‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 208 sur 219 · R. 47] ANDENNE. — LE CHÂTEAU DE SAMSON · texte numérisé non relu

R. 47] ANDENNE. — LE CHÂTEAU DE SAMSON

derme, prise alors par les Liégeois, fut pillée et incendiée.

M. J. Borgnet raconte, dans son intéressant ouvrage sur le comté de Namur, un autre épisode de l'histoire d'Andenne , la fameuse guerre de la Vache : « En 1374, Guy de Dampierre avait fait annoncer des joutes à Andenne. Princes et seigneurs y accoururent en foule. Au nombre des vilains que la curiosité ou l'espoir du gain y avait attirés, se trouvait un paysan du hameau de Jallet; il y amenait une vache qu'il avait dérobée à un bourgeois de Cioey, nommé Rigaud de Corbion. Ce dernier reconnut sa vache et dénonça le délit à Jean de Halloy, bailli de Gondroz. Le voleur se trouvant à Andenne. et par conséquent hors de la juridiction du bailli, en fut tiré par un expédient peu délicat, mais jugé praticable à l'égard d'un manant : on lui promit la vie sauve, s'il consentait à ramener la vache à Ciney. Le malheureux paysan, confiant en la foi jurée, s'exécuta de bonne grâce; mais à peine eut-il mis le pied dans le Condroz, que Jean de Halloy le fit saisir et pendre. Jean, sire de Gosne et de Jallet, vit dans cet acte une atteinte portée à sa juridiction seigneuriale, et s'en vengea en ravageant les environs de Ciney. Le bailli usa de représailles, et brûla Jallet. La querelle s'envenima, et, de proche en proche, l'évéque de Liège, le comte de Namur, le duc de Brabant, le comte de Luxembourg et la comtesse de Flandre, sa mère, s'y virent successivement engagés. La guerre dura deux ans, causa la perte de plus de 15000 hommes, et valut les plus terribles désastres à quatre principautés. Enfin, le roi de France, choisi pour arbitre, décida

que toutes choses seraient remises sur le pied où elles se trouvaient avant la querelle. Digne fin de ces expéditions dévastatrices dont la cause avait été si futile 1 » La guerre de la Vache a trouvé son Homère, tout comme la guerre de Troie : V.

la Cinéide ou la Vache reconquise, poème en 24 chants, par Weyer de Streel; Bruxelles, 1855.

Andenne s'était relevée de ses ruines; mais au xv* s. la garnison de Huy la prit et l'incendia, pendant la guerre que soutinrent les Liégeois révoltés contre le duc de Bourgogne (1764). Elle répara ce nouveau désastre comme les précédents. En 1785, Joseph II réunit son célèbre chapitre de dames nobles ou chanoinesses à celui de l'abbaye de Moustier,dont la résidence fut fixée à Namur. Aujourd'hui Andenne est une ville industrielle. Elle possède des fabriques de briques réfractaires, de faïence, de pipes, des filatures de coton, une papeterie fondée par Cokerill,

Au delà d'Andenne, on remarque à g. le château de Seilles, construit avec les débris d'une métairie, dans le style du xve s. ; à dr. s'élève la tour romane de l'église de Seilles.

On traverse ensuite un tunnel de 235 mèt. , percé dans les rochers qui s'avancent jusque sur le bord de la Meuse, parsemée en cet endroit d'un grand nombre d'îles.

48 kil. Sclaigncux. station du v.

de Sclayn, situé sur la rive opposée.

51 kil. Namèche, v. de 500 hab., exploite d'importantes carrières de pierres calcaires. Le château de Samson, dont il reste à peine quelques vestiges dans ce village, occupait, selon la tradition, l'emplacement d'un temple de Mercure, près

duquel Jules César aurait fait élever une forteresse pour maintenir en respect les Éburons et les Aduatiques. Bâti au ixe ou au x* s., il fut réparé en 1203 par Philippe le Noble, marquis de Namur. En 1691, Charles II d'Espagne le fit démanteler.

— Au-dessous de ses derniers débris, s'ouvre une grotte d'un accès difficile : c'est le trou de la Biche. D'après la légende, la biche qui a donné son nom à cette grotte y garde un trésor et disparaît avec lui à l'approche des curieux.

On laisse à dr. le haut fourneau de Hainiau, presque en face des rochers de Samson , dont les excavations, comme celles des autres rochers que le chemin de fer a côtoyés jusque-là, ont de tout temps servi de refuge aux Nutons, petits êtres fantastiques, noirs, trapus, couverts de poils, et participant, selon la légende, de l'homme et de la divinité.

