ANDERNACH
grande ruine, ouvrant mélancoliquement à tous les rayons de soleil ou de lune les baies de ses croisées défoncées; et la cour d'armes de ce logis de guerre est envahie par un beau gazon vert, où les femmes de la ville font blanchir Tété la toile qu'elles ont filée l'hiver. » Il ne reste aucun vestige du palais des rois austrasiens , que Venantius Fortunatus a décrit, dans son voyage poétique sur les berds du Rhin, en 562. Ce palais était probablement situé sur le bord du Rhin, près d'une vieille porte, le Rheinthor, qui date peut-être de la domination romaine.
Andernach possède une belle église paroissiale, bâtie au commencement du xiii- s. (le chœur, la tour septentrionale et la partie inférieure de la tour méridionale doivent dater du Xe s.). Ses quatre clochers byzantins attirent de loin les regards. Le portail méridional , ses bas-reliefs, ses chapiteaux et les ornements de la façade occidentale, intéresseront les amateurs.
Le chœur a été décoré de peintures en 1856. L'empereur Valentinien II (?) et un enfant de Frédéric Barberousse y ont été, dit-on, enterrés. « Un beau Christ au tombeau, en ronde bosse, figure de grandeur naturelle, du xv« s.; un chevalier du xvi#, en demi-relief, adossé au mur; dans un grenier, un tas de figurines coloriées, en albâtre gris, débris d'un mausolée quelconque, mais admirable, de la Renaissance; c'est là tout ce que le sonneur a pu me faire voir. » (V. Hugo.) — L'autre église d'Andernach, édifice gothique du xiv- s. , fait aujourd'hui partie du gymnase. Elle renferme des fresques de l'an 1732. — A 700 pas
env. de l'église paroissiale, sur le Kirchberg, se trouvait le cimetière des légions romaines. On voit encore çà et là des cercueils en pierre, notamment dans le chemin creux qui conduit à Laach. Ce sont les xxi* et xxii" légions (la Rapax et la Primigenia) , qui , avec les cohortes Ticinensis et Âsturiensis , campaient à Antenacum. Ce lieu était alors la résidence d'un préfet militaire (pr&fectus militum).
Sous Vhôtel de ville, on peut aller visiter le Judenbad, qui n'a jamais été, quoi qu'en aient dit certains antiquaires, un bain romain. Il n'a plus servi depuis 1596, époque à laquelle les juifs ont été expulsés de la ville. — Nous signalerons enfin quelques restes d'un ancien calvaire sculpté.
Il se fait à Andernach un commerce considérable de tuf volcanique (on en fabrique des pierres meulières qui s'exportent en Angleterre, en Russie et jusque dans l'Inde et de trass ou ciment , que fournissent les carrières de Brohl et de Kruft. Le tuf, extrait des carrières qui se trouvent près de Niedermendig (F R. 40), est une espèce de lave basaltique qui sert à fabriquer, outre des pierres meulières, des bornes de routes ou de portes. Les Romains l'employaient déjà aux mêmes usages.
A une faible distance d'Andernach, à dr. de la route, sont les .
ruines de V abbaye de Saint- Thomas, couvent de femmes incendié en 1795 et transformé en tannerie et en asile d'aliénés. La chapelle de Saint-Michel, qui y est attenante et qui a été bâtie en 1129, se fait remarquer par son architecture.
D'Andernach on peut aller visiter : le Tœnnisstein (F. R. 40 ) ;
le château d'Elz (2 h. environ (V.
