LES MUSÉES
justice que l'électeur de Cologne portait à Francfort, lors du couronnement des empereurs, des sculptures sur ivoire, exécutées par le célèbre sculpteur Melchior Paul, de 1703 à 1733, la croix archiépiscopale, haute de 2 met. 33 cent,, une Paix d'or massif, etc. A côté de cette salle se trouve celle du chapitre, ornée des portraits de la plupart des archevêques, et vis-à-vis de laquelle on remarque l'entrée des prisons de l'inquisition, appelées trous de Saint-Pierre. — Le musée archiépiscopal d'objets d'art du moyen âge (côté S. de la cathédrale) possède une riche collection de vases sacrés, de peintures, d'ornements, de peintures sur bois, de manuscrits, de sculptures, etc. Nous signalerons surtout un autel portatif émaillé, provenant de l'église Sainte- Marie du Capitole.
Le Musée Wallraf-Richartz occupe, sur la place Richartz, pr'*s de l'église des Minorités, un édifice singulier, du style gothique, bâti sur les plans de l'architecte Felten, précédé d'un square et inauguré en 1861. La collection originaire a été léguée par le professeur Wallraf â sa ville natale et le nouveau bâtiment a été construit aux frais de M. Richartz; delà le double nom du Musée, ouvert au public le dimanche, de 10 h. à midi 1/2 et de 2 h. à 4 h. Le prix d'entrée est alors de 5 sgr.; les autres jours il faut payer 10 sgr. < e musée renferme une galerie de peintures, une collection d'antiquités romaines, un cabinet de bronzes et de médailles, une collection de sculptures et d'objets d'art du moyen âge et de la Renaissance et les collections Boisserée et Ramboux.
Au rez-de-chaussée, à droite de
la porte d'entrée, trois salles contiennent les antiquités romaines, achetées pour la plus grande partie à Gaetano Giorgino, en 1817. On remarque surtout : une Méduse , Jupiter Ammon, Junon, des bustes d'empereurs et de généraux, Caton, Brutus, Crassus, Germanicus, Agrippine, Cléopatre, Vitellius, Vespasien, Titus; en tout, 24 statues ou fragments de statues et 31 têtes ou bustes ; 14 autels avec bas-reliefs ; 41 pierres votives; 66 débris de sarcophages et de pierres tumulaires, 18 inscriptions tronquées ou effacées en partie et divers restes de colonnes, de socles, de tuiles, etc.
Une quatrième salle est pavée de mosaïques, dont une fort remarquable ; les médailles et les bronzes remplissent deux salles de l'aile droite. Dans l'aile gauche se trouvent la salle des armures et autres objets curieux du moyen âge (entre autres une cuirasse de Jean de Wert et l'armure de Pévêque Bernard de Galen) , les salles de la société artistique de Cologne et la collection Ramboux. Dans les quatre couloirs qui entourent la cour sont réunis les différents morceaux de sculpture et d'architecture du moyen âge et de la Renaissance, les vitraux, vases, etc., de cette double époque; l'un de ces couloirs est consacré à la collection Boisserée.
Les fresques de la cage de l'escalier, dues au pinceau de Steinle, élève de Cornélius, représentent les traits principaux de l'histoire des Arts à Cologne, depuis les Romains jusqu'à la Renaissance. La grande salle où débouche l'escalier au premier étage est la salle de réception; à droite et à gauche de cette salle, trois chambres, dont deux faisant partie de la façade , sont occupées par l'école
flamande (323 tableaux); l'école italienne (109 tableaux) se trouve au retour d'équerre de l'aile droite; l'école allemande (53 tableaux) au retour d'équerre de l'aile gauche.
L'école italienne et l'école française (40 tableaux) se partagent la première salle de l'aile droite dont les autres sont encore inoccupées; la peinture moderne (26 tableaux) orne une salle située derrière l'une de celles qu'occupe l'école flamande, enfin l'aile gauche en entier appartient à la vieille école de Cologne (372 tableaux).
