DE TRÊVES A COBLENZ
A. Par la Moselle.
25 i/2 mil. — Bateau à vapeur 2 fois par semaine (K., pour les jours de départ , le Hendschel's Telegraph).
Trajet en 12 h. (on part à 5 h. du matin), pour 4 th. et 2 th. 2o sgr.
Les bateaux à vapeur ne remontent pas la Moselle de Coblenz à Trêves en un jour. Il faut coucher à Trarbach ou à Berncastel. — En remontant la rivière on ne paye que 3 ou 2 th.
N. B. La navigation de la Moselle est souvent difficile quand les eaux sont basses ; malgré les travaux exécutés pour rétrécir le lit de la rivière et lui donner plus de profondeur, les bateaux labourent souvent le fond. Mais les bords de la Moselle sont très-pittoresques et presque aussi intéressants à voir que les bords du Rhin. Si l'on veut quitter le bateau à vapeur pour faire des excursions pédestres sur les deux rives, on trouvera aisément des barques particulières dans tous les villages. Pour bien jouir des plus beaux points de vue, il est nécessaire de débarquer en certains endroits. Malheureusement les auberges laissent beaucoup à désirer.
Du reste, c'est surtout au-dessous de Berncastel et de Trarbach que l'on doit songer à mettre pied à terre. Jusque-là le pays qu'arrose la Moselle n'a rien de particulièrement remarquable.
En quittant Trêves, on laisse à dr.
Saint-Paulin et à g. Pallien (F. R.
34); puis on atteint bientôt (rive g.) Biwer, situé près du confluent du Biwerbach, et (1 h. de Trêves) Pfalzel {Palatiolum),v. del200hab., où la fille de Dagobert II fonda, en 665, un couvent de femmes, et dont le nom vient d'un château qu'y possédaient les rois franks. — En face, sur la rive opposée , est Ruwer (800 hab.), séparé en deux parties par le
Ruwerbach, ruisseau qu'Ausone a chanté (marmore clarus Erubrus).
On voit encore dans ses environs quelques restes d'un aqueduc romain, et un peu plus loin, entre Ehrang et Issel, on aperçoit, au delà de la vallée de la Kyll, les cheminées des forges de Quint. Cependant la Moselle quitte la direction du N. et coule à l'E. On laisse :
Rive g. Issel (400 hab.) eiSchweich (1800 hab.) , derrière la tour du Bac; puis , tout au bord de la rivière , le hameau de Kirsch.
Dr. Longuich (700 hab.), situé en face du Longen, et près duquel le Laubach se jette dans la Moselle.
Un peu plus loin se montre Riol avec la Ringelsburg. C'est le Rigodulum des Romains. Valentinus , le chef des Treviri, y fut battu et fait prisonnier par Cerealis, qui commandait les légions romaines.
G. Lœrsch, hameau; Mehring, village dominé par une chapelle de pèlerinage ; Pœlich, où la Moselle décrit une grande courbe de l'E. au N. O.; Schleich, en face.de Detsem (dr.); Ensch, presque en face1 de Thœrnich (dr.) ; Clùsserath, dont les vins sont estimés, près du confluent du Salmbach, et en face de Kœwerich (dr.), où la Moselle, qui avait incliné du N. 0. au N. E., coule au S. E., tant ses détours sont nombreux.
Dr. Leiwen, ham., lieu de naissance du poète et astronome Jean de Livania, qui vivait à la fin du XTV* s.
G. Trittenheim (950 hab.), patrie du célèbre historien et abbé de Sponheim, Trithemius (f 1516). La chapelle que l'on aperçoit à dr. , nommée la chapelle des Martyrs , rappelle les martyrs tués à Trêves, sur l'ordre de Rictiovârus.
