‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 29 sur 219 · R. 1] STRAS · texte numérisé non relu

R. 1] STRAS

de l'ancien préfet du Bas-Rhin, M. le marquis de Lezay-Marnesia.

Édifices religieux.

La Cathédrale occupe l'emplacement d'une église bâtie en terre et en bois par Clovis, reconstruite avec une grande magnificence par Pépin et Charlemagne , détruite par la foudre en 1007, réédifiée par Pévêque "Wernher, et de nouveau dévastée par l'incendie dans le xii* s. Le style gothique fut alors adopté pour la reconstruction qui marcha très- lentement. On achevait, le 7 septembre 1275, la partie du milieu des voûtes supérieures, à l'exception des tours de devant.

L'évêque Conrad de Lichtenberg confia la suite de cet immense travail à mallre Erwin de Steinbach, le premier des architectes de ce temps. Après avoir achevé la nef en 1275, Erwin commença l'érection des tours qui devaient être semblables et avoir une élévation de 594 pieds. Conrad en posa la première pierre, le 25 mai 1277. Erwin dirigea les travaux jusqu'en 1318, époque de sa mort. Son œuvre, continuée jusqu'en 1339 par son fils Jean, passa ensuite sous la direction de différents maîtres. La tour méridionale fut arrêtée à la plateforme terminée en 1365 La tour du Nord, seule achevée , n'atteignit point la hauteur primitivement déterminée; on ne lui donna que 437 pieds. Jean Hultz de Cologne, appelé pour finir l'édifice, posa en 1439 la dernière pierre de la flèche.

Celle-ci ayant été brisée par la foudre en 1654, Heckler la rebâtit en trois ans. Sous prétexte d'embellissements, on abattit en 1682 un admirable jubé, on tapissa le chœur, dix ans plus tard , de lambris en

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bois peint et doré, on détruisit en 1 7 32 une partie de la nef pour agrandir le chœur, et Ton construisit des tribunes pour les musiciens. La foudre détruisit en 1759 la toiture couverte de plomb. Deux cent trentecinq statues de saints furent abattues en 1793, et, pour sauver la flèche, il fallut la coifferd'un énorme bonnet rouge en fer-blanc, qui est conservé à la bibliothèque de la ville. Enfin le chœur a été restauré dans le style primitif en 1848; les lambris en bois en ont été enlevés, ainsi que les tribunes.

La cathédrale réunit donc, pour ainsi dire, tous les styles du moyen , âge; le genre byzantin domine dans les constructions primitives du chœur et de ses ailes, et même , en partie, du bas de la nef; plus haut, le style où prédomine l'ogive s'y mêle de plus en plus et finit par le remplacer entièrement.

Trois portails décorent la façade.

Celui du milieu, orné de colonnes et de 14 statues représentant les prophètes de l'Ancien Testament, est le plus grand et le plus beau ; une porte de bois remplace aujourd'hui la porte d'airain sculptée que la Révolution a convertie en monnaie. Les statues du portail de droite représentent les dix Vierges avec l'Époux et l'Épouse; au portail de gauche, ce sont d'autres Vierges foulant aux pieds les Péchés capitaux. Un grand nombre de figures plus petites et de bas- reliefs décorent les voussures et les tympans de ces trois portails, au-dessus desquels sont placées, sur la ligne où commence le second étage , les quatre statues équestres de Clovis, de Dagobert, de Rodolphe de Habsbourg et de Louis XIV. Cette dernière ne date que de 1828. On a

récemment placé plus haut les statues équestres de Pépin le Bref, de Charlemagne, d'Othon le Grandet de Henri I",' l'Oiseleur. Le nombre de ces statues doit s'élever à 18.

Au-dessus du portail du milieu est une rose en vitraux peints , aussi élégante que hardie, dont la circonférence mesure 50 mèt. Les vitraux en ont été restaurés par MM. Hitter et Muller. Aux côtés N. et S., les deux tours sont percées d'une grande fenêtre ornée de belles rosaces. Des rosaces décorent également les frontons des portails latéraux. Les statues des Apôtres , remplissent une galerie qui règne au-dessus de la rose du milieu. Plus haut on voit Jésus-Christ tenant une croix et une bannière. A chaque côté de ce même étage , les tours présentent une haute fenêtre ogivale devant laquelle sont de trèsminces piliers. Le troisième étage est occupé entre les deux tours par un clocher massif, d'une construction postérieure, renfermant quatre cloches dont la plus grosse, fondue en 1427, pèse 9000 kilog. Cette partie de la façade a été décorée en 1849 d'une sculpture gigantesque, représentant le jugement dernier.