Les principales toiles de l'école de Cologne, la plupart sur fond d'or, sont : le Christ crucifié, Marie et les apôtres, de maître Guillaume; Marie et l'enfant Jésus, sainte Barbe et sainte Catherine , du même; le Jugement dernier (très-curieux), de maître Étienne (Stephan lothener); un Crucifiement, avec les larrons et beaucoup de figures. Celles de l'école allemande : un Wohlgemuth; cinq Albert Durer (surtout les Musiciens ambulants) , Jésus et saint Jean, de Cranach le Vieux, une douzaine de portraits de Holbein, une Mort de la Vierge par Schorecl, un Israël Yan Meckenen. — Les vieux maîtres de l'école flamande sont à peine représentés dans le musée.— Les principaux tableaux des autres maîtres sont : le Ravissement* de saint François, de Rubens; quatre Van Dyck; le Prométhée de Jordaens; un Memling; des paysans buvant dans une auberge, de David Teniers; un bel Albert Cuip; deux Adrien Brouwer;un Van Ostade; un Hondekœter.— L'école italienne est représentée par un paysage de Salvator Rasa; un Cimon, nourri par sa famille, de G. Réni; un portrait, du Titien; une Sainte-Famille, de Cor-
rège; deux têtes, de P. Véronèse; un homme qui lit, de Tintoret. — On remarque parmi les tableaux modernes : une cour de couvent, par la neige, de Lessing; le prince Eugène à Belgrade , de Camphausen; un paysage, de Van der Eycken; une ville hollandaise, dénoter, et l'Album de Caspar Scheuren, contenant 26 tableaux représentant' les plus beaux paysages et les principales villes de la Prusse rhénane.
V église des Jésuites ou de V Assomption , située derrière le musée Wallraf , date de 1636. Comme toutes les églises bâties par cet ordre, elle est surchargée d'ornements. On doit une mention particulière aux bas-reliefs et aux arabesques de la table de communion (chef-d'œuvre d'un Jésuite), à la chaire et au maître-autel. Les cloches de cette église ont été fondues avec les canons pris par Tilly à Magdebourg, et dont ce général fit présent. Elle possède la crosse de saint François-Xavier, apôtre des Indes, et le rosaire d'Ignace de Loyola. Le vestibule du séminaire (près de l'église des Jésuites) est orné d'un beau monument en marbre, élevé à la mémoire du commandeur de Tordre Teutonique, de Reuschenberg (f 1603).
Entre l'église des Jésuites et le port de sûreté , mais près du quai du Rhin , se trouve l'église de Saint Gunibert , commencée et consacrée en 1248 par l'archevêque Conrad. Elle occupe la place d'une église bâtie, en 633, par l'archevêque dont elle porte le nom. C'est un édifice roman, dont quelques parties seulement appartiennent au style ogival. Sa petite porte latérale offre un heureux mélange de l'art oriental et de la forme gothique. La
façade a été restaurée. Les deux tours postérieures (style roman) étaient autrefois plus élevées. La tour principale, tombée en ruine, a été rebâtie en 1830 dans le style ogival; elle n'a d'autre mérite que d'être grande; les vitraux et l'intérieur de l'abside, les plus anciens qu'il y ait à Cologne (xin* s.) , excitent l'admiration des connaisseurs.
On y remarque aussi plusieurs petits tableaux sur bois, de l'ancienne école allemande. Le chœur a été décoré de peintures médiocres par Welter.
A peu de distance de l'église des Jésuites, en remontant la place qui sépare la Marcellen - Strasse de l'Eigelstein Strasse et la rue qui s'ouvre à dr. , on arrive à Yéglise de Sainte-Ursule. L'époque de sa construction est inconnue. L'empereur Henri II, surnommé le Saint, passe pour l'avoir déjà restaurée. Le bas côté et la tour, qui est surmontée d'une couronne, sont des constructions modernes, laides et sans style. L'intérieur est en luimême peu intéressant. On y voit, à g. du chœur, le tombeau de sainte Ursule (1658), sa statue en albâtre sur un socle de marbre noir, avec une colombe à ses pieds. Les reliques de ses compagnes, enfermées dans des reliquaires dorés , tapissent les murs de la salle du trésor et une partie de ceux de l'église.
