LIBRAIRIE, CABINET DE LECTURE
magasin d'estampes. — On trouvera chez M. Marx (Maison de conversation) des livres français, allemands, anglais, italiens, espagnols, etc ; des collections de gravures et même de tableaux ; un cabinet littéraire (livres en diverses langues) bien assorti ; des objets d*art, de la papeterie, de la musique, etc. ; les principaux journaux de la France, de l'Angleterre, de l'Allemagne.
N. B. L'entrée des cabinets de lecture est gratuite pour toutes les personnes abonnées au bal ou invitées.
Journaux. — Il se publie deux journaux à Bade, l'un quotidien, l'autre hebdomadaire -, le l« est le Badehlatt (Stephanienstrasse, 391), journal d'annonces qui contient la liste des étrangers (1 fl. 20 kr. par mois, 3 kr. le nu • méro); le second est V Illustration de Bade (4 fl par an , Leopoldsplatz, 388), rédigé par divers hommes de lettres, et illustré entièrement par M. Charles Lallemand. Ce journal, qui a publié d'intéressantes études et de charmants dessins sur Bade ei la Forêt-Noire, comptait cinq années d'existence en 1862. Il met en vente chaque année, avant l'ouverture de la saison, un cahier de 70 pages, intitulé le Mercure de Bade, moniteur illustré de la saison des eaux (2 fl. en France, 1 fl. en Allemagne). Cet ouvrage est indispensable à tous les étrangers ; ils y trouvent en effet, outre des articles littéraires sur Bade et la Forét-Noire, un grand nombre de renseignements pratiques que nous ne pouvons pas, à cause de leur étendue et de leur mobilité, leur donner ici, et la liste chronologique des plaisirs de la saison, réglés à l'avance par l'administration de M. Bénazet : musiques, concerts, spectacles, bals, courses, etc., etc. Le
numéro de 1863 a été rédigé par M. Félix Mornand.
Voitures. — De la gare à la ville et vice versa (6 kr. en sus par colis) :
1 ou
3 ou
2 pers.
4 pers.
»fl.24k.
»fl.36k.
De la gare au Châ-
teau neuf
De la gare à Lich-
(6 kr. en sus par colis.)
Courses en ville :
Chaque quart d'heure en sus se paye 12 kr. et 15 kr.
Le prix des courses aux environs est fixé par un tarif affiché dans toutes les voitures. Nous l'indiquerons en tète de chaque course.
Situation et aspect général.
Bade, appelée Baden-Baden, pour la distinguer des localités du même nom situées en Suisse et en .
Autriche, est une ville de 7733 hab.
dont 66*26 catholiques (ch.-l. de c.
.du cercle du Rhin du milieu), bâtie presque à l'entrée de l'une des plus belles vallées latérales de la Forêt- Noire, sur le penchant d'une colline et sur les bords du ruisseau de POos ou Oes (Oosbach) , qui, bien qu'insignifiant en lui-même, séparait durant le moyen âge , le pays des Franks de celui des Aliemanni, et qui donne à cette partie du grandduché actuel le nom d'Oosgau ou Usgau. Élevée de 200 mèt. env. audessus de la mer, elle est à 2 h. du Rhin , 2 h. de Rastatt , 7 h. de Carlsruhe et 9 h. de Strasbourg.
Les montagnes qui la dominent la
[R. 5] BADE. — SITUAT
protègent contre les vents du nord, de l'est et de l'ouest. Son climat est doux , bien qu'il y pleuve souvent ; son air vif, sain, fortifiant :
les orages y sont fréquents, mais généralement plus bruyants que dangereux.
L'église collégiale et le château couronnent le groupe principal des maisons de la vieille ville.
Les fortifications, dont cette ville était jadis entourée, ont été abattues, et une ville nouvelle, composée en grande partie d'hôtels et d'édifices somptueux, s'est élevée sur les deux rives de l'Oos, et tout le long de la promenade vulgairement appelée der Graben ou Sophien Strasse, sous laquelle le Rotenbach, qui descend du Mercure, vient se jeter dans l'Oosbach. Au sommet de la montagne boisée qui domine la ville, du côté du N., — le Batter ou Schiossberg, — on aperçoit les ruines du vieux Château. La plus haute de toutes les sommités voisines, couronnée ellemême d'une tour moderne, porte le nom de grand Staufenberg ou de Mercure. Le Petit Staufenberg, qui se dresse derrière le grand, paraît presque aussi élevé que lui. Du côté opposé s'élève le Fremersberg, dont les derniers escarpements s'appellent le Friesenberg et le Beutig.
On cultive, dans cette belle et fertile vallée, non-seulement toutes les céréales, mais les châtaigniers, les amandiers et la vigne, qui y donnent d'assez belles récoltes. Toutefois, sa principale richesse sont ses forêts, dont on estime le produit annuel à 430000 11.
Histoire.
