CHAPITRE II
MORPHOLOGIE EXTERNE
Division du sujet. — Le corps des animaux peut être, nous l’avons vu, constitué soit par un seul plastide, soit par une association de plastides. Dans le premier cas, la forme extérieure du corps est la résultante des actions extérieures qui s’exercent sur le plastide et des réactions que leur opposent les diverses substances qui le constituent. C’est, en grande partie, des formes que revêtent les plastides libres dans des conditions déterminées que nous pouvons déduire les lois de ces réactions. Il n’y a donc pas, en général, à expliquer les formes des plastides; il faut, au contraire, les considérer comme des phénomènes primitifs, relativement simples, dont l’étude pourra nous fournir l’explication de phénomènes plus compliqués.
Chez les animaux dont le corps est une association de plastides, la forme extérieure résulte non seulement de la forme des plastides associés, mais aussi de leur mode d’arrangement. Si la forme des plastides doit être considérée comme un phénomène primitif, dans la mesure où elle dépend des propriétés intimes des substances vivantes, il n’en est plus de même de leur arrangement dans un organisme, et nous pouvons chercher à déterminer les lois de cet arrangement, qui domine non seulement la forme extérieure du corps, mais aussi sa structure interne. C’est seulement de la forme extérieure que nous nous occuperons dans ce chapitre.
Dès le début, nous sommes d’ailleurs amenés à une distinction importante entre les associations de plastides. Baiis quatre des grandes divisions naturelles du Règne animal, celle des Éponges, des Polypes, des Arthropodes et des Vers, les formes non frappées de rétrogradation peuvent être groupées dans un ordre de complication croissante, et les formes compliquées sont telles, que les moins élevées d'entre elles se laissent facilement décomposer en parties, dont chacune est l’équivalent des formes les plus simples de la division correspondante. Les Échinodermes, les Mollusques et les Vertébrés adultes présentent tous, au contraire, à peu près le même degré de complication. Mais les Echinodermes et les Mollusques traversent, eux aussi, dans leur jeune âge, une forme simple analogue à celles qu’on rencontre dans les quatre autres divisions, et le corps des Vertébrés présente dans sa constitution des traces de composition, analogues à celles qui sont si nettes chez les Vers annelés. Nous sommes amenés, par conséquent, à distinguer, dans le Règne animal, des formes simples fondamentales et des formes composées qui résultent de la répé-