Au-dessus de vieux fonts baptismaux , contre un pilier, près de l'orgue, une curieuse sculpture en pierre représente Jésus portant sa croix. Dans le trésor on remarque encore : la châsse en argent contenant les reliques de sainte Ursule; le reliquaire en cuivre de sainte Barbe : un coffret en ivoire sculpté du xiv- s., etc.
D'après la légende, sainte Ursule, fille d'un roi d'Angleterre, fit, en compagnie de 11000 vierges, le pèlerinage de Rome. Elle revenait dans son pays en descendant le Rhin, lorsqu'elle fut arrêtée à Cologne par les Huns, qui la massacrèrent avec toutes ses compagnes sans exception, parce qu'elles refusèrent de violer, en faveur de ces barbares, leur vœu de chasteté. Cette légende est représentée dans une série de tableaux plus que médiocres placés contre le mur, à dr. de l'entrée. A g. du portail méridional, on remarque dix vieux tableaux peints sur ardoise, et représentant les apôtres. Un de ces tableaux porte la date de 1224. En face de l'entrée latérale sont trois statues en pierre, peintes et dorées.
En allant de l'église Sainte-Ursule à l'église Saint-Géréon , on peut visiter (V. le plan), à dr. , la nouvelle Maison de détention (Arresthaus), bâtie en 1838 d'après le système cellulaire. A g. , se trouvent le théâtre, incendié en 1859 par la foudre et. actuellement en voie de reconstruction; le Palais de justice (Appellhof) , bâti en 1824, et
assez semblable à une gare de marchandises ; à dr. , le Palais du Gouvernement ou de la Régence (Regierungsgebaeude ) . construit en 1830 par Biercher, puis encore à g.
V arsenal (Zeughaus) qui date de 1601. Saccagé du temps de la domination française . l'arsenal contient actuellement peu d'objets curieux. Ses fondations reposent sur l'ancien mur de la ville, de construction romaine. A peu de distance on voit la partie inférieure d'une vieille tour d'origine romaine, le Clarenthurm, reconstruite en partie sous les Franks,
et qui formait de ce côté la limite de la ville. Enfin, dans la rue conduisant à Saint - Géréon , entre la maison de détention et le palais de la Régence, s'élève le palais épiscopal, autrefois l'hôtel Zuydwick, simple maison entourée d'un jardin. On a élevé en 1858, devant l'archevêché, sous les arbres de la rue Saint-Géréon, un pilier gothique portant les statues de la Vierge et des Prophètes, en mémoire de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception.
Le pjan du monument est dû à l'architecte Stalz, les sculptures sont de Fuchs, d'après les dessins de Steinle.
L'église de Saint-Géréon ou des martyrs de la légion thé bai ne est bâtie, selon la tradition, à l'endroit où en 286, sous Dioclétien, saint Géréon fut égorgé avec ses compagnons de la légion thébaine qui , à son exemple, aimèrent mieux mourir que de renier leur foi. L'impératrice Hélène avait élevé à la même place une basilique, remplacée au commencement du xiu* s.
(1212-1227) par l'église actuelle qui a été réparée en 1434 et en 1683. De la vieille basilique déjà rebâtie et consacrée en 1069 par l'archevêque Hanno, il ne reste probablement que le chœur, les cryptes et des fondations. Cette église, très-intéressante pour les architectes, est construite dans le style romain et se compose d'une grande salle décagone d'oil l'on monte, par un escalier élevé, dans un chœur long et rectangulaire, que termine une abside romane flanquée de deux tours carrées sans cloches et presque sans ouvertures.
L'architecture de la coupole présente un mélange harmonieux des styles byzantin, moresque et go-
thique. La sacristie, du style ogival, date probablement du xiv* s. L'intérieur de l'édifice est assez curieux.
Sous le porche (on entre par les côtés), on remarque des pierres tombales, en face de Jésus en croix entre les deux saintes femmes. Des cercueils en pierre, encastrés dans les parois de la nef, renferment les ossements des martyrs dont les crânes sont déposés dans des châsses rococo . placées sur de vieilles tapisseries ; de chaque côté du chœur on a récemment découvert dans Saint- Géréon des restes d'anciennes peintures murales. La crypte renferme quelques sculptures du xiv* s. dont l'exécution est remarquable.
