‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 198 sur 219 · CAROLO MAGNO · texte numérisé non relu

CAROLO MAGNO

« Rien de plus choquant et de plus effronté que cette chapelle rococo, étalant ses grâces de courtisane autour de ce grand nom ca; lovingien. Des anges qui ressemblent à des amours, des palmes qui ressemblent à des panaches, des guirlandes de fleurs et des nœuds de ruban, voilà tout ce que

le goût Pompadour a mis sous le dôme d'Othon III, et sur la tombe de Charlemagne.

« La seule chose qui soit digne de l'homme et du lieu dans cette indécente chapelle, c'est une immense lampe circulaire à quarante-huit becs d'environ douze pieds de diamètre, donnée au xn* s.

par Barberousse à Charlemagne.

Cette lampe, qui est en cuivre et en argent doré, a la forme d'une couronne impériale ; elle est suspendue à la voûte, au-dessus de la lame de marbre noir, par une grosse chaîne de fer de quatrevingt-dix pieds de long.

« La lame noire a environ neuf pieds de long sur sept de large. »

Charlemagne n'est plus sous cette pierre. En 997 l'empereur Othon III fit ouvrir son tombeau.

On y trouva Charlemagne assis sur un trône de marhre recouvert de lames d'or, paré des ornements impériaux, l'épôe au côté, la couronne en tête, les Évangiles sur ses genoux : le sceptre et le bouclier étaient à ses pieds ; le manteau impérial recouvrait ses épaules, et la panetière de pèlerin, qu'il porta constamment dans ses voyages à Rome, était attachée à sa ceinture. Othon fit de nouveau sceller le tombeau après en avoir retiré les objets suivants : le trône, une croix d'or, la couronne, le sceptre, le globe, le livre des Évangiles et l'épée. Ces derniers objets, qui ont constamment servi depuis au sacre des empereurs d'Allemagne, étaient confiés à la garde de la ville d'Aix-la-Chapelle qui , à chaque sacre, nommait une députation chargée de porter les insignes de l'Empire au lieu du couronnement. Ils sont aujourd'hui

déposés à Vienne, sauf le trône (F. ci-dessous).

En 1165, Frédéric Barberousse voulut aussi voir les restes de Charlemagne et viola son tombeau.

L'archevêque de Cologne et l'évêque de Liège reçurent le corps, qui fut placé dans une chasse et exposé à la vénération des curieux.

Le trône de marbre, déposé dans une galerie, servit depuis aux couronnements (F.' ci-dessous). Quant au corps de Charlemagne, dont on montre à la sacristie des os ou des fragments d'os, on l'ensevelit dans un sarcophage de marbre de Paros (F. ci-dessous). On assure que tous les autres débris qui avaient disparu ont été découverts en 1847, et renfermés dans une châsse d'argent doré.

Les colonnes de marbre , de granit et de porphyre que Charlemagne avait fait venir de Ravenne et de l'Orient pour en orner la cathédrale, avaient été enlevées par les Français en 1794, et transportées à Paris. Restituées en 1815, elles ont été replacées en 1846, aux frais du roi de Prusse.

Les nouveaux vitraux, hauts de 9 mèt. . représentent le Couronnement et Y Assomption de la Vierge, d'après des dessins de Cornélius. Ils ont été donnés par Frédéric- Guillaume IV.

Quatre chapelles sont disposées autour de l'église, et en font partie : 1° la chapelle Saint-Nicolas (14 33) (beau crucifix en bois) , 2° la chapelle Hongroise , fondée en 1373 par Louis 1*', roi de Hongrie, restaurée en 1748- par l'impératrice Marie-Thérèse ; 3° la chapelle Saint-Michel (1543) ; 4° la chapelle Sainte-Anne (1449).

Le chœur, commencé en 1353,

AIX-LA-CHAPELLE

388 TRAINS DE PLAISIR DES BORDS DU RHIN. [R. <i4]

fini en 1413, mesure 38 met. de hauteur, 26 mèt. 66 cent, de longueur, et 13 mèt.33 cent, delargeur.

Il est éclairé par treize fenêtres de style gothique.

Les principales curiosités de la Chapelle , les grandes et les petites reliques, la chaire, le sarcophage et le trône de l'empereur ne se voient pas sans le payement préalable d'une somme assez forte fixée par un tarif. On paye, pour voiries petites reliques, 1 th. (de 1 à 8 personnes). S'adresser à la petite porte delà sacristie qui s'ouvre à l'entrée du chœur, à dr., sous la chaire; pour la chaire, le sarcophage et le trône, s'adresser au suisse (15 sgr. de 1 à 3 personnes).

