LAURIER ROSE
Nerium poribus rubescenUbus (T.) Neriim oleander (L.)
Le laurier rose, qui appartient à la famille des apocynées, croît spontanément dans la partie méridionale de l'Europe, en Barbarie et dans l'Orient. On le trouve dans le midi de la France, aux environs d'Hyères, près de Toulon. On le cultive partout ailleurs en caisse dans les jardins, pour la forme élégante de ses fleurs. Les feuilles sont usitées.
Propriétés.
Cet arbrisseau, dont l'écorce et les feuilles ont une odeur désagréable, une saveur acre et amère , est extrêmement délétère. Son principe vénéneux, qui existe dans toute la plante, est tellement subtil que ses émanations seules ont suffi pour déterminer des accidents graves et môme la mort; mais ce principe s'affaiblit par la culture. Cependant M.Orfila a prouvé que cette plante, cultivée à Paris , était un poison extrêmement violent et dont l'action, analogue à celle des stupéfiants, se portait sur le système nerveux et spécialement sur le cerveau. Libautius rapporte qu'un individu mourut pour avoir laissé la nuit, dans sa chambre à coucher , des tleurs de laurier rose, et qu'une autre personne périt également après avoir mangé d'un rôti pour lequel on s'était servi d'une broche faite avec le bois de cet arbuste. Malgré les propriétés dangereuses du laurier rose, les gens du peuple du midi de la France l'ont employé contre les maladies de la peau. Des praticiens même l'ont administré à l'intérieur dans ces mêmes maladies el dans la syphilis ; mais comme il a été reconnu aussi inutile que dangereux par Loiseleur-Deslonchamps et Marquis {Dict. des scienc. inéd.), et que presque tous les praticiens partagent cette opinion, on fera bien de ne l'employer qu'à l'extérieur , où il s'est
montré efficace conlre la gale, la teigne , certaines dartres. Pour cela, on se sert de la décoction de ses feuilles dans l'huile, ou d'une pommade composée de ces mêmes feuilles en poudre et de graisse. On emploie l'une et l'autre en frictions. On peut aussi mettre en usage la solution de l'extrait des feuilles dans l'eau, avec laquelle on lave les pustules psoriques. Les proportions de ce mélange sont de 4 gram. et plus pour 125 gram. d'eau, pour trois ou quatre jours de traitement. Ce traitement, employé en 1811 et 1812 dans line salle de galeux , a eu des succès marqués. Le docteur Gray a prescrit aussi avec un égal avantage, contre la gale, la digestion des feuilles de laurier rose dans l'huile.
Les feuilles pulvérisées de celte plante sont sternutatoires : l'action en est d'abord peu prononcée sur la pituilaire, mais ensuite elle fait éternuer violemment. En raison des dangers de son emploi, on devra même s'en abstenir de cette manière.