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MIGRATIONS DES PARASITES

Oiseaux, et dans les fosses nasales des Chevaux et des Chiens. Ces parasites ont pour organes de fixation quatre crochets avoisinant leur bouche; leur corps, nettement segmenté, est remarquablement vermiforme. En présence de cet aspect, en présence de la disparition totale de la segmentation et de l’élongation du corps que présentent les femelles de Lernéens, on est conduit à soupçonner que, lorsque des classes entières de Vers sont composées de parasites internes, comme celles des Némathelminthes(AcANTHOCÉPHALES,GoRDiACÉs,NÉMATOÏDEs), des Trématodes et des Cestoïdes, les formes caractéristiques de ces classes sont peut-être la conséquence d’une adaptation complète au parasitisme. Il est, en tous cas, bien remarquable que les Némathelminthes manquent de cils vibratiles, comme les Arthropodes, et soient comme eux abondamment pourvus de production chitineuse, tandis que les Trématodes semblent se rapprocher beaucoup des formes les moins élevées des Hirudinées, où l’on observe aussi tous les passages de la vie libre à la vie parasitaire.

Migrations. — Avec Tendoparasitisme, apparaît un phénomène nouveau, celui des migrations. Les parasites externes se multiplient, en général, sur place ; un certain nombre d’entre eux émigrent lorsque quelque accident met en contact l’individu qui les porte avec un autre. Il en est de même de quelques endoparasites, par exemple le Syngamus trachealis, nématode parasite de la trachée artère des volailles, et probablement les Strongylus commutatus, filaria, paradoxus, respectivement parasites des voies respiratoires du Lièvre, du Mouton, du Porc, ainsi que d’autres Strongylides. La multiplication sur place des endoparasites entraînerait, en général, au bout de peu de temps, la mort de leur hôte, et par conséquent leur propre destruction. Aussi n’a-t-elle lieu que dans des cas déterminés. Le plus souvent, les œufs pondus par les endoparasites qui habitent des cavités ouvertes sont entraînés au dehors, et c’est dans un hôte nouveau que la jeune génération doit se développer. Mais le retour dans cet hôte peut s’accomplir au moins de six manières différentes.

1° L’œuf pondu ne se développe pas au dehors; il attend pour accomplir son évolution qu’une circonstance favorable l’ait transporté dans le corps d’un hôte semblable à celui qu’il vient de quitter;

2° Les jeunes nés dans l’hôte où habitent leurs parents passent dans une autre partie de cet hôte en attendant de passer, avec la chair de celui-ci, dans un hôte nouveau ;

3^^ L’œuf pondu arrive au dehors, ne s’y développe pas; mais passe dans le corps d’un hôte appartenant à une autre espèce que celui qu’il vient de quitter; le jeune éclôt dans cet hôte nouveau, et ne parvient à un hôte semblable à celui de ses parents que par des intermédiaires plus ou moins nombreux;

4° L’œuf pondu se développe; le jeune éclôt, et, après quelque temps de vie indépendante, achève son développement dans un organisme semblable à celui dans lequel ses parents ont vécu;

3° L’œuf pondu éclôt au dehors; le jeune passe après son éclosion dans le corps d’un hôte appartenant à une autre espèce que celui dans lequel ses parents ont vécu, et ne revient à un individu semblable à l’bôte primitif que par de plus ou moins nombreux intermédiaires.

6° L’œuf pondu éclôt au dehors, le jeune achève son développement en liberté, et c’est seulement la génération suivante ou une des générations suivantes qui retourne à un hôte semblable à l’hôte primitif.

LES ESPÈCES

Entre ces six formes de migration on peut, d’ailleurs, trouver des intermédiaires.

Le premier mode de migration est le plus simple; on l’observe chez beaucoup de Nématodes, tels que le Trichocephahis dhpar de l’Homme, le T. affinis du Mouton, le T. crenatus du Porc.

Le second cas est celui de la Trichina spiralis. La Trichina spiralis est vivipare; les jeunes naissent dans l’estomac de l’animal où leurs parents sont parvenus à l’état adulte, en traversent les parois et vont s’enkyster dans les muscles de leur hôte. Ils n’y acquièrent pas d’organes génitaux. Mais si les muscles où ils sont enkystés sont mangés par un autre animal, ils arrivent à maturité sexuelle dans l’estomac de celui-ci, s’y accouplent, les Jeunes naissent et vont s’enkyster dans les muscles de leur hôte nouveau, qui n’est pas nécessairement d’une autre espèce que celui de leurs parents.

Le troisième cas est celui des Linguatules et des Cestoïdes de l’ordre des Téniadés. Des œufs de la Linguatule du Chien, déposés sur l’herbe, éclosent dans l’estomac du Lapin, le traversent pour s’enkyster dans le foie, et si des Chiens ou des Loups mangent le Lapin, passent dans les fosses nasales de ces carnassiers. Les segments ou proglottis des Cestoïdes sont expulsés au dehors à mesure qu’ils arrivent à maturité et les œufs sont disséminés par suite de leur décomposition. Ces œufs arriventils, par l’intermédiaire des boissons ou des aliments, dans l’estomac d’un animal où ils trouvent des conditions propices à leur développement, ils donnent naissance à un embryon à 6 crochets, qui traverse les parois de l’estomac et gagne la cavité péritonéale ou les muscles de son hôte. Là il grossit beaucoup, produit un Scolex ou segment fixateur et se transforme lui-même en une vésicule énorme par rapport à sa taille primitive, tandis que des nouveaux segments se forment au contact du Scolex; c’estlà un Cyf<ticerqiie qui s’entoure d’un kyste et attend d’être mangé par un animal identique à celui qu’habitait le Ténia primitif, pour se transformer lui-même en Ténia dans son tube digestif. Chaque Cestoïde traverse donc deux hôtes : l’un où il vit enkysté à l’état de Cysticerque, l’autre où il habite le tube digestif. Pour que le Ténia puisse arriver à maturité, il faut que le premier hôte serve habituellement de proie au second. C’est ainsi que le Cysticerm fasciolaris de la Souris devient le T. crassicollis du Chat; le C. pisiformis du Lapin, le T. serrata du Chien et du Loup, etc. Mais tous les Ténias ne paraissent pas assujettis à des migrations aussi régulières; les migrations n’expliquent pas la présence de Ténias dans le tube digestif d’animaux herbivores (T. perfoliata du Cheval). Les migrations des Échinorhynques sont calquées sur celles des Ténias; leurs œufs éclosent dans des Crustacés amphipodes qui transmettent aux Poissons l’embryon destiné à devenir adulte dans leur tube digestif.

Un assez grand nombre de Nématodes émigrent suivant le quatrième mode, tels sont V Ankylostomiim duodenale de l’Homme, le Dochmius trigonocephalus du Chien, le Sclerostomum equinum du Cheval.

Le cinquième mode de développement est celui des Cestoïdes de l’ordre des Bothridiés, encore mal connus, et de la grande majorité des Trématodes endoparasites (DiSTOMiENS). De l’œuf sort un embryon cilié qui, après avoir quelque temps nagé librement, pénètre dans le corps d’un Mollusque, où il se transforme soit en une Rédie, sorte de Ver pourvu d’un tube digestif, soit en un sac sans appareil digestif et de forme parfois très irrégulière {Leucochloridium paradoxum) , le Spo-

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