‹ Trait©♭ de zoologieChapitre 324 sur 347 · PATTES · texte numérisé non relu

PATTES

groupe des Dimères pour les Pselapuidæ, voire un groupe des Monomères pour le Clambiis armadillo qui semble, au premier abord, n’avoir qu’un seul article aux tarses. En cherchant à ramener à cinq le nombre des articles des tarses, on a reconnu que les tarses de moins de cinq articles ont, en général, un article rudimentaire de plus qu’on ne supposait, les tétramères sont ainsi devenus des cryptopentamères, les trimères des cryptotètramères; quant aux Clambus, ils ont, en réalité, trois articles à leurs tarses. Comme tous les Coléoptères tétramères vivent sur les feuilles et que bon nombre d’hétéromères sont dans le même cas, on est conduit à penser que la réduction du nombre des articles des tarses chez ces animaux, n’est qu’une conséquence de l’élargissement des articles terminaux qui favorise la marche de l’animal sur les surfaces lisses des feuilles. 11 est à remarquer, d’ailleurs, que les PoDüRiD-E, les Campodid-e dont nous avons eu à signaler plusieurs fois les caractères primitifs, n’ont qu’un seul article aux tarses alors que les Orthoptères coureurs parmi lesquels se trouvent les plus anciens des Insectes (Blatïidæ), les Hyménoptères, les Lépidoptères, les Diptères ont toujours cinq articles aux tarses; il en est de même de quelques Ephemerid.e {Polymitarcys). La plupart des Ephemerid.e et des Logustid.e en ont quatre, les Gryllidæ les uns qutitre {Sehizodacty lus), à' âutves trois {Gryllus, Tridactylus , Gryllotalpa), quelques-uns, deux {CyUndrodes, Rhipipteryx)] les Forficülidæ, les Acrididæ, les Libellulidæ et les Hémiptères n’en ont que trois ou même deux (Psogidæ, Lepismid-E, Aganthiadæ, Hydrometrinæ, Apuid.e), rarement un seul {Naiicoris, Nepa).

Les articles des pattes sont assez peu différents les uns des autres chez les Thysanoures. Dans les autres ordres la cuisse est généralement ovoïde ou renflée à sa base, habituellement lisse; la jambe a ses bords plus ou moins rectilignes; elle s’élargit graduellement de la base au sommet; son bord extérieur et son extrémité distale sont souvent garnis d’épines. Les articles des tarses sont rarement semblables; non seulement le premier est d’ordinaire plus allongé ou beaucoup plus court que les autres, mais l’avant-dernier est plus ou moins profondément échancré, plus ou moins cordiforme, et c’est entre ses lobes que s’insère le dernier article, généralement long, coniq.ue et terminé par deux griffes accompagnées souvent d’une grilfe accessoire. 11 est extrêmement fréquent que la face inférieure des articles soit garnie de poils disposés en brosse qui peuvent s’engrener dans les aspérités des corps, et sont utilisés de cette façon par l’animal lorsqu’il grimpe. Ces poils peuvent, en se modifiant de diverses façons, et notamment en se dilatant à leur extrémité, devenir également des organes d’adhérence souvent utilisés pour permettre aux mâles de s’accrocher solidement aux femelles durant l’accouplement (voir p. 345). Ils sont disposés en rangées régulières sur le premier article du tarse postérieur des Aheilles ouvrières et leur servent à récolter le pollen (flg. 901, b). Assez souvent, le dernier article du tarse porte, outre les griffes, une {Cerambyx, Stenobothrus) ou deux pelotes ou palettes adhésives (Perlid.e, Lygeid.e, Caps:d.e, de nombreux Diptères). Ces pelotes sont couvertes

Fig. 901. — a. Patte po-stérieure d’ouvrière d’Ajjis melUfica. K, corbeille sur le tibia,' D, premier article du tarse portant la brosse sur sa face interne. — b. Brosse fortement grossie.

INSECTES

d’une multitude de petits poils, élastiques, évasés en forme de trompette et qui fonctionne comme autant de petites ventouses. C’est grâce à ces ventouses microscopiques que les mouches peuvent marcher sur une vitre verticale. Les cupules qui existent en petit nombre à la face inférieure des articles dilatés du tarse des DytisciDÆ mâles fonctionnent de la môme façon L Chez la plupart des Insectes, les trois paires de pattes sont également employées à la marche et ne diffèrent que par des détails de structure peu apparents au premier coup d’œil. Dans un assez grand nombre de cas cependant, ou bien leurs proportions relatives varient avec le sexe (p. 345) ou bien l’une des trois paires s’adapte à quelque fonction spéciale. Fréquemment les pattes antérieures se transforment en organes propres à fouir ou en organes de préhension; elles revêtent alors un aspect tout différent de celui des pattes intermédiaires; de même les pattes postérieures peuvent devenir des organes propres au saut (Logustidæ, Gryllidæ, Acrididæ), ou des organes de natation (Dytiscidæ), et cette dernière transformation peut s’étendre aux pattes intermédiaires (Hydrophilidæ). Les pattes fouisseuses ne présentent pas

d’ordinaire de modifications bien profondes. Leurs jambes (méropodites)sont simplement élargies et fortement dentées chez les Scarabéides coprophages ; en outre, le tarse disparaît chez les Scarabæus. Ces pattes sont plus modifiées chez les larves et les nymphes de Cigales qui vivent sous terre (fig. 902, a, b) ; la cuisse est grosse et armée de fortes dentelures dirigées en avant; la

Fig. 902. — Cigale de l’Orne {Cicada Ornï). — a, larve à longues jambe eSt arquée, dentée, terantennes et à pattes propres à couper et à fouir; — b, nymphe; . , , . , . >

— c, adulte mâle dont on voit en Ty l'appareil musical (d’après minée en CrOChet COUrbe, et le

Packard). vient se cacher dans une

rainure qu’elle présente à cet effet. Ces pattes sonÇpropres non seulement à fouir, mais encore à saisir et à couper; elles sont dépassées de^beaucoup dans'ces adap-

Fig. 903. — Courtilière commune {Gryllotalpa vul(jaris).

tâtions multiples par les pattes des Courtilières (fig. 900, d, et fig. 903). Ici, tous les articles de la patte sont extrêmement épais et courts ; la cuisse porte sur son bord inférieur une forte épine contre laquelle peut glisser le bord postérieur de la jambe; ces deux parties fonctionnent dès lors comme les branches d’une paire de ciseaux. La jambe est un triangle presque équilatéral, dont la base est découpée eu quatre

1 G. SiMMERMACBER, Untersuchungen über Haftapparale an Tarsalgliedern von InsekteUf Zeitschrift f. w. Zoologie, t. XL, 1884.

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