TERMINAISON DES NERFS DANS LES MUSCLES NON VOLONTAIRES. 23S
Entre les fibres à double contour ou tubes nerveux d’un même nerf, il existe du tissu conjonctif qui unit ces tubes les uns aux autres, les groupe en faisceaux et se condense à la surface des faisceaux, de manière à leur former une enveloppe
Fis^. 359. — Nerf seialiquo clj rfloiiims adaUs. — Coupe transversale après durcissement du nerf par une solution d’acide chromique à 2 p. 100. — Coloration au carmin. — f, faisceaux nerveux ; (fl, leur gaine lamelleuse ; a, artère dans le tissu conjonctif périfasciculaire ; artériole dans le tissu conjonctif interfasciculaire. — 20 diam. (d’après Ranvier).
Fig. 360. — Coupe longitudinale du muscle rétracteur du corps de l’Escargot, faite après l’action du chlorure d’or.m, cellules musculaires; p, cordons protoplasmiques qui en occupent le centre; n, nerf; t, tache motrice (d’après Ranvier).
dite gaine lamelleuse. Ces faisceaux sont eux-mêmes unis entre eux par un tissu périfasciculaire dont la couche la plus interne forme l’enveloppe générale du nerf ou névrilemme (fig. 329, p. 216). Lorsque le nerf se divise, son enveloppe se divise avec lui et les dernières ramifications qui arrivent à n’être plus formées que d’un seul tube nerveux, sont encore entourées par leur gaine conjonctive, la gaine de Henle,
Cette gaine est intérieurement tapissée par un endothélium dont les noyaux sont colorés en bleu par l’hématoxyline. Dans le tissu conjonctif des nerfs se ramifient de délicats réseaux vasculaires sanguins et lymphatiques (fig. 359, «, a').
Teriniuai»$on des nerfs dans les muscles non soumis à la volonté. — On Connaît les terminaisons musculaires des nerfs chez un certain nombre de Phytozoaires, de Vers et de Mollusques, notamment chez les Nématodes, la Sangsue et l’Escargot. Les fibres nerveuses, toujours sans myéline, se ramifient beaucoup. Si elles aboutissent à des muscles dépendant de la paroi du corps ou de l’appareil locamoteur, leurs ramuscules ne s’anastomosent pas et leurs dernières fibrilles se terminent à la surface des cellules musculaires par un léger élargissement, la tache motrice (fig. 360). Avant de fournir les fibrilles qui se terminent par des taches motrices, les fibres nerveuses des muscles de l’appareil digestif s’anastomosent de manière à former un réseau plus ou moins serré; elles portent souvent sur leur trajet un certain nombre de cellules ganglionnaires isolées (fig. 361).
Les terminaisons de nerfs dans les muscles lisses des Vertébrés s’effectuent à peu près comme dans les muscles viscéraux des Vers et des Mollusques. Les fibres nerveuses forment d’abord un plexus fondamental, dont les mailles présentent en leurs nœuds des cellules ganglionnaires {plexus myentérique, plexus d'Auerhach de l’intestin grêle, plexus de la tunique adventice des vaisseaux). Du plexus fondamental naît un plexus intermédiaire, sans cellules ganglionnaires, qui fournit à son tour de très fines ramifications anastomosées entre les cellules musculaires et formant le
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plexm terminal. De courtes branches de ce plexus viennent, en effet, se terminer
Fig. 361. — Cul-de-sac gastrique de la Sangsue traité par la méthode de l’or. — îk, cellules musculaires; a, noyau de l’une de ces cellules; n, nerf; g, cellule ganglionnaire; t, tache motrice; c, cellule connective (d’après Ranvier).
chacune par une tache motrice sur une fibre musculaire correspondante (fig. 362). La terminaison des nerfs dans les muscles de l'œsophage et dans les muscles du ;j|^.
Fig. 362. — Ramification et terminaison nerveuse dans la tunique musculaire d’une petite artère de Grenouille.
cœur des Vertébrés présente un in- i térêt particulier parce que ces muscles sont striés et ne sont cependant pas, comme les muscles striés de l’appareil locomoteur, soumis à faction de la volonté. Comme les nerfs des muscles lisses, les nerfs des muscles striés non volontaires se résolvent en un plexus immédiatement avant d’atteindre les muscles, de sorte qu’on peut voir là une disposition générale des nerfs moteurs de la vie organique (Ranvier).
Sauf dans les cœurs lymphatiques
des Batraciens, les fibres nerveuses, avant de constituer le réseau terminal, sont en rapport soit avec des ganglions, soit avec des cellules ganglionnaires isolées (fig. 363 et 364). Les fibres du réseau terminal traversent dans leur longueur les cellules musculaires du cœur chez la Grenouille; chez la plupart des autres Vertébrés, elles se terminent par des plaques motrices analogues aux plaques de Rouget, que nous allons rencontrer dans les muscles striés ordinaires.