Dr. Neumagen (hôt. : Clœren,
Hayn), le Noviomagus des Romains, bourg de 1500 hab., pittoresquement situé au pied d'une colline que couronnent les ruines d'un vieux château. C'est là qu'Ausone, venu de la vallée de la Nahe, par la montagne], aperçut pour la première fois la rivière qu'il a chantée (Mosella). C'est là qu'il vit les tnclyta castra Constantini. Les derniers vestiges de ce château ont presque entièrement disparu. L'église de Neumagen date de 1770. Il ne reste rien de l'ancienne, bâtie en 1190, probablement avec les débris du palais de Constantin. — Un peu au-dessous de Neumagen, la Thron {Drdhonus) se jette dans la Moselle, près du v. du même nom.
En face de Ferres (rive dr.) se trouve
G. Pi sport (bût. chez Hayn), le Pisonis portus des Romains, v.
de 600 hab., dont les coteaux produisent l'un des vins les plus estimés de la Moselle. A 1 h. env. de Pisport, dans la montagne, est le couvent d'Eberhardsklausen, dont la chapelle date du xv siècle. Audessous de Pisport, les sinuosités de la rivière deviennent de plus en plus nombreuses. Après une assez longue navigation, on se retrouve souvent à la même distance d'une colline ou d'un clocher que l'on avait déjà remarqués; parfois même on est fort étonné de s'en être éloigné dans la direction opposée à celle que l'on devrait suivre.
Dr. Mûstert, Reinsport et Nieder- Emmel.
G. Minheim (bons vins) , presque en face de VOhligsberg et du Neuberg, dont les vignobles sont encore plus estimés.
Dr. Wintriçh (bons vins).
G. Kesten, joli v. dont les beaux noyers bordent la rivière.
Dr. Filzen , Neufilzen , Dusemond, Mûhlheim. — Près de Dusemond, s'élève (à g.) le Braunenberg, où se récolte l'un des meilleurs vins de la Moselle. Il s'étend de Monzel à l'embouchure du Lieserbach. — Mûhlheim (hôt. Karsch) est situé entre le Hinterbach et le Fronbach. En remontant la vallée du Hinterbach, on atteint en 30 min.
la petite V. de Veldenz (1000 hab.), près de laquelle on remarque les ruines de l'ancien château du même nom. Bâti au vi" s., donné parChildebert II à l'abbaye de Verdun, il fut habité, du HT au xv# s. , par les comtes de Veldenz, et détruit pendant la guerre de Trente ans.
G. Lieser, au delà de l'embouchure du Lieserbach, possède de jolies maisons de campagne.
Dr. Andel, v. situé sur un coteau rocheux et boisé, près de l'embouchure du Goldbach, qui roule des paillettes d'or.
G. Cues , patrie du cardinal Nicolas Cusanus , fils d'un pêcheur nommé Jean Krebs, auteur de plusieurs traités célèbres de théologie et de philosophie (xv- s.), et fondateur d'un hôpital situé à 15 min. du village.
Dr. Berncastel (hôt. : Niederehet drei Kcenige, chez Gassen), V. industrielle de 2500 hab., arrosée par le Tiefenbach, qui y forme quelques petites cascades. Un incendie en a détruit la plus grande partie, en 1857. Elle est dominée par les ruines d'un vieux château, probablement d'origine romaine, qui lui a donné son nom (Beronis castellum).
Détruit par l'archevêque Poppo , parce qu'il servait de refuge à des voleurs, ce château fut souvent rebâti et détruit. Il a été incendié en 1692. La ville de Berncastel en
[R. 35] BERNCASTEL.
— TRARBAGH.
a donné les ruines au roi Frédéric-Guillaume ÏV , lorsqu'il était prince royal. L'église de Saint- Michel possède, outre des reliques précieuses, un bel autel dédié à la Vierge. L'excellent vin que l'on récolte à Berncastel s'appelle le Docteur (Doctor) , parce que , selon la tradition , il a guéri un chapelain d'une maladie incurable.
JV. B. Un chemin de piétons qui offre de beaux points de vue, car il franchit un des derniers escarpements du Hundsrûck, conduit en 1 h. 15 min. à Trarbach (F. ci-dessous). Par eau , la distance entre ces deux villes est de 5 h. Le bateau à vapeur parcourt ce trajet en 1 h. 1/2 à la descente , et en 3 h. à la remorte. Du reste, la navigation de cette partie de la rivière est trèsagréajle. Au-dessous de Berncastel on laisse
Dr. iraach, situé au milieu de riches vgnobles. A peu de distance on remarque , au milieu d'une plaine fertile , teMartinshof, ancienne abbaye de Sint-Martin.