Les grandes reliques sont exposées tous les sept ans. Dans l'intervalle, il n'est fait d'exception que pour les têtes couronnées. La dernière exposition a eu lieu dans l'été de 1860. Elles comprennent:

I. La robe que la sainte Vierge portait lors de la naissance de Jésus- Christ. Elle est de coton filé, d'une longueur de 1 mèt. 80 c — 2. Les langes qui enveloppèrent le Sauveur dans la crèche. — 3. Le drap sur lequel saint Jean a été décapité. — 4. La toile qui ceignit les reins du Sauveur sur la croix. — Ces reliques, que Charlemagne reçut d'Ivan, patriarche de Jérusalem, sont enveloppées de pièces de soie, que Ton découpe, lors de chaque exposition, pour en distribuer les morceaux aux personnes présentes.

Les petites reliques sont exposées à la contemplation des fidèles, chaque année, au jour de la Fête- Dieu. L'armoire qui contient les plus précieuses de ces reliques — ainsi que les grandes renfermées dans une châsse d'argent doré, longue de 1 mèt. 66 cent. , et haute de 1 mèt. ,

en forme de toit ou de vaisseau de cathédrale , « châsse du xn# s., que Frédéric Barberousse a donnée à l'église, » — cette armoire, disons-nous, cause, quand on l'ouvre , une sorte d'éblouissement, tant elle est resplendissante d'ornements. Les battants sont couverts , à l'intérieur , de peintures sur fond d'or, parmi lesquelles on remarque des panneaux peints évidemment par Albert Durer. Sur les tablettes, l'or et l'argent brillent sous mille formes; ce ne sont que châsses, soleils, calices, reliquaires, figurant autant de chapelles, de flèches et de cathédrales, auxquelles les saphirs, les émeraudes et les diamants tiennent lieu de vitraux. Les petites reliques sont :

1. La ceinture de Jésus-Christ en cuir; Charlemagne a scellé les deux extrémités de cette ceinture de son sceau, dont les empreintes sont très-bien conservées. — 2. Une partie des cordes dont Jésus-Christ fut lié. — 3. Un fragment de l'un des clous qui ont servi pour attacher Jésus-Christ à la croix. — 4. Une partie de l'éponge qui servit à le désaltérer. — 5. Une partie de la verge dont il fut frappé. — 6. Une ceinture de la sainte Vierge; elle est fort longue et légèrement rouge aux extrémités. - et La tète de saint Anastase. — 8. Le bras du grand prêtre Siméon, sur lequel il porta Jésus enfant. — 9. Du sang et des ossements de saint Étienne, martyr.

— 10. Un anneau de la chaîne que porta saint Pierre dans sa prison. — 11. De l'huile de sainte Catherine ; la légende rapporte que cette sainte fut enterrée par des anges sur le mont Sinaï, et que de son tombeau s'écoula une huile miraculeuse, dont l'emploi guérit un grand nombre de malades. — 12. Des cheveux de saint Jean-Baptiste et de saint Barthélémy. — 13. De la manne dont les Hébreux se nourrissaient dans le désert. — 14. Des fragments de la verge d'Aaron. — 15. Les trois reliques

AIX-LA-CHAPELLE

suspendues au col de Charlemagne dans son tombeau : un vase de cristal renfermant des cheveux de la sainte Vierge, son portrait peint par saint Luc, et un fragment de la vraie croix. — Charlemagne avait reçu une partie de ces reliques, en 799, de Jean, patriarche de Jérusalem, une autre partie lui fut envoyée, en 806, par Haroun-al-Raschid, qui lui fit don en même temps de Jérusalem et des saints lieux; enfin le reste lui fut adressé de Constantinople, ainsi qu'il l'a certifié lui-même dans un diplôme délivré à cet effet.

Outre ces reliques sacrées, on montre encore — sans supplément de prix— dans la sacristie, des reliques que l'on peut appeler profanes; ce sont : le crâne de Charlemagne, un fragment d'os de son bras ou de sa jambe y et son cor, énorme dent d'éléphant évidée et sculptée curieusement vers le gros bout. On y fait voir aussi la copie exacte en argent doré de la couronne germanique de Charlemagne.

La chaire, placée à l'angle du chœur —les verrières de couleur ont disparu de ce chœur, et la riche tombe d'Othon III, détruite en 1794, y est remplacée par une pierre plate — a tout l'aspect d'une chaire de village; « mais, dit encore M. V.

