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Lepisma saccharina (Règne animal

MORPHOLOGIE EXTERNE. 1149

à cinq. L’abdomen porte encore huit paires de petites pattes mobiles et, dans une certaine mesure, locomotrices chez le Machilis maritima plus une paire de longs filets sur le dixième méride et un filet impair sur le onzième de sorte que le 11® méride abdominal est seul dépourvu d’appendices pairs. 11 n’existe plus que trois paires de ces appendices situés sur les premiers anneaux de l’abdomen chez les Ccmpodea (fig. 889) et les Japyx-, on les retrouve assez bien développés, mais impropres à la locomotion chez un Staphylinide, la Spirachta eurymedusa. Partout ailleurs, les pattes abdominales sont réduites à de simples tubercules , comme chez les Chenilles et quelques autres formes larvaires, ou bien sont limitées aux derniers segments de fabdomen et modifiées de façons si diverses qu’elles sont à peine reconnaissables. Aussi défmit-on assez fréquemment fabdomen des Insectes comme une région dépourvue d’appendices. Des modifications que pré-

Fig. 889. — Partie antérieure du Campodea fragilis. — Tr, trachées; S, stigmates; P, pattes ; P\ pattes rudimentaires abdominales (d’après Palmén).

sentent, dans leurs proportions et leu r Fig. 888. — campodeastaphyornementation, les trois régions du «»“ (■‘•r™ Jcorps des Insectes et leurs appendices résultent les formes si variées de ces animaux.

Outre les appendices mobiles, en nombre fixe, dont elle est munie, la tête porte assez fréquemment, surtout chez les mâles, des prolongements variés en forme de corne médiane {Oryctes nasicornis, Dynastes hercules, Sinodendron cylindricum, Onthophacjm nuchicornis, etc.) ou disposés comme les cornes d’un ruminant (0. taurus, etc.) ; chez les Charançons, les Truxales et surtout les Fulgoridæ et les Tetti- GONiDÆ, la tête s’allonge et parfois se contourne de diverses façons, de manière à prendre les aspects les plus bizarres. Le prothorax peut être aussi muni d’une ou plusieurs cornes {Copris lunaris, Typhæus phalangista, Dynastes, Centrotus, etc.) ou d’appendices aplatis {Ledra aurita), ou se comprimer en s’élevant verticalement en forme de feuille (Membracid.e, etc.). L’abdomen présente, en général, une forme ovoïde, plus régulière et n’est qu’exceptionnellement pourvu de prolongements apportant une modification importante à la forme de l'animal. Il est d’ailleurs assez fréquent, notamment chez les Orthoptères, que sur les diverses parties du corps se développent des excroissances de moindre importance qui établissent une singulière similitude entre fanimal et les objets au milieu desquels il vit habituellement (Eurycantha, PhylUum., etc.).

Les téguments des Insectes sont formés, comme ceux de tous les Arthropodes,

1 S. Jourdain, Sur le Machilis maritima, Latr., Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 27 février 1888. >

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d’une couche de cellules cylindriques, régulières, constituant l’hypoderme, recouverte d'une lame chitineuse continue, mais qui s’épaissit dans des régions déterminées de manière à paraitre constituer des plaques distinctes. Le nombre et la disposition de ces plaques résistantes présentent assez d’uniformité pour qu’on ait pu construire un plan idéal du squelette externe qui ne se modifie que dans le détail. Toutes les pièces céphaliques sont étroitement soudées; on reconnait cependant, en allant de la bouche à la base du cou, la série suivante de pièces : du côté dorsal : 1° X'épistome, chaperon ou clypæus; 2° le postépistome; 3° Vépicrûne (fig. 890);

du côté ventral : 1“ la pièce basilaire et 2“ la pièce prébasilaire. On distingue d’ailleurs dans l’épicrâne trois régions médianes : le front, le vertex et Voccipnt, et, séparées en partie des précédentes par les yeux, deux régions latérales : les joues et les tempes. Les limites de ces régions sont toutes conventionnelles.