R. 35); et (2 h.) rabbaye de Laach (V. R. 40).
Au-dessous d'Andernach , les montagnes des deux rives se rapprochent et forment une étroite vallée dont le Rhin remplit presque toute la largeur. Dans ce beau défilé, qui depuis longtemps attirait les regards à l'horizon, on remarque successivement :
Dr. L eûtes dnrf, v. situé en face d'une île où se trouve un moulin :
G. Namedy, dont l'église date du xv« s.; les rochers basaltiques et boisés, appelés Kreuzbornerlei, et — dominé par un volcan éteint appelé le Fornicher ou Wegbûhler Kopf — le v. de Fornich, avec sa chapelle bâtie en 1369;
Dr. Les ruines du château de Hammerstein, qui couronnent un rocher escarpé et noirâtre. Bâti probablement vers la fin du xe s. , ce château servit en 1105 de retraite à Henri IV, poursuivi par ses fils. Charles IV le donna en 1374 à Parchevêque de Trêves. Dans la guerre de Trente ans les Suédois, puis les Espagnols et l'électeur de Cologne, s'en emparèrent; peu de temps après la paix de Westphalie, en 1660, l'archevêque de Cologne en demanda et en obtint la démolition. Vers le pied du rocher son; les v. d'Ober et de Niederhammersfet'n, où l'on récolte un bon vin. A 1 h. 1/2, à l'E. , sur le plateau appelé Marsfeld, où l'on a trouvé des antiquités romaines, on peut voir encore des débris du Pfahlgraben (V. Wiesbade, R. 27).
G. Brohl i.hôt. : chez Nonn), v.
de 800 hab. , situé à l'embouchure du Brohlbach, qui descend d'une jolie vallée rocheuse et boisée (F.
On aperçoit à g. des entrepôts de tuf de Tœnnisstein dont le ciment imperméable est surtout employé en Hollande.
Dr. Rheinbrohl, ham. En face se montre Nippes , ham. (g.) dominé par le clocher d'une belle église ogivale, bâtie en grès gris par l'architecte Statz et terminée en 1855.
G. Rheineck, château construit en 1832 par Lassa ulx pour M. Bethmann-Hollweg, qui fut depuis ministre de l'instruction publique en Prusse. Il remplace un ancien château détruit en 1689 par les Français, en 1692 par les soldats de l'électeur de Cologne, incendié en 1785, et dont il ne reste qu'une tour carrée de 22 mèt. On obtient, moyennant un pourboire de 7 1/2 sgr. . la permission de visiter l'intérieur du château actuel, qui est richement meublé et dont la chapelle est ornée de fresques (1838-1840), parSteinle de Vienne, et d'un crucifix en marbre, par Achtermann.
Parmi les tableaux on remarque celui de Begas, Henri IV à Canossa.
Des jardins, ouverts à tous les promeneurs, on découvre une vue magnifique sur le cours du Rhin, d'Andemach aux Sept-Montagnes.
Ces jardins renferment une belle copie en bronze de Y Enfant en prière ou Adorante , sculpture antique dont l'original est à Berlin.
Un sentier monte au Rheineck du côté de l'E., mais la route de voitures fait un détour au N. et à l'O., et domine le v. Thaï Rheineck, situé dans la jolie vallée du Pfingstbach;
Dr. Hœnningen , beau v. , derrière lequel s'élève l'ancien château des princes de Leyen, appelé Arenfelt, appartenant aujourd'hui au comte Westerholt. M. de Lorch y a fait ajouter, en 1846, de nouvelles con-
[R. 38] RHEINEGK. — SINZIG. — LINZ.
st ru et ions, entre autres uue grosse tour ronde qui a coûté, dit-on, près de 80000 thaï. Cette tour contient une précieuse collection d'armes antiques. Le parc offre de beaux points de vue.
G. Niederbreisig , b. de 1200 hab., en deçà duquel on remarque quelques débris d'une maison de Templiers. Au delà, la route de terre et le chemin de fer s'éloignent du Rhin, dont ils ne se rapprochent qu'à Remagen (V, ci -dessous); la plaine basse, fertile, comprise entre la route et le fleuve, s'appelle le mille doré (die goldene Meile). Dans ce trajet, la route traverse Sinzig (hôt. Stem), V. de 2000 hab. env., située à 30 min. du fleuve, à peu de distance de la rive dr. de l'Ahr; c'est le Sentiacum des Romains.
Ses église paroissiale, du Zlll" S. , offre un curieux échantillon du style de transition qui, cessant d'être byzantin, n'est pas encore ogival. On y voit une momie appelée le Sanct-Vogt, que les Français avaient emportée à Paris, et quelques vieux tableaux de l'école de Cologne; mais le tableau d'autel , attribué à Israël de Meckenen, et habilement restauré en 1855, mérite seul d'attirer l'attention.* — L'église neuve que l'on aperçoit plus loin est d'un style lourd et tourmenté.— Le petit château gothique construit en 1858 par M. Bunge, d'Anvers , occupe , dit-on , l'emplacement d'un ancien palais impérial. — D'après une antique tradition , ce serait à Sinzig que Constantin aurait vu luire dans le ciel la croix lumineuse qui le convertit au christianisme. L'impératrice Hélène avait fait bâtir sur le Mont Sainte-Hélène, au S. de la ville , une chapelle transformée plus tard en un cou-
vent de Minorités, et dont l'emplacement est occupé aujourd'hui par une belle maison de campagne.
