‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 184 sur 219 · LE DRACHENFELS · texte numérisé non relu

LE DRACHENFELS

déjà près de Bonn , le Nonnenstromberg cache la Lœwenburg. Les autres sommités qui attirent l'attention sont le Hummerich y 371 met., la Rosenau, 333 mot., et le StenzeU bergy29b mèt. Tout ce groupe, d'origine volcanique, se compose de lave, de basalte, de trachyte et de dolomite. La vue la plus pittoresque qu'offrent ses points culminants est celle du Drachenfels; le panorama le plus étendu est celui de l'Oelberg, car du haut de ce belvédère on aperçoit le Taunus. La plupart des touristes se contentent de monter, soit au Drachenfels, .«oit à la Lœwenburg; c'est une excursion de 2 à 3 h., aller et retour. M. Baedeker donne les indications suivantes à ceux qui désireraient explorer tout le groupe :

Par Dollendorf à Heisterbach, 1 h. ; — au Stenzelberg, 30 min. ; — à l'Oelberg, 1 h. ; — par Rœttchen, entre le Lohrberg, à dr., et les Scheerkoepfe, àg., au Lœwenburger Burghof, à 100 mèt.

au-dessous de la Lœwenburg, 1 h.; — à Rhœndorf, 1 h. ; — au Drachenfels, 30 min. ; — à Kœnigswinter, 30 min. Total, 5 h. 30 min.

'N. B. Un âne coûte : pour monter soit au Drachenfels, soit à la Wolkenburg, 10 sgr. ; pour monter soit à la Lœwenburg, soit au Strom- Lerg, soit àl'Oelberg, 20 sgr.; pour aller à Heisterbach, 15 sgr. Une barque coûte : pour traverser le Rhin à Kœnigswinter, 1 sgr.; pour aller visiter l'île de Nonnenwerth et retour, 20 sgr.; pour Bonn, 15 sgr.; pour PI ittersdorf (Godesberg) , 1 2 sgr.

30 min. suffisent pour monter de Kœnigswinter, comme de Rhœndorf, par des vignes et par un petit bois, au Drachenfels. Avant d'atteindre le sommet, on trouve sur une plate-forme une petite auberge.

Un monument y avait été élevé à la mémoire du major de Boltenstern et de Joseph Genger, de Kœnigswinter, qui périrent, en 1814, en voulant s'opposer au passage du Rhin par l'armée française. Il a été remplacé par un nouveau , en style gothique. Le château, dont les ruines couronnent la montagne, fut bâti vers le commencement du xii- s., par l'archevêque Frédéric de Cologne, et, après avoir appartenu à divers burgraves, détruit pendant la guerre de Trente ans.

En 1306, un de ces burgraves, nommé Henri, fit avec le chapitre de la cathédrale de Cologne un marché par lequel il s'engageait à lui fournir des pierres du Drachenfels pour la cathédrale. La carrure d'où ces pierres furent extraites se nomme encore Dombruch (la carrière du Dom) ou Domkaul; le vin ronge qui se récolte alentour s'appelle Drachenblut (sang du dragon) , car c'est près de cette carrière que se trouve la grotte où , selon la tradition, le dragon (Drachen), qui a donné son nom à ce rocher (Fels) , fut tué. par Siegfried , le héros d^s Nibelungen. D'après une autre légende, ce dragon était honoré comme une divinité par les populations voisines qui lui sacrifiaient des victimes humaines. Muis un jour, une jeune fille qui lui avait été destinée, et qu'il s'apprêtait à dévorer, lui présenta un crucifix ; à cette vue il recula d'épouvante, et se précipita dans le Rhin. Tous les témoins de ce miracle se convertirent au christianisme.

La vue que l'on découvre du sommet du Drachenfels est, avec celles du Niederwald et d'Ehrenbreitstein, la plus belle des bords du Rhin :

à TE., les principaux points culmi-

3k6 TRAINS DE PLAISIR DES BORDS DU RHIN. [R. 38]

liants du Siebengebirge ; au S. E., le groupe basaltique de Honnef; au S. , le Rhin, et, sur ses bords, Rhœndorf, Honnef , Rheinbreitbach , Unkei, Erpel (rive dr.) , Oberwinter, Remagen , l'Apoliinarisberg ( rive g.), que dominent à l'horizon les sommets volcaniques de l'Eifel ; au milieu du fleuve, les îles de Grafenwerth et de Nonnenwerth; au N. 0., la Rolandseck et le Roder berg; à PO., le Godesberg; au N., le Rhin , au milieu d'une vaste plaine où Bonn se montre à peu de distance et où Cologne apparaît à l'horizon lointain.