Chacun des segments du thorax comprend des pièces dorsales dites aussi tergales, des pièces latérales et des pièces ventrales ou sternales. Les pièces tergales, lorsqu’elles atteignent leur nombre maximum, ce qui se produit rarement pour tous les segments thoraciques d’un même animal, sont d’avant en arrière : le præscutim, le scutum ou écu, le scutellum ou écusson et le postscutellum. Les pièces latérales, qui forment les flancs, sont: en avant, \'episternum\ en arrière, Vépimère. En I, contact avec la hanche, et s’articulant avec elle, est une

tusa montrant outre les pièces autre très petite pièce, le trochantin. A ces pièces, dans

buccales d'un Hyménoptère, le , , . . . i -i i • . , ^ .

labre, le chaperon, et, à la suite, l^s segments qui portent les ailes, s ajoute la paraptere, le post-épistome et l’épiorâne con- qui recouvre la base de l’aile et se prolonge en dessus

fondus; ce dernier porte les an- , , tt - . > . - • . .

tenues A et les ocelles Oc. — chez les Hymeuopteres et les Lepidopteres. Les pièces J/d, mandibules; mâchoires; ventrales sont représentées par une lame unique, le ster-

Mxt, palpes maxillaires; Lt^ pal- ^

pes labiaux; Gi, languette; Pô-, m«n. En réalité, les pièces dorsales et le stemww. impaires paragiosses (d apres Newport). respectivement formés de deux pièces symétriques

qui se juxtaposent et se fusionnent plus ou moins sur la ligne médiane du corps.

Les pièces chitineuses qui forment les parois du thorax des Insectes ne sont pas unies d’habitude par simple contiguïté de leurs bords. Comme si ces bords avaient cédé à la traction des fibres musculaires qui s’insèrent sur eux, ils se replient à l’intérieur du corps, et, s’accolant dans leur partie basilaire aux lames analogues des pièces continguës, forment avec elles de doubles lames verticales qui offrent une surface plus grande à l’insertion des muscles. Ces lames se dédoublent souvent le long de leur bord supérieur, de sorte que leur coupe verticale a la forme d’un Y; on leur donne le nom à'apodèmes', leur ensemble forme une sorte de squelette interne, dérivé très simplement du squelette externe et qu’on nomme V entothorax^ ou Y entosternum. L’entothorax ne se borne pas à fournir des points d’attache aux muscles, il forme également, dans bien des cas, un appareil protecteur pour le système nerveux L

* J. Kunckel d’Hergulais, Recherches sur ^organisation et le développement des Valucelles, 1875, p. 83.

APPENDICES PRÉBUGCAUX.

Appendices prcbuccaux : Antennes. — Il n'existe Chez les Insectes qu’une seule paire d’appendices prébuccaux, les antennes (fig. 891), qui sont des organes tactiles fort délicats, mais doivent être aussi con- \ sidérés comme le siège des organes d’olfaction. Elles ne servent jamais à la locomotion, et il est extrêmement rare que l’animal les utilise à la préhension ; cela n’a guère lieu que chez quelques larves, celles des Hydrophiles, par exemple, où l’article basilaire est long et muni d’assez fortes épines perpendiculaires à sa direction. Dans leur état le plus simple, les antennes ont la forme d’un fouet mulliarticulé, s'amincissent graduellement de la base au sommet; ce sont là les antennes filiformes (Carabidæ, b ;

Dytiscidæ) ; elles peuvent être plus courtes que le corps ou en dépasser la longueur (beaucoup de Cerambycidæ) ; parfois elles s’allongent beaucoup, deviennent très grêles, en même temps que|leurs articles se multiplient à l’infini ; elles sont alors sétacées ou capillaires (Locüstid.®, a), ou bien elles se réduisent à une courte tige en forme de soie (Libellulid.e, Cicadidæ). Assez souvent, au lieu de s’amincir au sommet, elles se dilatent, et, dans ces antennes dites claviformes, on peut alors distinguer une hampe et une massue (Hydrophilid.e, Silphidæ, g, h] Myrmeleonidæ, etc.); la hampe est remarquablement allongée et multiarliculée chez les Papillons de jour (Rhopalocera, fig.892). Quand les articles de la massue s’allongent en feuillets qui peuvent s’écarter ou se rapprocher les uns des autres comme ceux d’un livre, la massue est dite feuilletée (ScARABEiDÆji).

