BOURG
LlUrhfttr «t r*E«bt«rurm,P,ari»
'MHMW y.# orntUunimr
//.„.,., /„ifrt,„/ 44 (>UMr1tn ti^Jr I., P,»*"
y* ;,,//,. t/' trrtitv + - lltiigtM J 4 ' // filttvie 4H tr it tinl ,1, 'tui ttrui t?
v JIh<é*i^ Itt <<>, tirntr
' ># *! .1 IH. t. /. tt.'r,
'/ -.■".// i/r i'ii.-t i .
«i- /'*.ferw if I. i r, .
sr-rar . i * ':...„■■■ .«^ l'I.i, r ;u. t- -, >Âi /'(sur l'Iwmtij
• »* l'ItMt r JmtjtiêMM Hmê/f ijl Ptarr J hutfrtit\ 't) l'tmrr Mt Irm/ilr .
A» l'Uêfr r/u Httrt fie t!à /tn-r (l+mrrtt fit nhrf </<v Tannr*ir.t
tt$ tUt* jr niàp,ini i w
us Ah* .r*f:tu*tm-
ht' P/atv au h'nui 6 7 Mm%*fr'imf> *■</«/ T*tnit.' 6B .lijfarr
fïi) M*ftuw n hottratfr a f'ru*n 1 M faJér miaj / i-4trr.<
l*Tttiifjn» [{«Rvuauii, lit i.rttt >• p<t> l..nii M*\iii
u rj
iia •a:
:cj 2 *a* s : là
[R. 1] . STRASBOURG
manque pas d'esprit. Les hommes sont grands, robustes, bruns pour la plupart; ils ont le teint coloré, les traits prononcés. Les femmes ont une taille moyenne, des dents blanches, une belle chevelure. Le paysan, bien logé, bien nourri, se distingue par sa passion pour les chevaux ; la danse et la musique sont ses divertissements favoris; il a conservé fidèlement le costume national. A Strasbourg, on se réunit le soir dans les brasseries pour boire de la bière et fumer.
On peut dire de cette ville qu'elle est à son époque de transition : ce n'est pas encore une ville moderne ; ce n'est déjà plus tout à fait une ville de moyen âge; mais sa transformation s'opère lentement et ne sera pas de longtemps complète. Au reste, ce n'est pas sans intérêt que l'on parcourt ses rues étroites , où l'on rencontre quelques beaux bâtiments de la Renaissance, de jolies maisons en bois, élégamment sculptées, et môme de ces étranges habitations à étages saillants, qui se touchent presque par le sommet.
Strasbourg, en se métamorphosant, gagnera beaucoup sous le rapport hygiénique. On peut en juger déjà par les rues , largement aérées , bien éclairées, bordées de maisons commodes, qui ont remplacé de véritables ruelles aussi malsaines que sombres. L'administration municipale a droit surtout à la reconnaissance des piétons pour avoir introduit le trottoir en bitume dans une ville pavée jadis avec de vraies têtes de clous, aujourd'hui avec des cailloux du Rhin étêtés.
Les ponts, à l'exception de quelques-uns qui sont en fonte et d'une seule arche , n'ont de remarquable que leur nombre ; ils sont jetés sur
BORDS DO RHIN
les deux bras de LUI, qui, après avoir reçu les eaux de la Bruche, traverse, en se divisant, la ville, dont la plus grande partie se trouve ainsi former une Ile. A l'entrée de la rivière, une écluse, construite par Vauban, réunit les deux rives, et a pour destination de remplir, en temps de guerre, les fossés des fortifications. Plus loin, à l'endroit où l'Ill se sépare en deux bras , celui de droite forme quatre canaux sur lesquels sont jetés des ponts, autrefois couverts, qui faisaient partie de l'enceinte de la ville. Les tours dont ils étaient flanqués ont été conservées, et donnent à ce quartier un certain caractère de tristesse. Le bras gauche de 1111 est canalisé et va joindre le Rhin à 1 kil. de la ville. Un autre canal joignant l'Ill au Rhin traverse le canton E. , près de la citadelle, et se jette dans le bras droit de la rivière, un peu aii-dessus du pont Saint- Guillaume. Le canal de la Marne se joint à celui du Rhin à 1 kil. de la ville.
Établissements militaires.
Place forte de lrt cl., Strasbourg présente un formidable système de défense, composé d'une enceinte bastionnée à double rempart, de deux ouvrages à cornes, de plusieurs autres ouvrages extérieurs et d'une citadelle. Celle-ci , construite par Vauban , sur le côté oriental de la ville , est liée à la place par deux communications; elle forme un pentagone , et se compose de cinq bastions et de cinq demi-lunes.
Les casernes sont de solides édifices en pierre, ayant de belles cours en partie plantées d'arbres; elles peuvent, avec la citadelle, loger 10 000 hommes et 1500 chevaux.
