TERMINAISONS NERVEUSES DANS LES MUSCLES VOLONTAIRES
Terminaisons des fîbres nerveuses dans les muscles volontaires. — Dans les muscles striés soumis à la volonté, les fibres nerveuses présentent trois sortes de terminaison, que l’on peut^ observer respectivement chez les Arthropodes, chez les Batraciens et chez les Vertébrés allantoïdiens.
Fig. 363. — Cellules ganglionnaires appendues à des ramifications sans myéline du nerf cardiaque antérieur, 11,/', chez la Grenouille verte. Le protoplasma de ces cellules s’est rétracté sous l’influence des réactifs, de manière à laisser au-dessous de leur capsule une série d’espaces v, remplis du liquide additionnel; n, noyau des cellules ganglionnaires (d’après Ranvier).
Fig. 364. — Un des nerfs cardiaques ou niveau du sinus veineux du cœur de la Grenouille verte, imprégné par l’or. — n, nerf ; v, vaisseau sanguin ; c, cellules ganglionnaires (d’après Ranvier).
Chez les Arthropodes, on constate deux modes de terminaison nerveuse, suivant que les faisceaux musculaires sont réduits à une seule colonnette ou qu’ils se composent, comme chez les Vertébrés, d’un grand nombre de colonnettes L Dans le premier cas, lorsque la fibre nerveuse arrive sur un faisceau musculaire dans lequel elle doit se terminer, sa gaine de Henle se confond avec le sarcolemme du faisceau, et la fibre elle-même s’élargit en cône par suite de la dissociation des fibres qui la constituent. Ces fibrilles sont enveloppées dans une substance granuleuse où il est très difficile de les suivre; elles atteindraient, suivant Fættinger, les disques minces du faisceau. La masse granuleuse qui les enveloppe, la région où le sarcolemme et la gaine de Henle se confondent, ainsi qu’un certain nombre de noyaux, forment Véminence de Doyêre, observée pour la première fois par ce naturaliste chez les Tardigrades.
Dans les muscles à faisceaux complexes, chaque fibre musculaire ne reçoit qu’un nerf qui forme à sa surface un cône de Doyère limité par une paroi nucléée; dans ce cône le cylindre-axe se divise en deux branches principales qui s’appliquent à la surface de la substance musculaire et atteignent chacune une des extrémités de la fibre. De ces branches naissent à angle droit des branches secondaires qui enlacent toute la fibre et émettent à leur tour des ramuscules plusieurs fois ramifiés, dont les dernières ramifications se terminent en pointe libre.
1 Vi.4L.4N.NES, Recherches sur l'histologie des Insectes et sur les phénomènes qui accompagnent le développement post-embryonnaire de ces animaux. — Annales des sciences naturelles, t. XVI, 1®"' art., n” 1. Août 1882.
LES TISSUS
Chez les Vertébrés le mode de terminaison n’est pas aussi simple. Le tube nerveux, d’abord indivis, se ramifie dans la presque totalité de son parcours, à la surface du faisceau musculaire, en fournissant une ou plusieurs branches qui naissent toutes au niveau d’un étranglement annulaire. Les segments de ces ramifications deviennent de plus en plus courts, puis le cylindre-axe, dépourvu de toute enveloppe, perce le sarcolemme. Chez les Batraciens, les dernières ramifications du nerf sur la substance musculaire sont des filaments presque rectilignes, les tiges terminales, qui finissent en pointes libres (flg. 365). Chez les Vertébrés à respiration
Fig. 365. — Buisson terminal d’un faisceau musculaire du gastrocnémien de la Grenouille verte, traité par le procédé de Lowit. — a, branche mère du buisson; s, sa gaine de Henle ; t, tiges terminales (d’après Ranvier).
Fig. 366. — Plaque motrice et arborisation termi- ' nale des muscles spinaux du Lézard vert, observées après l’action de l’alcool au tiers. — h, gaine de Henle du tube nerveux; b, bifurcation de i ce tube ; e, étranglement annulaire ; m, dernier • segment interannulaire très court, possédant de la myéline ; r, ramifications terminales de l’arborisation ; n, noyau de l’arborisation ; n', noyaux fondamentaux (d’après Ranvier).
aérienne, chaque ramification à myéline, externe au sarcolemme, produit en se divisant sous le sarcolemme une arborisation terminale dont les rameaux ont un aspect moniliforme plus ou moins régulier (flg. 366). Au domaine de cette arborisation correspond une région granuleuse qui la masque quand on n’a pas fait agir les réactifs appropriés. Des noyaux plus ou moins nombreux appartenant à la gaine conjonctive sont disséminés dans cette région qui constitue la plaque motrice de Rouget (fig. 367).
Terminaisons sensitives des nerfs — Les terminaisons sensitives ne sont guère au fond que de deux sortes, ou bien les extrémités des fibrilles nerveuses sont libres ou bien elles s’unissent à des cellules épithéliales.
Les nerfs du toucher se terminent, chez les Vertébrés, soit dans l’épiderme, soit dans le derme, par des extrémités libres, renflées en bouton ou en disque. Dans les terminaisons épidermiques, les extrémités nerveuses ne conservent que des