloche fondue en 1628. et remarquable par sa grosseur; un bel orgue et de précieuses reliques (derrière le chœur). Parmi ces reliques se trou-
vent la tunique sans couture de Jésus-Christ, présent de l'impératrice Hélène, et qui a été exposée en 1844; un fragment de la couronne d'épines et un clou de la vraie croix. Les cloîtres , postérieurs à l'église, ont été restaurés en 1847. On y remarque les tombeaux de plusieurs chanoines de la cathédrale.
En 1675, le maréchal de Créqui transforma la cathédrale en forteresse et le maître-autel servit de mangeoire aux chevaux. Pendant la Révolution française, cette église devint un magasin à foin. A côté de la cathédrale, sur l'emplacement même du palais dont elle faisait partie, s'élève une église gothique dédiée à Notre-Dame (Liebfrauenkirche), et construite, de 1227 à 1243, dans le style ogival. Le portail principal, semi-circulaire, est orné de sculptures vraiment remarquables. Le portail du nord mérite aussi d'attirer l'attention.
L'intérieur a la forme d'une croix grecque. Douze élégants piliers, cannelés, supportent toute la construction. Ces piliers sont consacrés aux douze apôtres dont les figures y ont été peintes vers le xv* s. Une petite pierre noire, incrustée dans .
le sol près de la porte, est la seule place d'où l'on peut voir les douze apôtres d'un seul coup d'œil. Le monument de l'archevêque Jacob de Sierk est l'œuvre remarquable d'un sculpteur inconnu. On voit aussi dans l'église la momie de i'évêque Théodulphe, mort au vi« s., et un tableau attribué au Guide (Saint Sébastien t dans la chapelle à g. du maître-autel).
Le clocher de Saint-Gengoux ou Saint-Gangolphe (xvp s.) sert de beffroi. Il est entouré d'une gale-
TRÊVES
rie d'où Ton jouit d'une vue trèsétendue. L'église , restaurée en 1850, renferme de bonnes fresques par Lasinsky. — Véglise de la Trinité (xiii* s.) a appartenu successivement aux frères Mineurs, aux Jésuites, au séminaire et aux protestants. Son portail ogival, richement sculpté, date du xv« s. Elle a été restaurée complètement en 1860 et rendue au culte catholique.
Ses vitraux ont été peints à Munich.— Véglise Saint-Gervais renferme le tombeau de l'évêque Von Hontheim, plus connu sous le pseudonyme de Justinus Febronius, et la statue en marbre de l'archevêque Poppo. Les autres églises de Trêves n'ont rien de remarquable.
Sur la place de la Cathédrale, en face du Dom, s'élève le palais du Gouvernement, résidence du roi et des princes de Prusse lorsqu'ils viennent à Trêves. — Le palais épiscopal est près de l'église de Notre-Dame. — Le palais de justice (Dietrichs Strasse), la douane (audessus du pont), la poste, Vhôtel de ville, la maison d'arrêt, les hôpitaux, n'offrent absolument rien d'intéressant.
Le théâtre (place du Marché au bétail) était autrefois un couvent de Capucins. — Rue Saint-Siméon, on peut voir une maison romane du xu* s. , dite maison des Trois-Mages. D'autres maisons du moyen âge sont disséminées dans les différentes parties de la ville.
Sur la place du Marché se trouve l'ancien hôtel de ville, devenu l'hôtel de la Maison-Rouge, et servant d'entrepôt public. Une belle fonlaine, de 1595, orne la place, sur laquelle s'élève une colonne de granit surmontée d'une croix et érigée en mémoire d'une croix lumineuse,
BORDS Dtr RHIN.
qui, selon la tradition, aurait été vue dans le ciel en 958. Une autre fontaine, celle de Saint-Georges, s'élève sur le marché au blé. Elle fut construite en 1750 par l'électeur François George.
Kn 1473, une université avait été fondée à Trêves; elle fut supprimée en 1798. Les bâtiments qu'elle occupait servent actuellement au gymnase. Les autres établissements d'instruction publique sont l'école bourgeoise et le grand séminaire.