N. B. Le sacristain ouvre l'église pour 1 à 3 personnes, moyennant 10 sgr.
De l'église Saint-Géréon à l'église des Apôtres la distance est courte.
Commencée en 1020, achevée en 1035, incendiée en 1098 et 1199, rebâtie en partie dans les premières années du xiii* s., l'église des Apôtres ne peut manquer d'intéresser les architectes et les antiquaires. Le chœur, le transsept oriental, la coupole octogone, les deux petites tours, la partie inférieure de la nef et la grande tour, sont des débris de la première construction; le transsept occidental et la partie supérieure de la nef datent au contraire du XW* s. Ses trois absides ou coupoles semi-circulaires, partagées en deux étages de cintres, surmontées par une petite galerie byzantine, et adossant leurs combles à trois hauts frontons, ses deux tourelles, son dôme octogone, couronné d'une lanterne, son clocher, transporté sur le frontispice, donnent à cette église un aspect tout particulier qui rappelle
Sainte-Sophie de Constantinople.
• Je ne connais rien de plus riche et de plus harmonieux, dit M. Alfred Darcel (Excursion artistique en Allemagne), que l'ensemble de ces constructions circulaires, carrées, polygonales, toutes percées d'arcatures à jour et de fenêtres, tout ornées d'arcatures aveugles à leurs différents étages, sur les absides, sur les tours, sur les pignons, à la base du dôme central et au lanternon qui le surmonte. » On remarque à l'intérieur une Assomption de la Vierge, par Hùlsmann; le Martyre de sainte Catherine, par Pottgiesser, et un saint Michel, très-médiocre, par Mengelberg (1839).
Près du Neumarkt , à l'extrémité occidentale duquel s'élève l'église des Apôtres, se trouvent groupés des casernes d'infanterie, la poste, la banque royale et le Krankenhaus (hôpital), achevé en 1846 (entrée dans l'après-midi pour 5 sgr.).
A l'E. du Krankenhaus, V église Saint-Pierre, presque contiguë à V église Sainte- Cécile, dont la construction remonte à l'an 1200, renferme le beau tableau, (le Crucifiement de saint Pierre) que Rubens peignit pour celte église, où il avait été baptisé en 1577. Ce tableau, qui orne le maître-autel de marbre construit en 1524, avait été transporté à Paris, en 1794. Il a été rendu à la Prusse en 1814. Dans l'intervalle on l'avait remplacé par une copie. Pour voir l'original il faut payer 15 sgr. au sacristain,, qui exige 5 sgr. en sus si Ton veut voir aussi les peintures de Lucas de I.eyde et d'autres maîtres de l'ancienne école allemande, peintures dont un vieil autel en bois sculpté avait été décoré. — N. B. Les vitraux de couleur de Saint-Pierre méritent
une mention; ils datent de 1528- 1530, et représentent : le Christ portant sa croix, la Crucifixion, la Descente de croix.
En descendant de l'église Saint- Pierre à Sainte-Marie du Capitole par la Sternen Strasse, on passe devant la maison Ibach ou Jabach (n° 10), où, suivant une tradition contestée, Rubens naquit en 1577, et où mourut Marie de Médicis, le 3 juillet 1642. Le médaillon de Rubens (ouvrage moderne) orne le dessus de la porte d'entrée. Une inscription placée sur cette porte dit que Marie de Médicis avait fait beaucoup de présents à la ville , mais que l'impétueuse révolution les a, en grande partie, dispersés.' Des documents récemment découverts par M. Backhuisen Van der Brinck, archiviste de la Haye, établissent, dit-on, que Rubens est né à Siegen, dans le duché de Nassau.