Moins fréquemment, c’est larégion moyenne des antennes qui se renfle, auquel cas l’antenne

est fusiforme (SPHYNGIDÆ) . F‘o- 892. — Vanesse morio {Vanessa antiopa)-. Lépidoptère diurne , -, T-.. à antennes en massue.

Chez beaucoup de Dipteres,

l’antenne est courte, ses articles, peu nombreux, forment une sorte de raquette discoïdale sur laquelle s’implante un appendice grêle, raide et pointu, le style qui peut être terminal (Stratyomid.e, k; ïabanid.e, Empid.e, etc.) ou implanté sur le

Fig. 891. — Différentes formes d’antennes. — a, antenne sétacée de Loeusta. — b, antenne filiforme de Carabus. — c, antenne moniliforme de Tenebrio. — d, antenne dentée en scie d'Elater. — e, antenne pectinée de Ctenicera. — f, antenne coudée à' Apis. — ÿ, antenne en massue de Silpha. — h, antenne claviforme de Necrophorus. — i, antenne flabelliforme de MelolontKa. — A, antenne surmontée d’une soie de Sargus (d’après Burmeister).

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bord dorsal de la raquette (Muscidæ, etc.). Cet appendice n’est pas, malgré son apparence, une simple soie ; il peut être, en effet, pluriarticulé et porter lui-même des soies plumeuses {Glossina morsitans).

Ordinairement le premier article des antennes est plus grand que les autres ; il s’allonge quelquefois presque autant que le reste de l’antenne qui forme alors avec lui un angle plus ou moins prononcé (Lucanidæ, Curgulionidæ, Geocorisa, For- MICID.E, Vespidæ, Apidæ, f)', le premier article de ces antennes coudées porte le nom de scape. T.a forme des articles n’est pas moins variable que la forme générale de l’appendice qu’ils constituent. Ils sont le plus souvent plus longs que larges et légèrement renflés à leur extrémité distale; mais ils peuvent se raccourcir au point de devenir sphéroïdaux, et l’antenne parait alors formée d’une série de grains enfilés comme ceux d’un chapelet; elle est moniliforme {Blaps, Opatrum, Tene- 6no, c, etc.); d’autres fois, ils s’allongent latéralement à leur extrémité, en un processus, qui fait paraître l’antenne serriforme ou dentée en scie (ELATERiDiE, d-, Buprestidæ), pectinée ou dentée en peigne (beaucoup de Lampyridæ, tels que Drilus, etc.). Cette disposition peut être limitée à une partie de l’antenne comme chez les Lucanidæ, et de ces massues pectinées on peut faire dériver la massue

feuilletée des Scara- BEiDÆ. Enfin, les articles antennaires peuvent présenter de chaque côté un prolongement semblable , habituellement couvert de poils, l’antenne est alors p)lumeuse\ cette disposition, toujours plus accentuée chez les mâles (Bom- BYCiDÆ, fig. 893), est assez souvent limitée

à ce sexe (Culigidæ, Culiciformes, etc.). La forme plumeuse des antennes paraît iée à un développement exceptionnel du sens de l’odorat, surtout remarquable chez les mâles des Bombycidæ et qui leur permet de découvrir des femelles isolées, à des distances considérables.

Appendices buccaux i. Plan général de l'appareil buccal. — Le nombre des pièces buccales présente, chez les Insectes, une constance si grande, que leur étude fournira l’un des meilleurs exemples d’unité de plan de composition que l’on puisse citer dans le Bègne animal. La bouche est toujours protégée par une pièce impaire fixée â l’épistome, la lèvre supérieure ou labre (fig. 894-, Lr) ; au-dessous sont placées d’avant en arrière : les mandibules (c), les mâchoires {d) et les maxilles (e) dont la base constitue la lèvre inférieure. Parmi les Insectes, les uns se nourrissent d’aliments solides : ce sont les Insectes broyeurs (Névroptères, Orthoptères, Coléoptères);

* Johannes Chatin, Morphologie comparée des pièces maxillaires, mandibulaires et labiales chez les Insectes broyeurs, 1884. — Id. Recherches morphologiques sur les pièces mandibulaires, maxillaires et labiales des Hyménoptères, 1887.