Hugo (le Rhin) , quand elle se débarrasse de sa hideuse chrysalide de bois roussàtre, elle vous apparaît subitement comme une splendide tour de vermeil. C'est un prodige de la ciselure et de l'orfèvrerie du xi* s., donnée par l'empereur Henri II à la Chapelle. Des ivoires byzantins profondément fouillés , une coupe de cristal de roche avec sa soucoupe, un onyx monstrueux de 9 pouces de long sont incrustés dans cette cuirasse d'or qui en toure le prêtre parlant au nom de Dieu , et dont la lame antérieure re-

présente Charlemagne portant la Chapelle d'Aix sur son bras. »

Le sarcophage de Charlemagne , enfermé actuellement dans une armoire, est un magnifique cercueil romain en marbre blanc de Paros, sur la face antérieure duquel est sculpté , du ciseau le plus magistral, l'enlèvement de Proserpine. « Ce bas-relief est un poème , » dit M. Victor Hugo.

Le fauteuil, le trône ou la chaise de Charlemagne se trouve maintenant dans la galerie qui forme le premier étage de la rotonde et qu'on appelle le Nochmùnster. Ce fauteuil bas, large, à dossier arrondi, formé le quatre lames de marbre blanc , nues et sans sculpture, assemblées par des chevrons de fer — des plaques d'or, couvertes de sculptures byzantines et conservées dans le trésor de la Chapelle, l'ornaient autrefois — a pour siège une planche de chêne recouverte d'un coussin de velours rouge. 11 est exhaussé sur six degrés dont deux sont de granit et quatre de marbre blanc. C'est sur ce fauteuil que Charlemagne resta 352 ans, de 814 à 1169, assis dans son tombeau, au haut d'une estrade en pierre; c'est sur ce fauteuil que trente-sept empereurs ont été couronnés — de Frédéric Barberousse à Ferdinand I".

Parmi les richesses du trésor, a il ne faut pas omettre, dit M. Alfred Darcel (Excursion artistique en Allemagne) , des reliquaires de toute forme du xv* et du xvi« s., un édifice byzantin en argent niellé, les plaques d'or repoussé qui garnissaient, dit-on, le trône sur lequel Charlemagne fut inhumé assis, mais que nous croyons plutôt avoir formé Yantependium d'un autel. »

On s'occupe actuellement de res-

taurer la cathédrale , les fonds (100000 th.) sont fournis par la société appelée Carlsverein et patronnée par le roi de Prusse.

Messe en musique, tous les dimanches à 10 h.

Tout près de la Chapelle, sur la place du Marché, s'élève l'Hôtel de ville (Rathhaus), édifice composé, comme la Chapelle, de cinq ou six constructions diverses. « Des deux côtés d'une sombre façade à fenêtres longues , étroites et rapprochées, qui date de Charles-Quint, se dressent, dit M. Victor Hugo, deux beffrois, l'un bas, rond, large et écrasé; l'autre, haut, svelte et quadrangulaire. Le second beffroi est une belle construction du xiv* s. Le premier est tout simplement la fameuse tour de Granus (le général romain qui passe pour le fondateur d'Aix-la-Chapelle) , qu'on a peine à reconnaître sous l'étrange clocher dont elle est coiffée.

Au bas de la façade se développe un vaste escalier, composé comme l'escalier de la cour du Cheval- Blanc à Fontainebleau. Vis-à-vis, au centre de la place, une fontaine de marbre, de la Renaissance, quelque peu retouchée et refaite par le xviii» s., supporte, au-dessus d'une large coupe d'airain, la statue de bronze de Charlemagne armé et couronné.

A dr. et à g. , deux autres fontaines plus petites portent à leur sommet deux aigles noirs effarouchés et terribles, à demi tournés vers le grave et tranquille empereur. C'est là, sur cet emplacement, dans cette tour romaine peut-être, qu'est né Charlemagne.»

L'intérieur de cet édifice, dont la restauration vient d'être achevée, mérite d'être visité. La grande salle du troisième étage, dite la salle impériale (pourboire 7 1/2 sgr.), a 54 mèt.

de long et 20 mèt. de large. Elle a été rétablie telle qu'elle était autrefois et ornée de fresques par Rethel et Kehren, représentant : VEntrée de Charlemagne à Pâme, la Bataille de Cordoue, la Prise d'/rmensul, le Tombeau de Charlemagne, par Rethel, et le Baptême de Witikind , le Couronnement de Charlemagne, le Sacre de Louis le Débonnaire , le Départ de Rome et la Fondation de la Chapelle par Joseph Kehren. Les statues en pierre (grandeur naturelle) de Charlemagne et des trente-sept empereurs couronnés à Aix-la-Chapelle sont placées sur des consoles.