G. Wehtn, presque en face de Zeltingen (t-.), b. de 1600 hab. , qui possède les -urnes d'un vieux château. La riv.re y forme une île. — - Machern, anjen couvent de nonnes, presque *n face de Rachtig; puis, au pied d. ne colline rocheuse dont la base es plantée de vignes, Uerzig (hôt. : Ist, Berres), riche village au delà à^ne\ on vojt une
espèce de tour,,atie ou taillée dans les rochers, tpelée Michaelslei, et habitée suc ssiVement par des voleurs et des mites. La tradition prétend qu'e 1666i saint Cuno fut précipité d haut de ce rocher par un com Théodoric qui, touché de repentiipartit pour la Terre-Sainte et périten(]ant ja
traversée.— Une bonne route de voitures conduit, en 3 h. 1/2, d'Uerzig au bain de Bertrich (F. ci-dessous) , par Rausendorf et Hontheim.
Dr. Erden, Lœsenich, deux villages dont les vins sont estimés; Kindel, en face de Kinheim (g.).
G. Crœff , v. de 1950 hab. , dont l'église renferme un bon tableau de maître-autel (Crucifixion), par Stauden, de Constance; puis Schrxg, en face de Wolf (dr.), v.
de 600 hab., dominé par les ruines d'un couvent du même nom. Presque en face du v. de Riesbach, d'où un chemin ombragé conduit à Traben, on peut visiter, dans une sombre montagne d'ardoise , une grotte appelée Jermesfels.
Dr. Trarbach (hôt. Grœfinburg), V. de 1500 hab., agréablement située dans une des parties les plus pittoresques de la vallée de la Moselle. En 1857, elle fut presque entièrement détruite par les flammes.
(N. B. — C'est là que les voyageurs qui remontent la rivière sont obligés de passer la nuit.) Au S. s'ouvrent des vallons latéraux arrosés par de charmants ruisseaux. Les collines qui les forment sont couvertes de vignes ou de bois. Les murailles de Trarbach , percées de trois portes et flanquées de vieilles tours, et les ruines delà Graefinburg, qui la dominent, donnent à cette ville un aspect origi nal. Sa vieille église contient plusieurs tombeaux des comtes de Sponheim. Son hôtel de ville est moderne. La Graefinburg a été détruite, en 1734, par les Français; elle avait été bâtie, au xiv- s., par la comtesse Laurette de Salm , veuve du comte Henri II de Sponheim, avec le montant d'une rançon que cette femme courageuse avait fait payer à l'archevêque de Trêves, Bau-
douin, après s'être emparée de lai et Tavoir gardé longtemps prisonnier, en dépit des excommunications du pape et pour le punir d'une violation de territoire. Pendant la guerre de Trente ans, les Espagnols, les Suédois et les Français avaient occupé cette forteresse tour à tour; en 1687, les Français s'en étant encore emparés l'avaient fortifiée de nouveau; en 1702, ils s'en étaient rendus maîtres pour la troisième fois. Reprise par les Impériaux, en 1704, elle fut enfin conquise et détruite par le maréchal de Bellisle.
Trarbach fait un commerce assez important, surtout en vins. Les meilleurs vignobles des environs s'appellent Ungsberg,Aalfang, Mùnehenroth , Mùhîrecherberg et Landfuhrberg.
En remontant la vallée du Kautenbach, on peut aller visiter, au sommet d'une montagne isolée (45 min.), l< Wel tein, masse de granit haute de 6 mèt. et entourée de blocs plus petits. On ignore son origine et sa destination.
En face de Trarbach , sur la rive g. de la Moselle, se trouve Traben (hôt. chez Clauss) , b. de 1250 hab.
entouré de riches vignobles et de jardins, et incendié en 1857. Si l'on gravit la hauteur qui le domine , on peut y voir encore des débris du fort Montroyal, que Louis XIV y avait fait construire (1681) à grands frais par Va u ban , et que le traité de Ryswyk l'obligea de faire démolir (belle vue).