Une arête conduit du Drachenfels à la Wolkenburg, qui en est peu éloignée et qui n'a pas même conservé le moindre débris de son vieux château. Une antique chapelle couronne le Petersberg ; elle a été dédiée à saint Pierre. Le Nonnen stromberg n'a rien de particulièment intéressant. Dans la première moitié du xn6 & , un ermite, nommé Walther, y avait fondé un couvent d'Augustins, qui, remplacé plus tard par un couvent de Cisterciens, fut ensuite transféré dans une vallée voisine (V. ci-dessous Heisterbach).

Quant à la Lœwenburg, elle porte encore à son sommet les ruines d'un château qui appartenait aux archevêques de Cologne. L'archevêque Hermann de Wied y donna l'hospitalité aux réformateurs Mélanchton et Bucer, et son successeur, le protestant Gebhard Truchsess, s'y réfugia, en 1585, avec la belle Agnès de Mansfeld qu'il avait épousée.

Une auberge a été construite sur le sommet de 1 Oelberg ; on peut y passer la nuit.

L'abbaye de Heisterbach est souvent visitée par les touristes qui

débarquent à Kœnigswinter (1 h.

env.). On peut y aller, soit par les villages de Nieder et Ober Dollendorf, soit par le versant occidental du Petersberg, soit enfin (2 h.) par le Drachenfeis et le col qui se trouve situé entre le Nonnenstromberg et le Petersberg (N. 0.). Pour ce dernier chemin, un guide est nécessaire. Cette abbaye a été construite de 1202 à 1233, dans le Petersthal, vendue eu 1806 par les Français, et démolie pour construire le canal du Nord. Il n'en reste que l'abside du chœur, curieux échantillon de l'architecture de transition entre le style byzantin et le style ogival. Sur la porte conduisant à l'allée des arbres fruitiers, on voit encore l'écusson de l'abbaye : un jeune chêne (Heister) et un ruisseau {Bach) ; aux deux côtés, saint Benoît et saint Bernard.

Vis-à-vis du Drachenlels, sur la rive g. du Rhin, s'élève le Roderberg (110 mèt. au-dessus du Rhin), volcan éteint dont le cratère, couvert de champs de blé, mesure près de 30 mèt. de profondeur et 333 mèt.

de circonférence. Ses versants sont, en certains endroits, composés de tuf et de scories, semblables au tuf et aux scories que l'on trouve sur le Vésuve. Une gorge appelée Eliasschlucht sépare le Roderberg de la Rolandseck. Au bord du Rhin, sur la route de terre , est la V. de Mehlem (hôt. : Stern, Kroné), patrie d'un maître célèbre de récol9 de Cologne (Jean de Mehlem).

Après avoir dépassé Kœnigswinter, le bateau à vapeur laisse sur la rive g. Rùngsdorf, puis Godesberg (hôt. : Bellevue, Hlinzler; ânes pour les excursions du voisinage, le Godesberg, la Rolandseck, le Roderberg), v. de 1100 habitants, situé à 20 min. du Rhin,

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et dont on aperçoit de loin le château, qui couronne une colline isolée, haute de 92 met. Ce château, construit de 1208 à 1213, par l'archevêque de Cologne, Theoderich de Heinsberg, sur l'emplacement d'une forteresse romaine, fut détruit en 1583, par le duc Ferdinand de Bavière, parce qu'il tenait pour l'archevêque protestant Gebhard de Truchsess-Waldburg. 11 appartient aujourd'hui à la reine de Prusse. Sa tour, bâtie en 1340, est restée debouf. De sa plate-forme, où conduisent 150 marches, on découvre une vue magnifique. — N. B. La clef est chez le Brunnenmeister, près du Sauerbrunnen. — La vue du pied de la tour est à peu près la même. L'intérieur du château sert de cimetière au village de Godesberg. En allant visiter ces ruines, on passe généralement au Draischbrunnen ou Sauerbrunnen, source alcaline, saline et ferrugineuse qui jaillit à 5 minutes des hôtels, et qui était déjà connue des Romains, comme le prouve une inscription trouvée au xvi* s. Ou a établi, dans le voisinage, des bains (10 sgr. le bain), fréquentés presque exclusivement par les habitants de Bonn et de Cologne.