L'arsenal, l'un des plus grands de
France, comprend des magasins, des hangars, des chantiers de construction, situés sur les deux côtés de l'avenue de la citadelle. On compte dans les magasins d'armes 200 000 fusils, 10 000 pistolets, 70 000 sabres , 2000 cuirasses , 20 000 lances, un grand nombre de bouches à feu, outre celles qui sont nécessaires à l'armement des fortifications et de la citadelle. ,
La fonderie de canons mise en régie militaire depuis 1825, possède :
1 fourneau rond à réverbère de 26 400 kilog. ; un second de 15 000 kilog., et un troisième de 2000 kilog.; 2 fourneaux longs accouplés, dits à l'anglaise, de 4000 kilog. chacun; 1 fourneau à manche pour l'exploitation des terres, des moules et scories, et plusieurs fourneaux à creusets; 5 bancs de forerie, etc. Avec ces moyens, elle peut exécuter annuellement, à raison de douze heures de travail par jour, une commande de 300 bouches à feu de tout calibre.
On entre dans la place de Strasbourg par sept portes. Elles n'ont en général rien de remarquable, au point de vue de l'art. La porte Nationale, autrefois porte Blanche, reconstruite au xv- siècle, se compose d'une tour intérieure dont la porte est surmontée d'une énorme gueule de lion en meurtrière et d'une tour extérieure. On trouva, du côté de cette porte, en 1568, dans un lieu qui avait servi de cimetière, à 3 ou 4 mèt. de profondeur, vingt sarcophages de pierre, renfermant des lampes, des plats, des coupes, des écuelles, des fioles, des vases de terre et de verre. Auprès des sarcophages étaient plus de cent urnes contenant des cendres. — La porte de Pierre fait par-
tie de l'enceinte depuis 1394. — La tour de la porte de Saverne remonte à 1349.
Les tours de ces portes étaient des tours d'observation.
Histoire.
La date de l'origine de Strasbourg est inconnue. Cette ville, au !•* siècle de l'ère chrétienne, était occupée par les Triboques, peuple germanique ; elle faisait partie du district des Médiomatriciens, et s'appelait Argentorat, d'un mot celtique qui signifie : ville à l'endroit où l'on passe l'eau. Ce nom lui venait sans doute de sa position sur l'IU et du voisinage du Rhin. Conquise par César, elle fut fortifiée par Drusus, et devint une place importante. Il s'y établit alors de célèbres manufactures d'armes. Pillée par les Allemands, elle fut délivrée en 357 par Julien, qui battit la tribu germanique et fit prisonnier son roi Chrodomaire. En 407 , elle fut ravagée par les Alains et les Vandales, auxquels succédèrent les Francs, qui s'y établirent et y apportèrent leurs lois et leurs coutumes. L'Alsace ayant été envahie par Attila en 451, Argentorat n'échappa' point à la fureur des Huns. Vers la fin du même siècle, la province et la cité, envahies de nouveau, tombaient au pouvoir des Allemands. Mais ceux-ci , vaincus à Tolbiac, se soumettent à Clovis, et Argentorat , devenue une ville franque, ne tarde pas à prendre le nom de Strateburg, Stratisbourg, Strasburg. Fortifiée, rebâtie par Clovis et par ses successeurs, la ville de Strasbourg fait partie du royaume d'Austrasie ; les rois y élèvent des palais et viennent y séjourner quelquefois.
STRASBOURG
Quoique l'on donne à l'évêché de Strasbourg une origine plus ancienne, il n'est guère possible d'en parler avant 673, époque vers laquelle Dagobert II fit diverses donations à l'évêque saint Arbogast.
Vers la fin du vin* siècle , Charlemagne accorde de nouveaux privilèges à cet évêché, qui voit s'augmenter sa richesse et son importance.
La ville se développe et s'enrichit par le commerce considérable qu'elle fait avec les Frisons et les peuples maritimes.
Philippe de Souabe avait reconnu Strasbourg ville libre immédiate de l'Empire, et Frédéric II, en confirmant cette reconnaissance en 1205, porta un coup fatal à la puissance épiscopale. Walther de Géroldseck, évêque en 1260, entreprend de relever ce pouvoir abattu. Une guerre intestine s'allume. Les bourgeois détruisent le château épiscopal de Haldenburg; Walther met la ville en interdit. Quelques prêtres seulement restent dans Strasbourg, ayant à leur tête le chantre du chapitre , Henri de Géroldseck. L'évêque rassemble une armée ; la ville forme une alliance avec Rodolphe de Habsbourg , et demande du renfort à Colmar etàBâle. Une bataille s'engage près de Hausbergen ; les Strasbourgeois sont vainqueurs; Walther meurt de chagrin; il est remplacé par Henri de Géroldseck, qui fait droit à toutes les réclamations des habitants. A partir de ce moment, Strasbourg est un État souverain, une ville libre où l'évêque conserve seulement les droits de péage et de monnaie.
Les querelles de religion, les divisions de l'empire, les dissensions intestines plongent Strasbourg dans une sorte d'anarchie, pendant la
fin du xni" s. et une partie du xiv-. A cette époque, la ville contenait trois classes d'habitants : les chevaliers, les bourgeois , les artisans.
