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R. 5] BADE. — LES SOURCES. LES MONUMENTS

on a construit, ii y a peu d'années, le russische Dampfbad (bains de vapeur), bâtiment qui renferme la principale des douze sources thermales de Bade, appelée Ursprung (origine) ou Hauptquelle (source principale); — on en montre une autre qui sort en bouillonnant d'un rocher, sous une planche qu'on soulève, dans une petite impasse voisine. — VUrsprung, qui a une température de 63 degrés cenligr., fournit toutes les 24 h. environ 2334 met. cubes d'eau. Elle est claire et limpide, et sa saveur n'a rien de désagréable; on l'emploie surtout en bains, qui sont administrés dans les hôtels, où la conduisent des tuyaux. Les malades peuvent la boire actuellement à la nouvelle Trinkhaîîe , près de la Maison de conversation (F. ci -dessus).

Les anciens bains romains couvraient presque toute la place du Marché. Malheureusement on n'a pas su conserver et restaurer les fragments qui en ont été trouvés à diverses époques ; au. contraire on les a comblés ou démolis. On peut voir seulement dans la maison, nw 477, les restes assez bien conservés d'une ancienne construction romaine.

Les mua; de Bade (la Hauptquelle) sont à la fois diaphoniques et diurétiques, laxatives et toniques; on les prend en boissons (de trois à six verres par jour) , en bains et en douches; elles agissent sur les muqueuses et facilitent leurs sécrétions, excitent l'appétit et raniment les forces. On les recommande surtout pour le traitement des rhumatismes, des névralgies, des maladies de la peau et de l'estomac, des plaies et des blessures anciennes.

D'après les dernières analyses, la

Muhrquelle contient du chlorure de lithurium.

Les bains d'eaux minérales se prennent à Stephanienbad et dans certains hôtels qui administrent aussi des douches, des bains d'aiguilles de sapins, des bains sulfureux, ferrugineux , de drôche, de savon , etc. — Le chiffre des bains ordinaires dépasse chaque année 60000, celui des bains de vapeur ordinaires et russes dépasse 4000.

Les sources de Bade débitent par 24 h. environ 750 000 litres d'eau minérale; aussi cette eau coulet-elle à toute heure du jour et de la nuit dans certains quartiers de la ville. On la reconnaît aisément à son odeur et à la vapeur qui s'en exhale.

Derrière le bain de vapeur, dans la rue d'Enfer (Kœllengasse), jaillissent les sources appelées : des Juifs, kÉchauder (BrUhlquelle) et Grasse (Fettquelle). De l'extrémité inférieure de cette rue, on monte par la rue du Château et par des escaliers au nouveau Château (Neues Schloss), qui s'élève au-dessus des plus hautes maisons de la ville. On l'appela nouveau à l'époque où le margrave Christophe le fit bâtir sur des débris de constructions romaines, ej vint l'habiter, c'est-àdire en 1479, pour le distinguer de l'ancien, situé au sommet du Batter.

Le bâtiment actuel date de la fin du xvnes., celui qui existait auparavant ayant été brûlé et détruit en 1689, par les Français.

L'intérieur en a été trop richement restauré par le grand-duc Léopold.

On y visitera avec intérêt de curieux souterrains (18 kr. de pourb.) qui, construits évidemment par les Homains, ont dû servir en partie de bains, en partie de lieux de refuge

pendant les invasions des Barbares.

Derrière le château s'étend un jardin, ouvert au public, et dont la terrasse est ombragée de magnifiques tilleuls. Mais le Schnecken- (jarten, ou le Jardin des Escargots, ainsi appelé parce qu'on y nourrissait autrefois des escargots pour la table du duc, et situé au S. du château, est ordinairement fermé.

Sur la terrasse du S. E. s'élève une jolie tour en pierre, nommée tour de Dagobert, dernier débris du château bâti par le margrave Christophe.

Derrière le nouveau Château, à l'endroit où commence la route du vieux Château, on a placé récemment les armoiries du grand-duc de Bade.

Du nouveau Château on peut redescendre à la Maison de conversation, soit par la rue du Château et celle des Seigneurs, soit par un escalier qui, longeant le jardin du couvent et l'ancien hôtel du -Saumon, aujourd'hui le bain des Pauvres, aboutit à la rue Sophie et à la rue Gernsbach. Les nonnes du Saint-Sépulcre, qui habitent ce cou- • vent, portent, en signe de deuil, un costume entièrement noir, qu'elles ont fait vœu de garder jusqu'à ce que le Saint-Sépulcre ait été enlevé aux infidèles par les chrétiens. Ces sœurs tiennent une école de filles dans un nouveau bâtiment qui communique avec leur couvent par une galerie couverte.

— On peut aussi du nouveau Château monter au vieux Château (F. ci -dessous), ou redescendre dans la ville soit par le chemin des Turcs (F. ci-dessous, § 4), soit par un escalier qui y aboutit, soit enfin gagner le Krippenhoff et le tir ( V. ci-dessous, § 4).

Le 30 sept. 1860 a eu lieu l'inauguration du nouvel hôpital fondé par M. Bénazet, sur la route de Lichtenthal, à l'extrémité orientale de Bade; le Christ de la chapelle est un chef-d'œuvre de sculpture.

Au N. E. de la route de Gernsbach, l'ancien Cimetière, où l'on remarque un mont des Oliviers, est orné de la statue d'un fossoyeur sculptée par Friedrich, de Strasbourg (1852), et qui, de son piédestal élevé, domine tout le cimetière; la porte est surmontée d'une tète de Christ de 1482. Une pierre, près de la chapelle, porte l'inscription suivante : « Piis manibus P. P. et F. F. capucinorum quorum ossa excassata profanataque eorum (cum cœnobio) ecclesia 1807 hue translata fuere. » L'ancien couvent des Capucins occupait l'emplacement de l'hôtel de la Cour de Bade.

Le nouveau Cimetière (à PB. de Bade, sur la montagne) renferme quelques jolis monuments modernes.

Le Théâtre, construit par M. Couteau, architecte français, entre la Maison de conversation et l'entrée de l'ailée de Lichtenthal , a été i nauguré en 1862. L'extérieur offre un ensemble satisfaisant, malgré la lourdeur de certains détails. L'intérieur laissait à désirer au point de vue de l'aménagement, car la décoration en était fort riche et de bon goût. On a dû lui faire subir d'importantes modifications pour la saison de 1863.

Le fronton est de M. Ludovic Durand.

Le plafond et les deux camaïeux ou grisailles qui ornent les deux côtés du rez-de-chaussée à l'intérieur, sont de M. J. Mazerolles. Le

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