HERBE DE LA SAINT-JEAN, RONDOTTE , DRIENNE
Calaminiha himilior, folio rotundiore (T.) Glechoma hederacea (L.)
Celte plante , très-commune dans toute la France , se trouve dans les fossés humides, le long des haies, dans les lieux, frais et ombragés. L'herbe entière est usitée.
Préparations et doses.
A l'intérieur : Infusion, 10 à 2S;gram.par kilog. d'eau bouillante. Suc, 30 à 80 grammes.
Sirop {\ de suc sur \ de sirop simple), 23 à 60 gram. en potion. Eau disiillée, 50 à 100 gram. en potion.
Extrait {\ sur 6 d'eau), i à 4 gram. en pilules, élecluaire, etc. Conserve (I sur 2 de sucre), 4 à 4 gram en pilules, bols, etc. Feuilles en poudre, 2 à 4 gram. dans un liquide approprié, en électuaire, etc.
A l'extérieur : Infusion, en lotions, fomentations, cataplasmes,etc.
Propriétés.
Celle plante, d'une odeur aromatique, d'une saveur balsamique, amère et un peu acre, connue dans nos campagnes
sous le nom de drienne, esl vulgairement employée dans un o-rand nombre de cas. Je l'administre toujours avec confiance dans la période d'atonie des brochites, dans la bronchorrhée, et en général dans toutes les affections de poitrine où une expectoration muqueuse ou purulente se manifeste avec une certaine abondance. J'ai guéri , par le seul usage d'une forte infusion de lierre terrestre , des catarrhes pulmonaires chroniques qui , sans l'exploration des organes respiratoires , auraient été considérés comme des phthisies bien caractérisées. Les nombreux exemples deguérison de phthisies attribuées à l'usage de cette plante et annoncés par WiIlis,Morton, Rivière , Sauvages , et plusieurs autres médecins recommandables , se rapportaient , sans doute , à des catarrhes pulmonaires chroniques.
[ CuUen , quoique privé des ressources exploratrices que nous possédons , a plus sainement apprécié les propriétés du lierre terrestre. « Ce que les auteurs de matière médicale disent de cette plante , » écrit ce judicieux médecin , « ne me paraît pas mieux fondé que les opinions vulgaires. Il me semble absolument dénué de probabilité qu'elle ait la vertu de guérir les ulcères des poumons et différentes espèces de phlhisie. L'autorité de Simon Pauli ou d'autres auteurs n'a aucune valeur à mes yeux, vu la nature de ces maladies et la difficulté de les guérir en général. Son usage contre les calculs de la vessie n'est pas appuyé de meilleures autorités ni plus probable, et je ne craindrais pas de commettre d'excès en l'employantà grande dose.» ]
Ne peut-on pas en dire autant de l'efficacité de cette labiée, suivant Lautt, contre les. fièvres intermittentes, delà guérison d'une céphalalgie invétérée et autres effets merveilleux observés par Rai , et que la saine raison réprouve ; contre les maladies mentales comme un sédatif direct de l'encéphale , au rapport du docteur Sultiffe , qui en a fait usage pendant vingt-trois ans avec succès, en y joignant toutefois la saignée , sans se douter de la puissance de ce dernier moyen , qu'il regardait probablement comme un faible auxiliaire. Stint qui oculos habent et non vident.
Le lierre terrestre est employé à l'extérieur en décoction, en catae^sme ou en poudre comme aromatique, tonique, résolutif et détersif. On l'employait autrefois et on l'emploie encore dans nos campagnes , ainsi que beaucoup d'autres plantes, pour déterger les ulcères.
Cette plante doit être récoltée à la fin de juin ou au commencement de juillet, mondée de ses tiges et de ses pétioles, séchée à l'étuve ou au soleil et conservée dans un lieu
sec et h l'abri du contact de l'air , sinon elle perd son arôme, attire l'humidité et noircit.
LILAC.
Syriuga ccerulea sive alba (T.) Syringa viilgaris (L.)
Cette plante, que l'on cultive dans les jardins pour la beauté de ses fleurs, est connue de tout le monde. Les capsules sont employées.
A l'intérieur : Décoction, 23 à 60 gram.par kilog. d'eau. Poudre, \ à 4 gram. en électiiaire ou dans du vin ^„ , , Fi» 1^5 à 50 gram. pouri kilog. de vin rouge ou blanc), bO àiOO. Exirait mou, 4 à 8 gram. en pilules, bols, ou dans du vin.
Propriétés.
Les capsules vertes du lilas, dont la saveur est amère, ont été ijroposées comme succédanées du quinquina. J'ai administré ce fébrifuge dans quatre cas de fièvres mlermi tientes tierces Trois fois il a manqué son effet. Le seul cas où j'ai nu lui attribuer la cessation des accès est d'autant plus douteux que le malade avait déjà éprouvé une diminution notable dans l'intensité du dernier paroxisme.
Les capsules vertes du lilas, qu'il est si facile de se procurer, peuvent néanmoins être employées comme toniques et
^TM^Cruvêilhier a le premier attiré l'attention des praticiens sur le lilas. Il a fait préparer, avec les capsules encore vertes de cette plante, un extrait mou qu il regarde comme tonique et fébrifuge. Il a administre cet extrait, à la dose de 4 grammes, pendant deux ou trois jours, a six malades atteints de fièvres intermittentes plus ou moins mvérérées et qui ont tous été guéris.]
Ss résultais sont de nature à appeler l'attention des médedns sur ce fébrifuge indigène. Je me propose de 1 employer de nouveau et d'en étudier avec soin les elTets.