‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 103 sur 278 · HOUX · texte numérisé non relu

HOUX

llex aculeala laccifera (T.) llex aquifolium (L.)

Le houx s'offre à nos yeux partout, dans les bois, dans les Iiaies, etc. Les feuilles, les racines elles fruits sont usités.

Prcparallous et doses.

A l'intérieur : Décoctioli des feuilles fraîches ou sèches, de 30

à CO grammes par kilog. d'eau.

Fin (I de feuilles sur 24 de vin blanc), deiOO à 200 grammes. Foudre , de 4 à 12 grammes dans l'eau ou dans le vin blanc. Extrait, de 2 à A grammes. * £aieSj iO a i2 comme piu'galives, en macération pendant douze

heures.

X l'extérieur: Feuilles pilées en cataplasmes, décoction en lavement.

Propriétés.

Le houx est tonique et diurétique ; on l'a proposé comme fébrifuge. Les baies sont acres, vomitives et purgatives. J'ai employé inutilement les feuilles de houes, comme fébrifuges, dans quelques fièvres intermittentes. Je suis donc porté à croire que c'est à tort que quelques praticiens les ont crues propres à être substituées au quinquina.

[M. Chomel [AcacL de méd., séance du 19 jmw. 1830), qui a employé la poudre des feuilles de houx à l'hôpital de la Charité, n'en a obtenu aucun résultat favorable. Cependant d'autres thérapeulisles ont eu à se louer de son usage. Durande, médecin de Dijon, a rapporté plusieurs cas de guérison par leur emploi quand les fièvres avaient résisté au quinquina. Le docteur Rousseau , dans un écrit publié en 1831, sur ce fébrifuge indigène, et qui contient un assez grand nombre d'observations, a confirmé cette opinion. Cet auteur rapporte non - seulement ses propres observations, mais aussi celles de Reil, des docteurs Constantin, de Rochefort, Raynaud, de Toulon; Delormel , de Paris, etc., etc. M. Magendie, chargé par l'Institut de vérifier les faits avancés pai- M. E. Rousseau, a expérimenté sur treize femmes atteintes de fièvres intermittentes de types divers, et avec toutes les précautions propres à s'assurer de l'effet exclusif du médicament. Il leur a donné des feuilles de houx a la dose de 4,8 et même 15 grammes par jour, soit en décoction dans l'eau, soit en macération dans le vin. Toutes ces femmes ont été guéries. En général, les accès n'ont pas cessé brus-

■qiicment, comme il arrive par l'emploi des i)réparalions de quinquina; ils se sont toujours plus ou moins prolongés ; cependant, dans aucun cas, la fièvre n'a résisté , et a été, au contraire, guérie après vingt jours de séjour à l'hôpital.

Les observations que nous venons de ci 1er en faveur des feuilles de houx employées comme fébrifuges, ayant été recueillies par des hommes dignes de foi , sont de nature à appeler l'attention des médecins dont les elîorls tendent à simplifier les moyens thérapeutiques et à les mettre à la portée du pauvre. Je me propose d'essayer de nouveau ce fébrifuge indigène sur un plus grand nombre de fiévreux, et d'en observer soigneusement les elTets. Les fébrifuges ne sauraient être trop nombreux; car tel d'entre eux qui échoue dans une circonstance, réussira dans une autre où divers moyens auront été employés inutilement.

On administre les feuilles de houx, dans les fièvres intermittentes, 1° en décoction, à la dose de 1 5 grammes dans 210 à 300 grammes d'eau, réduite à moitié, passée et administrée en une seule fois, deux heures avant l'accès, pendant huit, quinze jours et même plus, lors même que la fièvre a cédé aux premières doses; 2" en substance, à la dose de 4 à 12 grammes, macérée à froid dans du vin blanc, donnée deux ou trois heures avant l'accès, et répétée quatre, cinq, six fois et plus, suivant les cas. En extrait, pris en nature ou sous forme pilulaire, dont on peut porter la dose à six grammes lorsque la fièvre persiste. En lavements, à la dose de 15 grammes de feuilles fraîches ou sèches de houx dans une quantité d'eau nécessaire. Suivantle docteur Constantin, à qui ce mode d'administration est dû, ces lavements ont l'avantage de procurer des gardes-robes assez abondantes, sans troubles ni coliques.

Werlhoofî, Reil et M. E. Rousseau, ont, en outre, employé avec succès les feuilles de houx dans les affeciions rhumatismales et goutteuses. Dodonée qui, comme tous les humoristes de son temps, attribuait à chaque purgatif une action spéciale, regardait les baies de houx comme propres à évacuer les matières pituiteuses. Ces baies, que j'ai employées deux fois, ont un effet analogue h. celles de nerprum, et peuvent être employées dans les cas où ces dernières sont indiquées ; cependant je les crois un peu plus acres.