Les voyageurs qui veulent visiter le Godesberg, sans aller jusqu'à Bonn, débarquent à Plittersdorf, v. situé à 20 min. du Godesberg, à 1 h. 30 min. de Bonn, et en face de (bac pour 1 sgr.) Niederdollendorf, (dr.), derrière lequel apparaît Ober dollendorf, où finit le Siebengebirge. C'est à peu de distance de Plittersdorf, sur la route de terre de Godesberg à Bonn, que l'on voit le Hochkreuz, croix gothique de 10 mèt. de haut, élevée en 1333 par un archevêque de Cologne. Un

peu plus loin, dans l'intérieur des terres, sont les mines de Friesdorf (alun), situées au pied d'une chaîne de collines qui s'étend de Godesberg à Bonn.

Au delà de Plittersdorf, la descente du Rhin n'offre plus aucun intérêt, à moins que l'on ne se tourne du côté des Sept-Montagnes qui s'abaissent à mesure qu'elles s'éloignent. On laisse sur la rive g. quelques villages insignifiants avant d'atteindre

G. Bonn. — (Hôtels : Y Étoile d'Or (Zum Goldenen Stem), sur la place du Marché; Hôtel de Trêves (Trierscher Hof) sur la place du Marché; Royal et Belle-Vue, près de la porte de Coblenz; Deutscher Hof, près du chemin de fer; Rheineck, Cœlnischer Hof, Rheinischer Hof, etc.)

Cafés : Berliner Caffeehaus de Bœnhof, près de l'église des Jésuites; — Laubinger (confiserie).

Bains : Bains chauds et douches, chez Raess, 8 sgr.; bains froids, dans le Rhin, 3 sgr. — École de natation sur la rive dr. du Rhin, 5 sgr. A partir de 5 h. du soir des barques partent toutes les demiheures de l'extrémité supérieure de la ville.

Omnibus : Du Bahnhof au bateau à vapeur, et vice versa, trajet en 15 min., 3 sgr. la place. — A l'arrivée de chaque convoi, des voitures partent du Bahnhof pour Godesberg (5 sgr.), Mehlem et Kœnigswinter (7 1/2 sgr.), et Rolandseck(10 sgr.).

Droschken. La course se paye pour 1 ou 2 personnes, 5 sgr.; au delà de 2 personnes, 21/2 sgr. par personne. — N. B. On trouve constamment au Bahnhof, sur la place .

du Marché et à la porte de Coblenz, des voitures à 1 cheval et à 2 chevaux, qui font, aux prix fixés par

un tarif, les courses de Godesberg, de Plittersdorf , de Rolandseck et du Kreuzberg.

Bonn, la Bonna, les Castra Bonnensia des Romains, a été plusieurs fois mentionnée par Tacite. C'était, en effet, l'un des premiers châteaux forts que Drusus avait construits sur les bords du Rhin. La la 5% les 15*, 21- et 22* légions y furent cantonnées. Drusus y jeta même, dit-on, un pont sur le Rhin. Enfin, l'an 70 de l'ère chrétienne, Claudius Civilis, le général en chef des Bâta ves, y défit les Romains (F. Tacite, J/wMV, 20). qui en restèrent toutefois possesseurs, car sous Constantin c'était une cité florissante , et la mère de cet empereur y fondait une cathédrale. Au milieu du iv s.