APPENDICES BUCCAUX

les autres, d’aliments liquides qui sont habituellement des humeurs empruntées aux animaux ou aux végétaux : ce sont les Insectes suceurs (Hyménoptères, Lépidoptères, Hémiptères, Diptères). Les Insectes broyeurs paraissent être de beaucoup les plus anciens; les Blattidæ (fig. 895) remontent, en effet, au début de la

Fig. 894. — Pièces de la bouche d’une Periplaneta. — a, tête vue Fig. 895. — Periplanetaorientalis mâle par la face antérieure : Oc, ocelles; palpes maxillaires; Lt, (Règne animal),

palpes labiaux. — b, lèvre supérieure ou labre {Lr). — c, mandibule (Md). — d, mAchoire : C, pièce basiliaire (eardo) ; St, tige [stipes) ;

L.in, lobe interne ; Z. ex, lobe externe; il/xf, palpe maxillaire. — e, lèvre inférieure composée de deux maxilles (d’après Savigny).

période primaire durant laquelle les Névroptères et les Orthoptères se présentent sous des formes aussi puissantes que variées; c’est donc chez eux qu’il convient de rechercher la forme primitive des appendices buccauxdes Insectes. Ces appendices n’offrent d'ailleurs chez les Insectes broyeurs que de légères modifications de détail; tandis qu’ils sont à la fois très modifiés et très différents chez les divers ordres d’insectes suceurs.

Chez tous ces derniers, les pièces buccales présentent, en général, une forme allongée. Cet allongement, plus ou moins prononcé, porte surtout sur les mâchoires et certaines parties des maxilles, constituant ce qu’on appelle la langue chez les Hyménoptères (fig. 890). Chez les Lépidoptères (fig. 898), il porte de même sur les mâchoires, transformées en deux demi-gouttières affrontées

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Fig. 896. — Pièces buccales de Nopa cinerea. — Ul, lèvre inférieure ou rostre ; Lr, lèvre supérieure ; Md, mandibules ; Mx, maxilles (d’après Savigny).

Fig. 897. — Pièces buccales de Cidex nemorosus femelle. — Lbr, lèvre supérieure ; Lb, lèvre inférieure ou trompe ; Lt, palpes labiaux ; Md, mandibules; Mx, maxilles; H, hypopharynx (d’après Becher).

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par leurs bords; mais ici les mandibules et la lèvre inférieure sont rudimentaires, et l’atrophie s’étend parfois à toutes les pièces buccales. Au contraire, chez les Hémiptères (fig. 896), toutes les pièces buccales transformées en stylets sont enfermées dans une gaine formée par la lèvre inférieure extrêmement développée. Cette disposition persiste chez les Diptères (flg. 897), mais ici les pièces buccales, contenues dans la lèvre inférieure, peuvent s’atrophier, tandis que se développent deux processus chitineux, impairs, opposés l’un à l’autre, V épipharynx et X'hypopharynx (Muscidæ) . A l’ensemble des parties allongées qui entourent l’orifice buccal des Insectes suceurs, on donne le nom de trompe.

Ces généralités étant établies, il devient plus facile de suivre le détail des modifications les plus importantes que présentent les pièces buccales de chaque catégorie.