G. Litzig, petit v. de pêcheurs.
Dr. Starkenburg, v. situé sur une hauteur. Les comtes de Sponheim y eurent un château fort, détruit après Pextinction de leur race (1437). Ce fut là que la comtesse Laurette de Sponheim retint pri-
sonnier l'archevêque Baudouin de Trêves (F. ci -dessus). — La jolie île que l'on côtoie au-dessous de ce village se nomme Sanct-Peterswerth. On passe ensuite à l'endroit où la comtesse fit tendre une chaîne pour arrêter l'archevêque, qui remontait la Moselle sans défiance. Des débris de fortifications y sont encore visibles. Un peu plus loin, on remarque les restes d'un temple que la tradition attribue aux païens.
Dr. Enkirch est le bourg le olus peuplé que l'on rencontre entre Trêves et Coblenz. 11 a 2000 hab.
(hôt. chez Immich et Saiterj* Son vieil hôtel de ville et la tour de son église dominent ses maisor.s couvertes en ardoises. C'est un tourg très-ancien. On y récolte de bons vins, surtout sur le Stephaisberg.
Un chemin de piétons, passant par les montagnes, conduit ei 1 h. à Zell (F. ci-dessous), qui, par eau, est éloignée de 3 h. Un pe* au-dessous est le confluent du-^rossbach et de la Moselle. Presqueen face de ce confluent on voit, ur la rive g., au-dessus de Kerxtnich, dont la plupart des maison? sont bâties av2c des débris de Mntroyal, un reste de cette forte r*se qui avait coûté des sommes c^sidérables.
Dr. Burg, presse en face de Reil (g.), dont l'gtise est sur la rive dr. A 1 h. de^eil, dans Tintérieur des terres, A l'ancien couvent de Springiersbjhy situé au fond d'une solitude àlsèe. Un peu audessous, le flthen-Pfad, sentier qui monte àiravers les vignes, conduit en 1 min. à la Marienburg (F. ci-/ssous), d'où l'on peut descendre e/ 30 min. à Aif (F. cidessous); /r eau la distance est de 3 h.
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ENKIRGH. — LA MARÏENBURG.
Dr. Pùnderich (hôt. Schneiders.
— Bons vins). En face, se dressent sur une hauteur les ruines de la Marienburg, qui fut tour à tour un couvent de femmes et une forteresse. On y découvre une vue magnifique sur les sinuosités de la Moselle, ses vignobles, ses coteaux, ses montagnes, ses forêts et ses vieux châteaux (il faut gravir Téminence voisine, à l'O., appelée Prinzenkœpfchen). — JV. B. Une petite auberge a été établie au milieu des ruines.
Dr. Briedel, v. dominé par son église. Un peu au delà , le Rotenauerbach se jette dans la Moselle au sortir d'un vallon étroit et boisé; puis, en face du long promontoire que couronne la Marienburg, si longtemps visible, se trouve Zell (hôt. Melchiors), V. de 1750 hab., encore entourée de vieilles murailles, mais qui a été fortement endommagée par un incendie, en 1857.
De Zell part une route de voitures qui conduit à Sanct-Goar, Boppart, Coblenz, et Simmern. Cette route passe à Castellaun, V. de 1000 hab., située sur le Drimbach , appelée aussi Castelhun ou château des Huns, et dont le château fort, qui domine un rocher, a été détruit en 1689 par les Français. Au delà de Castellaun, on passe à Godenroth, puis on arrive à la Croisière, d'où l'on peut aller, en face, à Sanct-Goar, R. 31 ; à g., à Boppart et à Coblenz, R. Si.
En face de Zell (g.) , Kaimbt s'étend sur des coteaux fertiles. Audessous de Zell, on laisse à dr. Curey, qui en est comme un faubourg, Merl% beau v. arrosé par un petit ruisseau descendu du Hundsrûck. La Moselle, parsemée d'îles, ressemble à un lac; ses bords, variés d'aspect, offrent les plus charmants paysages.
