‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 196 sur 219 · DE COLOGNE A AIX - LA - CHAPELLE · texte numérisé non relu

DE COLOGNE A AIX - LA - CHAPELLE

9 1/4 mil. — Chemin de fer rhénan (1843). Départs de la gare centrale située au N. de la cathédrale. 7 convois par jour Trajet en t h. 30 min. et en S h., pour 2 th. 15 sgr., 1 th. 25 sgr. et i th. 8 sgr.

N. B. Sur cette ligne, les voitures de -2e classe sont presque aussi peu confortables que celles des chemins de fer français.

Le chemin de fer traverse d'abord une partie de la ville, en laissant à g. une vieille tour ronde,

puis l'église Sainte- Ursule. Au delà des fortifications f il décrit une forte courbe; la ligne de Crefeld se détache à dr. A g. la cathédrale, la tour de Sainte-Ursule, la coupole de Saint-G^réon et les flèches de l'église des Apôtres attirent longtemps les regards. A dr. se montrent les ateliers de la Compagnie du chemin de fer rhénan, une grande fabrique de papiers peints et plusieurs autres établissements industriels, dans une plaine parsemée de nombreux villages. La ligne de Coblenz , par la rive g. du Rhin, s'embranche bientôt sur la g.

Au delà de Mùngersdorf, on laisse successivement à g. les villages de Junkersdorf, Buschbell, et Weyden, où ont été découverts un sarcophage romain et des bustes en marbre; à dr. Latvenich et Braunweiler, dont l'ancienne abbaye de Bénédictins, fondée au xiii» s. , est aujourd'hui transformée en une maison de correction. L'église romane de cette abbaye, surmontée d'une grande tour, renferme une curieuse pierre tumulaire ; la salle capitulaire est décorée de vieilles peintures murales.

Après avoir dépassé la station de Kœnigsdorf et traversé une profonde tranchée, on sort du bassin du Rhin par le tunnel de Kœnigsdorf (Stollen) , creusé sous la chaîne de collines appelée la Vill ; ce tunnel est long de 1666 mèt. , large de 8 mèt. ; haut de 8 mèt. 66 cent. ; sa voûte se trouve à 43 mèt. au-dessous du point culminant de la colline qu'il traverse.

La station de Horrem est située à l'autre extrémité du tunnel. On aperçoit ensuite à dr. les châteaux de Hemmersbach et de Frenz, puis on franchit l'Erft sur trois ponts. A g.

(R. 43] DÛREN. — ZÛLP1CH. — ESCHWEILER. 381

se trouve la petite ville , autrefois fortifiée, de Kerpen, à dr. Sindorf et Manheim, près d'une forêt appelée Bùrge et qui s'étend jusqu'à Juliers.

On s'arrête à Butr, puis, traversant de longues tranchées, on voit à g. Merzenich et à dr. Arnoldsweiler, dont l'église renferme les ossements de saint Arnold.

5 1/4 mil. Dûren (hôt. Bellevue), le Marcodurum de Tacite, V. manufacturière de 10 000 hab. (fabriques de draps et papeteries). L'an 70 de notre ère, Civilis y fut vaincu par Claude ; Charlemagne y séjourna souvent. En 1543, Charles-Quint, qui en faisait le siège avec 61 000 hommes, faillit être tué sous ses murs par un coup de fusil que lui tira l'un des assiégés. — Véglise Sainte- Anne, dont la haute tour gothique en grès rouge renferme un carillon, date du ir s. et possède la tète de sainte Anne (près du maître-autel) , un bel orgue et une chaire artistement sculptée. En 1856, une école des mines a été établie à Dûren.

L'ancien couvent des Capucins est occupé par le gymnase. Enfin il existe à Dûren un hospice pour les aveugles de toute la province rhénane.

[Une diligence va tous les jours en 2 b. 1/2, pour 15 sgr., de Duren à (2 1/2 mil.) , Zûlpich, V. de 1400 hab., dont les fonts baptismaux, conservés dans la crypte de son église, ont, dit-on, servi au baptême de Clovis, car ce fut dans cette ville, l'ancienne Tolbiac, que le roi des Franks se convertit au christianisme, après y avoir défait les Alemanni , en 496.J

La Roër franchie sur un pont de 5 arches, on traverse Dhorn, puis on

laisse à g. le château de Mérode (XUla s. ; collection de portraitsde famille), berceau de la célèbre famille belge de ce nom. Un comte de Mérode commandait un corps franc dans l'armée impériale pendant la guerre de Trente ans. Ses soldats se distinguaient par leur indiscipline, leurs habitudes de pillage, leur brutalité. On les appela les Merodeuner, d'où l'on fit plus tard le nom de maraudeurs. Le pays que l'on a traversé depuis Cologne est sans caractère. « C'est un pur et simple paysage picard ou tourangeau, une plaine verte ou blonde avec un orme tortu de temps en temps et quelque pâle rideau de peupliers au fond. » A g. les montagnes de l'Eifel apparaissent à l'horizon.