Tout cet étage, à l'exception de la tour du Nord, est couronné parla plate-forme, sur laquelle une maisonnette est occupée par des gardes chargés de sonner les heures, et, en cas d'incendie, le tocsin. Sur la tour du Nord s'élève le Mùnster : tel est le nom donné à la flèche. Elle est supportée par une tour octogone qui, de loin, paraît carrée parce que quatre des faces sont cachées par quatre escaliers tournants. Parmi les statues qui décorent cette tour, celle qui fait face à la plate-forme représente, dit-on, Erwinde Stein-

bach. Par les escaliers tournants, dont le travail unit la hardiesse à l'élégance et à la légèreté, on arrive à une galerie où commence la flèche. C'est un obélisque à huit pans, découpé à jour avec une incroyable délicatesse, et formé de six étages de petites tourelles, posés l'un sur l'autre en pyramide. Au-dessus du sixième est la lanterne à laquelle conduisent huit escaliers tournants et à jour; de là on parvient, par des degrés pratiqués extérieurement, à la couronne. Plus haut, au-dessus d'un autre évasement, appelé la rose, la flèche continue de s'élancer, en formant une croix de 1 mèt. 70 cent. ; enfin cette croix se termine par un bouton de 460 millim.de diamètre, surmonté d'un paratonnerre. Le Mûnster ne le cède en hauteur, dans le monde entier, qu'à la grande pyramide d'Égypte, qui le dépasse de 2 mèt.

L'élévation totale de l'édifice est de I42m1ll2.

Deux portes à plein cintre forment le portail méridional qui est orné de bas-reliefs et de statues.

Sabine de Steinbach, fille d'Erwin, a, dit-on, sculpté deux de ces statues qui sont symboliques : l'une représente l'Église triomphante , tenant en ses mains un calice et une croix; l'autre est la Synagogue vaincue, baissant la tête, les yeux bandés, et s'appuyant sur une lance brisée; de sa main gauche s'échappent les tables de la loi. Sur le parvis, devant ce portail, on voyait la statue d'Erwin, qui a été enlevée; elle va être remplacée par une nouvelle statue , due au ciseau de M. Grass, statuaire de la cathédrale.

— Une façade, construhe en 1494 par Jacques de Landshut, masque l'ancien portail du nord. Quoi-

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.que assez belle dans son ensemble, cette partie de l'édifice est inférieure aux autres dont elle n'a ni la pureté ni la noble simplicité. — La nef, aujourd'hui couverte d'un toit en cuivre, est percée de grandes fenêtres ogivales, ornées de rosaces. Des statues, de jolis clochetons , des gargouilles grotesques complètent la décoration extérieure du monument.

A l'intérieur, rien de plus imposant que la nef, soutenue de chaque côté par sept faisceaux de colonnes, dont les deux premiers supportent également les tours; rien de plus mystérieux que le jour auquel donnent passage les magnifiques vitraux de Jean de Kirchheim, de Jean Markgraf , de Jacques Yischer, des frères Link. A gauche de la nef, deux chefs-d'œuvre : la chaire que Jean Hammerer sculpta d'une façon si délicate en i486, et les orgues posées en 1714 par André Silbermann. Deux piliers, dont les chapiteaux sont d'un style antérieur au gothique, joignent le chœur et la nef, entre lesquels règne une disproportion qui frappe au premier coup d'œil. Une des colonnes qui supportent la voûte du chœur, for mée d'un faisceau de piliers , et construite postérieurement, est appelée la colonne des Anges; on l'attribue à Erwin. Dans l'aile méridionale, en face d'une statue de l'évêque Wernher, par M. Friederich, se trouve l'horloge astronomique construite par M.Schwilgué, de 1838 à 1842 l. Elle renferme, un

1. L'ancienne horloge d'IsaacHabrecht, qui datait de Tannée 157%, a été enlevée en 1838 et placée dans la maison de recette de l'Œuvre Notre-Dame, fondation établie, comme oale sait, pour l'entretien de la cathédrale.

comput ecclésiastique avec toutes ses indications , un calendrier perpétuel avec les fêtes mobiles, un planétaire d'après le système de Copernic, présentant les révolutions moyennes tropiques de chacune des planètes visibles à l'œil nu, les phases de la lune, les éclipses, le temps apparent et le temps sidéral, une sphère céleste avec la précession des équinoxes, les équations solaires et lunaires pour la réduction des mouvements moyens du soleil et de la lune en temps et lieux vrais, etc. Toutes les indications sont reproduites à perpétuité par des combinaisons mécaniques basées sur nos connaissances actuelles.