Fondée par des Celtes venus de la Gaule six cents ans environ
avant l'ère chrétienne, la ville de Bade actuelle tomba, sous le règne d'Auguste, au pouvoir des Romains, qui la nommèrent Civitas Aquensis. Trajan, Adrien et Antonin la visitèrent, et Caracalla lui donna le nom d'Aurélique. Détruite par les Allemanni, la Civitas Aquensis ne reparaît dans l'histoire que plusieurs siècles après, sous le règne du roi Dagobert 1er. Elle appartint ensuite successivement aux Franks, aux moines de Weissenburg , au duché de Souabe, à la maison de Zaehringen , à Henri le Lion (par mariage), et enfin (par échange) à Frédéric Barberousse, qui la donna en fief au margrave Herrmann III.
Les descendants de Herrmann y fixèrent leur résidence et en prirent le nom, selon l'usage. Alors elle se releva de ses ruines, devint un chef-lieu et fut entourée de fortifications telles , que l'évêque Berthold , de Strasbourg , l'assiégea vainement en 1330. Mais, en 1689, les Français, commandés par le maréchal de Duras, s'en emparèrent et la réduisirent en cendres.
A dater de cette époque, les margraves allèrent habiter Rastatt, où ils bâtirent un château. En 1771, la branche de Baden-Baden s'éteignit avec le margrave Auguste , et la ligne de Bade-Durlach hérita de ses possessions territoriales. La Révolution française et les guerres qui suivirent attirèrent à Bade un certain nombre d'étrangers , et lui rendirent une partie de l'importance qu'elle avait perdue. Aujourd'hui, elle est un des bains les plus fréquentés de toute l'Europe.
On évalue le nombre des étrangers qui viennent tous les ans la visiter à 50 ou 60 000. Chaque dimanche d'été, le chemin de fer y amène
un grand nombre de Strasbourgeois et d'habitants de Carlsruhe.
La Maison de conversation et la Trinkballe.
La Maison de conversation ,
située sur la rive g. de l'Oosbach , au pied du Beutig et des hautes collines du Fnesenberg dont les prairies et les bois ont été disposés en jardin, est un vaste édifice orné d'un portique corinthien et l'un des plus beaux établissements de ce genre. Bâtie en 1824 par Weinbrenner, elle a été considérablement agrandie et embellie en 1854.
A certaines heures du jour, l'aprèsmidi et le soir, elle réunit , soit dans ses salons intérieurs, soit dans le ravissant jardin qui L'entoure de tous côtés, une société nombreuse et brillante. Le bâtiment principal contient un grand salon de plus de 48 mèt. de longueur sur 16 mèt.
env. de largeur, une autre magnifique salle de bal et de concert (le salon des fleurs) , et quatre ou cinq saloj.s latéraux , tous décorés par Cicéri et Séchan et richement meublés. Les deux ailes sont occupées :
celle de dr. par le restaurant, celle de g. par les nouveaux salons que Séchan a décorés, dont l'entrée n'est pas publique (on n'y est admis que sur invitation et après un contrôle sévère) et qui comprennent une salle de bal et de concert, une galerie de fleurs, un salon Louis XIV et un boudoir Louis XV". A l'extré-
« La description , dit avec raison M. Eugène Guinotdans la dernière édition de rÉtéà Bade, ne saurait donner qu'une idée bien faible de ces quatre magnifiques salons. L'art du dessinateur n'en fournit qu'un aperçu trop incomplet encore. Le visiteur seul peut dignement apprécier ces merveilles en
mité de l'aile g. se trouve la librairie Marx.
Devant la façade de la Maison de conversation, s'étend, au delà d'un vaste espace réservé pour la promenade et garni de chaises, une belle pelouse des deux côtés de laquelle deux allées de beaux arbres conduisent à la route de Lichtenthal. De nombreuses boutiques, offrant aux étrangers un grand nombre d'objets de luxe ou de nécessité, donnent à cette partie de la promenade l'aspect d'un champ de foire perpétuelle. Nous recommanderons surtout les sculptures en bois de la Forêt-Noire, industrie née en 1833 dans une boutique de jouets d'enfants de la promenade de Bade. Stufler, qui l'a créée et perfectionnée, compte parmi ses clients tous les souverains de l'Europe. 1 1l entreprend l'inconnu, accepte une commande quand môme, cherche, étudie et trouve. » (Ch. L.)
La Promenade proprement dite s'étend, devant la Maison de conversation , jusque sur la rive g. de l'Oosbach; derrière, sur les pentes du Friesenberg, d'où l'on découvre des points de vue délicieux, et à g.
jusqu'à la Cour de Bade.
Des bals, dits de réunion, ont lieu plusieurs fois par semaine ( V. le Mercure de Bade) à la Maison de conversation. Les abonnements sont de quinze jours, d'un mois ou d'une saison, et les prix varient selon le nombre des personnes dont se compose une famille.
les contemplant dans leur majestueux ensemble, en admirant dans leurs détails la délicatesse des ornements, le précieux mérite des peintures et des sculptures, la richesse des étoffes, l'élégance des meubles et leur haute valeur artistique. »