‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 112 sur 278 · LAURIER · texte numérisé non relu

LAURIER

LAURIER d'apOLLOA', LAURIER FRANC, LAURIER-SAUCE.

Laurus vuUjaris (T.) Laurus nohilis (L.)

Le laurier , originaire d'Afrique, de la Grèce , etc., naturalisé en Espagne, en Ilalie , et même dans les déparieinents du midi de la France, esl cultivé dans les jardins. Cet arbre , consacré chez les Grecs au dieu de la poésie et des ans, était aussi desliné, comme il l'est de nos jours, à ceindre le front des vainqueurs. Les feuilles et les fruits sont usités.

Préparations et doses.

A l'intérieur : Infusion des feuilles , 10 à 20 gram. par kilo», d'ean.

Infusion des haies concassées, 4 à 48 ç;ram. par kilog d ean. Poudre des feuilles (rarement), de 2 à 4 gram. en pilules ou

délayée dans un liquide. Huile esseniielle de feuilles, de \ à 12 gouttes, en potion, pilules,

oléo-saccharnm. ...

Poudre des baies, 23 cenlig. à 1 gram. eu pilules, potion, elec-

luaire, etc.

A l'extérieur : Décoction des feuilles pour bains, fomentations,

fumigations.

Décoction ritietise, pour fomentations.

Huile exprimée de haies, quantité suffisante pour frictions. Onnueni l partie de feuilles récentes conluses et de baies sèches

sur 2 parties d'axonge), en frictions , erabrocations.

Propriétés.

Les feuilles de laurier, d'une odeur balsamique, d'une saveur chaude, aromatique et un peu amère et acre, provoquant, par la mastication, une abondante sécrétion de salive sont aromatiques, très-excilanles , toniques, etc. Les propriétés stomachiques, carminalives, expectorantes, diurétiques, sudoriliques, antispasmodiques, emmenagogues de ces feuilles, ne peuvent se réaliser que dans les cas ou les or-anesquien reçoivent l'action sont dans un état d atonie, de relâchement plus ou moins prononce. C est qu cl es conviennent dans l'inappétence, les llatuosiies et Ja d. («eu lté des digestions, par débilité de l'estomac ; dans le catarrhe pulmonaire chronique, dans l'asthme humide, a bronchorîée la chlorose , l'aménorrhée avec atome , la paralysie , l'hystérie l'hypocondrie , sous l'influence des mêmes con-

dllîoris. Elles sont donc manifeslcmcnt contre-indiquées toutes les fois qu'il y a angiolénie, orgasme ou iallammalion.

Les fruits, qu'on emploie toujours à l'état sec, jouissent des mêmes propriétés que les feuilles, mais à un degré plus marqué. Leur ingestion à une certaine dose peut, à cause de la vive excitation qu'elle détermine sur l'estomac, provoquer le vomissement, ce qui leur a fait accoider le titre de vomitif par les anciens.

L'huile essentielle de laurier, très-acre, se donne comme carminative et stimulante ; mais on ne s'en sert guère qu'à l'extérieur, en Uniment, comme calmante, tonique et résolutive, dans le rhumatisme chronique, la paralysie , les engorgements indolents désarticulations, les Infdtraiions, etc. L'huile exprimée des baies est employée à l'extérieur dans les mêmes cas (1). Dans les pharmacies on lui substitue souvent l'onguent de laurier (produit de la macération des baies et des feuilles écrasées dans le sain-doux) qui n'est pas aussi efficace, et qu'on emploie dans les mêmes circonstances. C'est ce dernier onguent dont on fait un si grand usage dans la médecine vétérinaire. La décoction des baies et des feuilles de laurier est tonique, détersive , résolutive. La poudre des feuilles, saupoudrée sur les ulcères aïoniques et sordides, les déierge en peu de temps.

Bodart a proposé de substituer le laurier à la cannelle {laurus cinnamomum] ,Qi au laurier cassie ou cassie ligneuse, cannelle du Malabar [laurus cassia — cassia aromatica — cassia syrinx — xylocassia— cassia llgnea) . Pourquoi faut-il, dit Gilibert, que les praticiens négligent un arbre qu'ils ont sous la main, pour employer avec mystère les congénères des Indes !... Cet auteur présume que ce qui a fait négliger le laurier, c'est que quelques anciens pharmacologistes ont avancé que ses baies faisaient avorter. On faisait boire l'infusion vineuse de cinq à six baies de laurier à une femme, pour savoir si elle était enceinte. Si elle vomissait, on prononçait affirmativement j on déclarait le contraire quand le

(1) Pour obtenir l'iiuilc de ces baies, on lesclioisit | arfaitemenL mûres, on les pile clans un niorlier de marbre, et on les fait bouillir avec de l'eau dans un vase clos pendant environ une demi heure ; on passe avec expression la liqnenr bouillante à travers un linge, et aprrs le refroidissement on ramasse , à la surface de cette li((U(Hir , une huile verte, odorante, de consistance biitireubC. En pilant le marc et en le faisant bouillir une seconde fois d?.ns l'eau, on obtient une antre portion d'hnilc que l'on reunit à la première. Ce produit se compose de deux huiles, l'une fluide, odorante et volatile, qu'on sépare par la distillation ; l'antre fixe, concrète et qui ne doit son odeur faible de laurier qu'à la petite quantité d huile de lavuier qu'elle relient.

vomissemenl n'avait pas lieu. On sait aujourd'hui à quoi s'en tenir sur celle épreuve, et l'on est bien convaincu aussi que jamais les baies de laurier , même à haule dose, n'ont produit l'avoriement.

Page 1