L'abside, uniquement destinée au sanctuaire, a peu de profondeur.

Le chœur, surmonté d'une vaste coupole octogonale, est en avant et quelques marches plus bas. La crypte, nouvellement restaurée, se compose d'une nef, de deux absides et d'un chœur. Des bancs de pierre régnent le long des murs. On voit à l'entrée un très-ancien groupe représentant Jésus-Christ au moment où les soldats s'emparent de lui sur la montagne des Oliviers. La forme des piliers, les chapiteaux cubiques, les arcs en plein cintre de la crypte permettent d'en faire remonter la construction jusqu'au commencement du xie siècle. — Dans l'aile méridionale du chœur, se trouve la chapelle Saint- André, dont les colonnes et les ornements sont d'un style très-ancien, et qui renferme les sépultures de plusieurs évêques.

— La chapelle Saint-Jean-Baptiste, derrière l'aile septentrionale, contient un beau monument gothique élevé à la mémoire de Conrad de Lichtenberg, mort en 1299. Près

de l'entrée de cette chapelle, on admire un baptistère en pierre , chef-d'œuvre de Josse Dotzinger, de Worms, mort en 1449. Un tombeau d'un chevalier strasbourgeois, remarquable par le nombre des figures .qui le décorent, et par la manière dont elles sont groupées, décore une chapelle (chapelle de la Croix) de l'aile droite , dédiée à Sainte-Catherine.

Parmi les tableaux de peintres strasbourgeois , que renferme la cathédrale , nous mentionnerons Y Adoration des bergers, par Guérin; la Mise au tombeau de Jésus-Christ , par Klein; l'Ascension, par Heiin.

La nef mesure 115 mèt. 30 de longueur, 43 mèt. environ de largeur, et 23 mèt. 50 de hauteur.

Le Temple-Neuf est situé à peu de distance de la place Kléber. Commencé en 1254, terminé en 1280, il fut dédié à saint Barthélémy et devint l'église des Frères prêcheurs.

Une allée sépare aujourd'hui l'église du chœur. Celui-ci était remarquable par ses vitraux et par la légèreté de ses voûtes; il est aujourd'hui affecté à la bibliothèque publique de la ville. L'église se compose de quatre nefs que séparent des piliers surmontés d'arceaux et de voûtes en ogive. C'est le temple principal des protestants.

Plusieurs monuments précieux y sont renfermés. On y remarque une pierre sépulcrale du xvr» siècle, retrouvée en 1837, et d'une admirable beauté, quoique dégradée; elle porte en ronde bosse la statue colossale de l'évêque Jean Ortwin ; — une peinture à fresque représentant la Danse des morts, découverte en 1824; — la pierre tumulaire du frère Tauler , le plus éloquent des prêcheurs de l'ordre ;

— un très-bel orgue de Silbermann ; de jolis vitraux dans l'auditoire et dans une des salles où est installée la bibliothèque de la ville.

Saint-Thomas occupe l'emplacement d'un palais ou séjournèrent les rois francs. Cette église, deux fois incendiée et reconstruite, puis réédifiée de nouveau , par l'évêque Henri, en l'année 1264, se distingue, à l'extérieur, par une tour occidentale , byzantine à sa partie inférieure, et une tour orientale de style gothique, que termine une galerie. A l'intérieur on y remarque de beaux vitraux coloriés, des piliers élancés et des orgues de Silbermann. Le plus intéressant des monuments qu'elle renferme est le mausolée du maréchal de Saxe, chef-d'œuvre de Pigalle, que Louis XV fit ériger en 1777 : devant une pyramide en marbre gris est placé un sarcophage ; le maréchal est debout ; il descend d'un pas ferme les marches qui conduisent au cercueil ; à sa droite sont renversés sur leurs drapeaux brisés l'aigle d'Autriche, le lion belge, le léopard anglais ; à sa gauche, devant les drapeaux de la France, le Génie de la guerre en pleurs tient son flambeau renversé ; plus bas que le Génie et devant le maréchal, la France éplorée s'efforce de retenir d'une main son héros, et de l'autre essaye de repousser la Mort, qui montre au maréchal le cercueil ouvert ; de l'autre côté du sarcophage, Hercule, la tête appuyée sur une main, est plongé dans la douleur.

