‹ Trait©♭ de zoologieChapitre 95 sur 347 · Insectes (£vxop,a · texte numérisé non relu

Insectes (£vxop,a

8. Testacés (cjaxpaxdSEpp-axa), comprenant les Oursins et nos Mollusques à coquille univalve ou bivalve.

La division des animaux en sanguins et exsangues correspond à la division en Vertébrés et Invertébrés qui sera reprise par Lamarck et qui est demeurée sinon dans la science, au moins dans le langage courant des naturalistes. Aristote connaissait d’ailleurs parfaitement les rapports qui existent entre les Baleines, les Chauves-Souris et les Quadrupèdes vivipares. Il séparait aussi les Autruches des Oiseaux, et l’on demeure émerveillé de la précision de ses connaissances comme de la justesse de ses appréciations. On peut considérer Wotton (1332) comme ayant extrait des œuvres d’Aristote la classification qu’elle contenait en germe.

Jusqu’au xvi° siècle, l’histoire naturelle des animaux n’avait pas fait un pas; l’invention de l’imprimerie (1431), en répandant les connaissances acquises, la découverte de l’Amérique (1492), en faisant connaitre une multitude d’animaux propres . aux régions nouvellement explorées, donnent un nouvel essor aux connaissances zoologiques. Belon (1318-1364), Rondelet (1307-1366), Conrad Gessner (1316-1363), Aldrovande (1327-1603), Lister (1681), Rumpf (1703), Petiver (171 1), Breyn (1733), Linck (1733), Seba (1761), publient sur l’histoire de groupes zoologiques limités ou sur l’ensemble du règne animal d’importants ouvrages où l’on trouve des essais plus ou moins heureux des groupements méthodiques; mais l'idée d’une division hiérarchique du Règne animal ne s’est pas encore nettement précisée; la notion même de l’espèce demeure flottante, obscurcie qu’elle est, au moins pour une part, par la croyance presque générale à la génération spontanée ou aux transmutations miraculeuses de certaines formes.

CLASSIFICATIONS

Linné. — La nécessité d'un groupement des productions vivantes dans un ordre tel qu’il soit facile de les retrouver et de les reconnaître facilement s’impose bientôt. C’est le but que poursuit Linné, dans une série d’ouvrages relatifs aux diverses branches des sciences naturelles et surtout dans le Systema naturæ (1735), qui lui a valu d’être considéré comme le réformateur de ces sciences. Linné accepte, nous l’avons vu, la notion de l’espèce telle que Ray l’a définie, tout en admettant que les espèces sont susceptibles de présenter de légères modifications de forme qu’il nomme variétés. Il traite cependant, en fait, les espèces comme autant d’entités distinctes, qui se seraient perpétuées sans mélange depuis l’origine des choses. Tous les individus d’une môme espèce étant à peu près identiques entre eux, l’espèce peut être considérée comme une unité; ce sont ces unités qu’à partir de Linné tous les classificateurs se proposent de grouper dans un ordre méthodique. Pour parvenir à cet ordre, Linné imagine d’abord de donner un nom à chacun des degrés de la hiérarchie que les naturalistes reconnaissent d’instinct dans les divisions qu’ils instituent, mais qu’ils n’ont pas songé à définir par des règles précises. 11 réunit en un môme genre les espèces qui se ressemblent le plus; les genres les moins différents sont groupés en ordres et les ordres en classes, et il exprime l’idée qu’il se fait de ces divisions en les comparant aux divisions de la hiérarchie administrative ou militaire.

Aux dénominations compliquées et capricieuses en usage jusque-là, il substitue une méthode de dénomination déjà appliquée par divers auteurs, Linck notamment (1733), à des groupes spéciaux et calquée sur la méthode même de l’état civil. Chaque espèce portera désormais un nom, celui du genre auquel elle appartient; un prénom, qui la distinguera parmi les espèces du même genre. Linné applique ce système de dénomination d’abord aux espèces Scandinaves {Pan suecica, 1749), puis aux plantes connues de son temps {Species plantarum, 1753), enfin à tous les êtres vivants {Systema naturæ, 12° édition, 1766). C"est là ce qu’on appelle la nomenclature binaire, aujourd’hui universellement adoptée, si bien que d’importantes réunions ou associations de naturalistes ont décrété, non sans quelque injustice, la déchéance de tous les noms antérieurs à Linné, fussent-ils conformes aux règles de nomenclature qu’il avait tracées.

Linné en établissant son Système de la nature n’a d’autre ambition que de dresser un catalogue pratique à l’aide duquel chaque espèce puisse être facilement reconnue. Peu importe dès lors la nature des caractères à l’aide desquels sont définis les classes, les ordres, les familles dans lesquelles Batsch divise bientôt les ordres, les genres qui rentrent dans ces familles et les espèces. L’essentiel est que ces caractères soient facilement reconnaissables, que le catalogue des animaux soit facilement accessible. Linné ne donne en conséquence sa classification que comme un système artificiel, et son système des animaux ne diffère de celui d’Aristote que par des modifications qui, on doit le reconnaître, ne sont pas très heureuses. La division des animaux sanguins et exsangues est supprimée; et dans la division des animaux exsangues il n’y a plus que deux classes : celle des Insectes comprenant les Arthropodes terrestres et celle des Vers où sont réunis tout le reste des animaux. En outre Linné range parmi les Reptiles tous les Poissons cartilagineux, et un certain nombre de Poissons osseux, plus ou moins aberrants, les Pédiculés, les Discoboles, les Sclérodermes, les Lophobranches, familles dont les Baudroies, les Cycloptères,

CLASSIFICATIONS

les Coffres et les Hippocampes sont les types respectifs. Le Règne animal est ainsi divisé en six classes :

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