‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 118 sur 278 · LIN · texte numérisé non relu

LIN

LIN CLLTIVK.

Limon sativum (T.) Lîjjum usitatissimum (L).

Cette plante, originaire d'Egypte et d'Italie , est cultivée partout comme plante textile et pour l'huile que fournit sa graine.

Préparations et doses.

A l'intériecr : Infusion des semences. 6 à 18 grara par kilog. d'eau, pendant quelques minutes seulement, afin qu'elle ne soit pas trop épaisse, iïiii/e (par expression à froid) par cuillerées, plus ou moins, selon l'effet qu'on désire.

A l'extérieur : Décoction des qraînes^de 15 à50gram. parkilog. d'eau pour injections, lotions, fomentations, lavements. Farine en cataplasmes. — Jluile en frictions, embrocalions, etc.

Propriétés*

Les semences de lin sont mucilagineuses , émollientes, adoucissantes. Elles sont employées, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, dans presque toutes les maladies inflammatoires telles que la gastrite, l'entérite, la dysenterie, la péritonite, les hémorrhagies actives, la cystite, l'iscliurie, la strangurie, la blennorrhagie, la pneumonie, la pleurésie, etc. Dans toutes les inflammations externes, les ulcères irrités, les plaies douloureuses, etc., ses semences forment la base des cataplasmes émoUients.

J'ai remplacé depuis longtemps la gomme arabique et tous les mucilages colàteux par celui de graine de lin. Il n'a pas, comme celui de gomme, l'inconvénient de produire la constipation, et est bien plus antiphlogistique. Afin de ne pas employer le pain dans les cataplasmes, je les compose avec la décoction de graine de lin et une suffisante quantité de son. Ainsi préparés , ils sont plus économiques et plus légers que ceux que l'on fait avec la farine de lin.

[L'huile de lin , que Gesner et Wauters substituaient à l'huile d'amandes douces , est très-relAchante. Prise par cuillerées à bouche, à peu de distance les unes des autres, elle agit comme laxative. A des distances assez éloignées, et mêlée avec un sirop, elle est seulement adoucissante. Ce dernier mode d'administration convient dans les cas de

phlegmasie el paniculièremcnt dans celles Ifes oi'gaiies de la respiration. Baglivi, Sydenham, Gesner, vantent son efficacité dans la pleurésie. D'autres auteurs la recommandent dans l'hémoptysie ; elle convient surtout dans cette dernière maladie lorsqu'il y a une vive irritation des bronches. En pareil cas , je l'ai employée une fois avec un succès marqué. Dehaenet Van SvN'ietenla préconisent, prise à grande dose, contre l'ileus et la colique métallique. Ruland a guéri un paysan dont le ventre était devenu dur comme une pierre par l'engouement slercoral, en lui administrant un lavement de 5 onces (150 grammes) d'huile de lin. Michel {Journ.de MM., t. XVII, p. 41 elsuiv.) l'a donnée aussi avec succès dans les constipations opiniâtres.

Wauters, praticien trop peu connu, l'a mise en usage avec succès dans un cas remarquable d'empoisonnement par la coloquinte chez un riche paysan qui, par avarice, avait demandé une médecine à un maréchal-ferrant. L'auteur, joignant avec esprit le plaisant au sérieux , rapporte ainsi ce fait à-la-fois anecdolique et médical : RusUcus dwes et avarus, in pago nohis vicino habitans, a fabro ferrano remedium purgans exposcebat : hic autem dut ei parvum frucium colocynthidos, commendans ut illum minutim concideret, inspirit. Vini infunderet. etc. Rusticus mandata cxequitur, sed fructum ita prœparatum wiica mce dévorât. Brevi terribilia tormina et dem dejecttones cum tenesmis molentissimis sequebontvr. Ahquatenus tamenpacabalur et tormina sat patienter mitio ferebat cresus noster applaudens summm excrementorum abnndanttœ. Ast aliquot post hons, sub intolerabiltbus intestmorwn torminibus, mx fèces sed copiosissimus cruor alvo reddebatur et ceoer vix sellam perforatam deserere quiebat, qmnpomum diaboli fut cum solenander loquarj vroduceret une sauce de diable in \rustici braccas. Res séria evadtt .; contmms mere cruenUs secessibus doloribusque meffabthbus mres 7mes ferme extinguuntur , ac tandem. R. Domim^s Pastor et eqo accersebamlr . Faciem inveniebam Hippocraticmn, pulsum vacillantem fere extinctum, etc. Mox porngo lar- Vam copiam olei lifrli recentis ore et ano mgerendam. Sic iZo dupMcititulo sordidus, brem solamen et ir^m d^^^ iresve dies integram mletudinem nanciscebatm . lfip- cit.)

Murray a fait expulser, par V^^^^^V p ït^^^^^^^^^^ ffrande Quantité de vers du canal intestinal, et Hcbeiden la SaiTà toute autre huile pour chasser les oscaridesvermiciilaires qu s'accumulent parfois dans le rectum des enfant . Dan ce dernier cas, je l'ai administrée avec avantage a la fois

t>ar la bouche et en lavement. Le mélange d une cuillerée S'huile de lin et de pareille quanlilé de suc de citron ou de vinaiore sucré, m'a souvent réussi comme vermifuge chez ks enfants. L'huile de lin ne doit être employée que recemmen Teîpr mée et douce. On peut lui faire perdre sa ranculite en l'agiuun fortement et à diverses repnses avec de i ^ui tiède. Le marc ou tourteau, dont on ^ pty^itl huile peut être employé dans les cataplasmes emollients. M. Deiheims, ; arnSerà St.-Omer, conseille même ^M^^ cataplasme que la semence privée d'huile , ^fi^^d ^'^^ bullition ou l'érysipèle léger par l'application sur la peau de la ffraine de lin rance. , . j i