Mandibules. — Les mandibules sont, chez les Insectes broyeurs (fig. 894, c), j deux fortes pièces crochues à leur extrémité, et présentant sur leur bord interne f des denticulations (Md) susceptibles de fournir des caractères distinctifs d’une assez grande constance en indiquant, dans une certaine mesure, si l’Insecte est herbivore ou carnassier. Habituellement plus courtes que la tête, elles s’allon- •' gent beaucoup chez quelques Coléoptères (Histeridæ), et atteignent chez les mâles des Luganidæ des dimensions et une forme qui les ont fait comparer à des bois de Cerf. De telles mandibules ne sont plus que des organes de préhension et de . ' défense; de même les mandibules fortes et puissantes des Hyménoptères (fig. 890, • Md) qui se nourrissent de substances liquides, ne sont utilisées que pour la récolte et la préparation des matériaux de leur nid ou pour la capture des proies destinées aux larves. Assez fréquemment les deux mandibules des Insectes broyeurs et des Hyménoptères sont dissemblables. Les mandibules sont représentées chez les Lépi- •; doptères par deux petits corps arqués, placés de chaque côté d’une lèvre supérieure \ rudimentaire (fig. 898, Md). Elles s’allongent en longs stylets grêles et pointus chez les Hémiptères (fig. 896, Md) et un certain nombre de Diptères (Culicidæ, • fig. 897 Md)‘, chez d’autres, elles ont la forme de lancettes tranchantes et perforantes (Tabanidæ); chez d’autres enfin, elles sont atrophiées (Syrphidæ, Muscid.e).

Mâchoires. — Comme chez les Crustacés, les mâchoires (fig. 894, d) ont conservé une apparence plus voisine de celle des appendices locomoteurs que ne l’ont fait les mandibules, et leur conformation n’est pas sans une frappante analogie avec celle qu’on observe chez les Arthropodes aquatiques : elles sont, en effet, bifurquées dans les deux classes, et chacune de leurs branches peut être formée de plusieurs articles. Le sympodite ou syngnathitc est formé comme chez les Crustacés de deux articles : un coxopodite (C) qui prend ici le nom de pièce basilaire, cardo, ou sous-maxillaire, et un basipodite {St) qui prend celui de tige, stipes, ou maxillaire. Le coxopodite est en général petit et triangulaire; le basipodite, beaucoup | plus long, porte comme d’habitude un cndopodite (Lex) ou sous-galea qui semble i le continuer directement, et, sur son côté externe, un exopodite pluri-articulé, ! désigné sous le nom de palpe maxillaire (Mxt). L’article basilaire de l’endopodite dans lequel on peut voir un ischiopodite, s’élargit en une lame masticatrice (Lin), dite aussi inter maxillaire, qui peut se prolonger aussi bien en arrière qu’en avant. Son prolongement postérieur s’étend le long du bord interne du basipodite et se ] soude habituellement avec lui. L’ischiopodite est suivi d’un méropodite qui est I

APPENDICES BUCCAUX

situé extérieurement par rapport à son prolongement antérieur. Dans les familles des CiciNDELiDÆ, des Carabidæ et des Dytiscidæ, le méropodite a une forme analogue à celle des articles de l’exopodite; il est suivi d’un article terminal, également ovoïde, plus ou moins allongé, de sorte qu’entre la lame masticatrice et le palpe maxillaire se trouve un second palpe interne plus petit que le premier ou palpe externe. Ce palpe interne, biarticulé, est, en réalité, l’extrémité de l’endopodite qui est, par conséquent, formé de trois articles; mais habituellement le 3® article de l’endopodite ne se développe pas, et le méropodite s’étale en une lame, semblable à la lame antérieure de l’ischiopodite {Lex)\ la mâchoire parait ainsi simplement bilobée; son lobe interne est la lame antérieure de l’ischiopodite qu’on désigne aussi sous le nom de galea ; son lobe externe est le méropodite.

Le nombre des articles du palpe maxillaire, exognathite ou exopodite de la mâchoire, peut s’élever â six (Gryllidæ, Acrididæ, Blattidæ, Locustidæ, Ten- TUREDiNiDÆ, Andreninæ, etc.), mais il est généralement plus faible (quatre chez la plupart des Coléoptères) et peut se réduire â un seul. Le sixième article est déjà soudé â un prolongement du cinquième chez les Blatta (fig. 894); il est rudimentaire chez les Locusta; il disparaît chez les Forficula, Termes, etc. La forme de l’article terminal des palpes maxillaires est très variable et fréquemment utilisée dans les caractéristiques.