A l'étage inférieur, dans la salle des délibérations du conseil municipal et des mariages, on peut voir aussi, outre un portrait de Charlemagne et les portraits des ambassadeurs qui assistèrent au congrès de 1748, ceux de Napoléon, par Boucher (1807), de l'impératrice Joséphine, par Lefebvre (1805), et de Frédéric- Guillaume III , par Hensel (1817). C'est dans la grande salle que se tinrent les congrès de 1748 et de 1818.

Devant l'hôtel de ville s'élève une fontaine (1620) surmontée d'une statue en bronze de Charlemagne que les Français avaient emportée à Paris.

L'église de Notre-Dame possède un tableau d'autel, copie de Rubens ; dans l'église des Franciscains, on voit quelques tableaux de Diepenbeck, élève de ce maître; dans celle de Saint-Michel, une Descente de croix, par Honthorst; à Saint- Léonard, une Nativité, par C. de Crayer. Parmi les autres édifices publics, on ne peut mentionner que :

I la halle au Blé (Kornhaus) , vieux Ibâtimentdu moyen âge, situé près

[R. 44] AIX-LA-CHAPELLE. 391

du dôme et orné des statues des Sept Électeurs (xii* s.); Vhôtel du Gouvernement, dans la cour duquel se voit un grand aérolithe, et ['hôpital (Krankenhaus) , terminé en

Aix-la-Chapelle possède plusieurs galeries de tableaux particulières.

Il faut citer surtout celle de M. Barthold Suermondt, précieuse collection d'environ 130 tableaux, appartenant pour la plupart aux écoles hollandaise (67 n0*), flamande (1 9 nM) et espagnole (25 nM). Il a paru à Aixla-Chapelle un catalogue (allemand) complet de cette belle collection, rédigé par le D' Waagen , directeur du musée de Berlin. M. W. Bûrj?er s'est chargé de le traduire en français, enlefaisantprécéderd'unesavante étude sur les principales toiles.

« La galerie de M. Barthold Suermont, dit-il, a deux caractères fort distinctifs : on y trouve une quan ti té d'oeuvres i n téressantes po u r l'histoire de l'art , et plusieurs œuvres d'une originalité fort exceptionnelle, qui passionne les vrais artistes.... Les espagnols viennent de la collection qu'un ancien ministre de Prusse à la cour d'Espagne, le colonel von Schepeler, avait formée à Madrid. Les autres tableaux ont été recueillis en Allemagne, en Belgique, en Hollande, en France, en Italie. Plusieurs ont passé dans des collections célèbres, depuis celle de la reine Christine de Suède, jusqu'à celles de lord Radstok et de lord Nortliwick, du baron de Mecklenburg et de M. Patureau.

Quelques-uns — et ce ne sont pas les moins attrayants — n'ont aucune tradition noble. Précieuse trouvaille d'un fin connaisseur. »

L'école hollandaise y est représentée par : J. Van Ravestein , Frans

Hais, Miereveldt, Van der Venne, Pierre Potter, le père du célèbre Paul Potter , Rembrandt (Rabbin ou plutôt Vieillard juif, tableau magnifique de couleur et de clairobscur, mais dans lequel on admire surtout , suivant M. W. Burger , l'ampleur et la puissance delà pratique); Fabritius, Pierre de Hooch, Albert Cuyp, Metsu, Wouwerman, J. Ruysdaël, Hobbema, etc., etc.

Breughel de Velours, Rubens (portrait d'homme ; esquisse en grisaille du célèbre Calvaire des Récollets d'Anvers; portrait de Philippe IV d'Espagne?); Van Dyck (le Christ mort ; les cinq Pécheurs-pénitents) ; David Teniers et quelques autres représentent l'école flamand*. Les espagnols sont : Morales, Velasquez (portrait d'Elisabeth de Bourbon, très-beau); Murillo (une Madone; un portrait d'homme ; saint Vincent Ferrieren extase); Zurbaran (Sainte- Famille), etc. Cranach le Vieux, pour les Allemands; un paysage de Salvator Rosa et une copie de Raphaël (Triomphe de Galatée), pour les Italiens; Valentin et Léopold Rohert, pour les Français, méritent encore d'être cités. — Enfin, outre les tableaux classés dans sa galerie, M. Suermondt possède une collection de dessins d'anciens maîtres (Rembrandt, Brower, Van Ostade, Terburg, Paul Potter, les Ruysdaël, Karel du Jardin, Van Dyck, etc.), et il se fait un plaisir de les montrer aux vrais connaisseurs.