On aperçoit (dr.) le hameau de Bulay, au débouché d'un joli vallon latéral, en face de
G. Alf (hôt. : Post , Henrici , Mentges, Theissen), beau bourg agréablement situé à l'embouchure de l'Alferbach dans la Moselle, et d'où l'on peut aller visiter, outre les ruines du château Arras, les forges de fer de M. Remy et Ci#, et le bain Bertrich. — N. B. C'est à Alf que les voyageurs qui remontent la Moselle doivent se faire débarquer pour monter à la Marienburg (F.
[Unebonne route de voitures conduit d'Alf à Lûtzerath (2 1/4 mil.) où elle rejoint la route de terre de Coblenz à Trêves (F. ci-dessous, B).
Cette route passe au bain Bertrich.
Les touristes qui désireront visiter ce bain en voiture, en trouveront chez M. Theissen , au prix de 1 th. (à 1 chev.) et 1 th. 20 sgr. (à 2 chev.). A quelques min. d'Alf, on laisse à g. la vallée d'où descend l'Alfbach , pour remonter celle qu'arrose l'Isbach ou Usbach. A l'embouchure de ces deux ruisseaux, les ruines du château Arras, ancienne forteresse des archevêques de Trêves, couronnent une hauteur boisée.
Un peu plus loin on voit à g. les forges de fer de M. Remy et Cie.
Enfin. 1 h. 30 min. environ après avoir quitté Ail* (à pied), on atteint le bain Bertrich, situé dans la partie la plus pittoresque de la vallée de l'Usbach, profonde en cet endroit de plus de 230 mèt. Les meilleurs hôtels sont ceux de Werling , Klering et Schmidt. Un nouvel établissement de bains y a été construit en 1852. Ces sources, alcalines et chaudes (32ê 1/2 cent.), ont dû être connues des Romains,
car diverses monnaies de l'empereur ' Vespasien et du temps de Constantin ont été trouvées dans les environs.
En 1858, une statue romaine en marbre de Carrare, représentant Diane , y a aussi été découverte. En continuant les fouilles on trouvera sans doute d'autres antiquités intéressantes. Au xiii* ou xive s. , un ermite nommé Bertrich vint s'y établir. En 1481, l'archevêque Jean II y fit bâtir une maison de bains , reconstruite en 1770 par Clément Wenceslas. nepuis lors, la réputation de cet établissement qui s'est constamment embelli et amélioré a été croissant. Le nombre des baigneurs augmente d'année en année.
La saison commence le 15 mai et finit le 15 septembre. On se baigne de 4 h. du matin à 9 h. du soir.
Les bains coûtent : l1"* classe, 10 sgr. : 2* classe, 6 sgr. Il y a un bain des pauvres. Tout baigneur qui reste plus de 14 jours est en outre imposé à 15 sgr. ; mais on ne paye rien pour l'eau que l'on boit. Les eaux, qui ont un goût sulfureux, sont surtout recommandées pour les maladies de la peau, des voies urinaires, des glandes, etc.
Ce ne sont pas seulement les malades qui visitent Bertrich, ce sont aussi les touristes, et surtout les géologues. Il y a de charmantes promenades, et d'intéressantes études à faire dans ses environs (ânes à volonté). Le Palmemberg , le Wingertsberg , le Rœmerkessel , avec leurs pavillons et leur chapelle, au N. ; la Flur, le Hengsenberg , le Peterswald (pavillon) , le Sesenwald, au S., sont sillonnés de routes et de sentiers qui conduisent à de jolis points de vue ou à de charmants ombrages. Les touristes et les géologues vont surtout visiter :
— 1° (au N.) le Facherberg, dunt le sommet atteint 418 mèt., et sur lequel s'ouvre un cratère qui mesure 27 mèt. de profondeur; — 2° (à 1*0.) au delà du Sesenwald , par la route de Lûtzerath, la Kœsegrotte, ainsi appelée parce que les colonnes basaltiques qui la forment ressemblent à un fromage de Hollande.
