‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 102 sur 278 · HOUBLON · texte numérisé non relu

HOUBLON

Lxipuhis (L.) Ihmulus hqndus (T.)

Cette plante croît spontanément dans toute l'Europe, et se trouve ordinairement dans les haies ; on la cultive pour la préparation de la bière. Ses fruits, ses sommités et ses racines sont usités.

préparations et doge«.

A LiNTÉiUEua : Décoclion ou infusion , de 45 à GO grammes pai* kilo'M-amme d'eau. , , , , -, ,

Extran par wfusion (l sur 4 d'eau) , 1 à 4 gram. en bols, pilules ou dans du vin. » .

Extrait aqueux des racines (I sur 4 d'eau), 73 cent, a 3 gram.

en pilules, etc.

S«c, de 40 à 50 grammes. .

Tei»i<urfî a/coo/ifiuf , de 1 à 6 gram. en potion, comme tonique et

narcotique. , » ^ -i ,

Poudre (assez rarement employée), de i a 2 gram. en pilules ou

dans le vin.

A l'extéiueur : Extrait, i suf5 d'axonge, pour onguent.

Propriétés*

Celle plante, d'une odeur forte, d'une saveur amère, est tonique, un peu narcotique, diurétique et diaphorélique. On l'emploie dans les affections scrofuleuses, le rachitisme, le carreau, les écoulements muqueux aloniques , J'aionie des voies digeslives, les affections vermineuses, les hydropisies passives, les cachexies, le scorbul, et quelques maladies de la peau.

Le houblon est souvent employé dans les campagnes. C'est lin excellent tonique-fébrifuge contres les fièvres automnales. Je l'administre en infusion ou en décoclion dans l'eau, à laquelle je mêle quelquefois une certaine quantité de vin. J'emploie ordinairement les cônes ou fruits. Les lavements de décoction de cônes de houblon sont vermifuges. C'est presque toujours sous celle forme que je l'adminislre aux enfants, surtout lorsqu'il existe des ascarides verniiculaires.

Les affections lymphatiques et scrofuleuses, le dépérissement et la détérioration constitutionnelle résultant del'élat de pauvreté de la plupart des manouvriers de la campagne, réclament l'emploi fréquent des amers et surtout du houblon (cônes), que tout le monde connaît et prend sans répugnance.

[Dans plusieurs pays du nord on emploie l'extrait aqueux de houblon en place d'opium. Cet extrait, de même que la teinture alcoolique, est narcotique à la dose de 1 gramme. (De Roches, dissert, inaugural, de humulo lupulo ; Edimburg, 1803).

Dans le nord de l'Europe on fait cuire les jeunes pousses de houblon, qu'on mange comme cellesd'asperge, auxquelles on donne même la préférence comme ayant plus de saveur que ces dernières. Ces jeunes pousses, légèrement laxaiives

et apéfilives , sont ùiiles dans les cnikirras des viscères abdominaux, la cachexie, etc.

Les propriétés diiiréliques et diaphorétiques attribuées au houblon ne peuvent dépendre que de sa vertu ionique, el sont par conséquent relatives h l'étal d'atonie des reins ou de la peau. D'après les observations de Graunl, au rapport de Rai, il y aurait beaucoup moins de calculeux en Angleterre depuis que le houblon est universellement employé à la fabrication de la bière. Toutefois, cet effet prouve d'autant moins une propriété spéciale contre la formation de la pierre, et confirme d'autant plus notre assertion, que très-souvent, dans les brasseries, la fraude substitue au houblon les feuilles de buis, le trèfle d'eau, l'absynllie, la petite centaurée, ime petite quantité de giiassia cmarra, eic.

