‹ Trait©♭ de zoologieChapitre 96 sur 347 · Ampliibia. Reptiles, Serpentes, Nantes · texte numérisé non relu

Ampliibia. Reptiles, Serpentes, Nantes

i. Pisces. Apodes, Jugulares, Ttioracici, Abdominales.

.'I. Insecta (tous les Arthropodes). Coleoptera, Hemiptera, Lepidoptera, Nevroptera, Hymenoptera, Diptera, Aptera.

6. Verines. Intestina, Mollusca, Testacea, Lithophyta, Zoophyta.

Vues philosophiques sur les rapports naturels des animaux. — Le XVIII® siècle était trop imprégné de philosophie pour qu’un esprit aussi élevé que celui de Linné pût se contenter d’un catalogue de la nature dressé d’après des caractères arbitraires. Aussi à côté des systèmes artificiels, dont le nombre est infini, Linné conçoit-il une méthode naturelle essentiellement une, comme la nature dont elle doit fidèlement représenter le plan. Linné ne juge pas la science assez avancée pour lui permettre de tenter l’établissement d’une pareille méthode; il laisse à ses successeurs le soin d’y arriver par une série d’approximations successives. Désormais la recherche de cette méthode naturelle tient une grande place dans l’esprit des nomenclateurs. Qu’est-ce que celte méthode? Le jour où elle sera trouvée, à quoi sera-t-elle reconnaissable? Qu’est-ce que ce plan de la nature qu’on prétend lui faire représenter? Qu’est-ce que la nature elle-même et d’où viennent les règles auxquelles on la prétend soumise? Les explications que l’on donne sur ces différents points ne sont ni très claires, ni très scientifiques, et ce qui s’en dégage le plus nettement, c’est un vague besoin pour les naturalistes de s’élever au delà de la simple observation des faits, jusqu’à quelque conception générale du monde, pouvant tenir lieu d’une explication qui leur semble interdite. La philosophie de Leibniz paraît surtout avoir inspiré ces spéculations. « La nature ne fait point de sauts», et Linné considère, en conséquence, comme la méthode naturelle, celle où chaque espèce serait exactement placée de manière à servir de trait d’union à deux autres. Mais la continuité peut s’entendre de diverses façons. Les espèces peuvent former des séries ramifiées, des séries linéaires, des courbes fermées; chacune de ces interprétations trouve ses partisans. Bonnet de Genève se prononce pour la série linéaire; il tente de donner une échelle des êtres qui, pour la Terre, commence aux matières plus subtiles que le feu et s’élève jusqu’à l’Homme, mais qui, si l’on comprend l’Univers entier, s’étend de l’atome au plus parfait des Chérubins (1768). Plus tard, Mac- Lay, dans ses Eoræ entomologicæ (1819-1821), Dugès, dans son Mémoire sur la conformité organique (1833), se montreront partisans de séries circulaires, multiples et tangentes entre elles.

La métaphysique a été imaginée pour suppléer à l’impuissance de la physique : il était fatal qu’elle envahit de plus en plus une science qui repoussait d’avance tout essai d’explication rationnelle des formes vivantes. C’est en Allemagne surtout qu’elle arrive à régner en maitresse. Sous l’influence des doctrines de Schelling se

CLASSIFICATIONS

fonde VEcole des Philosophes de la nature (qui compte parmi ses adeptes Oken, Kieser, ïtojanus, Spix, Burdach, Carus, etc.), qui en arrive à considérer l’Homme comme le prototype de l’Univers et les animaux comme représentant simplement des organes ou des systèmes d’organes de l’Homme, combinés d’une manière plus ou moins complexe. Cette idée est le point de départ des classifications successivement publiées par Oken de 1816 à 1842 et de celle de Fitzinger (Systema reptilium, 184.3).