Un autre monument extrêmement curieux est le cercueil en pierre de l'évêque Adeloch , remacquable par ses sculptures, et qui porte pour date : DCCCXXX. .

Saint-Thomas renferme encore

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plusieurs monuments élevés à des savants qui ont illustré l'université protestante de Strasbourg.

Dans une petite pièce , on montre aux visiteurs deux momies, un comte de Nassau-Saarbrûck et une jeune fille inconnue, dont les vêtements, tombés en lambeaux, ont malheureusement été refaits (ceux de l'homme seulement) avec des étoffes de notre époque.

Saint-Pierre -le-Vieux , dont l'origine remonte au commencement du iv# siècle et dont le dôme est surmonté d'une flèche gothique assez élégante, est la plus ancienne église de Strasbourg.

Saint-Pierre-le- Jeune, qui date de 1031, a été restaurée en 1290.

Dans l'église Saint-Guillaume , on voit les tombeaux de Philippe et d'Ulrich, comtes de Werde et landgraves d'Alsace , et un trèsancien bas-relief sculpté en bois, représentant le fondateur de l'ordre des Guillelmites, Guillaume d'Aquitaine, au moment où il se prépare à revêtir l'habit monastique.

Suint - Étienne , qui a été successivement une église, un magasin, un théâtre, une manufacture de tabac et définitivement rendu au culte, est un ancien monument de style byzantin ; sa construction remonte au VHT siècle.

Sainte- Madeleine se fait remarquer par son beau chœur et ses vitraux peints.

La chapelle de la Toussaint (congrégation des sœurs de charité de Saint-Vincent de Paul) est une construction nouvelle dans le style ogival du xjv* siècle.

Édifices civil*.

L'hôtel de la préfecture, situé dans la rue Brûlée où furent im-

molés sur le bûcher, en 1349, plus de 2000 juifs qui avaient refusé de se laisser baptiser , est un des plus beaux édifices de la ville ; de vastes jardins l'entourent; il fût bâti dans le xvin* siècle par François-Joseph Klinglin, préteur royal.

L'hôtel de ville (même rue) est une grande et sévère construction élevée en 1737 par les princes de Darmstadt ; il a une façade imposante et un perron sur la promenade du Broglie. La mairie, avant d'être transférée dans ce bâtiment en 1805 , occupait le château impérial depuis 1789, et antérieurement un joli hôtel construit sur la place Gutenberg en -1585 par l'architecte Daniel Spekiin, et où la chambre et le tribunal de commerce tiennent aujourd'hui leurs séances.

Vis-à-vis du côté méridional de la cathédrale, on aperçoit une belle maison de la Renaissance, nommée Frauenhaus, et où l'on peut visiter un escalier remarquable par l'élégance et la légèreté de sa construction. Cette maison, bâtie en 1581, renferme plusieurs anciens plans, sur parchemin, de la façade et des tours ; — les pièces du mécanisme de l'ancienne horloge ; — une grande quantité de fragments provenant des modifications et mutilations subies par la cathédrale pendant les deux derniers siècles ; — une collection d'estampages en plâtre des sculptures les plus remarquables. C'est la maison de recette de l'Œuvre Notre-Dame.

Le château impérial , autrefois résidence de l'évèque, est un des plus beaux édifices de Strasbourg. Situé entre 1*111 et la partie méridionale de la cathédrale, il fut bâti par le cardinal de Rohan, de 1718 à 1741. Du côté de la rivière, la

façade est remarquable par sa belle colonnade.

Le lycée, autrefois collège des Jésuites, a été construit en 1756, tout près de la cathédrale, sur l'emplacement de l'hôtellerie du Thiergarten où l'inventeur de l'imprimerie fit ses premiers essais.

A l'extrémité de la promenade du Broglie, s'élève le théâtre, monument d'une architecture simple , commencé en 1804, terminé par M. Villoten 1821. Six colonnes ioniques, un entablement surmonté de six Muses sculptées par Ohmacht, forment le péristyle, qui est d'un bel effet.

L'ancienne douane est un édifice élégant et solide. La nouvelle douane, l'ancienne halle aux blés, se trouve à côté de la gare.

Du coté de l'E. , entre l'Ill et la citadelle, un vaste bâtiment renferme VAcadémie, sa bibliothèque, ses salles de cours et ses collections.

Instruction publique.