Les deux lobes qui constituent l’endopodite de la mâchoire sont solides, chitineux, armés de dents fixes, couverts de poils, de soies ou d’épines mobiles chez les Insectes broyeurs. L’une de ces épines est terminale et en forme de crochet mobile sur l’intermaxillaire chez les Gryllus, Locusta, Forficula, les Cicindelidæ, les Hydro- PHiLiD-E, etc. ; cette épine est souvent distinguée sous les noms d'onglet ou de prémaxillaire. La forme de l’intermaxillaire fournit â la classification des Coléoptères des caractères de haute importance. Chez les Hyménoptères, les lohes des mâchoires présentent une extraordinaire variété de formes; ils sont habituellement aplatis , minces et allongés; mais tandis que le lobe externe est plus développé, plus large et plus long que le lobe interne chez les Cimbex, par exemple, il se soude avec lui chez les Bracon,

Perilampus, Methoca, etc., et ne peut plus être distingué chez les Andrena, les Apis, etc., où la pièce terminale de la mâchoire est pointue et particulièrement allongée.

L’allongement s’exagère heaucoup chez les Lépidoptères (fig. 898) et se complique d’un avortement presque complet des palpes. Ces derniers ne gardent une longueur normale que chez divers Tineidæ où, par contre, les mâchoires sont extrêmement réduites; partout ailleurs, ils ne sont formés que de deux articles (Mxt). Les lobes internes, accolés, des mâchoires constituent la

Fig. 89S. — Pièces buccales de Lépidoptères. — a, Zygtena, et b, Noctua. — A, antennes; Oc, yeu.\; Lr, lèvre supérieure; Md, mandibules; 3Ixt, palpes mandibnlaires ; Mx, maxilles ; Lt , palpes labiaux, coupés en 6 (d’après Savigny).

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trompe que l’animal au repos tient enroulée en spirale, sous sa tête. Les deux gouttières qui constituent la trompe sont finement striées en travers ; elles sont, à leur extrémité, armées d’épines qui servent à l'animal à déchirer les nectaires des fleurs; chez les Ophidères, les bords externes de la trompe présentent même une denticulation puissante et l'organe se termine en fer de flèche, si bien qu’il peut percer la peau des oranges dont ces remarquables papillons asiatiques et australiens hument le suc. Les deux mâchoires avortent, au contraire, complètement (Hepialidæ) ou sont réduites à de minces lamelles {Tinea, Crambus, etc.), chez les Lépidoptères qui ne prennent aucune nourriture à l’état adulte. Les mâchoires des Hémiptères sont, comme les mandibules, de simples aiguilles perforantes; elles sont dépourvues d’exognathite ou de palpe. Les modifications des mâchoires des Diptères sont plus variées : elles sont relativement faibles chez les Tabanidæ où il existe un endognathite de deux articles, dont le dernier en forme de lancette, et un exognathite palpiforme; chez les Culicidæ, l’endognathite s’est allongé en un grêle stylet perforant, barbelé au sommet; chez les Muscidæ, il avorte, au contraire, complètement, les palpes représentant à enx seuls les mâchoires.