A côté de cette grotte, un ruisseau, l'Erbisbach, fait une jolie cascade de 16 mèt. de hauteur, et , près de la Wilhelmsbrûcke, s'élève un double rang de colonnes basaltiques ; — 3° à 45 min. sur la route de Lûtzerath, par la Mùllischwiese , à g. avant d'arriver au v. de Kennfus , la Falkenlei, montagne volcanique haute de 425 mèt. , dont une partie s'est éboulée dans la vallée. Ses crevasses et ses grottes (petit ermitage) intéresseront les géologues. Ses blocs de basalte portent encore des traces visibles de soufre. A PO., s'élève le Hûstchm, qui a 421 mèt. d'altit.
Un sentier descend entre ces deux montagnes, par le Tûmmelbusch, de Kennfus à Bertrich. — De la Falkenlei, on découvre une fort belle vue sur les montagnes volcaniques qui forment l'horizon au N., à PO. et à l'E.
Bertrich est à 8 3/4 mil. de Coblenz, et 7 1/2 mil. de Trêves.")
Au-dessous d'Alf, une île couverte de gazon s'élève au milieu de la Moselle. Cette île dépassée, on laisse :
G. Aldegund, beau v. dont l'église est très-ancienne, et situé à peu près vis-à-vis àeNeef(&T.)y que domine la chapelle de Saint-Pierre;
— Bremm (hôt. Amelinger) , en face de rochers escarpés et sombres qui rappellent la Lurlei du Rhin (V. R. 31):
[R. 35] LA FALKENLEI. — COCHEM. 321
Dr. Les ruines de l'ancien couvent de femmes de Stuben, fondé en 1136 et détruit à la fin du siècle dernier;
G. Eller, près de l'embouchure de PEllerbach (hôt. chez Gietzen, Mainzer). De ce v. un sentier conduit en 2 h. par les montagnes à Cochem (F. ci-dessous), mais il vaut mieux rester sur le bateau, car les bords de la Moselle deviennent de plus en plus charmants;
G. Ediger, joli v. près duquel on remarque les ruines de la chapelle de la Croix; — Nehren ; — Senholz, presque en face de Senheim (dr.), v. un peu éloigné de la rivière;
Dr. Mesenich. — Briedern, en face du Ruberberg. Au-dessus s'étendent de beaux bois;
G. Poltersdorf, anc. v. impérial ;
Dr. Beilstein, b. de 450 hab. dominé par les ruines pittoresques de son château, qui passa des seigneurs de Braunshorn à l'archevêque de Trêves ; les Français l'ont fait sauter en 1668. — Au-dessous de Beilstein, la rivière forme une île.
G. Ellenz, à peu près en face de Fankel (dr.) ;
Dr. Bruttig, patrie du célèbre grammairien Petrus Mosellanus , mort professeur à Leipsick en 1524.
Un sentier (belle vue) conduit en 1 h. J/2 à Treis (F. ci-dessous).
G. Oberernst et Niederernst, entre lesquels s'élève, près de l'école, une jolie église à deux tours;
Dr. Valwig, v. qui possède aussi une belle église ;
G. Ebernach, ancien prieuré de l'abbaye de Laach; puis Sehl, en face de beaux rochers, et enfin, au delà d'une chapelle , Cochem (hôt. : Union , Kehrer), V. de 2800 hab., chef-lieu de cercle, pittoresquement groupée au-dessous
des ruines d'un vieux château, détruit en 1689 par les Français sous les ordres du maréchal de Boufflers. Ce château avait été habité parla reine de Pologne Richezza, et devint du xiv# au xvi" s. la résidence des archevêques de Trêves.
On peut y voir quelques antiquités intéressantes. — Un peu plus loin, dans une vallée latérale arrosée par l'Endertbach , se trouve la Winneburg, berceau de la famille de Metternich, détruite aussi en 1689. Le grand bâtiment que l'on remarque au-dessus de l'église était autrefois un couvent de Capucins. C'est aujourd'hui une école. Cochem fait un commerce 1 assez considérable de peaux et de draperies.