Il n'y a pas en France , si l'on en excepte Paris, de ville plus favorisée que Strasbourg, au point de vue de l'instruction publique. Outre l'Académie, qui comprend les Facultés de droit, de médecine, des sciences, des lettres et de théologie protestante, elle compte: un lycée impérial; — un gymnase protestant;

— 36 écoles primaires et 24 salles d'asile, subventionnées par la ville, fréquentées par 7800 élèves des deux sexes ; — une école normale des instituteurs primaires , la première qui ait été fondée en France ; — une école normale primaire d'institutrices protestantes;

— une école industrielle municipale ; — une école israélite des arts et métiers; — deux instituts de

sourds-muets; — une école de pharmacie avec un jardin botanique pour la culture des plantes officinales ; — une école départementale d'accouchement; — un grand et un petit séminaire catholiques ; — un séminaire protestant ; — des écoles de dessin ; — des cours de jardinage, de botanique «et d'orangerie ;

— une école d'artillerie et un hôpital militaire d'instruction; — deux écoles pour les jeunes demoiselles qui veulent se vouer à l'instruction ;

— quatre écoles intermédiaires où passent, à une certaine époque, les enfants des salles d'asile ; — deux écoles du soir pour les jeunes ouvriers: — un conservatoire de musique.

Sociétés savantes.

Strasbourg possède une Société des sciences, agriculture et arts du Bas-Rhin; une Société des amis des arts; une Société de médecine; une Société pour la conservation des monuments historiques de l'Alsace et une Société littéraire.

Établissements hospitaliers.

Ces institutions sont nombreuses ; nous mentionnerons : le bureau de bienfaisance , qui assiste annuellement 2900 familles et place en apprentissage 250 enfants; Yhôpital civil de Strasbourg, qui reçoit 500 malades, 500 vieillards infirmes, et distribue des secours au dehors à 150 personnes environ ; V hospice des Orphelins, qui compte 250 pensionnaires; un grand nombre de sociétés de secours mutuels ; une caisse de retraite pour la vieillesse ; un mont-de-piété, etc., etc.

Cultes.

Les trois religions, catholique, protestante, et israélite, sont re-

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présentées à Strasbourg ; mais les deux premières comprennent presque toute la population, partagée à peu près en deux parties égales.

Musées. — Collections.

Le musée de peinture, incomplètement établi dans quelques salles de l'hôtel de ville, mais pour lequel on cherche un local plus convenable, offre tout d'abord à l'admiration des curieux un chefd'œuvre , la Sainte Apolline, du Pérugin. Nous citerons, parmi les autres tableaux : le Départ de Jacob, Bassan; — la Vierge présentant l'enfant Jésus, le Guide; — une rixe dans un cabaret, Van Ostade;

— un paysage avec animaux , Jean Miel ; — le Couronnement d'épines, Martin Schoen; — l'Adoration des Mages, Philippe de Champaigne;

— la Vierge, Simon Vouet; — Baïesus aveuglé, Lemoyne; — les Vendeurs du Temple, Valentin; — l'Allégorie, Yerdier; — le Portement de croix, Detroy ; — le Religieux, Lahyre ; — un Cerf blessé, Oudry: une des plus belles toiles du musée ; — la Jeune Fille morte, Flandrin; — l'Extase de la Madeleine, Aligny;— les Funérailles du général Kléber, Féron. —Ajoutons à cette liste deux beaux morceaux de sculpture : un buste en marbre de Louis XV, par Lemoyne, et une Vénus, le chef-d'œuvre d'Ohmacht, sculpteur strasbourgeois.

Le musée de peinture est ouvert à toute heure du jour aux étrangers, et au public les dimanches, mardis et jeudis, de 2 à 4 h. de l'aprèsmidi.

C'est aussi dans l'hôtel de ville qu'est conservé le précieux dépôt des archives de la ville de Strasbourg , où l'on trouve une foule de

documents curieux et d'un haut intérêt (privilèges, bulles pontificales, traités de paix, etc.).

Les archives du département, conservées dans un vaste bâtiment, derrière l'hôtel de la préfecture, renferment les titres qui concernent l'ancienne province d'Alsace , la plupart encore inédits et très-curieux.

La bibliothèque de la ville et la collection d'antiquités sont réunies dans l'ancien chœur du Temple- Neuf.

La bibliothèque de la ville

compte 150 000 vol. On y trouve une belle collection de manuscrits et de vieilles impressions du xv' siècle; on y remarque surtout les manuscrits du moyen âge et les incunables provenant de la bibliothèque del'apciennecommanderiede Saint- Jean de Jérusalem.