Maxüles ou lèvre inférieure et palpes labiaux. — Une étude attentive permet souvent de retrouver dans les mandibules les pièces les plus importantes des mâchoires, notamment les deux articles du sympodite avec l’intermaxillaire et la galea- mais toutes ces pièces sont intimement soudées entre elles. Les maxilles ont plus exactement encore la constitution des mâchoires, seulement elles se soudent toujours sur une certaine étendue, le long de la ligne médiane, d’où résulte la constitution d’une lèvre inférieure. On peut suivre les progrès de cette soudure chez les Orthoptères qui comptent, comme on sait, parmi les plus anciens des Insectes. Les deux coxognathites sont seuls soudés chez les Battidæ et les Puasmidæ; la soudure gagne les basignathites chez les Gryllus. Il en résulte une lèvre inférieure formée de deux articles, le submentum, correspondant aux coxognathites soudés, et le mentuin, correspondant aux deux basignathites-, ce dernier supporte trois paires de pièces correspondant rigoureusement au lobe interne, au lobe externe et aux palpes des mâchoires. Les palpes sont désignés sous le nom de palpes labiaux. Ces pièces sont déjà moins nettement distinctes chez les Locusta et surtout les Phasma, par suite de la soudure des sous-galea; mais la lèvre inférieure est cependant divisée en deux moitiés par une profonde fente médiane. Celte fente tend â disparaître ou disparait entièrement chez les Névroptères et les Coléoptères, de sorte que les deux lobes internes des mâchoires sont remplacés, sur la lèvre inférieure, par une pièce impaire que l’on nomme languette * ; quand les lobes externes subsistent dq chaque côté de la languette, ils prennent le nom de paraglosses. Les palpes labiaux demeurent toujours indépendants; ils sont au plus divisés en quatre articles. Les submentum et le mentum de la lèvre inférieure des larves et les nymphes des Libellules s’allongent démesurément, se replient l’nne sur l’autre et les pièces paires forment un appareil préhenseur (fig. 899) ; la lèvre inférieure ainsi modifiée porte le nom de masque.

Toutes ces parties sont parfaitement distinctes dans la lèvre inférieure, presque toujours molle, des Hyménoptères, où elles ont une tendance manifeste â s’allonger.

' Le nom de languette a été aussi appliqué au mentum (Latreille, J. Chatin).

APPENDICES BUCCAUX

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Leur éloDgalion est faible chez les Cimbex, Vespa, Stizus, etc., où la languette et les paraglosses ont à peu près la môme longueur; chez les Bembex, où elle demeure profondément bifide, chez les Mellifères et surtout chez les Apidæ où elle est simple, la languette est beaucoup plus longue et plus large que les paraglosses; sa longueur et sa mollesse lui permettent de fonctionner comme une véritable langue, propre à lécher les surfaces couvertes du liquide sucré que l’animal recueille pour se nourrir.

La lèvre inférieure est très réduite chez les

Lépidoptères, mais elle porte deux grands palpes 899- — Nymphe de Libellule montrant

labiaux, formés de trois articles, habituellement masque a demi déployé,

velus, dressés vers le haut et rapprochés l’un de l’autre de manière à former un abri à la trompe qui s’enroule entre eux (fig. 898, a, Lt). Chez les Phryganidæ elle se soude avec les mâchoires de manière à former un tube de succion plus complexe que celui des Lépidoptères. Chez les Hémiptères et les Diptères, ses bords latéraux se replient en dessus de manière à envelopper les autres pièces buccales; elle constitue ainsi la trompe proprement dite. Les articles primitifs des maxilles peuvent demeurer distincts dans la trompe des Hémiptères; c’est ainsi que la trompe des Pentatomidæ, Coreidæ, Lyc.EiDÆ, Capsidæ est de quatre articles; celle des Acanthiadæ, Reduyiidæ, Cicadid-E et Aphidæ de trois ; le nombre de ses articles peut tomber à deux chez quelques Hydrometridj: [Velia). La longueur de la trompe est d’ailleurs indépendante du nombre des articles qui la composent.

La trompe des Diptères est principalement formée par les sympodites fusionnés des deux maxilles; elle présente une suture médiane et deux rudiments de palpes chez les Tabanidæ; elle se termine chez les Culicidæ (fig. 897, Lb) par trois lobes qui correspondent à la languette et aux paraglosses des Hyménoptères; les palpes labiaux ont complètement disparu. Les paraglosses s’élargissent beaucoup chez les Syrphidæ et les Muscidæ; jils forment une espèce d’opercule à deux battants, à l’ouverture de la trompe évasée en entonnoir; dans leur épaisseur courent des gouttières digitiformes ou fausses trachées permettant l’aspiration des liquides; leur face externe est recouverte de poils tactiles, leur face interne de poils gustatifs (fig. 932, p. 1185).