Le Sénat n'était choisi que dans les deux premières classes, et le Conseil, composé de 24 membres, était pris uniquement dans la première.
Mais, le 20 mai 1332, à la suite d'une rixe entre les Zorn et les Miilnheim , deux partis qui s'étaient formés dans la noblesse, les bourgeois alarmés s'emparèrent de la garde et de l'administration de la ville; la grande bannière, le sceau, les clefs des portes sont remis entre leurs mains. Une nouvelle constitution est établie. La troisième classe, jusqu'alors exclue du conseil, s'y introduit, y domine : sur 47 membres, 25 sont artisans. Les principes essentiels de cette constitution sont si solidement fondés, qu'ils restent en vigueur jusqu'à la Révolution française.
Pendant près d'un siècle et demi , l'histoire de la ville de Strasbourg n'offre qu'une série de sombres tableaux. La peste noire la dépeuple.
Les compagnies franches la dévastent. Les empereurs restreignent, suppriment et confirment tour à tour ses privilèges. Les dissensions intérieures la déchirent. Les guerres de l'Empire l'épuisent. Des bandes formées d'Anglais et des débris de la faction des Armagnacs s'abattent sur son territoire qu'elles ravagent.
Cependant la puissante cité ne succombe pas. Elle se fortifie , s'embellit; elle achète des seigneuries et des villages; elle élève le plus beau monument de la fin du moyen âge, sa cathédrale ; elle produit l'imprimerie; elle grandit en importance politique ; enfin elle achève, en 1482, sa constitution populaire,
si heureusement commencée 150ans auparavant. Alors se produit un fait immense, auquel Strasbourg va prendre une part active : la Réforme. Une confession particulière est signée par les villes de Strasbourg, Constance, Lindau, Memmingen, et présentée à la diète d'Augsbourg. Strasbourg entre dans la ligue de Schmalkalde, et se ménage l'amitié de François l,r. La paix de 1555 lui assure définitivement la conquête de sa liberté religieuse. Au commencement du xvii» s. , cette ville fait partie de l'union évangélique, que forme l'Église protestante menacée. La guerre éclate, désastreuse pour l'Alsace.
Strasbourg, amoindrie par le traité de Westphalie , n'a plus assez de force pour faire respecter sa neutralité ; ses portes s'ouvrent devant une armée de Louis XIV. La capitulation lui garantit sa liberté religieuse et ses institutions. Vauban y construit de nouvelles fortifications et une citadelle. Dès lors cette cité partage les destinées de la France, et son histoire se perd dans celle de notre pays.
Strasbourg a produit une foule d'illustrations dont quelques-unes sont moins connues en France que de l'autre côté du Rhin : Jean SchefTer, professeur d'éloquence et de politique, puis bibliothécaire de l'université à Upsal, sous la reine Christine; Ulrich Obrecht, que Bossuet appelait un abrégé de toutes les sciences et un homme de tous les peuples; le savant médecin Lobstein: l'historien Lorentz ; l'antiquaire Oberlin ; Nicolas Wurmser, peintre de l'empereur Charles IV; Weyler, peintre en émail au cabinet de Louis XVI; Kléber; Keilermann, duc de Valmy , maréchal de
France; les généraux de Cœhorn, tué à Leipzig, Barbier , Beurmann; le ministre Humann, etc.
Places. — Statues.
La place Gutenberg , anciennement Marché aux herbes, doit son nom actuel à la statue de Gutenberg, par David d'Angers, inaugurée en 1840. L'inventeur de l'imprimerie a été représenté par l'artiste au moment où il vient de retirer de sa presse une feuille sur laquelle on lit ces mots : a Et la lumière fut 1 • La statue, en bronze, repose sur un piédestal en grés, orné de bas-reliefs allégoriques.
La plus grande place de Strasbourg est la place Kléber, autrefois des Cordeliers. Le couvent de cet ordre religieux, et une tour flanquée de tourelles, qui contenait le trésor et les archives de la ville, ont été remplacés en 1767 et 1768 par le vaste hôtel que Tétat-major occupe aujourd'hui en partie. Au milieu de la place, sur un piédestal orné de bas-reliefs et d'inscriptions, se dresse fièrement la statue de Kléber , en bronze, par M. Philippe Grass. Le général est représenté au moment où, avant la bataille d'Héliopolis, sommé de se rendre par l'amiral anglais, il dit à son armée : « Soldats, on ne répond à une telle insolence que par des victoires; préparez-vous à combattre 1 » Sous le monument est un caveau où furent déposés, en 1838, les restes de Kléber, qui , vingt ans auparavant, avaient été transportés du château d'If, près de Marseille, à la cathédrale de Strasbourg.
A dr. du théâtre, en sortant de la place Broglie, près du mur du jardin de la préfecture , se trouve la statue en bronze, par Philippe Grass,