‹ Trait©♭ de zoologieChapitre 93 sur 347 · CHAPITRE Yltl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Yltl

CLASSIFICATIONS

Période antérieure à Linné — D’après tout ce que Contient le chapitre précédent, s’il n’est pas absolument démontré que les espèces soient variables, il est au moins établi que la continuité domine tous leurs rapports, que les formes les plus éloignées sont reliées les unes aux autres par d'insensibles transitions, même dans la nature actuelle. De tout temps ces transitions ont frappé les naturalistes et c’est pour mettre en relief les divers degrés de re'ssemblance qu’ils apercevaient entre les êtres vivants qu’ils ont imaginé les classifications, c’est-à-dire des arrangements réguliers dans lesquels les espèces les plus semblables sont réunies en tjmres, les genres en familles et les familles en classes.

On fait ordinairement remonter jusqu’à Aristote l’idée de ces arrangements; mais Aristote ne s’est jamais proposé la confection d’un catalogue des productions naturelles rangées dans un ordre méthodique; il étudie ces productions en ellesmêmes, les compare les unes aux autres, en se plaçant à divers points de vue, et exprime le résultat de ses comparaisons en divisant les êtres en catégories qui changent naturellement avec le point de vue auquel il se place et auxquelles il applique des dénominations particulières quelquefois empruntées au langage courant, d’autres fois créées par lui à l’aide de combinaisons de mots exprimant les caractères qu’il veut mettre en relief.

Aristote ne cherche pas d’ailleurs à établir une hiérarchie rigoureuse entre ces catégories, encore moins à désigner par un nom particulier chaque degré d’une hiérarchie qu'il n’a pas constituée. Cependant les catégories de moindre étendue sont souvent désignées sous le nom de eîSo; lorsqu’il les compare aux catégories plus étendues ou yévo; dans lesquelles elles se rangent, et qui suivant leur importance sont désignées sous le nom de yèvr, [j,éyixà ou de tévy) [jiyto-Ta. L’espèce s’appelle yévo; quand elle est considérée d’une manière absolue ou par rapport aux individus, EtSo; quand elle est considérée comme une subdivision d’une catégorie plus générale. Quoiqu’il ne le dise pas d’une manière absolument dogmatique, Aristote considère d’ailleurs comme de môme espèce « les animaux qui s’accouplent entre eux et dont

^ Consulter pour l’histoire des elassifications juscpies et y compris celle d’Ha^ckel : .UiASSiz, De l’espèce et de la classification en zoolof/ie. Trad. franç. par Vogeli, 1869.

CLASSIFICATIONS

l’accouplement est fécond », et les animaux homophyles, c’est-à-dire qui peuvent être regardés comme descendant de parents communs; mais il admet des accouplements monstrueux.

Parmi les rapprochements auxquels il a été conduit, il en est un que l’on représente d’ordinaire comme sa classification parce qu’il lui a servi à établir les chapitres de son Histoire naturelle, et qu’il est d’ailleurs le plus rapproché de nos arrangements actuels. Le Règne animal s’y trouve réparti en deux grandes catégories, subdivisées elles-mêmes en quatre autres, comme l’indique le tableau suivant :

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