Ariendorf, Leubsdorf, Datienberg , et son château en ruine, se font voir sur la rive dr. , en deçà de
Linz (hôt. : Nassauer Bofy Rheinischer Hof) , V. industrielle de 3000 hab. environ , très-animée à l'époque des vendanges, et entourée de murailles de basalte. Elle fut prise, en 1475, par Charles le Téméraire, en 1632, par les Suédois, en 1688, parles Français. La tour, que l'on remarque près de la porte du Rhin, a été bâtie en 1365, par l'archevêque de Cologne, pour contraindre au payement d'un péage les bateaux qui descendaient ou remontaient le Rhin, et pour défendre la ville contre les bourgeois d'Andernach, avec lesquels elle était en guerre perpétuelle.
L'église paroissiale (style byzantin , xin- s.) renferme quelques vieux monuments des familles du voisinage, et deux curieux tableaux en sept compartiments de l'ancienne école de Cologne (1463). L'un de ces tableaux a été restauré en 1850 par C. Mûller.
A l'E. de Linz, s'élève le Hummelsberg , sur lequel, en 1838, les habitants de la ville ont érigé une croix de fer de 23 mèt. 33 cent, de hauteur, en souvenir de la bataille de Leipsick. Plus près du Rhin, sur le Kaisersberg, une autre croix a été plantée en 1840, en commémoration de la bataille de la Belle- Alliance. Il est même question d'y élever une église gothique. On peut visiter dans les environs les curieuses carrières de basalte de Daltenberg (20 min. au-dessus de Linz, dans un vallon latéral) , et surtout celles du Minderberg. Cette der-
nière excursion, pour laquelle un guide n'est pas nécessaire, demande environ 6 h. , aller et retour. Le chemin, dit M. Baedeker (Rheinreise) y remonte la vallée à l'E. jusqu'à la Sternhùtte, mine de cuivre et d'alun, près de laquelle le prince de Salm-Kirburg a fait bâtir un château en 1846. Du pavillon de Renneberg, on découvre une belle vue.
On monte ensuite à g. et bientôt on aperçoit la carrière. Il s'en extrait des pierres pour les routes, les fortifications, les fondations des édifices publics, les bornes, etc. Une grande quantité s'exporte en Hollande. Les colonnes prismatiques de cette carrière sont une des principales curiosités volcaniques des bords du Rhin. Du reste, on découvre une belle vue au sommet du Minderberg, haut de 366 mèt. audessus du Rhin, et de 435 mèt. audessus de la mer. On peut revenir à Linz par le Kasbachthal.
En face de Linz, l'Ahr, qui descend de la curieuse vallée à laquelle elle a donné son nom (F. R.
41), se jette dans le Rhin (au fond se dresse la Landskron, R. 41). Un peu au-dessous de son embouchure est le petit v. de Kripp. Sur la rive dr. , on laisse , au-dessous de Linz .
Linierhausen , les ruines pittoresques du château d'Ockenfels, Kasbach, près de l'embouchure d'un ruisseau, etErpel, b. de 1000 hab., dominé par l'Erpelerlei, rocher de basalte, haut de 233 mèt. , dont les carrières sont très-productives, et que le travail humain est parvenu à transformer en un vignoble renommé. Les ceps sont plantés dans des paniers remplis de terre et habilement consolidés entre les crevasses et les trous naturels ou artificiels des rochers, afin que la pluie
ne les entraîne pas sur ces pentes trop abruptes.
Vis-à-vis d'Erpel , sur la rive g. , se trouve Remagen ( hôt. : Kœnig von Preusscn, Monjau, Fùrstenberg) , le Regiomagum des Romains.
V. de 1800 hab. , station du chemin de fer. La seule curiosité de cette ville, c'est la porte d'entrée du presbytère catholique , près de l'église; elle est ornée de sculptures de la fin du xt' siècle et semble être un débris du palais des rois francs.