les Alemanni détruisirent Bonn ; mais Julien la rebâtit en partie. Dévastée de nouveau par les Normands, en 881, elle ne se releva que lentement de ses ruines. Au xiii' s. c'était déjà une ville importante ayant droit de cité et faisant partie de la ligue hanséatique. L'archevêque de Cologne , Engelberg de Falkenburg, chassé de sa ville épiscopale par les bourgeois, vint s'y réfugier en 1268, et en fit le siège de son gouvernement temporel. On l'appelait aiors Verona. Deux empereurs d'Allemagne, Frédéric d'Autriche (1314) et Charles IV (1346), furent couronnés dans sa cathédrale, au xiv«s. Bonn était à cette époque d'autant plus prospère , qu'un grand nombre de familles nobles , chassées de Cologne par la turbulence de la bourgeoisie , y avaient aussi cherché un asile. Mais, au commencement du xves., elle fut assiégée et prise deux fois, la première par Frédéric le Victorieux , la seconde par Charles le Téméraire, appelé à son secours de même

que Frédéric le Victorieux, par l'archevêque de Cologne, Rupert, que le chapitre avait déposé pour élire à sa place Hermann, le landgrave de Nassau. Dès lors l'histoire de Bonn ne se compose plus, pendant un siècle et demi , que de sièges malheureux qui l'empêchent, malgré ses efforts, de recouvrer sa puissance et ses richesses passées. Elle est prise tour à tour : en 1584, par Ferdinand le Bavarois; en 1673, par les Autrichiens que commandait Montécuculi; en 1689, par Frédéric III, duc de Brandebourg (le roi de Prusse Frédéric !•»); en 1703, par les Hollandais, sous les ordres du célèbre ingénieur et général Cœhorn ou Kuhorn ; la même année, par Malborough. Démantelée en 1717, en vertu d'un article de la paix de Bade , elle s'agrandit et s'embellit sous les princes électeurs du xviii* s.; mais les guerres que suscita la révolution française portèrent un coup fatal à sa prospérité renaissante. Le nombre de ses habitants diminua de plus de deux mille pendant la domination française; de 1795 à 1814, il tomba de 9500 à 7500. En 1814, les troupes alliées l'occupèrent. Elle appartient aujourd'hui à la Prusse, et sa population s'élève à près de 20 000 habitants, dont 900 étudiants.

Bonn doit sa prospérité actuelle, d'une part, à son université qui, fondée en 1783 et 1786, supprimée par les Français et rétablie en 1818, a déjà répandu sur elle le plus vif éclat. Elle a compté, parmi ses professeurs : Niebuhr, Hasse, Hermès, Mackeldey, Heinrich, Naeke, Nées d'Esenbeck, Augusti, Hûllmann, A. W. de Schlegel, Goldfuss, Nasse, Dahlmann, Arndt, Kinkel. D'autre part, ses fortifications, devenues

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inutiles, ont été remplacées par des quartiers neufs bordés de jolies maisons modernes ; la vieille ville, c'est-à-dire ce qui reste encore d'anciennes maisons , se trouve reléguée au N.

[ université de Bonn occupe (au S.) le palais des électeurs de Colologne, bâti de 1123 à 1761. Cet édifice, qui touche à l'E. à la porte de Saint-Michel ou de Coblenz, n'a pas moins de 426 mèt. de longueur.

Il renferme, outre les salles des cours, une bibliothèque d'environ 200 000 volumes, ornée d'un grand nombre de bustes ; le musée des arts ou des plâtres, comprenant env. 500 empreintes de statues en plâtre, bas-reliefs, médailles, etc.; la collection de médailles, riche surtout en médailles grecques et romaines; le cabinet de physique; la grande aula académique, remarquable par les fresques de Cornélius et de ses élèves Herrmann , Fœrster et Gœtzenberger , représentant les quatre facultés : la Philosophie, la Jurisprudence, la Médecine et la Théologie ; les amphithéâtres de clinique , et enfin le musée des antiquités nationales, intéressante collection des antiquités découvertes sur les bords du Rhin ou en Westphalie , et dans laquelle on remarque, entre autres curiosités :

un autel romain, dédié à la Victoire, qui se trouvait autrefois sur la place des Romains, et que certains antiquaires regardent comme VAra Ubiorum dont parle Tacite (Ann.< I, 39 et 57); un vase de bronze orné des figures d'Hercule, de Mars et de Vénus; le tombeau d'un Romain nommé Cn. Caelius, tué dans la grande bataille que Varus perdit contre Arminius; des armes, des vases, des tuiles, des

pierres milliaires, etc. Vaula est montrée par le premier appariteur, qui demeure à gauche sous les arcades de l'entrée (5 sgr. de pourboire); le concierge de la bibliothèque , que Ton trouve dans la bibliothèque, vis-à-vis de l'entrée de Vaula (de 7 1/2 sgr. à 10 sgr. de pourboire) , montre le musée des arts et celui des antiquités. Ces diverses collections sont ouvertes au public : le musée des arts, les mercredi et samedi, de midi à 1 h.; le musée des antiquités, le lundi, de midi à 1 h.; la bibliothèque, les mêmes jours, de 2 h. à 4 h. — N.