L'huile de lin, battue avec partie égale d eau de chaux, forme un Uniment employé avec succès contre la brûlure. C'est un moyen populaire qui , comme tant d autres, a ete adopté par la science. . . r-u

Bouillie avec de la lilharge et épaissie par 1 ebuUilion prolono-ée, l'huile de lin sert à la fabrication des sondes, des bougies, des pessaireset autres instruments de chirurgie dits en gomme élastique. -, '

Je me sers souvent à la campagne de la filasse ou de 1 etoupe pour recevoir les cataplasmes ou autres topiques tels que les sinapismes , le blanc d'œuf battu avec l'eau-de-yie camphrée, et l'alun, après les luxations, etc. La hlasse s adapte et enveloppe mieux que le linge qui , d'ailleurs , est rare chez les pauvres. L'étoupe m'a été plus d'une fois utile comme remplissage dans les fractures pour le premier appareil, quand rien autre chose ne se présentait sous la mam.

L'eau dans laquelle on a fait rouir le lin acquiert une qualité vénéneuse pour l'homme et pour les animaux. La poussière qui s'échappe de la filasse, quand on la travaille dans les filatures, attaque les voies respiratoires et produit l'émoptysie, l'asthme, etc.

La filasse, mise au fond d'un entonnoir, sert de fillre aux liqueurs qu'on y verse. Ce filtre est à-la-fois commode et laisse passer promptement le liquide. On connaît l'usage de la toile et de la charpie en chirurgie.

L'on sait aussi que le papier , qui reçoit la pensée et transmet à la postérité , par la merveilleuse invention de l'imprimerie, les productions de l'esprit humain, n'est que du vieux linge converti en pâte et convenablement préparé. On a aussi employé le papier en médecine. On l'a recommandé en décoction dans la diarrhée et la dysenterie. J'ai vu des personnes atteintes de diarrhées chroniques prendre avec avantage, chaque jour, une sorte de soupe faite avec du

papier blanc bouilli dans le lait. Mâché et appliqué sur le lieu d'une liémorrhagic, le papier peut, à l'aide de la compression, arrêter celle dernière. Appelé pour un cas d'hémorrhagie survenu à la suite de l'extraction d'une dent molaire, et qui durait depuis quinze heures, malgré les moyens employés par le chirurgien qui avait fait l'opération , je pus faire cesser cet accident à l'instant même en tamponnant l'alvéole avec du papier mâché et en maintenant les mâchoires rapprochées pendant une heure, de manière à exercer sur ce papier une compression suffisante. - Le carton sert à faire des attelles dans les cas de fractures des membres chez les enfants et même chez les adultes, en l'employant convenablement, (i )

On connaît , sous le nom de Pyrothonide , une liqueur empyreumaiique ou huile pyrogénée résultant de la combustion du linge de lin ou de chanvre. Ce liquide noirâtre, trèsâcre, proposé comme agent thérapeutique par M. Banque, est, selon cet auteur, un astringent efficace dans les hémorragies utérines , la leucorrhée , la blennorrhée , etc. Dans ces cas, on l'emploie dans la proportion de 30 à 50 grammes par 120 grammes d'eau en injection dans le vagin , sept à huit fois par jour, ou en compresses imbibées entre le prépuce et le gland. On l'emploie aussi contre les engelures , en fomentation, et dans l'ophtalmie chronique , en en instillant quelques gouttes pures entre les paupières, plusieurs

(I) M. Sommé, chirurgien en chef de l'hôpital civil d'Anvers, emploie le carîon pour maintenir les fraclurcs des membres, dans tous les cas. Pour la jamhe, par exemple, on taille, sur une feuille de carton brut du nu 9 au no '11, deux aUel es ou valves ayant la forme des parties laléralcs de la jambe et du pied. Ces attelles seront assez larges pour entourer la moitié de la jambe et du pied sans cependant se toucher par leurs bords. La part'.e inférieure de ces valves a la forme et la direction du ])ied Ces carions sont légèrement trempés dans l'enu chaude , afin de les ramollir sans lesdéformer ou les déchirer. On les applique depuis Textréniite inférieure de la cuisse jusqu'à la plante .li's pieds , sur des compresses simples entourant préalablement le membre. Une bande de forte toile, large de trois tra\ers de doigt, roulée avec force sur les carions depuis le pied jusqu'au dessus du genou, fait prendre aux carions la forme exacte des parties. Jusqu'à ce que le carton soil sec, on remet la serviette et les attelles de bois maintenues par des rubans ou une bande- l-a dessiccation s'opère en un ou deux jours ; on retire alors les attelles : le membre est !ibre, le malade peut se retourner , se promener avec des béquilles, entreprendre un voyage. Le carton desséché est aussi dur ijue du bois, et, comme il a pris la forme du membre , on n'éprouve aucune compres-ion douloureuse. On ne change de bandes que deux ou trois fois dans le cours du traitement , sans rien déranger à l'appareil. (Voyez, pour de plus grands détails . les Annales do ta Socicic de Médecine d'Anvers, 1847, ou l'Abeille médicale, t. iv.)

„ . j i^c xrino-t nintre heures, et en bassinant ces mô- "^''ZvZTf^^^^^ M. Ranque,

nés phlegmasies chroniques du lube d'gesl f , qu résistent

me teniDS les boissons adoucissantes et un régime severe

La DYrolhonide évaporée convenablement donne un extrait qui se conserve très-bien , et qu'on peut employer en dissolution dans une suffisante quantité d eau.

LIN CATHARTIQUE,*

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