Santa Maria di Capitolio, la plus ancienne des églises de Cologne, est ainsi appelée parce qu'elle occupe l'emplacement du Capitole des Romains. Elle a été construite en 700 par Plectrude, épouse de Pépin d'Héristal et mère de Charles Martel, qui fonda à côté un couvent de chanoinesses. « Si Ton ajoutait foi aux traditions vulgaires, le chœur, que l'on voit encore aujourd'hui dans cette église , serait contemporain des commencements de la race carlovingienne. Cette opinion est démentie par la tombe même de Plectrude, dont l'effigie sépulcrale, sculptée dans un style étranger à tout le reste de la construction, n'a pu être encastrée qu'à une époque assez récente dans le mur extérieur de l'abside. » L'édifice actuel, du style roman, doit avoir été bâti en grande partie vers l'an 1000. Il
a été restauré en 1818 (le portail et le chœur en 1850), et orné de vitraux de couleur. L'abside, bien qu'ancienne, a été souvent remaniée. Outre le tombeau de sa fondatrice, Sainte-Marie du Capitole possède un tableau d'autel attribué à Albert Durer. Ce tableau, peint en 1521, et placé dans une chapelle à g. du chœur, représente d'un côté la Mort de la Vierge, et «Je l'autre la Dispersion des Apôtres. Le portail intérieur du même côté est orné de curieuses sculptures sur bois du xi« s. Dans la chapelle opposée — la chapelle de Hardenrath — on remarque d'antiques peintures murales par Israël de Meckenen. On y voit encore un Miracle de saint Martin par Lebrun, les portraits du bourgmestre Hardenrath et de sa femme par Geldorr, mort en 1618 à Cologne, etc. Les bas- reliefs en pierre de la tribune de l'orgue, les pierres tombales placées sous cette tribune, ainsi que les vitraux de l'église méritent aussi de fixer l'attention du visiteur. La tour a été bâtie après 1637, l'ancienne s'étant écroulée cette année-là. Il ne reste aucun vestige du couvent, mais on voit encore quelques débris du cloître roman. — A côté de l'église, du côté du S. E., une arcade ogivale, récemment restaurée et ornée de peintures, forme l'entrée de la Kœnigs-Strasse.
Les autres églises de Cologne qui peuvent intéresser les antiquaires sont :
Le Grand-Saint-Martin (près du port libre), consacré en 1172. Sa haute tour est du commencement du xvie s. Elle devait être primitivement flanquée de quatre autres tours, dont la troisième a été terminée il y a peu de temps; la
quatrième manque encore. Ses absides romanes sont d'un bel effet.
A l'intérieur on voit des fonts baptismaux du vin» s. donnés par le pape Léon III (à g. de l'entrée); des sculptures modernes exécutées par Hoffmann, ornent les autels latéraux; enfin, dans la nef du N.
on remarque deux tableaux, une Mise en croix, par Du Bois et une Scène de la Passion, par Honthorst.
La chaire est moderne et peu remarquable.
Saint-Vantaléon (près de l'ancien embarcadère du chemin de fer de Bonn). Sa fondation date de 670.
En 950, l'archevêque Bruno, frère de l'empereur Othon le Grand, fit rebâtir cette église et l'abbaye du môme nom avec les pierres du pont jeté par Constantin sur le Rhin. (V.
ci-dessus.) On voit devant le chœur la tombe de ce prélat. A dr. du maître-autel est celle de l'impératrice Théophanie, épouse d'Othon II; à g., celle du comte Hermann de Zûtphen, abbé du couvent (toutes deux du siècle dernier). La belle sculpture gothique que l'on remarque au-dessous de l'orgue a été restaurée. Depuis 1819, cette église, dont la majeure partie date de 1622, est devenue le temple de la garnison protestante. Le porche n'est pas beau, mais les trois absides offrent un certain intérêt.
Saint- Georges y bâtie de 1060 à 1074. Le chœur, plus élevé que la nef, ne renferme aucune décoration remarquable. On y voit une crypte et un baptistère de 1200.
Uéglise des Minorités (Minoritenstrasse), édifice gothique du milieu du xiii* s., récemment réparé par le conseiller de commerce Richartz, le même qui a fait construire le nouveau Musée. Cette église ren-
ferme le tombeau de Duns Scott (f 1308).
Uéglise de Santa if aria in Lyskirchen (près du Rhin) , où l'on voit un tableau de Beckenkamp, représentant l'Ensevelissement du Christ, copie d'un ancien tableau de J. Mabuse.