Le Rurhaus ou Nouvelle Redoute) construit en 1782, dans la rué appelée Comphausbad , renferme des salles de jeu, un restaurant , un cabinet de lecture , la bibliothèque delà ville, une grande et belle salle de bal et de concert ; les jeux de hasard y ont été sup-

primés en octobre 1854. Derrière le Casino s'étend une promenade (Bend) , sur laquelle se trouve une fontaine d'eau minérale et où l'on fait de la musique tous les jours de 3 h.

à 4 h. 1/2. L'entrée des salons, du cabinet de lecture et de la bibliothèque n'est pas publique ; on paye :

Pour 1 jour, par personne, 4 sgr. ; pour 5 jours, 20 sgr.; pour 10 jours, 1 th.; pour 15 jours, 1 th. 10 sgr.; pour 30 jours, 2 th. 6 sgr.

N. B. — Il y a en outre des abonnements à prix réduits pour les familles.

Les abonnés peuvent venir aux bals parés, mais non aux concerts qui sont donnés à la Redoute. L'établissement, tenu avec soin, est ouvert de 10 h. du matin à 11 h. du soir; le cabinet de lecture, à 8 h.; la bibliothèque de la ville, de 11 h. à 1 h.

Les environs d'Aix-la-Chapelle offrent de nombreuses promenades.

Les plus fréquentées par les étrangers sont, outre les boulevards, celles du Louisberg et de Borcette.

Le Louisberg est une colline au N. d'Aix-la-Chapelle, haute de 67 mèt. environ et transformée en jardin en 1807. Des chemins faciles et ombragés, praticables aux voitures, conduisent en 15 min. & son sommet, d'où l'on découvre une jolie vue : au S. , sur la ville et le via duc du chemin de fer; au S. E., sur le Salvatorsberg, avec son église blanche, Trimborn, visitée par de nombreux pèlerins, les ruines de Schœnhorst, la route de Montjoie par Cornelimûnster et le Hohe Veen à l'horizon; à l'O. , sur le bois d'Aixla-Chapelle , le village hollandais de Vaels; au N., sur le Laurenzberg, le Vetschauerberg et son moulin à vent, le Bergerwald , et enfin à TE., sur un grand nombre de villages, le Reichswald et les plaines

fertiles du pays de Juliers. Au pied de la colline s'étend la vallée de Sœrs. — Un obélisque a été élevé au sommet du Louisberg en 1804, par les ingénieurs français pour leurs observations trigonométriques. A peu de distance de cet obélisque, a été construit un café-restaurant, le Belvédère.

On peut encore aller visiter : 1° la Carlshœhe (beau point de vue); 2° le joli jardin appelé Kaisersruhe ; 3° le Salvaiorsberg ; 4° le bois de chênes et de hêtres , nommé Bergersbuseh (le bois de Pauline); 5° le Eich, établissement de bains froids; 6° le château de Schœnhorst (45 min.) sur la route de Trêves; 7# la Frankenburg (15 min., route de Cologne, F. R.43); 8° Emmaburg, 1 h. 15 min. (R. 47) ; 9° la station de Ronheide (F. R. 47); 10° Trimborn (30 min.), petit bois où l'on voit une pierre romaine et un beau parc. La ruine artificielle à l'entrée du bosquet a été bâtie avec les matériaux d'une antique chapelle de l'époque carlovingienne; 11° le beau village hollandais de Vaels (1 h.), sur la route de #a«stric7tf; 12° Cornelimûnster , ancienne abbaye sur la route de Trêves .

Borcette, en allemand Burtscheid (hôt. : Carlsbad (bain de Charles), H osen bad ( bai n de la Rose), Schtoertbad (bain de l'Êpée) , est un bourg industriel d'environ 8000 hab. , situé au S. d'Aix-la-Chapelle, derrière le viaduc du chemin de fer de Cologne (F. ci-dessus); 10 min. suffisent pour s'y rendre. C'est une longue rue sur le penchant d'une colline très-rapide, où les maisons s'entassent et semblent se soutenir les unes les autres jusqu'au bas d'un vallon qui court de TE. à l'O., et qu'arrose le Warmebach. Il doit son

Page 1