A Jùngersdorf, on pénètre dans une tranchée au sortir de laquelle on traverse la vallée de la Wehe sur un viaduc de sept arches. Plus loin , au delà d'une autre qui s'ouvre près deLangerwehe, v. agréablement situé sur des collines et connu par ses poteries, on découvre du haut d'un remblai élevé la vallée de l'Inde. A g. on aperçoit plusieurs villages, entre autres Gressenich (mines de fer, de plomb et de calamine exploitées depuis l'époque romaine) et Werth, patrie du célèbre général autrichien, Jean de Werth, mort en 1651. A dr. se montrent successivement les châteaux insignifiants de Nothberg et de Rœttger, au-dessus des villages du même nom.

7 1/2 mil. Eschweiler ( hôt.

Post), V. industrielle de 4000 hab. , possédant, outre des manufactures de fer, de laiton et des filatures de soie, un vieux château restauré dans l'ancien style et transformé en hôpital (1859).

On traverse un tunnel de 226 met. , creusé dans l'Ichenberg , puis l'Inde, avant d'atteindre le v. de Pwnipe, dont on voit fumer à g. les cheminées (machines à vapeur des houillères ou des forges). Les collines, les vallées, les champs et les forêts se succèdent rapidement.

Une station a été établie au moulin de Cambach , pour desservir 7 9/10 mil.) Stolberg (hôt : Hissel, Welter), V. industrielle de 4000 hab., située à dr. (30 min.), sur une hauteur, et dont un vieux château domine les nombreuses usines (fabriques de laiton, hauts fourneaux, verreries, houillères, fonderies d'étain, mines de zinc, d'argent, etc.) Stolberg a été fondée par des protestants français, après la révocation de l'édit de Nantes.

Au delà de Stolberg on traverse une forêt appelée le Reischbusch, puis le tunnel de Nirm, long de 766 mèt. On aperçoit ensuite sur la g. le château de Schœnforst (F.

R. 58) et le champ de courses, la Branderhaidc ; enfin on passe devant la Frankenburg, tour ruinée et couverte de lierre, contre laquelle a été construit un château plus moderne (1642). La Frankenburg fut une des résidences favorites de Charlemagne. Ce fut là que mourut son épouse Fastrada, dont iUfit ensevelir le cadavre dans un cercueil •de verre sur lequel il pleurait jour et nuit. L'évêque de Cologne disant un jour une messe pour la guérison de son maître, une voix descendue du ciel lui révéla que la cause du délire de Charlemagne était sous la langue de la femme morte. En effet , s'étant introduit dans la chambre où le cadavre était enfermé, l'évêque trouva sous la langue glacée et roide de Fastrada une pierre précieuse en-

châssée dans un petit anneau qu'il arracha en toute hâte. Dès lors, Charlemagne eut horreur de ce cadavre et reporta sa passion tout entière sur l'évêque de Cologne, possesseur de l'anneau magique. Le prélat résolut de se débarrasser de ce talisman, qui lui paraissait dangereux, et il alla le jeter dans le marais voisin. A dater de cette époque, Charlemagne préféra la ville d'Aix à toutes les autres villes de son empire; • rien ne lui plaisait plus, ajoute la légende racontée par Pétrarque, que son marais; il pre- .

nait le plus vif plaisir à s'asseoir sur ses bords, à se baigner dans ses eaux, à respirer ses exhalaisons, qu'il trouvait plus suaves que des parfums. »

Le chemin de fer franchit la vallée de la Worm sur le viaduc de Borcette (F. R. 44), long de 298 mèt. , composé de 15 petites arches et de 20 grandes, et ayant un double rang d'arcades dans la partie la plus profonde du Wormthal (24 mèt.). Ce beau viaduc dépassé, on s'arrête à la station de

9 1/4 mil. Aix-la-Chapelle (F.

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