LIN SAUVAGE , MUFLIER LINAIRE
Liuaria lutea vulgaris (T.) Anthirriuum linaria (L.)
Cette plante est très-connue en France et dans toute l'Europe ; on la trouve sur le bord des chemins et des champs., où ses fleurs , grandes et jaunes, se font remarquer en été. Les feuilles et les fleurs sont employées.
Propriétés^
La linaire passe pour émolliente , adoucissante et un peu narcotique. On la regardait jadis comme diurétique, et à ce titre on la prescrivait dans l'hydropisie , dans la jaunisse. On a vanté l'infusion des fleurs de linaire mêlées à celles de bouillon blanc contre les maladies chroniques de la peau , bien que l'expérience n'ait pu lui attribuer d'autre effet que celui qu'on éprouve par l'action des délayants , des tisanes
adoucissantes quelconques. Ilallcr regarde cette plante , et toutes celles qui appartiennent à la même famille , comme
suspectes. , ^.
A l'intérieur, Horstius, Simon Pauli, Chesneau, ont préconisé la 1 inaire contre les Lémorroides douloureuses , soit en cataplasme, soit en fomentation, bouillie dans le lait. Je lai employée dans ce cas avec avantage ; mais je lui préfère la jusquiame , dont l'effet est bien plus marqué. Jean Wolf, au rapport deHorst {Ohser. et épist. lib. tv observ. 50 ) , faisait un secret de l'onguent de linaire préparé avec celte plante bouillie dans l'axonge. Le landgrave de Hesse, qui en avait éprouvé de bons effets contre les hémorrhoides dont il était tourmenté , lui acheta ce secret moyennant la rente viagère d'un bœuf gras par an. Le docteur , en faisant connaître sa formule, afin que l'on ne confondit point la linaire avec l'ésule , à laquelle elle ressemble avant la floraison , composa ce vers :
Esuia lartesit , sine lacté Hiiaria crescit. Un plaisant de la cour du Landgrave ajouta le suivant :
Esiila nil nobU , sed dat liuaria taurum. Ni la grosse rémunération du prince Hessois , ni les vers dignes d'un tel sujet, n'ont pu sauver la linaire de l'oubli dans lequel elle est tombée sous le rapport de son emploi médical.