Le gymnase renferme la bibliothèque de la ville, qui possède près de 100000 vol., 4000 manuscrits reliés en plus de 2000 vol. , et 2520 incunables, de précieux manuscrits et des portraits des archevêques de Trêves. Parmi ses curiosités, on cite surtout: une Bible de Fust et Gutenberg (1450); le Catholicon de 1460; les Justiniani lnstilutiones de Schœffer (1468) sur parchemin; le livre des Évangiles de l'archevêque Egbert (977-993), avec de précieuses enluminures; le Codex Âureus, présent de la sœur de Charlemagne à l'abbaye de Saint- Maxi min. Ce manuscrit des quatre évangiles est richement relié en argent doré et orné de pierres précieuses, dont la plus belle — un camée d'onyx — représente Auguste et sa famille. Signalons encore une lettre autographe de Blùcher sur la mort de la reine Louise de Prusse. — Le muséum, qui se trouve également dans l'édifice du gymnase , se compose de collections d'histoire naturelle, d'antiquités, recueillies par la Société des réciter ches utiles, et de médailles romaines (4000) et du moyen âge. Les objets les plus curieux sont un torse de Vénus que l'on dit avoir été brisé par saint Euchaire; un beau torse
d'amazone récemment découvert, en marbre ; une statue d'Apollon, plaquée en argent; des statues de Diane, de Mercure, de Mars, de la Victoire * etc.; un beau sarcophage romain du iv* ou du v* s. , dont les bas -reliefs représentent l'arche de Noé; des inscriptions, des urnes sépulcrales, des mosaïques, divers ustensiles, etc., etc.
Trêves comptait autrefois dans ses environs quatre abbayes de Bénédictins, célèbres par leurs richesses : Saint - Malhias ( V. cidessus); Saint-Maximin, qui est actuellement une caserne; Saint- Martin, une manufacture de porcelaine; Sainte-Marie des Quatre- Martyrs, qui avait été bâtie audessous de la ville à l'endroit où , selon la tradition, les soldats de la légion thébaine souffrirent le martyre. C'est un dépôt d'artillerie.
L'église de Saint-Paulin, fondée au iv* s. , plusieurs fois détruite et rebâtie, est située dans le faubourg du môme nom. a Elle étale hors de la ville ses murs marquetés comme une ébénisterie précieuse, ses pilastres coiffés, en guise de chapiteaux, de buissons de roses, où viennent folâtrer de petits Amours suspendus à la corniche; son chœur enfin, tout resplendissant de mille filets d'or enroulés sur des fonds bleus et roses, et qui laisse voir, au milieu de grandes colonnes torses, un groupe de biscuit représentant l'archange Michel, vainqueur de Satan, avec le geste, l'armure et les brodequins que les peintres de la même époque (1734) prêtaient à Persée délivrant Andromède. » Les belles fresques de la voûte ont été peintes par Scheflher d'Augsbourg (1743-1749).
Le commerce de Trêves consiste
surtout dans l'exploitation des vins.
L'industrie est presque nulle.
Trêves est la patrie de saint Ambroise; saint Jérôme y a fait une partie de ses études.
Parmi les promenades les plus fréquentées des environs de Trêves , on doit surtout recommander: — Igel (F. R. 33), à cause de son monument romain ;— les- villages d'Euren et de Pallien, à cause de leurs sites pittoresques;— la villa Recking, appartenant au propriétaire de l'hôtel de Trêves; — l'Apolloberg, pour ses jolis points de vue; — YOlewigthal; — NelVs Lmdchen , beau parc; — Heiligkreui, ham. voisin de l'amphithéâtre, situé sur une colline ovale qui doit avoir été un cirque (belle vue) ; — Thiergarten, entre Heiligkreuz et Olewig. — On jouit aussi d'une belle vue sur la hauteur appelée Franzen Kûppchen, et qui domine le Marsberg. Cette colline doit son nom à François de Sickingen, qui, en 1552, assiégea en vain l'archevêque de Trêves Richard.
On fait des parties en bateau à Ruwer, à Pfalzel (F. R. 36), à Euren (V. ci-dessus, B), etc. Enfin on peut aller (2 h. à l'E.) soit visiter, sur une colline voisine et boisée , les ruines du vieux château de Sommerau et revenir par Waldrach à Ruwer (R. 35), soit explorer le Biwerthal (rive g. de la Moselle), où l'on voit, outre les ruines du château de Kammstein, une grotte appelée Hieronymus Hxuschen , parce qu'elle fut, dit-on, habitée en 371 par saint Jérôme, et qui est arrosée par la Kyll (le Gelbis d'Ausone).
De Trêves à Paris, par Luxembourg, R. 33; — à Goblenz, R. 35.