54 kil. Marche-Us-Dames , ancien v. où se réfugièrent, sous le règne d'Albert III, des femmes de Croisés, pour y attendre le retour de leurs maris. Celles qui restèrent veuves fondèrent dans le vallon voisin une abbaye qui embrassa d'abord la règle de Saint-Bernard et qu'occupèrent, au xv* s., des religieuses de l'ordre de Cîteaux. Le château de Marche- les- Dames, construit par un maître de forges, appartient actuellement au prince d'Aremberg.

Sur l'autre rive de la Meuse, se montre le joli château de Brumagne, au milieu des paysages les plus pittoresques des bords de la Meuse. Au pied des hauteurs boisées que couronne Erpent , se trouve Live.

Dans les rochers situés entre Live et Erpent, s'ouvre le trou des Lar-

rons , repaire jadis redouté des voyageurs.

Le chemin de fer laisse à g. le v.

de Beex et la Tête du Pré, passe au pied de Vermitage de Saint-Hubert, dont le dernier ermite mourut en 1815, et longe les Grands -Malades, ancienne léproserie dont l'église fut construite en 1153. Après avoir aperçu à dr. le v. de Bouges (400 hab.), dans lequel est mort don Juan d'Autriche, on pénètre, par la promenade appelée la Plante et la porte Saint-Nicolas, à

60 kil. Namur, en flamand Naemen (hôt. d'Harscamp, place de l'Ange ; de Belle Vue, rue de Bruxelles ; de Hollande, place du Spectacle et place de la Monnaie), V.

forte, de 25000 hab., située au confluent de la Meuse et de la Sambre , chef-lieu delà province et de l'arrondissement du même nom. Elle existait déjà au vu* s. sous le nom de Navinucum ou Namucum Castrum.

Après avoir fait partie de la Lotharingie, elle appartint à des comtes héréditaires dont le dernier, Jean III, vendit, en 1420, ses droits à Philippe le Bon, duc de Bourgogne.

Le mariage de Marie de Bourgogne avec l'archiduc Maximilien fit passer le comté de Namur, ainsi que les autres provinces belges, sous la domination de l'Autriche. En 1692 cette ville fut prise par Louis XIV, en 1 695 par Guillaume III d'Angleterre; en 1713 l'Autriche en obtint de nouveau la cession et la garda presque sans interruption jusqu'en 1792. De 1794 à 1814, ellefutle chef-lieu dudépartementdeSambre-et-Meuse. En 1815 elle devint le théâtre d'un combat sanglant entre les Prussiens et les Français commandés par le maréchal Grouchy. Le V* octobre 1830 la garnison hollandaise y capitula

NAMUR. — FLOREFFE.

après une courte lutte avec les habitants.

La citadelle, située sur un rocher inaccessible de plusieurs côtés, occupe l'emplacement de l'ancien châ teau des comtes de Namur.

Les principales curiosités de Namur sont : 1° la cathédrale , consacrée à saint Aubin, et bâtie de 1751 à 1767 ; on remarque surtout sa coupole élégante, décorée de pilastres corinthiens et surmontée d une gran de croix; l'intérieur, récemment restauré, est pavé en belles mosaïques de marbre noir et renferme, outre des copies de Van Dyck, de Rubens , des statues de marbre (saint Pierre et saint Paul; les quatre Évangélistes) , par Delvaux, et les monuments de l'évêque Pisani de la Gaude(| 1826) et de Don Juan d'Autriche, tué le 20 août 1578 sur le champ de bataille de Bouges;

2° Y église Saint-Loup, bâtie en

1745, parles Jésuites, dans le style de la Renaissance et reposant sur douze colonnes rustiques de marbre rouge. La voûte est couverte d'à rabesques variées, sculptées surplace; des tables de porphyre et des pilastres doriques en marbre noir décorent les murs du chœur ; le marbre du pavé est orné de dessins et les lambris des bas côtés sont ar tistement sculptés; — 3° Y église Notre-Dame, bâtie en 1756, et renfermant les tombes de Guillaume Ie' et Guillaume II , comtes de Namur. — Les autres édifices de Namur n'offrent absolument rien de remarquable {V. d'ailleurs, pour la description détaillée de cette ville, Yltinéraire de la Belgique par A. J.

Du Pays). — Du haut de la citadelle , que Ton ne peut visiter sans une permission du commandant, on jouit d'une belle vue. La principale bran-

che d'industrie de Namur est la coutellerie.

De Namur à Arlon, à Luxembourg et à Bruxelles, V. V Itinéraire de la Belgique, par A. J. Du Pays.

Page 1