B. Ces jours et ces heures ont souvent changé.

Au S. de l'université s'étend, jusqu'à l'amphithéâtre d'anatomie, le jardin du château ou de la cour (Hofgarten), d'où part, au S. 0., la promenade favorite des habitants de Bonn, belle allée de châtaigniers, qui, laissant à dr. , au delà de la porte Neuve et de la cathédrale (F.

ci-dessous), l'embarcadère (Bahnhof) du chemin de fer de Cologne (F. R. 39), et plus loin à g., le nouvel observatoire aux six tourelles, conduit en 15 min. au v. de Poppelsdorf ; aussi l'appelle-t-on Poppelsdorfer Allée. A l'extrémité de cette allée s'élève l'ancien château électoral, Lustschloss Clemensruhe, que le roi Frédéric-Guillaume III a donné à l'université, et qui renferme actuellement le musée d'histoire naturelle. Parmi les collections dont se compose ce musée, on doit visiter de préférence celle de minéralogie (du professeur Nœggerath), qui résume et explique toute la géologie du Rhin et des groupes de montagnes volcaniques du Siebengebirge et de l'Eifel; et celle de zoologie (du prof. Goldfuss, f 1847).

La salle, dite des Grottes, contient des reliefs du Siebengebirge, du Harz, du Mont-Blanc, du Vésuve, des montagnes de la Bohême et des bords du Rhin , de Mayence à Bonn. — N. B. S'adresser à g. de l'entrée, au concierge ou gardien du château (Castellan) ; 7 1/2 sgr.

de pourboire. — Le château renferme en outre la bibliothèque de la Société Léopoldo-Caroline d'histoire naturelle, et plusieurs laboratoires.

Autour du château s'étend le jardin botanique (ouvert au public le mardi et le vendredi, de 3 à 7 h.), riche en plantes rares, remarquablement entretenu , et dont les serres méritent une visite. Il est ouvert au public le mardi et le vendredi, de 3 à 7 h. — En face se trouve le lieu de réunion des séances ordinaires de Yacadémie agricole.

Le village de Poppelsdorf est dominé par le Kreuzberg (15 min.), colline haute de 233 met., et sur laquelle l'électeur Ferdinand a fait construire , en 1627 , à la place d'un ancien couvent de servites, une église qui y attire de nombreux pèlerins ; on y voit, dans la chapelle située derrière l'autel, Vescalier sacré en marbre de Carrare , bâti en 1725, par l'électeur Clément- Auguste. Cet escalier a 28 marches.

Il est en tout semblable à la Scala Santa de Rome, consacrée par les pas de Jésus-Christ quand il monta chez Pilate. On ne peut le monter qu'à genoux. Une autre curiosité de l'église du Kreuzberg c'est un caveau où se montraient encore, il y a peu d'années (cette exhibition n'a plus lieu) les momies, assez bien conservées, de vingt-cinq moines qui y ont été enterrés à diverses époques, de 1400 à 1713.

.V. B. — Du haut de la tour un

découvre un vaste et beau panorama.

En revenant du Kreuzberg à Bonn, on peut, en prenant à g. , au milieu de l'allée de Poppelsdorf, visiter le cimetière qui se trouve situé au delà du Sternenthor. Les principaux monuments sont ceux de l'historien Niebuhr (f 1831) , par Rauch; dupoëteA.Schlegel(-f-1845); de la veuve et du fils aîné de Schiller; des professeurs de l'université Hermès (f 1831) , Mackeldey (f 1834) , Autfusti (f 1841) , Hullmann (f 1846) , Delbrûck (f 1848) , Harless (f 1 853) ; de généraux prussiens , hessois , etc., d'étudiants tués en duel, etc.