De Cochem à Lûtzerath. 2 1/4 mil.
(K. ci-dessous, B).
À la même hauteur, sur la rive dr., est le v. de Cond. Là finissent les sinuosités de la Moselle qui coule jusqu'à Coblenz (10 mil.) à peu près dans la même direction (N. E.). A 45 min. env. de Cochem, on laisse
G. Clotten, v. dominé par son église et par son vieux château de Coraidelstein, où la reine Richezza se retira et exerça l'hospitalité la plus généreuse jusqu'à sa mort (1060).
L'archevêque de Trêves entra alors en possession de ses domaines. — Au delà de Clotten, les villages deviennent plus rares, sur les deux rives. On passe devant Pommern (g.) avant d'atteindre
Dr. Treis (hôt. : Castor, Raueiser) , v. dont la jolie église a été bâtie en 1830 par Lassauix.
G. Carden (hôt. Brauer), v. situé un peu au-dessus de l'embouchure du Muhlbach. Son église, à trois tours, date du xne s.; elle a
été bâtie en l'honneur de saint Castor, qui avait vécu à Carden et qui y avait été enterré. Depuis, sa dépouille mortelle a été transportée à Coblenz. L'extérieur de l'église est du style roman. On va visiter à l'intérieur de curieux fonts baptismaux et une Descente au tombeau, en pierre. A l'extrémité inférieure du village, près de la Moselle, on remarque un bâtiment crénelé avec tourelles et clochetons, dont l'histoire est inconnue. Enfin, derrière l'église, s'élance la tour gothique d'un ancien couvent de femmes; plus loin, sur une hauteur plantée de vignes, la Zilscapelle attire les regards des voyageurs (belle vue).
G. Mùden (ancienne église romane) est situé en face de l'embouchure du Liltzbach qui descend du Hundsrilck. — Un peu plus loin, au delà de l'embouchure de l'Elz, on laisse à g. Moselkern (hôt. : Anker, Thisen, Zens), où débarquent les voyageurs qui désirent aller visiter le château d'Elz, situé à 1 h. 30 min. de la Moselle, dans PElzthal, vallée plus sinueuse encore que celle de la Moselle. — N. B. On y va aussi de Muden, et ce chemin est même préférable, car celui qui remonte la vallée traverse plus de dix fois le ruisseau sur des pierres.
Le château d'Elz est bâti au sommet d'un promontoire rocheux et boisé (310 mèt.) que l'Elz entoure de trois côtés , et l'on n'y arrive que par un pont jeté sur un précipice artificiel. Ce château se compose d'un groupe pittoresque de bâtiment irréguliers et qui, vus de loin, paraissent trop considérables pour la base qui les supporte. Épargnée par le temps , cette curieuse forteresse féodale, récemment réparée,
est encore habitée; l'intérieur, vrai labyrinthe de passages, d'escaliers et de chambres, mérite, d'être visité. De nombreux portraits de famille, d'anciens poêles, des vitraux de couleur, des tapisseries, des armures, etc., y ont été réunis. On y découvre une belle vue sur l'Elz, qui se replie comme un serpent , dans une gorge profonde d'environ 30 mèt. Vis-à-vis, se dressent les ruines du Trutz Elz, château bâti par l'archevêque de Trêves, Baudouin, pour assiéger, et forcer à capituler les seigneurs d'Elz, qui, réduits à la dernière extrémité, implorèrent sa merci et devinrent ses vassaux. 1 h. plus haut, se trouve le château Pyrmont, détruit par les Suédois, en 1641, et près duquel on va visiter une cascade.
D'Elz à Munster -Maifeld et à Polch, V. ci-dessou9, B.