Uéglise Saint- André (nef romane, chœur ogival) renferme un bel autel gothique sculpté par Statz, et le reliquaire d'Albert le Grand, châsse dorée du xv* s.
Uéglise de Saint-Séverin (hors de la ville), bâtie au milieu du iw s.
par l'archevêque Séverin, mais reconstruite en grande partie du commencement du xr» s. au milieu du xv* s. et récemment restaurée à l'intérieur. Parmi ses tableaux, généralement sans valeur, on distingue une Cène de de Bruyn, peinte en 1536. Une peinture murale de maître Wilhau (dans la sacristie) est fort détériorée. Le clocher de Saint- Séverin attire de loin les regards.
Les autres édifices de Cologne qui méritent au moins l'honneur d'une mention, sont : 1° le Tempelhans (Rheingasse, n°8), ancienne maison de l'ordre des Templiers, bâtie à la fin du xii* s. ou au commencement du xiii*, et restaurée en 1840.
Elle sert actuellement de Bourse (à 3 h.) et de lieu de réunion pour la Chambre du commerce, la Société de navigation, etc.; — 2° la Nouvelle Synagogue , au S. du nouveau Musée, consacrée le 20 août 1861 ; — 3° la nouvelle église évangélique de la Trinité (1870) ; — 4° l'ancienne gare d'Aix-la-Chapelle qui, dit-on, doit être transformée en Ecole polytechnique aux frais du conseiller Richartz; — 5# le nouvel hôpital civil, comprenant l'hospice d^s aliénés, etc.
Collections particulières.
Parmi les collections particulières, on cite celles de MM. : le Dr Dormagen, Johannisstrasse (tableaux des peintres de Cologne);
— Haan; Eulogiusplatz (une Crucifixion de Lucas de Leyde); — Merlo, Un ter Fettenhennen (Madones de Van Eyck, Mabuse, Cranach, tableaux de Q. Messys, de Clappis (1M5), de B. von Orley, de Fra Bartolomeo, de Paul Veronèse, d'Andréa del Sarto, deL.Giordano, de Holbein , portraits de Rembrandt, Van derHelst, Maas, etc.);
— Oppenheim, Budengasse (tableaux de Velasquez, Van Eyck, Guerchin, Salvator Rosa); — Jos.
Essingh, Neumarkt (tableaux de Luini, Zuccaro, Paul Veronèse, Caravage, Albert Durer, Breughel, A. Van der Werf, etc.) ; — Weyer, Rothgerberbachstrasse, n° 1 (1526 toiles et dessins de : Rubens (Sainte- Famille), Durer, Holbein, Van Eyck, Van Dick, Rembrandt ,*&iorgione, Carrache, Messys, B. von Orley, Jordaens, Molenaer, Velasquez, Murillo, etc.; la plupart de ces tableaux sont attribués à tort ou à raison, mais un grand nombre sont très-remarquables), et celles de MM. Clam, Kerp , Kyll, Mme Schaffhausen, etc. — V exposition permanente des tableaux ( Glockengasse , 13, près de la poste), renferme un grand nombre de tableaux modernes des écoles de Berlin, Dûsseldorf, Munich et Bruxelles. Entrée : 5 sgr. — Autre exposition chez M. Tonger, Budensgasse.
Le gymnase des Jésuites, c'està dire le gymnase catholique, possède une des plus importantes bibliothèques de Cologne. Elle se
compose de 64000 volumes, parmi lesquels se trouvent près de 2000 incunables, 250 éditions des Aides, et une foule de précieux manuscrits.
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industrie et commerce.
Les principales branches d'industrie exploitées à Cologne sont :
le raffinage du sucre de betterave, la fabrication des étoffes de soie et de coton (1200 ouvriers); la construction des machines, à Bayenthal (650 ouvriers), la bonneterie, la chapellerie, la fabrication du tabac, de blanc de céruse et de la colle forte, la faïencerie, la broderie et la fabrication des dentelles, etc. ; la draperie, autrefois si importante, y est aujourd'hui réduite à quelques métiers. Il s'y fait aussi un commerce actif de fer et de houille. Mais, avant tout, Cologne doit sa réputation industrielle à Teau parfumée qui porte son nom, et qui y occupe vingt-quatre fabriques. Le descendant direct de Jean- Marie Farina, l'inventeur de cette eau si connue (1670-1680), demeure en face du Jûlichsplatz. Mais il existe à Cologne plus de vingt maisons du même nom. La fabrique de M. Zanoli (Hoch-Strasse) mérite aussi d'être recommandée. Une caisse de six flacons d'eau de Cologne coûte 2 th. 6 sgr.
