HUNINGUE
dr. du fleuve. Huningue fut encore assiégée en 1814 et en 1815. Cette dernière année il avait pour défenseur le général Barbanègre et une garnison de cent canon niers, trente soldats , cinq gendarmes et quarante militaires en retraite. La population, résolue du reste à se défendre, rivalisa de bravoure et de résignation avec la garnison. L'armée des assiégeants , commandée par l'archiduc Jean, ne comptait pas moins de trente mille hommes. Bien qu'ils eussent appris la défaite de Waterloo et l'abdication de Napoléon, les défenseurs d'Huningue ne voulurent pas se rendre. Toutes les sommations étant restées inutiles, le blocus fut converti en siège La tranchée s'ouvrit le 14 août; le feu commença sept jours après, et la ville, battue par cent seize pièces de canons, devint en quelques heures un monceau de cendres. Après des prodiges de valeur, la garnison se vit réduite à capituler. Toutefois elle fît ses conditions : elle demanda et obtint non-seulement desortiravec les honneurs de la guerre, mais d'aller rejoindre, sans être inquiétée, l'armée de la Loire. Les portes s'étant ouvertes, cinquante hommes, — toute la garnison de cette place qui avait résisté si courageusement à trente mille, — la plupart blessés, délitèrent , tambour battant , le général Barban ègre en tête.Transportés d'admi ration , les spectateurs poussèrent des cris d'enthousiasme, et l'archiduc lui-même témoigna, dit-on, au général Barbanègre, la profonde estime que lui inspirait son héroïque conduite.
Un article des traités de 1815 imposa à la France le sacrifice d'Huningue, dont toutes les fortifications ont été détruites.
Quelques minutes après avoir quitté Saint-Louis, on entre en Suisse, et bientôt on arrive à
140 Ml. de Paris, Bâle.
Omnibus. — ( i f r. de la gare centrale à la gare badoise, 50 c. de la gare badoise à la gare centrale).
Fiacres. — 15 m. pour I et 2 pers. , 80; pour 3 et 4 pers., 1 fr. 20 c; 1 h., 1, 2 et 3 fr. d'une gare à l'autre (1 à 4 pers ), i fr 50 c et 20 c. par colis.
Gares. —La garr centrale,, commune aux chemins français et suisses, est au S. de la ville, assez loin du pont. L'horloge de Paris retarde de 25 m. sur celle de Bâle. La gare badoite est à 15 m.
du pont du Rhin, au petit Bâle; on n'y accepte pas la monnaie suisse.
Poste et télégraphe électrique.
— Freien strasse.
Hôtels .— Hôtel des Trois-Rois ( cher) ; Cigogne (Storch), près de la poste ; hôtel du Sauvage (Wilder-Mann) ; — VOurs et la Croix, au petit Bâle.
Cafés. — Café du Pont National ; café des Trois-Rois ; café Weibel.
Bains. — chez Sigmund. École de natation dans le Rhin, près de la cathédrale.
Libraires. — Schweighauser, Georg, Schabelitz et Cie, Meyri, Kolb, Bahnmayer, etc.
Magasins d'estampes et objets d'art. — Hasler et C'«, en face de l'hôtel des Trois-Rois ; Walz, un peu plus haut.
Situation et aspect général.
Basle ou Bâle, ail. Basel, ital. Baiilea, ch.-l. de l'ancien canton de liAle et du nouveau canton de Bâle- Ville , est située à 255 mot. dans une vaste pin i ne entourée de collines et de montagnes, sur le Rhin, qui la coupe en deux pièces , le grand et le petit Bâle, dit Montaigne, car il traverse par le milieu sous un grand et très-large pont de bois, construit
en 1285. On y compte 38 481 hab., dont 9697 catholiques.
« La première chose qui frappe en entrant à Bâle, écrivait, il y a quelques années, un voyageur français.
Émile Souvestre , c'est l'expression de tristesse et de solitude empreinte partout. Au bruit d'une voiture, on tire les volets, on ferme les portes, et les femmes se cachent.Tout est mort, désert. On dirait une ville à louer. Il ne faudrait point croire cependant que l'emprisonnement volontaire des Bâloises dénote chez elles une absence complète de curiosité; mais elles ont trouvé moyen de concilier celle-ci avec leur sauvagerie. Des miroirs, fixés à des verges de fer et habilement disposés aux fenêtres, leur permettent d'apercevoir, du fond de leurs appartements, tout ce qui se passe au dehors, en leur épargnant à ellesmêmes le désagrément d'être aperçues.
« Mais si les rues de Bâle sont tristes à parcourir, en revanche on ne saurait donner idée de leur exquise propreté. Toutes les maisons ont l'air d'avoir été finies la veille et d'attendre leur premier locataire.
Pas une lézarde, pas une égratignure, pas une tache sur tous ces murs peints à l'huile, pas une fêlure dans toutes ces grilles d'un travail merveilleux qui défendent les fenêtres les moins élevées. Les bancs d'été, placés près du seuil, sont soigneusement relevés et incrustés dans la muraille, à l'abri de la pluie et du soleil. Si la rue forme une pente trop roide , des main s- courantes , fixées aux murs, aident les pas du vieillard ou du paysan chargé. Partout vous trouvez cette attention minutieuse , cette sollicitude du propriétaire et du père de famille. »