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II. Le corps se développe longitudinalement . Vers

La chaîne des transitions qui unit la segmentation régulière des œufs dont le vitellus nutritif est très réduit, à la segmentation partielle des œufs pourvus d’un abondant vitellus nutritif n’était pas alors établie ; on comprend donc que Kœlliker ait été amené à rapprocher les Vertébrés et les Articulés dont les embryons demeurent longtemps ouverts du côté ventral chez les premiers, du côté dorsal chez les seconds. Les Céphalopodes semblent de môme demeurer ouverts assez longtemps à leur extrémité antérieure, et Kœlliker est ainsi conduit à leur donner parmi les Mollusques une place tout à fait à part; il est de môme forcé d’isoler la Limace des autres Gastéropodes pulmonés, et ce seul fait montre bien à quel degré les caractères embryogéniques sont trompeurs quand on n’en fait pas une rigoureuse analyse. La quantité de vitellus nutritif accumulée dans l'œuf n’a qu’une faible influence sur le résultat final de son évolution; mais elle peut modifier sensiblement les processus du développement, et si l’on s’arrête à considérer ces processus essentiellement d’adaptation comme des caractères primordiaux, on est nécessairement amené à des groupements disparates. C’est ainsi que Kœlliker se trouve encore obligé de rapprocher les Vers des Rayonnés, parce que leur corps se clôt rapidement, ce qui du reste se produit exactement de la même façon chez la presque totalité des Mollusques gastéropodes et Lamellibranches dont les premières phases de développement sont calquées sur celle des Vers annelés.

M. P. -J. van Beneden usa le premier, en 1855, des rapports de position de l’embryon avec le vitellus pour caractériser dans le Règne animal trois coupes primordiales : lors du développement, le vitellus est situé du côté ventral de l’embryon chez les Vertébrés, du côté dorsal chez les Arthropodes; il est céphalique ou n’apparait pas au dehors chez les autres animaux. P. -J. van Beneden répartit donc les animaux en Hypogotylédonés ou Hypovitelliens (Vertébrés), Epicotylédonés ou Epivitelliens (Arthropodes) et Allocotylédonés ou Allovitelliens (Molluscoradiaires), et il fait ressortir les rapports de ce dernier groupe avec la classe des Vermes de Linné. En effet, le nom seul d’Allovitelliens donné à ce groupe, implique qu’il est formé d’animaux où le vitellus, à supposer qu’il soit toujours différencié, présente avec l’embryon des rapports variables; c’est donc un groupe disparate, un groupe résiduel comme la classe des Vers de Linné, dont Cuvier avait fort justement mis en relief le défaut de l’homogénéité. A ce point de vue cet essai de classification embryogénique constituait donc non un progrès, mais une réelle rétrogradation. Les caractères invoqués par van Beneden, comme ceux employés par Kœlliker, s’ils brouillaient absolument les rapports de certains groupes, correspondaient cependant à plusieurs coupures naturelles. Aussi M. Cari Vogt entreprit-il de les combiner de manière à obtenir une classification éclectique qui fût plus rapprochée des résultats fournis par l’étude de forganisation des animaux adultes. Les animaux y sont répartis en trois groupes fondés sur la présence ou l’absence d’un vitellus distinct de l’embryon, la présence ou l’absence d’œufs.

M. Vogt arrivait ainsi au groupement ci-dessous :

CLASSIFICATIONS

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