Promenades et excursions.
Avant la construction du nouveau pont du chemin de fer, le pont de bateaux qui unit Cologne à Deutz était la promenade la plus fréquentée de la ville. Ce pont, soutenu par trente-neuf pontons, a 460 mètres environ de longueur.
On y jouit d'une très-belle vue. Le pont fixe, construit sous la direc-
tion de l'architecte Lolide, a été inauguré en 1859. Il repose sur trois piles et deux culées, et se continue dans Cologne par deux travées en fer jetées sur le quai ; là il se bifurque : l'un de ses bras, supporté par dix arches, mené à la place située derrière le Dom; l'autre, biais et courbe, et composé de seize arches en pierre et de deux grandes arches en fer, sur la rue, aboutit à la gare principale. Le tablier est formé de deux tubes, l'un pour les convois, l'autre pour les voitures et les piétons, ayant ensemble une largeur de 17 mèt.
Pour en rendre les abords plus faciles, on a détruit ce qui restait de l'ancienne enceinte romaine. Bientôt le pont fixe sera orné de deux statues équestres. Quant à celle de Frédéric-Guillaume III, par Blaeser et Dom, il est question de la placer sur le Neumarkt.
Deutz (hôt. : Bellevue, Prince- Charles) , la tête du pont de Cologne, le castrum Divitensium ou Tuilium des Romains, est une ville très-ancienne. Au dire de certains historiens, elle doit son origine à un château qu'y bâtit Constantin le Grand, et que l'archevêque Bruno fit détruire avec le pont de pierre, en 955, pour agrandir l'église et construire l'abbaye de Saint-Pantaléon. Pendant leurs démêlés avec la bourgeoisie de Cologne, les archevêques s'y fortifièrent. Détruite en 1370 par cette bourgeoisie victorieuse , reconstruite depuis , prise et saccagée en 1633 par les Suédois, elle s'est relevée peu à peu de ses ruines, mais elle n'a été fortifiée, de nouveau qu'en 1816. Le gouvernement prussien y a fait bâtir de grands ateliers d'artillerie. Son ancienne ab-
baye de Bénédictins, fondée en 1001 , est actuellement annexée à ces ateliers.
Deutz est très -fréquentée par les habitants de Cologne et par les étrangers qui visitent cette ville.
On va, surtout le soir, dans les jardins des hôtels Bellevue et 'du Prince-Charles , entendre de la musique en s'y rafraîchissant, et jouir de la belle vue sur le Rhin et sur Cologne. Parmi les édifices qui dominent ses maisons, on remarque, en portant le regard du S.
au N., le Bayenthurm, Saint-Séverin, Saint-Martin, Saint-Géréon , la cathédrale et Saint-Cunibert.
V église Saint-Héribert renferme une magnifique châsse émaillée, longue de 1 mèt. 45 cent, et qui, suivant M. Alfred Darcel, appartient à la première phase de l'émaillerie champlevée. Les principaux médaillons représentent des Prophètes, la Vierge entre deux anges, la légende de saint Héribert, etc.
Une industrie particulière à Deutz est celle de la peinture sur porcelaine. Le principal établissement de ce genre est celui de MM. Bruckmann et fils.
Dans le charmant village voisin de Kalk , une statue de la Vierge attire de nombreux pèlerins.
On peut aussi faire le tour des fortifications de Cologne, dont les glacis sont plantés de beaux arbres, en longeant le port de sûreté, près du village de Melaten, ou aller visiter le cimetière (30 min. du Hahnenthor sur la route d'Aix-la- Chapelle ; beaux monuments funéraires, belle vue), et la pépinière de la ville, près de la porte de Saint- Géréon.
La grande gare des marchandises doit être construite dans le voi-