‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 111 sur 278 · LAITUE VIREUSE · texte numérisé non relu

LAITUE VIREUSE

LAITUE MÉCONIDE.

[Mciiica virosa (T.) Laclura virosa (L.)

Cette plante croît dans les lieux incultes , les décombres et sur le bord des champs. L'herbe est employée.

Préparationis et dosefs.

A l'intéiueuii : Suc, de 20 centigr. à 60 giam. progressivement.

Tewiure ( \ de feuilles fraîches ou de siic sur 2 d'alcool à 30» )

de .'iO cent, à 3 gnimmes en polion.

Extnnl oqueiiXjdelO cent. à 5 grain, et plus en pilules, polion, etc.

A l'extérieur: Décoction, etï fomentalions,feuilles en cataplasmes. Teiuture, en frictions, elc.

Proprléiést*

Le suc lactescent de cette espèce, dont l'odeur est désagréable et vireuse, est d'une nature assez analogue à celui du pavot. Aussi, la lailue vireuse a-t-elle toujours été regardée comme beaucoup plus narcotique que celle que l'on culiive; les feuilles fraîches ne le sont cependant qu'a un deo-ré assez faible ; le suc et sinHoui l'extrait qu'on en prépare sont plus actifs. Huit grammes de cet extrait ont toujours fait mourir, en plus ou moins de temps, les chiens auxquels M Orfila les fit prendre. Appliqué sur le tissu cellulaire mis à nu. il produit des effets plus, marqués que lorsqu'il est introduit dans l'estomac.

Employée à dose thérapeutique, la laitue vireuse a ete ref^ardée comme irès-calmanie, diurétique, diaphorelique «lléoèremenl laxative. CoUin assure s'êlre toujours servi de l'extrait de cette plante avec avantage dans l'hydropisie. Je l'ai employé plusieurs fois dans celte maladie sans succès. Il est vrai que je ne l'ai point associé à d'autres médicaments diurétiques auxquels on doit, le plus souvent, attribuer les résultais heureux qu'on a pu obtenir. Il n'en est pas de même de l'elTet de la lailue vireuse dans les maladies nerveuses, contre lesquelles elle peut être employée avec succès. Si elle csl loin d'avoir l'activité de l'opium, elle n'en a pas non plus les inconvénients, et doit lui être préférée dans certains cas et chez certaines personnes. On peut l'adininisirer a une dose beaucoup plus élevée qu'on ne croit généralement. Je commence par celle de 20 centigrammes, et j arrive promplement à 60 centigrammes. Je suis Parvenu a en fai éprendre S grammes par jour a une femme atteinte de douliurs gasiralgiques, et chez laque le la plus légère dose d'opium provoquait le vom4Ssemeiil (Ij. , La la?iue vineuse A'a pas, comme l'opium, l'inconvénient

rT^ \T l'o.Kinior est airivtî graduellement à a.lministrci; 10 grammes

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de produire la conslipalion. Le suc épaissi de cette plante m'a paru plus actif que l'extrait, qui souvent est mal préparé.

[Je me suis toujours très-bien trouvé de l'extrait de laitue vireuse, préparé avec le suc épaissi, dans tous les cas où l'opium est indiqué, mais non supporté par les malades. Ce médicament convient aussi beaucoup mieux que l'opium dans les inflammations chroniques douloureuses, telles que celles du foie, des intestins et surtout du péritoine ; il agit à la fois comme calmant et comme légèrement laxatif, deux qualités que l'on i encontre bien rarement dans la même substance. J'associe avec avantage l'extrait de laitue vireuse à la digitale dans les cas d'ascite causée par la phlegmasie chronique du péritoine, dans l'épanchement pleurétique, et toutes les fois que dans leshydropisies il y a engorgement douloureux d'un ou de plusieurs viscères, lésion des reins ou néphrite albumineuse, irritation gastro-intestinale, etc.]

Dans les affections cancéreuses, surtout celles de l'utérus, j'ai adopté l'usage de l'extrait ou plutôt du suc épaissi de laitue vireuse, de préférence aux extraits de ciguë, de jusquiame, d'aconit, de stramoine. L'usage prolongé de ces dernières plantes nuit presque toujours au lieu d'apporter le soulagement que leur réputation semble promettre. Ils anéantissent les fonctions de l'estomac, qu'ils irritent et enflamment à la longue ; les doses élevées auxquelles on est obligé de porter progressivement ces poisons, produisent une véritable intoxication lente manilestée par des douleurs dans le tube digestif, des vomissements , des tremblements, des vertiges , des hallucinations, des rêvasseries, la stupeur, la congestion cérébrale, etc.

Pourquoi, d'ailleurs, tourmenter des malades incurables par une médication réellement morbifique, quand l'usage prudent et alternatif de préparations de pavot indigène, de laitue vireuse et parfois d'opium, suffît pour calmer leurs douleurs? Ne sait-on pas aujourd'hui à quoi s'en tenir sur les guérisons de squirres et de cancers rapportées par Stork, et dont on peut dire avec raison ce que Sydenham, je crois, disait à propos des déceptions de la théorie en médecine pratique : /Egri curantur in libris, et moriwUur in leclis.

nagée, est la seule opération sur laquelle on puisse compter. Pour que celte préparalion ait toute son cncigic, il faut rejeter le centre de la tige comme tout-à-fait inerte et ne pouvant qu'ajouter au volume, et faire croire ainsi à une grande dose de médicament, quand, en réalité, le principe actif n'y est qu'en petite quantité.

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