Parmi les édifices publics de Bonn, le seul qui mérite d'être visité, c'est la cathédrale {Munster) , fondée, dit-on, par Hélène, la mère de Constantin le Grand, dont elle contient une statue de bronze assez médiocre, ornée de bas-reliefs en marbre. Elle fut bâtie en 1270 et restaurée en 1845. Elle est surmontée à ses deux extrémités de quatre tourelles à flèches aiguës, et au milieu, d'une tour plus élevée, construite sur le même modèle et d'un aspect disgracieux. Les parties les plus remarquables de l'édifice sont les fenêtres de la nef; la crypte et les cloîtres datent, dit-on , de 1157.

L'intérieur en est fort simple; on y remarque seulement deux bas-reliefs en marbre blanc, la Naissance du Christ et son Baptême par saint Jean, à dt. de l'autel.

Sur la place de la cathédrale, où se trouvent la poste et Yhôpital Saint-Égide, on a érigé, en 1845, une statue de bronze, à Beethoven (t 1827), qui est né à Bonn, en 1770, dans une maison de la Rhein- Gasse que l'on peut encore voir.

L'immortel compositeur est repré-

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senté debout, enveloppé d'un manteau, dans l'attitude de la méditation. Sur le piédestal, quatre basreliefs en médaillons figurent la musique dramatique, la musique religieuse, la fantaisie et la symphonie, entourées de leurs attributs.

L'inauguration a eu ljeu en présence du roi et de la reine de Prusse, de la reine d'Angleterre et du prince Albert de Saxe-Cobourg, son époux, ancien étudiant de l'université de Bonn. La statue est l'œuvre de Haehnel, de Dresde. — Bonn est aussi la patrie de Ferdinand Ries, né en 1784 et mort en 1838. — Enfin on a récemment élevé sur l'une des places de la ville une statue à l'antiquaire Winkelmann.

Les églises secondaires de Bonn n'ont rien d'intéressant (l'église de Saint-Reray possède pourtant un tableau de maître-autel par Spielberg, le Baptême de Clovts, et un bel orgue). La même observation s'applique aux autres édifices publics : hôtel de ville (place du Marché), théâtre y gymnase, hôpitaux, poste, etc. La place du Marché est ornée d'un obélisque (fontaine) élevé en 1777 à Mâximilien-Frédéric, «principi optimo , patri patriœ, etc. »

On jouit d'une belle vue, sur le Rhin et sa rive droite , du jardin situé à i'E. de la porte de Coblenz, et appelé Alter Zoll (ancienne douane).

Les environs de Bonn offrent de nombreuses promenades. Outre le Kreuzberg, décrit ci-dessus, on peut aller au Venusberg (belle vue), à Kessenich, joli v. situé entre Poppelsdorf et Dottendorf, à Roisdorf (F.R.39), àBrùhl(F.R. 39), etc.; mais les excursions que l'on fait de préférence sont celles de Godes-

berg, de la Rolandseck , du Siebengebirge, du Rœderberg, etc. (V.

ci-dessus).

De Bonn à Cologne, par le chemin de fer, R. 39.

Au delà de Bonn, les bords du Rhin n'ont plus rien de pittoresque.

On laisse :

Dr. Schwarsrheindorf , v. dont l'église double, c'est-à-dire composée de deux parties superposées, fut consacrée en 1151 par l'archevêque de Cologne, Arnold de Wied.

Elle est entièrement de style roman, mais n'intéressera que les architectes et les antiquaires. Un peu audessous de ce v., la Sieg se jette dans le Rhin. On aperçoit au loin (3 h. environ) la petite ville de Siegburg.

G. Grau-Rheindorf , en face de l'Ile de Graupenwerth ;

Dr. Mondorf, près de l'ancienne embouchure de la Sieg;

G. lier sel et Uedorf, en face de Kheidt (dr.), Widdigt Urfeld, en face de Nieder-Cassel;

Dr. Lùlsdorf, v. prés duquel on voit encore les ruines d'un vieux château ;

G. 06eret Nieder Wesseling , où le Rhin décrit une forte courbe;

Dr. Langelf en face de Godorf (g.) , puis Ober et Nieder Zûndorf, presque en face de Sùrdt et de Weiss; Porz; Ensen; Westhofen, en face de Rodenkircheng. Après avoir dépassé ces villages, la route continue de suivre pendant quelque temps le cours du Rhin ; bientôt on voit se dresser sur la rive g.

du fleuve les tours pittoresques, les murailles et les clochers de Cologne (V. R. 42).

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