La glu, substance particulière qu'on retire de la seconde écorce du houx pour différents usages domestiques, a été recommandée dans plusieurs ouvrages de matière médicale comme émollienle, malurative, résolutive.]

On considère, dans nos campagnes, les feuilles de houx

pilées et appliquées fraîches, comme im puissant résolutif dans les tumeurs blanches, les engorgements scrofuleux, l'œdème, etc. Je n'ai pas eu l'occasion de constater cette propriété.

[L'Ilicine est le principe immédiat, la matière active et fébrifuge du houx. Elle se prescrit sous forme pilulaire à la dose de 30, 60 centigrammes, 1 gram. et même 2 grammes.

Petit Houx , Houx Frelon , Fragon-Housson , myrthe sauvage des anciens [ruscus aculcalus) . Le petit houx, sousarbrisseau qui n'est pas de la même famille que le houx (asparaginées), croît dans presque toute la France ; on le trouve surtout dans les départements du centre, sur la lisière des bois monlueux et couverts, dans les haies ; on emploie sa racine. Elle est au nombre de celles dites apéritives 7mneures, et entre dans le sirop des cinq racines. Sa propriété diurétique est généralement reconnue. On l'einploie en décoction dans les hydropisies, la gravelle, les engorgements viscéraux atoniques, l'ictère, etc. Les baies, dont la saveur est douceâire , jouissent, dit-on, des mômes propriétés, bien qu'elles ne soient pas usitées. Les jeunes pousses, qu'on mange quelquefois comme celles d'asperge, sont aussi diurétiques'. En Corse, on torrélie les graines de petit houx pour remplacer le café, et on les considère comme se rapprochant beaucoup de ce dernier.]

HYSSOPE,

ou HYSOPE.

J]]fSSopus officinal im (T.) liyssopus officinalis (L.)

Cette plante croît spontanément en Allemagne, en Ilalie, sur les coteaux de nos dfîparlemenls du midi ; on la cultive dans les jardins. Les sommités et l'herbe sont usitées.

Préparations et doses.

A L'iiNTÉRiEUR : înfusîon à vase chu, de 8 à 43 gram. par kil. cfeau.

Eau disiiUée (4 sur d'eau), (le 50 à 100 gram. en poiion.

Sirop (I sur 10 d'eau etiC de sucre) , de 50 à 60 gr. en polion. A l'extérieur : Décoction, cataplasmes, etc.

Froprîéîcs.

L'hyssope est cultivée dans tous les jardins de nos fermes. L'odeiu- forte, pénétrante et aromatique de celte plante, son goût amer et camphré, annonceni son énergie, bon usage,

comme expeclorant dans l'asllime humide des vieillards, est populaire dans nos campagnes. On la prend en infusion avec du miel; elle est employée dans lonles les afTeclions bronchiques et pulmonaires, lorsque irop d'irritation n'en conireindiqucpas l'usage. Pour en modérer l'activité, on lui associe souvent les mucilagineux , telles que les fleurs de mauve, de guimauve, de bouillon blanc, etc.

[Comme possédant toutes les propriétés inhérentes aux plantes aromatiques et balsamiques, l'hyssope peut être mile dans tous les cas où il s'agit d'exciler les fonctions de la vie. On l'a donnée avec succès dans la débilité des voies digeslives, les coliques venteuses , l'inappétence par atonie, la gastralgie, l'aménorrhée asihénique, la chlorose, les rhumatismes d'ancienne date, les exanthèmes aigus chez les sujets faibles, certaines aiïeclions calculeuses avec inertie des reins. C'est ainsi que celte plante a pu être considérée par les auteurs comme stomachique, diurétique, sudorifique, etc., selon les dispositions des sujetsetles circonstances morbides qui en favorisent l'action locale. C'est aussi à ses propriétés excitantes qu'il faut attribuer l'effet anthelminlique rapporté par Roseinstein, dans un cas où son usage détermina l'expulsion d'un grand nombre d'ascarides lombricoïdes; il agit ici tout-cà-faii comme les sommités de romarin et d'auronne, qu'on emploie aussi comme vermifuges dans nos campagnes.

A l'extérieur, l'hyssope est tonique et résolutive. On fait résoudre promptement les échymoses des paupières et de l'œil, par l'application d'un sachet d'hyssope pilée et bouillie dans l'eau ; on fomente avec l'eau sur le sachet appliqué. J'ai vu employer ce moyen avec succès. II est évident que ce résolutif peut convenir dans les contusions des autres parties du corps. Son amvlogie avec le camphre explique ses elTets.

Je me sers quelquefois de l'hyssope pour aromatiser mes formules indigènes. C'est un tonique diffusible que je joins aux amers dans la débilité d'estomac, dans les fleurs blanches, les afl'ections vermineuses, etc.

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