Le mur occidental du cimetière remonte à l'époque gallo-romaine.
On a découvert à Remagen un grand nombre d'antiquités romaines, entre autres une pierre milliaire portant la date de l'année 162 avant Jésus-Christ.
DeRemagenàAhrweileretà Altenahr , R. 41.
Un peu au-dessous de Remagen s'élève, au haut d'une petite colline, l'Àpollinarisberg, église gothique que le comte de Furstenberg y a fait construire de 1838 à 1862, sous la direction de Zwirner, l'architecte de la cathédrale de Cologne. Cette église , éclairée par des fenêtres rondes , à l'exception du chœur, est ornée de belles fresques représentant des scènes de la Vie du Christ , de la Vie de la Vierge, de la Vie de saint Apollinaire et d'autres saints, par Deger, A. et D. Mûller, et Ittenbach. Dans la crypte on voit un sarcophage du xive siècle avec une statue moderne de saint Apollinaire, et dans la galerie voisine un crucifix en bois attribué à Veit Stoss (1448- 1542).
A côté de l'église se trouve un couvent de Franciscains, où sont déposées les clefs (entrée, en de-
[R. 38] NONNENWERTH.
LA ROLANDSEGK. 343
hors des heures d'offices ,21/2 sgr.).
— Sous les rochers qui supportent réglise, un mur de soutènement longe le Rhin. A la base de l'Apollinarisberg, on peut voir une pierre votive du temps de Trajan, bien conservée.
Au-dessous de Remagen, le Rhin décrit une courbe assez forte, et, dès que son cours devient moins sinueux, on aperçoit à g. la Rolandseck, et à dr. le Siebengebirge (F. ci-dessous). C'est l'un des plus beaux paysages du Rhin. Tout en l'admirant, on laisse à dr. Unkel (hôt. Clasen), v. d'env. 1000 hab., vis-à-vis duquel se dresse VUnkeU stein, colline composée de colonnes basaltiques et qui s'étend jusque dans le lit du Rhin, où elle a longtemps gêné le passage des radeaux, avant que les Français en eussent fait sauter la plus grande partie.
En 1846, une moitié de cette colline, le Birgeler Kopf, tomba pendant l'hiver sur la route, qu'elle exhaussa de plus de 13 mèt. Un peu plus loin , presque en face de Scheuern (16 min. d'Unkel) et de Rheinbreitbach , v. séparés l'un de l'autre par une distance de 15 min., la route de terre, taillée dans le roc, traverse Oberwinter ( hôt. :
chez Fasbender). Près de la Haanenburg se trouvent les mines de cuivre de Marienberg, et 30 min.
plus loin, vers le N., les mines de cuivre et de plomb de Virneberg. Sur la rive dr. s'étend une plaine fertile et bien abritée, où chaque année un grand nombre d'étrangers viennent passer l'été. De nombreuses maisons de campagne y ont été bâties. Des hôtels et des maisons meublées y ont aussi été construits, surtout à (45 min. de Rheinbreitbach). Honnef (hôt. :
Klein, veuve Tillmann), et à (lô min. de Honnef) Rhœndorf (hôt. Beul), village situé également sur la rive dr., à 20 min. de Kœnigswinter. On y remarque, entre autres belles villas, celle de M. Essing, de Cologne. — N. B. On peut descendre à Rhœndorf pour monter au Drachenfels.
Entre les villages de Honnef et de Rhœndorf, se dresse, sur la rive g.
du Rhin, la Rolandseck. Au milieu du fleuve, s'étend l'île charmante de Rolandswerth ou Nonnenwerth, sur laquelle on remarque les bAtiments d'un couvent de nonnes. Fondé au xu" siècle , plusieurs fois incendié , épargné en 1808, à la sollicitation de l'impératrice Joséphine, qui obtint que ses religieuses y finiraient leurs jours, vendu en 1822 par l'Etat, transformé en auberge, ce couvent a été racheté, il y a peu d'années, par une corporation religieuse (des Ursulines), qui y a établi une maison d'éducation. L'île de Nonnenwerth est séparée d'une autre plus petite, Grafenwerth , par un bras du Rhin, dont le courant rapide s'appelle Gottes Hùlfe, assistance de Dieu, parce que les rameurs qui le descendent peuvent laisser reposer leurs rames.