Suivant Coste et Willemet {essais de mat. méd. indig.) la racine de houblon peut être substituée à la salsepareille comme ayant toutes les venus de cette dernière. En signalant celte substitution dans le commerce, où la cupidité les avait devancés dans l'art de remplacer les substances exotiques, ces auteurs s'expriment ainsi :« Depuis environ douze ans, un herboriste très-entendu, associé à une femme également intelligente en cette partie, débitaient et vendaient dans notre département une racine longue, rampante, revêtue d'une écorce noirâtre, brune ou rougeâlre, blanche en dedans, se fendant facilement, dont la grosseur excède quelquefois la plume d'oie la plus forte, d'un goût ligneux et légèrement douceâtre. lis en faisaient de petits fagots à l'imitation de la salsepareille des droguistes, el la commerçaient pour celte racine médicale, avec laquelle la leur avail beaucoup de ressemblance. » Ayant leconnu, après bien des recherches, que cette racine n'était autre que celle de houblon, Coste et Willemet l'employèrent dans tous les cas de dartre, de gale opiniâtre, et autres maladies cutanées. Ils assurent qu'il n'est aucun des elTels qu'on attribue et qu'où reconnaît à la salsepareille, que celle-là n'ait opérés sous les yeux des médecins qui les ont prescrites, et que l'identité des succès n'a jamais engagé à se douter de cette substitution.

Les feuilles et les sommités de houblon, appliquées sous forme de cataplasmes, ont été vantées comme résolutives dans les engorgements œdémateux, les tumeurs froides, et pour appaiser les douleurs arthritiques. Simon Pauli rapporte que, de son temps, on employait beaucoup le houblon à l'extérieur, après l'avoir fait bouillir dans la bière, et qu'on l'appliquait en fomentations pour appaiser les douleurs causées par les accès de goutte, les luxations el les contusion^

Swediaur faisait usage de ronguent de houblon pour calmer les douleurs du cancer. M. Barbier n'en a point obtenu cet efiet.

LUPULINE.— LUPULiN.

La kipuline ou lupulin est le principe actif du houblon découvert par M. Yves, et que la plupart des auteurs regardent comme le produit d'une sécrétion végétale. On l'obtient en effeuillant, et en agitant sur un tamis très-fin, les cônes femelles du houblon récoltés depuis une année. On en sépare la poudre ainsi obtenue, et par des lavages et des décantations alternatives, on relire le sable qui s'y trouve mêlé; on décante ensuite celte poudre et on la renferme dans des flacons bien bouchés, où elle se conserve pendant plusieurs années. Des cônes de houblon bien conservés fournissent à peu près un dixième de lupulin.

Prcparalions) et doses.

A l'iiStéuîedr : Poudre de lupulin, ûe 50 cent, à \ gramme par fractions dans les vingt-quatre heures , en pilules ou dans un liquide.

Teinture (! sur 2 d'alcool), SO cent, à 2 gram. en potion. Sirop (-! de teinture sur 7 de sirop simple), de IS à 30 grammes en potion.

A l'extériedii : Pommade {\ sur S d'axonge), comme calmant. Teiidure, en frictions, à la dose de 2 à STjramnies.

Propriétés.

Le lupulin passe pour être à la fois aromatique, ionique et narcotique, propriétés dont, suivant Yves, aucun autre médicament n'offre l'heureux concours. Son action narcotique a paru à cet auteur d'autant plus précieuse qu'elle n'est accompagnée ni de constipation , ni d'aiïaiblissement du ton de l'estomac, comme celle de l'opium. A petite dose, le lupulin diminue la fréquence du pouls; à plus forte dose, à 1 gram. ou 1 gram. 50 centig., par exemple, il dôiermine des nausées, de la céphalalgie, des étourdissemenls, l'engourdissement des membres. Au reste . ce principe aciif du houblon convieni dans ions les cas où ce dernier est indiqué. M. Barbier l'a trouvé efficace dans les fièvres intermittenies.

La pommade de lupuline, préférable à celle de houblon, est employée comme calmante sur les ulcères cancéreux, les hémorrhoïdes douloureuses, etc.

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