A l'exception des dimanches et jours de fête, la bibliothèque de la ville est ouverte tous les jours de 6 à 9 h. du soir, et de 2 h. à 5 les lundis, mercredis, jeudis et vendredis.

Dans le local de l'Académie sont réunis : le musée d'histoire naturelle et la bibliothèque spéciale de l'Académie, qui se compose principalement d'ouvrages modernes, et compte environ 40 000 vol.

Le musée d'histoire naturelle remplit sept salles au deuxième étage : 2 consacrées aux collections zoologiques ; 2 aux collections de botanique, aux squelettes et aux préparations d'anatomie comparée ; 3 aux collections de minéralogie et de géologie. Une Société, sous le nom d'Association Strasbourg eoise

qui peut, à juste titre, être regardé comme un des plus beaux de la France. — Les étrangers sont admis à le visiter à toute heure.

Le musée de la Faculté de médecine se trouve dans un bâtiment attenant à l'hospice civil et qui a été construit récemment.

Le musée de l'Académie de médecine est riche de 4000 pièces, les unes sèches ou conservées dans l'alcool, les autres moulées en cire ou en plâtre.

Le Jardin botanique y dont la situation n'est pas des plus favorables, contient environ 3000 plantes, classées suivant la méthode de de Jussieu ; l'orangerie et la serre chaude renferment un assez grand nombre de plantes intéressantes.

Industrie et commerce.

L'industrie ne tient à Strasbourg qu'un rang très -secondaire; mais le commerce devait être et est florissant dans une ville destinée, par sa position topographique, à devenir l'entrepôt du commerce de la France, de l'Allemagne, de l'Italie et de la Suisse. Les principaux articles qui alimentent les transactions commerciales de cette place sont : le blé, la garance, le chanvre, le lin, le houblon, les bois de construction, le sel, le plomb, le fer, le bitume, la houille, le marbre, l'ardoise, le vin, les eaux-devie de vin, de cerises et de prunes, le vinaigre, la laine et le coton filés, les draps fins et communs, les pelleteries, les cuirs, les b uni '•tories, la carrosserie , la sellerie, les nankins, les percales, les calicots, les mousselines, la choucroute, les pâtés de foies gras, la graine de moutarde, et, par-dessus tout, la bière fabriquée dans 53 brasseries,

et le tabac, dont le département récolte 4 millions de kilogr. en feuilles.

Les véritables promenades de Strasbourg sont situées hors de son enceinte ; il y en a deux , grandes, belles et riantes, qu'on nommo le Contades et la Robertsau.

Le Contades , auquel on se rend par la porte des Juifs, a été replanté en 1799, et beaucoup embelli depuis quelques années. Sur la route des trois jolis villages , Schiltigheim, BischeimstHoenheim, qui semblent n'en former qu'un seul, on aperçoit une ferme isolée ; Voltaire y écrivit les Annales de l'Empire, de 1753 à 1754. Dans le voisinage se trouvait la maison de plaisance du maréchal de Contades , où le grand écrivain allait, pour se distraire de ses travaux, converser avec les illustrations guerrières,* artistiques et scientifiques de Strasbourg.

On peut aller à la Robertsau par le Contades ou par la porte des Pêcheurs. Cette ravissante promenade se compose : de vastes pelouses coupées par de belles allées dont le Nôtre a donné le dessin; d'une magnifique orangerie où logea l'impératrice Joséphine en 1806 et en 1809; d'un jardin anglais; d'un pont suspendu que l'on traverse pour entrer dans l'île du Waken, et d'un village riant et coquet comme un village d'opéra-comique.

Strasbourg possède un hippodrome situé dans une position pittoresque, à 3 kd. de la ville.

Pour Kehl et le pont du Rhin v. la R. 4.

De Strasbourg à Baie, par la rive g.

du Rhin, R. 2 ; — à Freiburg et à Bâle, par la rive dr. du Rhin, R. 3 *, — à Schaff-

ENTZHEIM. — OBERNAI.

hoase, R. 3, 8 et 9; — à Bade, R. 4; — à Stuttgart, R. 3, 4 et 6 ; — aux Bains de la Forêt Noire, Griesbach, Antogast, Petersthal, R. 6; — à Rippoldsau , R. 7 ; — à Francfort par Carlsruhe et Heidelberg, R. 13 ; - à Ludwigshafen , par Wissembourg et Landau, R. 17.

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