La Rolandseck est un rocher basaltique qui s'élève (g.) de 116 mèt.
environ au-dessus du Rhin. A sa base, se trouve le hameau du même nom (hôt. : Roland, établissement hydrothérapique); Billau, Groyen).
A son sommet se dresse une tour gothique, que M. de Rath y a fait construire en 1847, et d'où l'on découvre une vue magnifique. Ce rocher porte aussi les ruines d'un château (un seul arceau) détruit dans les luttes de l'archevêque de Cologne
Rupert et de Charles le Téméraire avec l'empereur Frédéric III. D'après la tradition, ce château aurait été bâti par Roland, le fameux paladin; mais la légende suivante contredit cette tradition qui paraît d'autant moins digne de foi, que pendant longtemps le château s'est appelé Rulcheseck , et le couvent de l'île Rulcheswerth.
Un soir, le neveu de Charlemagne, surpris par la nuit, demanda l'hospitalité à la porte d'un château. Le maître du lieu avait une fille nommée Hildegonde. Roland en devint amoureux ; elle partagea sa passion , et ils se promirent de s'épouser, dès qu'il serait de retour d'une expédition où il devait suivre son oncle contre les infidèles. La guerre fut longue; mais Hildegonde attendit patiemment l'arrivée de son fiancé qui , de son côté, ne l'oubliait pas. Un jour, un chevalier arriva au château de son père, porteur d'une triste nouvelle:
Roland avait péri victime de son courage. Hildegonde, au désespoir, demanda à son père la permission d aller finir ses jours dans un couvent, et, trois mois après, elle prononçait des vœux éternels. Mais, le lendemain du jour où elle avait pris l'engagement sacré, Roland anivait au château, guéri de ses blessures que l'on avait crues mortelles, et plus amoureux que jamais. A peine eut-il appris la triste vérité, que, renonçant au monde et à ses grandeurs, il fonda un ermitage sur la montagne appelée aujourd'hui Rolandseck. Là, du moins , il pouvait voir à toute heure le couvent de Frauenwerth, qu'habitait sa bien-aimée. Deux années s'écoulèrent ainsi. Un matin il vit creuser une fosse dans le ci-
metière du couvent. Troublé par un funeste pressentiment, il se hâte de descendre à Frauenwerth , où il apprend la mort de sa bien-aimée.
Après lui avoir rendu les derniers devoirs, il remonte dans son ermitage , et le lendemain on l'y trouve mort, les yeux fixés sur le couvent.
Cette légende a inspiré à Schiller sa belle ballade du chevalier Toggenburg; mais, comme on sait, l'action se passe en Suisse, entre un frère et une sœur.
En face de la Rolandseck, on remarque, sur la rive dr. du Rhin, la Lœwenburg(F. ci-dessous) ; mais c'est surtout le Drachenfels , qui attire l'attention. La plupart des touristes désireux d'en faire l'ascension et d'explorer les Sept-Montapnes débarquent (rive dr. ) à Kœnigswinter (hôt. : Europœxscher Hof, Berliner Hof, Dùsseldorfer Hof, Rieffel, Drachenfels), V. de '2200 hab. , où l'on trouve des ânes et des guides.
Le Siebengebirge (les Sept-Montagnes) est un groupe isolé de collines volcaniques plutôt que de montagnes, qui se dresse sur la rive dr.
du Rhin, à peu près à moitié chemin entre Remagen et Bonn. En réalité , le nom n'est pas bien choisi , car il y a plus de sept sommités.
Celles auxquelles il doit son nom sont le Drachenfels, 334 mèL audessus de la mer (le Rhin est à 48 mèt. au-dessus de la mer, à la base du Drachenfels), la Wolhenburg, 330 mèt., le Lohrberg, 452 mèt., YOelberg, 489 mèt., la Lœwenburg , 47 1 mèt. , le Nonnenstromberg , arête longue de 300 pas, 345 mèt., et le Petersberg, 342 mèt. Ces sept montagnes ne se voient ensemble que dans les environs de Cologne;
[R. 38] LE SIEBENGEBIRGE .