SPA
meil, à provoquer des crises salutaires, « en un mot, dit un médecin, elles déterminent dans l'économie une transmutation intime qui retrempe nos organes et imprime à l'ensemble de nos fonctions une nouvelle activité. » On se baigne peu à Spa. Cependant il y a un établissement de bains , installé dans la maison du Dr Leezack, achetée à cet effet par la ville en 1859. Le traitement consiste le plus souvent à boire.
Les principaux édifices de Spa sont la Redoute, le Wauxhall et la salle Levoz : les autres ne méritent pas môme une mention.
La Redoute, située au centre de la ville, a été construite en 1769. Au rez-de-chaussée est un café-restaurant avec estaminet et billards. Une cour précède le théâtre. L'escalier, qui s'ouvre à dr. sous le vestibule, conduitau premier étage, où l'on remarque trois salons principaux. Un quatrième salon, construit depuis quelques années, ne le cède en rien aux précédents. La grande salle de bal, supportée par seize colonnes d'ordre corinthien, forme un carré long de 25 mèt. sur 14 mèt.
33 cent, de largeur. Chaque colonne a 7 mèt. 33 cent, de haut sur 65 cent, de diamètre. La salle de spectacle communique avec la salle de bal par un plancher mobile installé à cet effet les jours de bal.
Les autres salons sont occupés par les tables de jeif(la roulette et le trente et un).
On trouve à la Redoute un cabinet littéraire gratuit. 11 s'y donne aussi des concerts et des bals pour lesquels l'administration délivre gratuitement des cartes aux personnes qui en font la demande.
Le Wauxhall , beau bâtiment bien
situé, date de l'année 1770. Des fêtes y ont lieu pendant l'été. Un beau jardin l'entoure.
La salle Ijevos a été bâtie en 17 84. Son grand salon est le plus beau de Spa. Son jardin mérite une visite.
Un gymnase y est établi pour les enfants.
Les bois peints de Spa jouissent depuis longtemps d'une réputation méritée. On lit dans les Délices des Pays-Bas, ouvrage publié au milieu du siècle dernier, « que l'on travaille à Spa plusieurs ouvrages peints sur bois et vernis à la façon de la Chine , consistant en tabatières , boîtes de toutes formes, garnitures de toilettes et autres curiosités que les étrangers emportent chez eux en abondance. » On doit surtout cette industrie à Dagly, enfant de Spa, qui inventa, en 1713, un vernis à l'épreuve de l'eau et du feu . Plusieurs artistes se distinguent à Spa dans ce genre de peinture.
On évalue à 120000 fr. par an le produit des bois peints qu'ils livrent au commerce. Une nouvelle industrie s'est introduite récemment à Spa, à savoir la fabrication d'une liqueur déjà fort connue sous le nom d'élixir de Spa.
Les plaisirs de Spa sont variés.
Les salons s'ouvrent généralement dans la première quinzaine du mois de mai, et ne se ferment qu'à la fin du mois d'octobre. — Les fêles de la saison sont toujours inaugurées par un grand bal offert aux étrangers. — 11 y a de plus deux bals par semajne , le mercredi et le samedi , à la Redoute.
La salle de spectacle est ouverte pendant une partie de la saison ; on y joue, en français, la comédie et le vaudeville; les représentations ont lieu trois fois la semaine , le
mardi, le jeudi et le dimanche. La grande salle de la Redoute forme le foyer du théâtre.
Tous les soirs il y a réunion à la Redoute; des morceaux de musique d'harmonie sont exécutés par un orchestre nombreux et exercé; les jours où le bal et le concert laissent reposer les buveurs, on y danse au piano. Des cavalcades et d'autres distractions improvisées viennent aussi récréer les étrangers.
La musique d'harmonie se fait entendre toute la semaine, tantôt le matin, à la fontaine du Pouhon, tantôt après dîner, sous les beaux ombrages de la Promenade de Sept Heures. On nomme ainsi la magnifique avenue d'arbres séculaires qui s'étend de l'entrée de Yavenue du Marteau au pied de la montagne qui domine la ville.
Enfin , des courses de chevaux ont lieu chaque année à Spa dans la huitaine qui suit les courses d'Aixla-Chapelle. L'hippodrome est établi entre la Sauvenière et le Tonnelet.
Les promenades des environs de Spa sont très-nombreuses. Celles qui ne sont pas accessibles aux voitures se parcourent à cheval. On trouve toujours à louer d'excellents petits chevaux des Ardennes qui ont le pied sûr dans les sentiers des montagnes. Chaque cheval se paye 5 fr.
pour la journée, et de 2 fr. 50 c. à 3 fr. pour chaque course. Une voiture pour visiter toutes les sources coûte 7 fr. , si elle est à deux chevaux, et 5 fr., si elle n'a qu'un cheval ; une voiture à deux chevaux coûte, pour aller soit à la grotte de Remouchamps, soit à la cascade de Coo (F. ci-dessus), 20 fr., pourboire non compris.
« Pour bien connaître toutes les beautés de ces campagnes, dit
M. Jules J a ri in , il faut les découvrir une à une , fragments par fragments. Allez au hasard : la montagne est si admirablement percée, qu'elle vous mène sûrement à quelque bel endroit. » Les étrangers qui désirent des renseignements plus détaillés, pourront consulter le petit volume consacré spécialement à Spa et à ses environs K II nous suffira d'indiquer ici les noms et les distances des principales excursions que font d'ordinaire les touristes ou les baigneurs qui séjournent à Spa. Ce sont :
La promenade des Artistes , charmant ravin situé entre la Géronstère et la Sauvenière (2 h. aller et retour) ;
La montagne dite d'Annette et Lutrin , et qui domine Spa.
Les fontaines (F. ci-dessus).
La promenade de Meyerbeer, inaugurée en 1861 , et la plus belle peut-être de Spa; elle est située entre le Barisart et la Géronstère ;
La promenade de la Hudfanardy et la promenade de Reckheim, audessus du Marteau (1 h. 30 min. aller et retour) ;
La promenade forestière (2 h. 30 min. aller et retour);
Les ruines de Franchi mont (F. R.
Le vallon du Chaurion (de 2 h.
30 min. à 3 h.);
La grotte de Remouchamps (2 h.
1/2. Il faut y aller à cheval ou en voiture). Cette grotte est fort belle, mais mal ent^tenue et mal éclairée par les habitants du pays qui servent de guides. Le château de Montjardin, voisin de Remouchamps, offre une agréable promenade. On peut aller visiter, à 30 min., lechâ-
1. Spa et ses environs, itinéraire descriptif et historique, par AD. joanne.
Paris, L. Hachette et C'«.
HEHBESTHAL.
teau d'Emblève, dit des Quatre fils Ayraon, situé sur la pointe escarpée d'un rocher qui domine la rivière. Ce château fut habité au xiv- s. par Guillaume de la Marck, surnommé le Sanglier des Ardennes.
— N. B. Pour visiter la grotte on paye 1 fr. et quelques centimes par personne ;
Stavelot et la cascade de Coo (4 h. de Spa par la route de voitures, c'est-à-dire par Stavelot; 3 h.
à pied parla Géronstère, les Hautes- Fanges et Roanne). Le chemin est plus intéressant que la cascade eilemême, formée par une faible partie des eaux de l'Emblève, la masse principale allant contourner la base delà montagne, qui la force défaire un long détour. D'horribles mendiantes y jettent des chiens vivants dans l'espoir d'amuser les spectateurs. Cette affreuse population détruit tout le charme du paysage.
De Spa à Aix-la Chapelle, R. k5.