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RÉGIONS DU CORPS

Les paires d’appendices qui suivent les appendices buccaux et qui constituent les appendices thoraciques ou péréiopodes présentent chez les Entomostracés une grande variété de nombre, de formes et de fonctions. Aplatis et pouvant atteindre le nombre de 40 (Apus), ils caractérisent l’ordre des Phyllopodes; leur forme aplatie se conserve chez beaucoup de Cladocères (fig. 738), mais leur nombre n’est plus que de 4 à 6. Chez les Ostracodes (fig. 737, p. 909), la première paire d’appendices thoraciques, qui occupe le sixième rang dans la série générale des appendices, est presque toujours une paire de longues pattes articulées (F'); elle se transforme cependant en une paire de pattes-mâchoires chez les Cypridinæ (tîg. 713, F). La deuxième et dernière paire d’appendices thoraciques est toujours une paire de vraies pattes, qui demeure rudimentaire chez les Halocy- PRiDÆ. Une fixité plus grande est réalisée chez les COPÉPODES (fig. 710) où il existe toujours, à la suite des maxillcs, divisées de manière à fournir en appa-

Fig. 714. — Gammavus neglectus. — A' et A", les deu.x paires d’antennes ; Kf, patte-mâchoire ; F* à les sept paires de pattes thoraciques ; entre les bases des quatre premières on aperçoit les œufs; S/i première patte natatoire de l'abdomen (d’après G.-O. Sars).

Fig. 715. — Asellus aquaticus. — Femelle vue par la face ventrale pour montrer son sac ovifère (d’après G.-O. Sars).

rence deux paires de pattes-mâchoires, une paire de pattes plus ou moins modifiées et quatre paires de rames dont la dernière est assez souvent atrophiée. Chez les CiRRiPÈDES la lèvre inférieure est suivie de six paires de pattes bifurquées et recourbées, de manière à constituer une sorte de panache (fig. 723, p. 896).

La fixité s’accuse encore davantage chez les Malacostracés : on compte toujours chez eux huit paires d’appendices thoraciques. Mais ces huit paires d’appendices peuvent être, au point de vue de la fonction, diversement réparties. La première seule fonctionne comme pattes-mâchoires chez les Arthrostacés ou Edrioph- THALMES, de sorte qu'il reste sept paires de pattes thoraciques locomotrices, pourvues d’une lamelle respiratoire et souvent inégales chez les Ampuipodes (fig. 733, If, p. 901), dépourvues de lamelle branchiale et ordinairement égales chez les Isopodes (fig. 713). , Chez ces derniers, ce sont les pattes abdominales aplaties qui remplissent le rôle d’organes respiratoires. Dans la division des Thoracostracés les huit paires d’appendices thoraciques deviennent à peu près semblables chez les Nebalia (fig. 727) et

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les ScHizopODES (fig. 717) ; les deux premières paires conslituent des pattes-mâchoires chez les Cumacés (flg. 716); cette transformation s’étend aux trois premières chez les Décapodes (fig. 734, p. 903), qui ont par suite cinq paires de pattes locomotrices plus ou moins dissemblables; enfin chez les Stomatopodes (fig. 736) on trouve cinq paires de pattes-mâchoires et trois paires de pattes ambulatoires.

En général, chez les Entomostracés il n’existe pas de différenciation du corps en région thoracique et région abdominale ou bien la région thoracique est suivie

d’un certain nombre d’anneaux qui ne portent pas d’appendices et qui forment une région abdominale. Cette région est bien distincte chez les Phyllopodes (fig. 711) et les COPÉPODES (fig. 710) ; elle est plus ou moins atrophiée chez les Cladocêres et les Ostracodes. Il existe au contraire une région abdominale bien nette chez la plupart des Malacostracés : elle est formée de huit segments chez les Nebalia, de sept chez tous les autres Crustacés de cette sous-classe. Cependant le nombre des segments abdominaux se réduit habituellement â six segments appendiculés chez les Ampiiipodes (fig. 714), et l’abdomen devient tout â fait rudimentaire chez les Lémodipodes {Caprella, fig. 746, p. 925, Cyamus, etc.), qu’il est d'ailleurs inutile de séparer de l’ordre des Amphipodes.

Les résultats que nous venons d’exposer fournissent la base de la division de la classe des Crustacés en ordres. (Voir la classification.)

Suivant le degré de développement de la carapace, la proportion relative de

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