Au delà de Moselkern, on laisse
Dr. Burgen et Rhon ;
G. Bischofsstein, ancienne forteresse des archevêques de Trêves, bâtie en 1270, et les ruines d'une chapelle; — Hatsenport, v. en face duquel (dr.) s'ouvre, près de Brodenbach (hôt. Probst), le vallon arrosé par l'Ehrenbach et qui renferme (45 min.) les belles ruines de l'Ehrenburg, appartenant à la famille de Stein. Ces ruines, dignes d'une visite , sont considérées à juste titre comme les plus belles de la Moselle;
G. Lœf. En avant se dressent les ruines du Tempeîhof ou Sternburg.
Dr. Alken, ancien bourg, relié par un rang de tours au château Thurant} qui le domine. Ce château, bâti en 1209, était possédé, en 1246, par un chevalier-voleur , appelé Zorn , que les archevêques de
[R. 35] ELZ. — L'EHRENBURG. — GOBERN. 323
Trêves et de Cologne y assiégèrent pendant deux années , avant d'avoir réduit la garnison à capituler par famine. Rebâti depuis, il fut détruit dans la guerre de Trente ans;
G. Catenes, en face d'Alken, v.
qui doit son nom à une chaîne (catena) dont on se servait à une certaine époque pour barrer le fleuve et forcer les bateaux à payer un droit de passage;
Dr. Oberfell, puis Chùr et JVtederfell, en face de Lehmen;
G. Gondorf (hôt. Fischer) , v. où Ton remarque un château des comtes de Leyen, bâti en 1560, réparé en 1814, et vendu en 1820 à un simple particulier;
G. Cobern (hôt. Schwab) , b. de 1500 hab., bâti entre deux vallons.
Dans les environs on peut visiter deux châteaux en ruine, teNiederburg et YOberburg. Ce dernier renferme la remarquable chapelle de Saint-Mathias , dont le curé de l'église de Cobern a les clefs.
Elle fut dévastée par les Français pendant les guerres de la République. Il faut 20 min. pour y monter, mais on y jouit d'une belle vue.
La chapelle Saint - Mathias , de forme hexagone et récemment réparée par l'architecte Lassaulx, date de la première moitié du xm« siècle, du moins on le pense; elle fut, dit-on, fondée par des croisés à leur retour dô la terre sainte.:
son architecture gothique, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, sarrasine à l'intérieur, intéressera les connaisseurs. On récoite un bon # vin sur le territoire de Cobern et des villages voisins.
Dr. Dieblich , v. dont l'église est moderne. Au moyen âge on y brûla de nombreuses sorcières.
G. Winningen (hôt. Krone)y b.
qui récolte d'excellents vins, les meilleurs, dit-on, de VUnter-Mosel.
En face, le Condbach se jette dans la Moselle. Winningen n'est plus qu'à 1 h. 30 min. de Coblenz.
Dr. Lay possède des vignobles qui produisent aussi de bons vins.
G. Gûls, au milieu d'une forêt d'arbres fruitiers, surtout de noyers dont les fruits s'exportent en Hollande. Sa belle église a été bâtie en 1834 par Lassaulx.
Dr. Moselwcis, petit v. qui passe pour le vicus Ambiatinus des Romains. A en croire certains antiquaires, Agrippine y aurait donné naissance à Caligula. Ses auberges sont très-fréquentées les jours de fête par les habitants de Coblenz.
A g. on aperçoit le clocher du v.
de Metternich (F. ci-dessous); à dr. apparaissent les fortifications du fort Alexandre : en face se dresse lacitadelle d'Ehrenbreitstein, qui domine le Rhin et Coblenz.
Le bateau à vapeur s'arrête près du pont de la Moselle.
Coblenz (F. R. 36 et le plan).
B. Par terre.
Chemin de fer en construction. — 15 1/4 rail. — 2 diligences par jour, en 4 h. l/'i, pour 3 th. 16 3/4 sgr.
Une route pittoresque conduit, en suivant la rive g. de la Moselle, par Pallien, Biwer, Pfalzel, Ehrang , les forges de Quint et Faehren, à
2 3/4 mil. Hetzerath, v. de 700 hab.
Une autre route moins intéressante, traverse Ruwer, Kenn, la Moselle et Schweich.
Salmrohf est à peu près à moitié chemin de Hetzerath et de
43/4 mil. Wittlich (hôt. }>osi),