Èpipharynx et Hypopharynx. — Outre les pièces paires qui représentent les mandibules et les mâchoires, il existe chez beaucoup d’insectes deux pièces qui sont la continuation directe des parois de l’œsophage, et qui ont été confondues tantôt avec le labre, tantôt avec la languette; ces pièces qui n’appartiennent nullement au système des appendices ont reçu les noms d'épipharynx et d'hypopharynx] l’une est, en effet, située au-dessus de l’orifice pharyngien, l’autre au-dessous, et quand elles sont également développées, elles peuvent s’opposer l’une à l’autre comme les deux mâchoires d’un bec d’oiseau. L’hypopharynx a été considéré tantôt comme une paire de mâchoires rudimentaires soudées, tantôt comme une dépendance de la lèvre inférieure, tantôt comme un prolongement de la paroi du pharynx L Ces deux pièces, plus ou moins développées dans les divers ordres d’insectes,

1. J. Kusckel et G.4zag.\aire, Du siège de la gustation chez lei Insectes Diptères. Constitution anatomique et valeur physiologique de Vépipharynx et de l’hypopharynx. — Comptes rendus de l’Académie des Sciences, août 1881.

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prennent une grande importance dans la trompe des Diptères; elles coexistent chez les Culicidæ et les Tabanid.e avec les mandibules et la mâchoire ; avec les mâchoires seulement chez les Syrpiiidæ dont les mandibules ont avorté; elles persistent seules, après la disparition des mandibules et des mâchoires réalisée chez les Muscidæ. La trompe des Tabanid.e contient donc six soies dont deux impaires et quatre paires, elle est hexachéte; celle des Syrpuidæ en contient quatre : deux impaires et deux paires, elle est télrachête; celle des Muscidæ ne contient plus que deux soies impaires, elle est dichôte.

L’hypopharynx et l’épipharynx jouent d’ailleurs avec les quatre autres parties de la bouche le rôle de stylets perforants.

Appendices thoraciques : pattes ambulatoires; leurs adaptations au creusement du sol, à la préhension, au saut, à la nage. — Les Machilis, dont le caractère primitif s’accuse déjà par la présence de véritables pattes sur leurs mérides abdominaux, sont encore remarquables par la forme biramée de leurs pattes thoraciques qui rappellent ainsi les pattes des Crustacés.

Leur hanche porte, en effet, outre la patte ordinaire, un appendice uniarticulé qu’on peut comparer soit â un épipodite, soitâ un exopodite, suivant que l’on considère l’article qui le porte comme correspondant luimême soit au coxopodite, soit au basipodite des Crustacés.

Partout ailleurs les appendices thoraciques sont simples (fig.

900) : ils ont également une composition sensiblement constante , on peut les considérer

Fig.900.— Differentes formes de pattes (Règne animal). —a, d/anh‘5 avec des pattes ravisseuses. — 6, pattes coureuses de Carabus. COmme typiquement forméS de

— c, pattes sauteuses d’Acrirfîum. — d pattes fouisseuses de neuf articles, â SaVOir : la hanche OryLlotalpa, — e, pattes natatoires de Dytiscus.

articulée avec le thorax {coxopodite) ; le trochanter toujours très petit {basipodite) , parfois divisé en deux articles, parfois soudé avec l’article suivant; la cidsse généralement longue et, dans le plus grand nombre des cas, mobile dans un plan horizontal {ischiopodite) ; la jambe, plus grêle et mobile dans le voisinage de la verticale {méropodite) ; enfin le tarse, formé au maximum de cinq articles, dont le basilaire généralement plus grand que les autres peut être considéré comme un propodite, tandis que les articles suivants pourraient être comparés â un carpopodite et â un dactylopodite subdivisés, comme cela a lieu si souvent chez les Crustacés. Le nombre des articles du tarse est sujet d’ailleurs â varier, au moins en apparence; on a divisé longtemps les Coléoptères en pentamères, tétramères et trimères, suivant que leurs tarses présentent cinq, quatre ou trois articles â leurs tarses; les hétéromères ont quatre articles, aux tarses postérieurs, cinq aux tarses moyens et antérieurs, et l’on a un moment constitué un

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