En France, pour être plus modérées, les tendances philosophiques n’en sont pas moins puissantes; quoi qu’on en ait pu dire, elles imprègnent aussi bien les travaux de Cuvier que ceux de Geoffroy Saint-Hilaire. L’étude trop exclusive des animaux vertébrés, l’ignorance où l’on demeure longtemps du mode d’organisation des animaux exsangues d’Aristote, favorise le développement d’une doctrine dont on peut considérer Buffon comme le promoteur, mais à laquelle, par ses nombreux travaux, par les heureuses déductions qu’il a su en tirer {théorie des analogues, basée sur le principe des connexions, p. 73 à 78; théorie des organes rudimentaires, basée sur le principe du balancement des organes, p. 341 ; tératologie, basée sur ces deux principes et sur celui de Vaction des milieux), par ses ardentes polémiques avec Cuvier, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire a mérité d’attacher son nom : la théorie de Vunité de plan de composition du Bègne animal. Goethe et Ehrenberg, en Allemagne, ont avec Étienne Geoffroy d’assez grandes affinités. Pour Goethe, les aspects divers des Plantes et des Anirnaux ne sont que le résultat des modifications de forme que subit un même organite fondamental dont la répétition et les groupements multiples produisent tous les êtres vivants. Ehrenberg, comme Geoffroy, croit à l’égale complexité de tous les êtres vivants, formés des mêmes systèmes d’organes, modifiés seulement dans le détail; il traduit cette idée par un système général de classification du Règne animal, ce que Geoffroy n’avait pas essayé (1836). Le système de Dugès (1833) peut être considéré comme traduisant plus spécialement les idées de Goethe sur la répétition des parties et sur leurs métamorphoses ou, comme nous dirions aujourd’hui, leurs différenciations. Les classifications d’Ehrenberg et de Dugès marquent la phase systématique de l’école philosophique qui gravite autour de l'idée de l’unité de plan de composition.

Cieorges Cuvier et les classifîcatioiis anatoniiques. — Aristote, Linné et, dans une certaine mesure. Bonnet lui-même, peuvent revendiquer une part d’influence sur l’esprit de Cuvier. Comme Bonnet, Cuvier croit que l’animal adulte résulte simplement de l'évolution, c’est-à-dire de l’accroissement en tous sens d’un germe semblable à lui, contenu dans l’œuf; comme Bonnet, il croit à des cataclysmes subits, détruisant par intervalle toute la population du Globe et nécessitant son repeuplement. Comme Linné, il croit à l’absolue fixité des espèces et cherche la méthode naturelle. 11 tient enfin d’Aristote le goût de l’observation directe de la nature, l’art de saisir et d’exprimer les corrélations des parties combinées dans un même organisme et le fondement essentiellement finaliste de sa philosophie. Par ce dernier trait, il ressemble encore à Bonnet et à Linné, par les deux premiers il s’élève bien au-dessus d’eux. Familiarisé de bonne heure par de nombreuses dissections avec la structure des animaux exsangues, comme on disait encore au début de sa carrière, il constate dès 1795 la diversité d’organisation des animaux composant la classe des Vers de Linné, et propose de substituer à la 3® et à la 6® classe du Systema naluræ, les six classes des Mollusques, des Insectes, des Crus-

CLASSIFICATIONS

lacés, des Ft^rs, des Echinodermes eldes'Zoophytes. Plus tard, il groupe ces six classes en trois embranchements : ceux des Mollusques, des Arthropodes (Insectes et Crustacés) et des Zoophytes (Echinodermes et Zoophytes, dans l’ancienne acception). Les quatre premières classes de Linné sont réunies comme l’avait fait Aristote en un seul embranchement, celui des Vertébrés. Cuvier aurait pu justifier cette classification en s’appuyant uniquement sur le résultat de ses observations anatomiques. Bien qu’il se considère comme le fondateur de ce qu’on a appelé Yécole des faits, il préfère la rattacher à la doctrine aristotélique du finalisme, en qui il voit le fondement philosophique des sciences naturelles, le principe de toutes leurs spéculations. Il en déduit les lois de la eorrélation des formes et de la subordination des earacléres-, puis, poursuivant le cours de ses inductions, il arrive, par des considérations toutes théoriques, à voir le caractère des divisions primordiales du Règne animal dans les dispositions diverses du système nerveux, « qui est, dit-il, tout l’animal», qui domine à ce point l’organisation « que tous les autres organes ne sont là que pour l’entretenir et le servir» L De là sa division du Règne animal en quatre embranchements fondés sur l’existence exclusive de quatre types de système nerveux (p. 138). Le tableau suivant résume la classification de Cuvier telle qu’elle fut publiée, en 1829, dans la deuxième édition du Règne animal distribué d'après son organisation :

Page 1