‹ Trains de Plaisir aux Bords du RhinChapitre 32 sur 219 · COLMAR. — NEUF-BRISACH · texte numérisé non relu

COLMAR. — NEUF-BRISACH

dans l'histoire de l'Alsace dès le xiii* s. Elle fut prise en 1281 par un lieutenant de l'empereur, et depuis elle resta un fief de la maison d'Autriche. Les Suédois s'en emparèrent en 1638. Louis XIV la fit démanteler.

Le chemin de fer vient presque longer la base des Vosges.

70kil. Eguisheim, V. de 1950 hab.

De son château, où est né, dit-on, le pape Léon IX, et qui fut bâti par le comte Eberhard, le petit-fils du duc Athic , il ne reste aujourd'hui qu'une tour hexagone et des vestiges de fossés servant d'abreuvoirs. A PO., sur la montagne, se dressent les trois tours d'un ancien château fort, appelé Drei-Exen, et dont chacune avait son nom. On les appelait, celle du S., Wahlenburg , celle du milieu Weckmund, et la troisième Dagsburg: Tune d'elles a encore 40 mèt. de hauteur. Le château a été bâti par le premier comte d'Eguisheim, le petit-fils du duc Athic, et le fondateur de plusieurs races princières et royales. De cette célèbre et puissante famille, qui s'est éteinte vers le milieu du xue s., descendent, en effet, les ducs de Zaehringen, les princes de Teck , les comtes de Habsburg, la maison de Lorraine, etc. Robert le Fort, bisaïeul de Hugues Capet , avait épousé une comtesse d'Eguisheim.

Enfin Brunon d'Eguisheim , qui devint pape sous le nom de Léon IX, après avoir été évôque de Toul, était le fils du comte Hugues IV.

Dans son intéressant ouvrage intitulé Voyage pittoresque en Alsace , M. Th. de Rouvrois raconte ainsi la destruction de ce château :

« C'était en 1466. L'année d'avant, les nobles, que les villes ne supportaient plus avec autant de patience

qu'au siècle précédent, avaient été bannis du sénat de Mulhouse. Outrés de cette rébellion , ils n'attendaient qu'un prétexte pour ressaisir leur ancienne prépondérance et se venger des bourgeois de cette ville.

Un garçon meunier de Mulhouse le leur fournit. Chassé par son maître et se prétendant lésé pour une misérable somme de six oboles que celui-ci refusait de lui payer, il alla se plaindre près des seigneurs ; et l'un d'eux, Pierre de Reguisheim, lui acheta sa créance. Fort de ce titre, et se posant en redresseur de torts, il s'empara de plusieurs bourgeois de la ville, et les fit jeter dans un cul de basse-fosse. Mulhouse s'adressa à ses alliés, et une guerre, que l'on appela depuis Plappert- Krieg, la guerre des six oboles, s'engagea sur ce puéril motif. Les gentilshommes , s'étant ligués de leur côté, se fortifièrent dans le château d'Eguisheim, et remirent le commandement àHermann Klée, le meunier qui avait été la première cause des actes de cette guerre.

L'attaque des châteaux fut bientôt décidée par les villes, et, sous la conduite d'un nommé Stûtzel, ils s'en emparèrent le jour de la Fête- Dieu (1466), et les brûlèrent entiè- .

rement. Hermann Klée et trois gentilshommes y furent pendus.

« 11 paraît assez certain , ajoute le môme auteur, que ces trois forteresses ne se relevèrent jamais ds cet assaut, et qu'on ne les habita plus; car en 1568, on fit le procès à une prétendue sorcière, accusée d'avoir marié sa fille au diable et célébré sa noce aux ruines d'Eguisheim. Les détails de ce procès sont des plus curieux et des plus extravagants.... Il y est constaté que le repas de noce avait consisté en

[R. 2] EGUISHEIM.

Page 1