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ADAPTATIONS RÉCIPROQUES

tides), d’autres qui sont végétariennes (Forficulides, Phasmides, Acridides), d’autres carnivores (Mantides) ; ils sont beaucoup plus accusés chez les Coléoptères où ils pourraient servir à caractériser des familles tout entières, les unes à régime animal (Cicindélides, Carabiques, Dytiscides, Lampyrides, Dermestides, Cocci- NELLiDEs), d’autres à régime végétal (Elatérides, Buprestides, Hydrophylides, Lucanides, Scarabéides, Meloïdes, Œdkmerides, Cérambycides, Curculionides, Curysomélides, etc.). Les mandibules se terminent presque toujours en crochet chez les Insectes carnassiers, elles sont tronquées chez la plupart des herbivores. Les mâchoires se modifient de même; leur lobe externe est converti en palpe chez les Coléoptères carnassiers des familles des Cicindélides, Carabiques et Dytiscides; tandis qu’il est uniarticulé ou atrophié chez les autres formes. Parmi les Vers annelés, les Annélides errantes, les Némertes, les Sangsues sont généralement carnassières, et la partie antérieure de leur tube digestif est armée soit de crochets préhenseurs, semblables à des mandibules (Annélides), soit de stylets venimeux (Némertes), soit de trois lames cornées, destinées à couper les tissus en s’affrontant l’une à l’autre (Hirudinées de la famille des Gnathobdellides). Le tube digestif est au contraire inerme chez les Lombriciens qui ont tous un régime végétal. La langue ou radula des Mollusques Gastéropodes a de même un aspect fort différent dans les espèces carnivores et dans celles qui sont herbivores; les rangées transversales de dents qui la constituent sont formées d’un très grand nombre de dents à extrémité arrondie chez les Gastéropodes à alimentation végétale (Ténioglosses) ; les rangées sont formées au contraire d’un petit nombre de dents aigues chez les carnivores (Sténoglosses) ; de même si les Poissons et les Reptiles herbivores ne présentent pas des caractères très différents de ceux des espèces carnivores qui sont l’immense majorité, les Oiseaux et les Mammifères carnassiers ont été de bonne heure constitués en groupes distincts grâce â la courbure du bec et des ongles des premiers, â la forme tranchante des dents des seconds.

Le régime alimentaire est d’ailleurs l’occasion d’adaptations bien plus spéciales. Les matières végétales et animales se trouvent dans des conditions très diverses. Gertains Arthropodes dévorent les diverses parties de végétaux vivants, ou donnent la chasse â des animaux de leur taille; il en est d’autres qui empruntent leurs aliments aux liquides nourriciers des animaux et des plantes; ceux-lâ peuvent s’adresser â des êtres dont la taille est hors de proportion avec la leur, vivre sur eux â demeure et en devenir ainsi les parasites. Tous les arthropodes parasites présentent ce caractère commun que leurs pièces buccales sont allongées et transformées en stylets propres â perforer les tissus (Copépodes siphonostomes, Argu- LiDES, Acariens, Myriapodes de la famille des Polyzonides, Hémiptères, Diptères). Mais il y a entre eux et les Arthropodes â conformation normale d’intéressanis passages permettant de comprendre comment ils en dérivent et pouvant présenter aussi des formes toutes particulières d’adaptation, M. .lohannes Chatin a mis soigneusement en relief les nombreuses étapes de ce genre qu’on observe dans l’ordre des Hyménoptères, dont les mâchoires diffèrent fort peu dans certains types de «elles d’un insecte broyeur et arrivent enfin â la conformation de celles des Abeilles, où les mâchoires et la langue prennent un allongement exceptionnel; l’alimentation des Hyménoptères est, en effet, fort variée et va de la chair et des fruits (Guêpes) au nectar des fleurs (Abeilles). C’est à ce nectar que se borne le régime des Papillons

LES ESPÈCES

dont l’apparition sur la Terre était subordonnée par conséquent à l’apparition des fleurs; leurs mâchoires démesurément allongées, tandis que par une sorte de balancement les mandibules et les palpes maxillaires sont rudimentaires, constituent un tube propre à aller chercher au fond des corolles profondes le nectar qui s’y rassemble. Un papillon de nuit voisin des Noctuelles, VOphideres fullonica, de la Chine, de la presqu’île de Malacca, de l’Inde, des îles de la Sonde et d’Australie ne se borne plus à humer les sucs naturellement exsudés. Sa trompe est acérée; il s’en sert pour percer la peau des oranges et humer le jus contenu dans la pulpe. Ces mœurs exceptionnelles chez les Papillons sont, au contraire, les plus fréquentes chez les Hémiptères et les Diptères; dans ces ordres, beaucoup d’insectes ne s’attachent que momentanément à l’organisme qui les nourrit; les Punaises de lit et les Puces ne diffèrent guère à cet égard des autres insectes de leur ordre; dans la famille des Diptères pupipares on trouve tous les passages entre un demi-parasitisme {Hippobosca) et un parasitisme complet {Melophagus), le parasitisme est la règle chez les Pucerons, les Coccides et les Pédiculides. Les Crustacés présentent des transitions en tout analogues de la vie libre au parasitisme. Parmi les Copépodes, les Saphirinides femelles sont seules parasites des Salpes et ne présentent aucune déformation du corps; les Corycéides des deux sexes sont des parasites temporaires; les Ergasilides, les Lichomolgides, les Argulides sont décidément parasites, mais capables encore de nager; les Ascomyzontides, Caligides, Dichélestides sont enfin des parasites qui ne quittent pas leur hôte et conduisent aux étranges Lernéides et Lernéopodides. Les Amphipodes ne présentent pas en général un parasitisme très rigoureux (Hypérines), sauf les Cyames ou Poux de baleine, tandis que chez les Isopodes le parasitisme, qui atteint déjà à un haut degré chez les Bopyrides, est porté en quelque sorte au maximum chez les Entoniscides. Chez ces divers parasites on trouve tous les états de modification des appendices qui d’organes de marche ou de natation arrivent à l’état d’organes de fixation, terminés par des ventouses ou des crochets spécialement modifiés pour permettre au parasite de vivre sur une espèce animale donnée, mais lui interdisant tout passage sur une espèce très différemment conformée. Chaque espèce de parasite vit ainsi sur les espèces d’un genre déterminé; parfois même l’espèce du parasite change avec celle de l’hôte et il peut arriver que plusieurs espèces de parasites, d’ailleurs voisines, se partagent les diverses régions du corps de leur hôte. C’est ainsi que l’Homme nourrit trois espèces de Poux : une qui se tient dans les régions du corps simplement couvertes de duvet (P. vestimenti, Burm.), une seconde dans les cheveux (P. capitis, Deg.), une troisième dans les régions du corps que couvrent des poils de plus grand diamètre {Phthirius pubis, Linné) ; chacune a des moyens d’adhérence appropriés à sa station.

Les parasites dont nous venons de nous occuper demeurent à l’extérieur du corps de leur hôte; ce sont des ectoparasites. Mais les voies respiratoires, les voies digestives sont en libre communication avec l’extérieur; certains parasites y pénètrent, s’y établissent d’une manière définitive et constituent ainsi des endoparasites. Quelques Arthropodes sont susceptibles de mener ce genre de vie. Des Acariens, les Demodex folliculorum s’établissent dans les glandes sébacées des Mammifères ; d’autres Arachnides, les Linguatulides, ne comprenant que le genre Pentastomim, habitent les voies respiratoires de divers Serpents (Naja haje, Boa, Python), de quelques

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